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Messager de Toulouse, lundi 19 juillet

INTRODUCTION

trop retardé dans son exécution. Je le reprends aujourd hui, avec la ferme espérance de le mener, s’d plaît à Dieu, à bonne fin.

La Gascogne demandera trois volumes. Il a paru préférable de commencer l’édition des Œuvres par le volume Enseignement.

Ce qui est devenu Gascogne et Enseignement répond à une double conception de la jeunesse de Léonce Couture.

(( J’étais exilé, raconte-t-il lui-même1, volontairement et délicieusement exilé, sous le plus beau ciel, sur la plus belle plage de l'Europe,

Sur la plage sonore où la mer de Sorrente Déroule ses flots bleus au pied de l’oranger...

Et je n’étais pas du tout pressé de revenir. J’étais retenu, captivé, je dois l’avouer, beaucoup moins par les beautés de cet admirable rivage que par les charmes de certaine salle du Museo borbonico, où je poursuivais avec une ardeur croissante mes études sur la littérature italienne, — ces études qui devaient vingt ans plus tard servir de texte à mon enseignement de Toulouse ; ces études qui, tout en me passionnant de plus en plus, se rattachaient pour moi à des études encore plus chères. J’aimais d enfance nos souvenirs historiques provinciaux et je m’étais voué, avant même la fin de mes classes, à l’étude du génie gascon dans toutes ses manifestations, mais surtout dans celle qu’on a le moins éclaircie et qui n’est pas d’ailleurs la plus brillante, dans les lettres et les arts. »

Avec moins de poésie, mais avec la même netteté, il répondait de Naples, en 1860, à son père qui l’avait interrogé, d’Eauze ou de Cazaubon, sur l’objet de ses études :

(( Premièrement, je continue à ramasser des matériaux pour un travail auquel je songe depuis une huitaine d’années et que je compte publier dans deux ou trois ans. C’est une Histoire littéraire de la Gascogne , qui renfermera l’histoire des mœurs, des institutions, des lois, des couvents, des établissements d’instruction publique et de tous les auteurs de notre pays

(( Secondement, j’étudie et approfondis la langue, l’histoire et la littérature italiennes, dans la pensée d’employer mon âge mûr, si

1 . Allocution prononcée par Léonce Couture, quand il fut nommé Président de la Société historique, de Gascogne. — Voir à la fin du volume, p. 913.

INTRODUCTION

Dieu me le permet, à un travail général sur les institutions et les littératures des peuples du Midi. J’étudierai l’Espagne après l’Italie, pour me préparer à ce travail qui n’est pas encore parfaitement défini dans mon esprit... » Ce second projet se dessina peu à peu et devint Y Histoire de la Renaissance des Lettres dans les nations romanes , depuis les origines, au Moyen âge, jusqu’à notre dix-septième siècle français.

Léonce Couture aimait à expliquer le lien qui rattache l'un à l’autre les deux « poèmes » de sa vie littéraire.

(( C’est dans l’intention d écrire un jour l’Histoire littéraire de la Gascogne que j ’ai été amené comme insensiblement à me préoccuper de toutes les langues, de toutes les littératures du Midi, pour me mettre à même de fixer avec une irréprochable équité la vraie place des hommes et des choses de ma province dans le mouvement général de la littérature romane1. »

C’est donc afin de mieux connaître le génie gascon qu’il se plut à demander le secret du génie roman en général, et en particulier du génie français, du génie italien, du génie espagnol, aux langues, à la poésie populaire, à la poésie cultivée, spécialement à ce magnifique développement du génie moderne qu’on nomme la Renaissance.

Aucun des deux ouvrages rêvés par Léonce Couture, au temps de sa jeunesse, n’a été exécuté tel qu’il avait été conçu.

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