FALLATION DÉ LEURS LABORATOIRES
Le budget de l'Instruction Publique est le plus élevé de tous les pays, exception faite de celui des Etats-Unis, où l'initiative privée a pris une s
i large part dans la dotation des universités.
Pour qui a passé par les univer-
sites allemandes, il faut reconnaître que le gouvernement
allemand est d'une admirable largesse à ce point de vue.
N'a-t-il pas raison de croire que l'élite de la nation ne saurait être trop bien préparée pour le rôle qui l'attend. Les gradués des universités ne sont-ils pas en effet les principaux faiscurs de la destinée d'un pays, qu'ils soient juristes ou médecins. littérateurs ou philosophes, ingénieurs où hommes de science,
Chaque clinique possède ses laboratoires en propre pour ses besoins particuliers. Les deux installations les plus parfaites que j'aie vues
en Allemagne sont celles de la Charité à ]
ierlin et de la clinique Chirurgicale de Leipsick. Non-seulement le Professeur Trendelenbourg a à sa disposition, dans son Institut, des laboratoires de
pathologie et de bactériologie, des cabinets de photographie et de Rayons X, mais aussi tout un musée de pièces anatomo-pathologiques dans une salle voisine de l'amphithéâtre pour servir aux démonstrations cliniques. De plus afin de rendre les cliniques aussi pratiques qu'il est possible il a fait installer dans son amphithéatre un appareil de la maison Zeiss, qui sert à projeter sur l'écran noir non seulement les transparents de lanterne, mais aussi toute photographie ou planche en couleurs avec agrandissement et relief, — voire même les spécimens pathologiques eux-mêmes.
Voilà comment aux cliniques d'outre-Rhin on ajoute à la description théorique et l'exemple ciinique la démonstration anatomo-pathologique.
Le Musée de Pathologie de Berlin, l'Institut Virchow, -- inauguré lors du 50ème anniversaire de professorat de Virchow durant l'hiver de 1900 — est l'Institut le plus considérable du monde, que nous sachions. Les pièces anatomiques y sont montées dans la solution de Kaiserling, qui conserve aux tissus, comme nous le savous, leur coloration naturelle. Atteignant un chiffre de plus de 3000 spécimens à cette époque, cette merveilleuse collection de pièces pathologiques à vu sa richesse s'accroitre encore dans ces dix dernières années. Elle n'a de rivales que les collections du musée Dupuytren et de St-Louis à Paris, et de l'Institut Pathologique de Vienne, qui ne l'égalent pas cependant.
Que dire des \METHODÉS 2
Enseigner n'est pas tout dans une université, et la faculté qui se contenterait simplement de transmettre ce que la tradition lui a légué ne remplirait pas tout son devoir. Et pourtant l'idéai de plusieurs ne va ni plus haut ni plus loin!
La science moderne exige cependant plus de ses prêtres. Non seulement doivent-ils connaître le pass: et posséder le présent, mais aussi doivent-ils regarder en avant, interroger le sphynx de l'avenir et diriger la charruc à travers des champs encore inexplorés. En un mot le professeur est un investigateur. Les recherches et l'enseignement ont de tout temps été le double but des universités allemandes, encore plus dans ces temps modernes.
Les laboratoires y sont aussi nombreux que merveilleusement outillés. Dans toute université les “Physikalischen und Pathologischen Instituten” sont bien en vue. Leur part dans l'instruction de la jeunesse universitaire est très importante. Tout ce qui touche aux sciences basales, physique, chimie et sciences naturelles, anatomie et physiologie, bactériologie et pharmacie, en un mot ce qui correspond aux examens scientifiques préliminaires et intermédiaires du programme anglais, tient une large, très large part en Allemagne. Cette partie du curriculum médical est très pratiquement enseignée en Allemagne. De fait, nulle part au monde pose-t-on de meilleures assises pour l'édifice médical.
Il est une chose qui frappe en Allemagne, comme d’ailleurs à Paris et à Vienne, en Angleterre et aux Etats-Unis, c'est le peu d'importance attachée à l’enseignement purement théorique. On l'a réduit au strict minimum. Mais en revanche l'étudiant allemand doit donner beaucoup de son temps à l'enseignement clinique, de fait il partage sa journée entre les laboratoires et les cliniques, je préciserais en disant les amphithéîtres.
Et ici je touche à l’un des points faibles des méthodes allemandes. Le futur disciple d'Esculape fait peu de travail dans les salles de malades. L'enseignement “au lit du malade”, qui tient et à bon droit, croyons-nous, une si large part à Paris, en Angleterre et aux Etats-Unis, est peu ou pas en honneur en Allemagne, L'enseignement
clinique est donné à l'amphithéâtre, en presence d'une nombreuse assistance généralement. Deux élèves sont appelés auprès du professeur, où ils lisent l'observation clinique du malade, qu'un assistant officiel a prise auparavant. Les deux élèves sont questionnés au sujet du cas et le professeur complète ce questionnaire par ses remarques. Pour résumer: l'étudiant n'a que peu ou pas de contact personnel, quotidien, répété ou prolongé avec les malades comme il doit l'avoir, tel qu'on insiste qu'il l’aie à Londres et à Paris, au Johns Hopkins et à Philadelphie.
Est-il question d'enseignement avancé, — de “postgraduate work” — que les choses sont différentes. Car ici, le médecin désireux et de faire des observations et des examens personnels et de sauver du temps, s'inscrit pour des leçons particulières auprès d'un des assistants de la clinique choisie. Ces cours spéciaux sont donnés à de petits groupes, sont payants et seraient trop dispendieux à la longue pour les étudiants, c'est évident.
Puisque nous causons “Post graduate work”, quels sont donc les avantages offerts en Allemagne à ce point de vue?
Deux fois l'an, à Pâques et en septembre, il est donné aux différentes universités des séries de cours spéciaux, qui touchent à peu près à tous les aspects de la profession. On les appellent : cours de vacances, “Ferienkursus”. Les assistants en ont généralement la charge. Tout le matériel hospitalier sert à ces démonstrations cliniques spéciales, où les médecins seuls sont admis. La durée en est généralement de 4 à 5 semaines.
Ici encore cet enseignement est presqu'exclusivement donné à l’amphithéâtre, bien qu'il soit toujours possible
«le pren ire des lec ns privées et pe rsonnelles. Les facihtés de laboratoire sont excellentes et les praticiens ont tous les avantages de se mettre au courant des derniers procédés de recherche et de vérification du laboratoire. Les assistants sont nombreux, competents et obligeants. |
da fpriti]
IPaTt, pour ne pas dire tous, parlent si non l'anglais ct le français, au moins l'une des deux langues : l'anglais
nm réalise si bien en Allema ne l'importance de cet enseignement médical superieur où avancé, qu'en dehors des facultés régulières il 4 XiSte plusieurs Ecoles où Instiliers à cet effet KRappellerai-je l'Institut Pathologique du Professeur Éhrlic à Franckfort. l'Institut Special contre le cancér du professeur Cz Env, à Fleidelberg, la Clinique Chirurgicale du professeur Bardenhauer
Cologn: Mais le plus important et le plu
s considerable de tous est l'Institut Médical de Dusseldorf sur le Rhin.
L'Académie des Beaux-Arts avait déjà donné à Dusseldorf un nom fort enviable parmi les cités rhénanes Cette viile industrielle fort riche et ambitieuse créa cet Institut Médical et en confia l'organisation et la direction au professeur Witzel. alors professeur et chirurgien à l'Université de Bonn. Le professeur Witzel est depuis longtemps déjà une autorité. Il groupa autour de lui une élite de professeurs de renom et aujourd'hui, l'Institut \lédical de Dusseldorf, tout jeune encore, voit cependant accourir chez lui des médecins de tous les coins de l'Allemagne, di . Europe et des Am riques. On jugera quelque peu de son importanc quand on saura que lors: Institut ouvrit ses portes, il pouvait hospitalise: 00 malades, dont le nombre a été porté depuis à Soo : et bientôt 1,200 malades v seront hospitalisés lorsque le
nouveaux batiments seront terminés
Telles sont, Messieurs, l'organisation et les méth des speciales aux Universités d'Allemagne Maintenant traversons le Rhin et examinons ce jui
se passe en X XX x En France.
Nous avons vu qu'en Allemagne les universités quelques-unes d'entre elles déjà vicilles de plusieurs si cles, étaient disséminées par tout le pays \vec la fondation de l'Empire s'en suivit l'unification de Ssvstem militaire et bientôt la réorganisation de l'en ionement su-
périeur: ce fut une synthèse. En France ce fut tout l'opposé: une décentralisation
Jusqu'à il y a quelque vingt cinq ans, Paris était. comme d’ailleurs il l'est encore, le grand centre d'instruction en France. Mais alors l'Université de Pari était la seule importante. Il existait bien à la vérit depuis longtemps des écoles et facultés de Droit et de Médecine, de Lettres et de Philosophic dispersées par tout je pays Mais l'unité faisait défaut, les facultés étaient tout à fait indépendantes les unes des autres: il manquait cet esprit et ce lien qui font un tout de parties différentes
En 1885 un décret gouvernemental creait des univer sites hors Paris, en groupant les facultés et écoles éparses Napoléon avait tout concentre Paris sous sa main, son tour Paris allait maintenant restituer et céder de son prestige, Et c'est ainsi que graduellement furent organisées les universités de province, dont les principales sont Lvon, Bordeaux. Montpellier, Toulouse, Nancy, etc. Si nous tabulons les groupements d'étudiants, nous
arrivons au total respectable de plus de 33,000 pour Îles
seuls facultés de Médecine, Droit, Lettres et Philosophie. 14 p. c. sont des étudiants étrangers.
Voyons un peu maintenant ce qu'est l’organisation des hopitaux et de l’enseignement en France. Je parlerai surtout de Paris, qui est le centre médical le plus complet et le plus intéressant.