ODE A LA FORTUNE
Fortune dont la main couronne Les forfaits les plus inouïs ,
le st^e de la Bible ^ o&t été heureusement traduites par le poète français- Les deux Racine, J.-B. Rousseau, et ({uelquefois Lefranc de Pompignan sont les seuls de nos poètes qui aient puisé avec succès, \k ces sources sacrées des grandes pensées et des beaux vers.
ii) Ju sort de ces oiseaux ftuùirM, etC. Ftuùiret pour sinistre, de mauvais
augure : e*est l'effet pour la cause ; c'est le s^ue, pour la chose signiflëe- Une épithète n'est vraiment riche, vraiinent digne de la hante poésie, qu'autant qu'elle présente à la fois une idée , un trope et une image. Les grands poètes »e les prodiguent pas.
(2) Qu'il est un Dieu dans les Cieux s etC.
Ces derniers vers rappellent la leçon sublime adressée aux rois et qui termine ai dignement le chef-d'œuvre d'Athalie :
« JJLpprenez et n'oubliez jamais :
Que les rois , dans le Ciel, ont un juge sévère , L'iofiooence un vengeur^ et l'orph un père. »
Bu faux éclat qui t'environne Serons-nous toujours éblouis ?
Jusques à quand, trompeuse idole , D'un culte honteux et frivole Honorerons-nous tes autels ?
Verra-t-on toujours tes caprices Consacrés par les sacrifices £t par l'hommage des mortels?
Montrez-nous, guerriers magnanimes (1) , Votre vertu dans tout son jour , Voyons comment vos cœurs sublimes Bu sort soutiendront le retour.
Tant que sa faveur vous seconde , Vous êtes les maîtres du monde , Votre gloire nous éblouit ; Mais , au moindre revers funeste , Le masque tombe, l'homme reste, £t le héros s'évanouit.
(4 ) Montru-nau» purrien magnanimes, etC< Cette Strophe^ pleine en gélCf'
rai de mouvement et de ebadear, se termine par deux vers, devenos proverbes dans leur genre :
Le masque tombe , l'homme reste , Et le h^ s'ëvaoooiL
La pensée et l'image sont, comme l'on sait, empruntées de Locrèee Eripùur PêTtona: mwut ru, ul, sg. Je ne sais, malgré tont le talent et le succès de l'imitation , si le monosyllable (re<;, qui termine le vers latin, n'est pas plus pittoresque encore qne l'expression du poète français. Dans l'un, le bèros de théâtre tombe et disparaît aussi rapidement que le moi; il n'en reste rien ; Une i'nraïuwio dans l'autre « que par gradations.