GASCOGNE
L’exilé de Naples, revenu en Gascogne, n’a pas écrit son Histoire littéraire ; mais il a fait mieux encore. Pendant quarante ans, il a groupé autour de lui, pour la rédaction de la Revue de Gascogne , tous les amis du passé de notre vieille province. Grâce au zèle laborieux d’un grand nombre de rédacteurs, les uns obscurs malgré leur mérite solide, les autres recommandés par les titres les plus éminents. la Revue de Gascogne a consacré des travaux approfondis et vraiment neufs aux villes, aux institutions, aux monuments, aux personnages célèbres de notre pays ; elle a pu mettre pour la première
i. Le Génie gascon, discours de réception â l’Académie des Jeux floraux.
INTRODUCTION
fois en pleine lumière bien des points d histoire religieuse, politique, littéraire, artistique et monumentale de ce vaste domaine gascon, qui embrasse en leur entier les quatre départements du Gers, des Landes, des Hautes-Pyrénées et des Basses-Pyrénées, et partie des départements de la Gironde, de Lot-et-Garonne, de Tarn-et- Garonne, de la Haute-Garonne et de l’Ariège. Pour tout dire, la Revue a rendu aux études historiques de vrais et d’importants services, reconnus et proclamés plus d’une fois par les critiques les plus autorisés, pai* les revues spéciales les plus compétentes et par l’Institut lui-même.
Avec les quarante et un volumes qui constituent la première série de la Revue , Léonce Couture a élevé à notre province de Gascogne un monument que les autres provinces nous envient. Et, avant de mourir, il a courageusement inauguré, avec le nouveau siècle, une nouvelle série ; il a préparé à sa chère Revue un directeur, M. l’abbé Degert, du diocèse d’Aire, professeur à l’Institut catholique de Toulouse ; et pour Président de la Société historique, il a désigné à Monseigneur l’Archevêque d’Auch un de ses vicaires généraux, M. l’abbé Cézérac, de telle sorte que, le maître disparaissant, l’œuvre a continué : la Revue de Gascogne en est au onzième volume de la seconde série, et les Archives historiques de la Gascogne 1 ont donné sans interruption leurs fascicules de documents inédits.
Léonce Couture a donc fait, pour la Gascogne, ce me semble, une œuvre plus vaste, plus importante, plus utile que l’histoire rêvée. Toutefois, il ne s’est pas contenté de grouper autour de lui, de former ou de diriger les amis des études provinciales. Sa contribution personnelle à la Revue est immense. Pour l’éditer à part, deux et même trois volumes seront nécessaires. Il a, d’ailleurs, classé lui-même en trois catégories ses études sur la Gascogne, et c’est dans cet ordre qu’elles seront publiées.