L'ANGE ET L'ENFANT
Elégie adressée à une mère qui qtvait perdu son enfant au
berceau.
Un ange an radieux visage Penché sur le bord d'un berceau.
Semblait contempler son image »
Gomme dans l'onde d'un ri^isseau.
— « Charmant enfant qui me ressemble , n Disait-il, oh! viens avec moil » Viens , nous serons heureux ensemble, » La terre est indigne de toi.
Là • jamais entière allégresse ; » L'âme y souffre de ses plaisirs :
» Les cris de Joie ont leur tristesse»
» fit les voluptés leurs soupirs.
» La crainte est de toutes les fêtes ;
• Jamais un jour calme et serein
• Du cboc ténébreux des tempêtes
» N*a garanti le lendemain. » BBB0Di.«
LE SIÈCLE PASTOEAL.
Précieux jours, dont ftit ornée La Jeunesse de l'univers , Par quelle triste destinée N'étes-vous plus que dans nos vers !
La terre aussi riche que belle , Unissait, dans cet heureux temps t Les fruits d'une automne éternelle Aux fleurs d'un étemel printemps*
Yods n'étiez point dans ces années i TiceSy crimes tumultueux :
Les passions n'étaient point nées , Les plaisirs étaient verioeux.
Sopbisines, erreurs, imposlare.
Rien n'avait pris votre poison :
Aa& luniiercâ» de la nature Les bergers bornaient leur raison.
Sur leur république champêtre Ré^'tiait Tordre» imagi; des cieux.
L'bomme était ce qu'il devait élre.
On pensait moins, on vivait mieux.
On ignorait dans leurs retraites Les noirs chagrins, les vains désirs , Les esi)éfanc«t> inquiètes^ Les longs remords des courts plaisirs.
Tons dans d'innocentes délices , Unis par des nœuds pleins d^attraits.
Passaient leur jeunesse sans vices « Et leur vieillesse sans regrets. Gbesset.