CRÉATION DU MONDE
PREMIÈRE LEÇON
Le ciel et la terre, la lumière et les ténèbres.
Genèse, ch. L Au commencement , Dieu créa le ciel et la terre.
Avant le commencement de toutes les choses que nous voyons, Dieu seul existait, parce que Dieu a toujours été.
La terre sur laquelle nous marchons n'était pas. Il n'existait point de maisons, point d'arbres, point d'animaux ; îl n'y avait personne non plus, ni hommes, ni femmes, ni petits enfants. Les personnes et les choses vivent sur la terre
OU tiennent à la terre, et comme la terre n'était pas, rien de ce qu'elle porté ne pouvait être.
Le ciel n'était pas non plus ; aussi, pas de soleil ni d'étoiles. Rien de ce que nous y voyons à présent ; Dieu seul existait !
Quand il voulut créer ce que nous voyons. Dieu fit d'abord le ciel et la terre, mais le ciel sans étoiles, et la terre informe et nue. Puis il dit : Que la lumière soit ^ et la lumière futi
C'est cette précieuse lumière répandue entre la terre et le ciel sur tous les objets qu'elle éclaire, qu'elle rend visibles, de sorte qu'on en peut voir et distinguer les formes et les couleurs. Le temps pendant lequel la lumière éclaire les objets qui nous entourent s'appelle le jour. Le temps pendant lequel elle ne les éclaire plus s'appelle la nuit ou les ténèbres. Pendant le jour on voit beaucoup de choses, parce que la lumière est là, qui éclaire tout ; pendant la nuit ou les ténèbres nous ne vpyons plus rien, parce que la lumière n'est plus là. Dieu sépara donc la lumière d'avec les ténèbres, et le jour dura depuis le matin jusqu'au soir. Ce fut le premier des jours que Dieu créa par sa parole.
RÉSUMÉ
D. Qu'est-ce que Dieu créa au commencement?
R. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
D. Comment nomme-t-on le temps pendant lequel brîllc la lumière ?
R. On le nomme le jour.
D. A quoi devait servir la lumière?
R. A éclairer les choses que Dieu allait former, pour les rendre visibles.
D. Qu'est-ce qu'une chose visible?
R. C'est une chose qu'on peut voir.
D. Qu'y avait-il de visible lorsque Dieu fit là lumière?
R. Il n'y avait rien encore que la terre informe et nue.
D. Où donc étaient les animaux, les arbres, les fleurs?
R. Rien de tout cela n'était formé.
t8 HLSTOIRB SAINTE.
D. OÙ doDc étaient le soleil^ la luoe, les étoiles? R. Il a'y en avait pas; Dieu ne les avait pas encore faits. D. La lumiàre éclaira-t-elle pendant longtemps? R. Elle éclaira la terre depuis le matin jusqu'au soir. D. Le soir que devint-elle?
R. Le soir elle disparut, et fut remplacée par les ténébreê. D. Gomment nomme-t-on le temps pendant lequel les ténèbres remplacent la lumière?
R. On le nomme la nuit
D. Quel jour Dieu sépara-t-il la lumière d'avec les ténèbres? R. Il les sépara dès le premier jour .
DEUXIÈME LEÇON
Le firmament, Teau, les plantes..
Après la première nuit, ce fut le second jour.
Le second jour, Dieu créa tout autour de la terre le /îrmament. Le firmament est ce beau ciel où glissent les nuages. L'espace que nous voyons là- haut, au-dessus de nos têtes, et qui nous parait bleu quand il fait beau, n'en est qu'une petite partie. Dieu créa le ciel par sa parole, comme il avait créé la lumière. Puis le second soir la lumière disparut encore, et la seconde nuit remplaça le second jour.
Le troisième jour. Dieu lança la terre dans l'espace, au milieu du firmament, la terre tourna, et en tournant devint ronde comme une boule. Et Dieu dit : Que toutes les eaux étendues se rassemblent, et que la terre sèche paraisse. Aussitôt les eaux se réunirent dans les parties creuses de la terre, et les parties hautes se trouvèrent asséchées comme Dieu l'avait voulu. Les eaux ainsi réunies furent ce qu'on appelle à présent des mers, des lacs, des étangs. Les parties hautes de la terre devinrent ce qu'on appelle les montagnes, les collines et généralement toute cette terre sèche où l'on peut marcher, bâtir, planter.
Mais en ce temps-là toute la terre était nue, c'est-à-dire qu'elle ne produisait rien encore ; elle était aride.
Alors Dieu dit : Qiie la terre produise de T herbe verte qui porte de la graine^ et des arbres fruitiers qui portent du fruit chacun selon son espèce y et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre. Et cela se fit ainsi.
La terre fut aussitôt couverte d'arbres , d'arbustes , de plantes de toutes les espèces, de toutes les formes, de toutes les grandeurs ; chaque espèce eut des fleurs et des fruits différents des fruits et des fleurs des autres espèces. Les fruits de chacune n'avaient point le même goût que les fruits des autres ; les fleurs avaient aussi des odeurs variées. Cependant toutes ces plantes s'élevaient en haut pour chercher Tair et la lumière, et s'attachaient à la terre par des racines qui, en même temps, y cherchaient une partie de la nourriture propre à les faire vivre et grandir.
Et ce fut ainsi que Dieu remplit le troisième jour.
RÉSUMÉ
D. Qu'arriva-t-il quand la première nuit fut passéeT
R. Au matin, le jour reparut,
D. Qu est-ce que Dieu lit le second jour?
R. Le second jour Dieu fit le firmament, qu*il appela le cieh
D. Qu'est-ce que le fii^mament ou le ciel ?
R. C'est l'espace qui entoure la terre et dans lequel glissent les nuages.
D. Et le lendemain, qui était le troisième jour, que fit Dicut
R. Le troisième jour, Dieu sépara Feau de la terre.
D. Quelle forme prit la terre ?
R. Elle tourna et devint ronde comme un globe.
D. Dans quels lieux se réunirent les eaux?
R. Les eaux se réunirent dans les parties basses de la terre.
D. Comment appelle-ton ces eaux réunies dans les parties basses de la terre?
R. Ou les appelle des mers, des lacs, des étangs, des rivières, et des fleuves,
D. Dans quel état se trouvèrent les parties de la terre d'où Teau s'était retirée?
R. Elles se trouvèrent sèches et solides.
D. Quand la terre fut sèche et solide, qu'est-ce que Dieu créa sur cette terre?
R. Il créa l'herbe, les arbres, les arbustes, enûn toutes les plantes.
D. Qu'est-ce que Dieu voulut que toutes les plantes portassent en elles-mêmes?
R. Des fruits et de la graine pour se reproduire.
D. Quel jour Dieu créa-t-il toutes ces plantes?
R. Dieu créa toutes les plantes le troisième jour.
TROISIÈME LEÇON
Les astres, les animaux.
Le quatrième jour Dieu dit encore : Que des globes de lumière remplissent le firmament ; qu'ils différencient le jour d'avec la nuit; qu'ils marquent les saisons et les années. Alors Dieu fit le soleil et les étoiles, qu'on appelle des astres; la lune et d'autres globes qui sont des planètes. La loi du soleil fut de briller, de produire les saisons, de réchauffer la terre, de mûrir les fruits ^ Et les étoiles brillèrent ainsi que le soleil.
Quant à la lune et aux autres planètes, elles ne brillèrent pas plus que la terre, qui est une planète aussi; elles ne purent que nous renvoyer la lumière du soleil comme un miroir. Mais cette lumière réfléchie par les planètes se trouvant diminuée, et la lumière des étoiles qui nous arrive de
1 . La loi providentielle de chaque être, quel qu'il soit^ étant raceomplissement des choses auxquelles Dieu l'a desl'.né, on ne saurait trop montrer aux enrants cette espèce d'obéissance établie dès le commencement à tous les degrés de la création, et l'analogie qu'elle présente avec nos propres devoirs.
plus loin encore que celle du soleil était diminuée aussi par la grande distance, c'est seulement pendant les ténèbres qu'elles peuvent nous éclairer.
Le cinquième jour Dieu dit : Que les eaux produisent des animaux vivants qui nagent dans Veau^ et des oiseaux qui volent au-dessus de la terre. Et aussitôt les eaux se trouvèrent pleines de poissons, de coquillages^ d'animaux de toutes les formes qui nageaient et cherchaient leur nourriture. Une foule d'oiseaux et d'insectes ailés parurent aussi : il y en avait de toutes les grosseurs et de toutes les couleurs ; ils se mirent à voler dans l'air, entre la terre et le ciel, ainsi que Dieu l'avait voulu.
Le sixième jour. Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivants, chacun selon son espèce, les animaux qui pourront devenir domestiques, les reptiles et les bettes sauvages. Et cela se fit conune Dieule voulait. D'abord parurent les animaux domestiques *, c'est-à-dire ceux qui s'apprivoisent, peuvent demeurer près de nos maisons et nous servir : les chevaux, les bœufs, les brebis, les chiens, les chats, etc. Puis vinrent les reptiles, c'est-à-dire les serpents, les couleuvres, qui rampent en glissant sur le ventre, et qui vivent dans les bois et dans l'herbe des prés ; enfin les bêtes sauvages qui vivent bien loin de nous dans les déserts, comme les lions et les tigres , ou sur les montagnes, comme les ours, ou dans les bois rapprochés des villes, conmie les loups, les sangliers, les renards.
Ainsi il y eut des plantes et des animaux sur la terre, des plantes, des poissons et des coquillages dans les eaux, des oiseaux dans l'air, des astres et des planètes dans le firmament. Et les plantes vivaient, grandissaient, produisaient des fleurs et des fruits. Les animaux vivaient et marchaient.
!• Domeêlique vient de Dtfnte, demeure, maison Iiabilée.
Les astres s'avançaient en roulant dans le chemin que Dieu leur avait marqué à travers l'espace. Et la terre, les plantes, les animaux, le ônnament, les astres, toutes ces choses ensemble formèrent ce que nous appelons Yunivers. Et alors il y eut cet Univers plein de vie et de beauté, là où, sans Dieu, il n'eût rien existé. Car ce changement magnifique était l'ouvrage de Dieu seul ! . . . Dieu n'avait point fait son ouvrage avec des matériaux et des outils comme les ouvriers font le leur : Dieu est tout-puissant, il avait fait l'univers par sa seule parole et sa seule volonté.
RÉSUMÉ
D. Qii*est-ce-que Dieu forma le quatrième jour?
R. Le quatrième jour, Dieu forma le soleil, les étoiles et la lune.
D. Comment appelle-t-on le soleil et les étoiles?
R. On les appelle des astres.
D. Qu'est-ce que la lune?
R. La lune est une planète,
D. Quelle fut la loi du soleil?
. R. De briller, de produire les saisons, de réchauffer la terre et demûrir les fruits.
D. Pourquoi la lune et les étoiles n*éclairent-elles la terre que pendant la nuit?
R. Parce que, pendant le jour, la clarté du soleil surpasse toutes les autres.
D. Qu'est-ce que Dieu fit le cinquième jour?
R. Il fit les animaux des eaux et les animaux de l'air.
D. Qu'est-ce qu'il fit le sixième jour?
R. Le sixième jour. Dieu forma les quadrupèdes et les reptiles-
D. Comment appelle-t-on l'ensemble des ouvrages de Dieu?
R. L'ensemble des ouvrages de Dieu s'appelle l'univers^
D. Comment Dieu a-t-il fait l'univers?
R. Dieu a fait l'univers par sa parole et sa volonté.
QUATRIÈME LEÇON
L*homme. — La femme.
La terre était donc couverte de plantes et d'animaux, aînsî qu e Dieu Tavait voulu. Mais il n'y avait point d'hommes, ni
de femmes, ni de petits enfants, parce que Dieu n^en avait pas encore créé. Le ciel magnifique où roulent tant d'astres brillants était bien beau à voir, mais il n'y avait personne pour en jouir. Tout ce que Dieu avait créé sur la terre devait être bon à quelque chose, utile à quelqu'un ; mais il n'y avait personne pour l'employer, personne non plus pour aimer Dieu, pour être heureux de ses bienfaits, et pour faire le bien à son image. Alors Dieu dit : Faisons l" homme à notre image et à notre ressemblance; quil règne sur lo poissons des mers, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux de la terre.
Alors le Seigneur Dieu prit de la terre ; il en forma le corps d'un honame, et sur le visage de cet homme, Dieu répandit un souffle de vie. A ce moment V homme formé de terre reçut une âme, il devi?it vivayit et animé. M connut Dieu, et il l'adora conune son Créateur.
Dieu nomma l'homme Adam, puis il dit : // n'est pas bon que r homme soit seul, donnons-lui une compagne semblable à lui. Etd'abord Dieu fit venir près d'Adam tous les animaux de la terre. Adam les vit, leur donna un nom à chacun; mais aucun de ces animaux n'était semblable à Adam, aucun ne pouvait ni comprendre son langage, ni aimer l'homme comme il fallait pour le rendre heureux. C'est pourquoi Dieu envoya le sommeil à Adam, et pendant qu'il dormait. Dieu, qui peut tout, lui enleva doucement une côte de la poitrine. De cette côte, il forma une femme, et lorsqu'Adam se réveilla, il comprit que cette femme semblable à lui était une amie, une compagne que Dieu lui avait donnée. Il la nomma Eve, et le Seigneur Dieu bénit l'homme et la femme qu'il avait créés pour s'aimer et pour vivre ensemble dans la paix et le bonheur.
RÉSUMÉ
D. Après les quadrupèdes et les reptiles, qu'est-ce que Dieu créa encore le sixième jour?
R. Le sixième jour, Dieu créa l'homme et la femme.
D. De quoi Dieu forma-t-il le corps de Thomme ?
R. Dieu forma le corps de l'homme d*un peu de terre.
D. A quel moment cet homme formé de terre reçut-il une âme et devint-il vivant et animé?
R. Lorsque Dieu répandit sur son visage un souffle dévie
D. Comment Dieu nomma-t-il l'homme?
R. Adam.
D. De quoi Dieu forma-t-il la femme?
R. D'une côte de l'homme.
D. Comment fut nommée la femme? -
R. Eve*.
D. Qu'était Eve pour l'homme?
R. Elle était sa compagne et son amie
D. Qu'était Adam pour la femme?
R. 11 était son compagnon et son ami.
D. Qu'est-ce donc qu'être amis?
R. C'est s'aimer, se rendre service et partager ensemble les plaisirs et les peines.
D. Pourquoi les animaux ne pouvaient-ils être tout à fait les amis de l'homme et de la femme?
R. Parce qu'ils n'étaient point semblables à eux.
D. Qui sont donc nos semblables?
R. Ce sont tous les hommes, qui sont aussi nos frères.
D. Si nous sommes les amis de nos semblables, de nos frères, comme Dieu l'a voulu dès le commencement, comment nous conduirons-nous envers tous les hommes?
R. Nous serons justes, nous les aimerons, nous vivrons en paix avec eux, et nous travaillerons à leur bonheur de toutes les ma- Bières.
CINQUIÈME LEÇON
Défense faite à l'homme.
Dieu avait créé dès le commencement un jardin délicieux appelé le paradis terrestre, dans lequel il y avait une foule d'arbres beaux à voir, et dont les fruits étaient bons à man-
gjsr. Dieu plaça Adam et Eve dans ce jardin pour y demeurer et le cultiver. Au milieu de ce jardin il y avait deux arbres : l'un était Y arbre de vie^ Tautre était Y arbre de la science du bien et du mal. Dieu les fit voir à Adam et Eve, en leur disant : Mangez des fruits de tous les arbres; mais ne mangez point du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal; car si vous en mangez^ vous mourrez.
Ce commandement étant fait, Dieu laissa Adam et Eve dans le paradis terrestre. D'abord ils ne touchèrent pas au fruit défendu ; Dieu leur avait accordé tant de biens et de bonheur que , ne pouvant en souhaiter davantage , ils lui étaient reconnaissants et soumis. Ils vivaient heureux, parce que leur conscience était sans reproche, et que le bonheur régnait sur toute la terre.
RÉSUMÉ
D. Dans quel lieu Dieu plaça-t-il Adam et Eve?
R. Dans un jardin délicieux appelé le 'paradis teirestre,
D. Que devaient- ils y faire?
R. Ils devaient le cultiver.
D. Quels étaient les deux arbres plantés au milieu du paradi» terrestre?
R. L'arbre de vie et l'arbre de la science du bien et du mal.
D. De quels fruits Dieu permit il à Adam et à Eve de se nourrir?
R. De tous les fruits, excepté de ceux de Tarbre de la science, auxquels Dieu leur défendit de toucher.
D. Comment Adam et Eve devaient-ils être récompensés de leur obéissance à Dieu?
R. En gardant toujours le bonheur que Dieu leur avait donné.
D. Qu'est-ce que le bonheur?
R. C'est un contentement parfait de soi-même et de tout le reste.
D. Pourquoi Adam et Eve étaient-ils contents d'eux-mêmes?
R. Parce qu'ils étaient soumis à Dieu,
D. Pourquoi étaient-ils contents de tout le reste?
R. Parce que le bonheur et la paix étaient partout autour d'eux comble en eux-mêmes.
HISTOIRE SAI^TTB.
Oésobéissuioe à la loi de Dieu.
Mais le démon (on mauvais esprit qui porte an mal) devint jaloux da bonheur d'^Adam et d'ÈTe. Il prit la forme du serpent, se fit soiqde comme hn, puis il s'a|qirocha d*£Te, et lui dit avec une fausse douceur : « Pourquoi Dieu ne TOUS a-4ril pas permis de manger de tous les fruits du paradis terrestre? — 11 nous a permis de manger de tous les fruits, rendit la femme^ excepté celui de Faibre de la science du Uen et du mal, parce que, si nous en mangions, nous mourrions. — Tous ne mourrez point, répondit le dànon; loin de là; si tous mangez de ce fitiit, tous de- Tiendrez semblables à Ueu. » Ère se laissa tenter par le désir orgueilleux d'être Tégale de Keu, et, malgré la défense du Sagneur, elle mangea du fruit de Taibre de la science du Uen et du mal, et elle en donna à Adam, qui commit la foute d'en manger comme eUe.
Aussitôt l'homme et la femme entendirent Dieu qui les appelait; mais au lieu de se montrer à lui comme aTant leur désobéissance, ils eurent peur, et essayèrent de se cacher parmi les aibres du paradis teirestre. C'est que déjà la Toix de leur conscience les accusait!... Alors Dieu dit : Adam, où éies^vous? Adam répondit : « Seigneur, j'^ai entendu votre T<nx, et comme j'àais nu, j'ai eu honte de paraître ainsi devant vous. « Mais Dieu reprit: « Pourquoi avez-vous eu bonte^ si ce n'est parce que vous avez pèche? — Alors Adam, se voyant découvert, répondit : u Seigneur, cVstlafemmeque vous m'avez donnée qui m'a offertde ce fruit, » — Le Seigneur dit à la femme : « Pourquoi m'avez-vous désobéi?» — Eve répondit : « Seigneur, c'est le démon qui m'a trompée. » Comme le démon avait pris la forme du serpent. Dieu maudit
HISTOIRE SAIJSTE. 37
le serpent entre tous les animaux; il déclara que le serpent serait l'ennemi des enfants de la femme, qu'il chercherait à les mordre, mais que la femme lui briserait la tête. Ceci voulait dire qu'un jour Dieu lui-même naîtrait de la Vierge et viendrait sur la terre pour accomplir notre rédemption.
Ensuite Dieu dit à la fename qu'il la punirait par un grand nombre de travaux, de maladies et de douleurs. Il dit à Adam : « Puisque vous m'avez désobéi, la terre sera maudite à cause de vous. A l'avenir, vous serez obligé de cultiver les arbres et d'ensemericer la terre pour leur faire produire votre nourriture. Le travail sera pour vous plein de fatigues ; mais vous travaillerez pourtant jusqu'à ce que vous mouriez ; car je vous ai fait de terre, et vous retournerez à la terre parce que vous avez péché. »
Puis Dieu chassa Adam et Eve du paradis terrestre, et de ce moment leur punition commença.
Voici donc l'homme et la fenmie qui s'en allèrent, pénétrés de tristesse et pleurant avec un .grand repentir de leur faute. Ils pouvaient pleurer, en effet, car désormais la terre était maudite, le péché avait détruit l'ordre et le bonheur ; la soufl&'ance et la punition les avaient remplacés partout ; et cette punition devait durer bien longtemps, puisqu'il y a plus de six mille ans que ces tristes choses sont arrivées, et que la punition subsiste encore ; que le malheur est encore sur la terre ; que la paix n'est point revenue ; qu'il y a encore des gens qui se font la guerre et se tuent au lieu de se secourir, des honunes qui se haïssent au lieu de s'aimer ; des malades qui soufii*ent, des pauvres qui n'ont pas assez de pain!... Car nous sommes tous enfants d'Adam et d'Eve, et nous partageons leur péché et leur malheur comme vous voyez les petits enfants partager avec leur père et leur mère la pauvreté, les privations, les chagrins.
Ce péché que nous ont transmis nos premiers parents, on l'appelle le péché originel. Comment sommes-nous coupables d'un péché qu'il nous semble n'avoir pas commis? C'est un mystère, c'est-à-dire un secret de Dieu que nous ne pouvons comprendre, mais que l'Église nous enseigne.
Heureusement Dieu n'a pas condamné l'humanité pour toujours. L'humanité c'est nous, et tous ceux. qui ont vécu avant nous, et tous ceux qui vivront après nous. Dieu luimême est venu dans la personne de Notre-Seigneur Jésus- Christ souffrir pour nous racheter. Il a donné à son Église le pouvoir d'effacer en nous le péché par le baptême et la pénitence. Et, bien que dans cette vie nous soyons encore soumis à tous les maux produits par la désobéissance aux lois du Créateur, grâce à cette divine rédemption, nous pouvons espérer le bonheur dans une autre vie.
RÉSUMÉ
D. L'homme et la femme restèrent-ils toujours soumis au commandement de Dieu?
R. Non.
D. Pourquoi désobéirent-ils à Dieu?
R. Parce que le démon leur donna de rocgueil.
D. Qu'est-ce qu'avoir de l'orgueil ?
R. C'est s'estimer plus qu'on ne vaut, et vouloir plus d'honneurs qu'on n'en mérite.
D. Quels honneurs voulaient Adam et Eve en désobéissant à Dieu?
R. Ils voulaient être ce qu'est Dieu.
D. Que firent Adam ei Eve lorsque Dieu les appela après leur faute ?
R. Hs essayèrent de se cacher.
D. Pourquoi craîgnaient-ils alors de paraître devant Dieu?
R. Parce qu'ils avaient fait le mal.
D. Comment savaient-ils que ce qu'ils avaient fait était mal?
R. Ils le sentaient dans leur conscience.
D. Qui donc avait appris à Dieu qu'ils avaient désobéi?
R. Dieu l'avait vu, parce qu'il voit tout.
D. Comment Adam chercha- t-il à s'excuser de sa faute?
R. En disant à Dieu que sa femme Tavait conseillé.
D. Et la femme, comment s'excusa-t-elle ^ son tour?
R. En disant à Dieu que le démon l'avait conseillée.
D. Et malgré leur excuse Dieu les trouva- t-il néanmoins coupables?
R. Oui.
D. Pourquoi?
R. Parce qu'ils connaissaient leur devoir.
D. Comment Dieu punit-il Adam et Eve?
R. Il leur relira tous les dons surnaturels qu'il leur avait faits, il les chassa du paradis terrestre, il les obligea à travailler pour vivre, il les abandonna au malheur et à la mort, eux et les enfants qui naîtraient après eux.
D. Qu'est-ce que la mort ?
R. C'est la fin de la vie présente.
D. Qu'est-ce que le malheur?
R. C'est la souffrance forcée '.
D. Pourquoi les enfants d'Adam furent-ils condamnés comme lui ?
R. Parce que tous les hommes ont péché en un seul, et que tous naissent souillés desoji péché, à l'exception de la sainte Vierge qui, quoique fille d'Adam selon la nature, a été préservée par un privilège spécial de la souillure originelle.
D. Quels maux Adam et Eve et leurs enfants eurent-ils à souffrir pour leur punition?
R. Tous ceux que nous souffrons encore, la perte de la grâce, l'ignorance, l'inclination au mal, les chagrins, les maladies, la mort.
D. Dieu nous a-t-il condamnés au malheur pour toujours ?
R. Non î il a promis de nous faire grâce, et il est venu lui-môme nous sauver.
D. A quelle condition Dieu nous fera-t-il grâce?
R. A la condition que nous redeviendrons soumis à ses lois?
1 . Le malheur n^est pas dtuis la souffrance même, car nous sommes presque heureux de souffrir quand nous souffrons librement, par dévouement au devoir, à l'affection. Le malheur c'est la souffrance forcée, celle à laquelle nous voudrions et ne pouvons nous soustraire. Cette définition peut être faite à des enfants dans les mêmes conditions que celles qui ont été données pour la déûniUon du bonheur. -^ Ci-avant, page 35.
D. Quels moyens nous a-t-il donnés pour nous aider à rentrer sous ses lois?
R. Son araour, ses sacrements et la prière.
Je n'irai pas plus loin ; vous m'avez comprise, devancée peut-être, et vous perfectionnerez sans doute. Un seul mot encore cependant.
Les œuvres de Dieu sont belles, sont magnifiques dans leurs détails ; mais la considération de leur ensemble produit dans rame une impression puissante de piété, d'amour, d'adoration ! Il serait donc important de récapituler dans un langage à la portée des enfants les grandes périodes, ce qu'on appelle les jours de la création, afin de leur en faire sentir, autant qu'il est possible à leur jeune âge, la grande et sérieuse signification.
Ainsi, dans l'histoire et les apparitions successives de la création se révèlent ime sagesse, une providence admirables. Après le jet des masses totales et confuses du ciel et de la terre, c'est premièrement la lumière qui paraît! la /wmtère, symbole de vérité, de droiture, appelée tout d'abord sur les œuvres que va produire le Seigneur, comme pour témoigner que le grand jour est la première condition des œuvres de justice.
Puis c'est la formation du firmament, la séparation des eaux, c'est-à-dire l'orrfrc déterminant l'espace, mesurant les éléments, selon le but voulu et les moyens arrêtés à l'avance ; Yordre si essentiel au succès, si inséparable de la sagesse, qu'on le voit se produire au premier rang dans les combinaisons de Dieu lui-même.
Aussitôt après, c'est Vêlement aride qui se montre ; cette , terre devenue propre à la végétation qui en sera le premier ornement.
Et comme cette végétation sera douée d'une vie propre,
il lui faudra des influences actives, des aliments variés ; les aliments existent déjà en partie : la lumière, les sucs de la terre. Les influences vont lui être données : Dieu crée le soleil, les globes lumineux, et leur marche régulière dans le firmament va déterminer la marche régulière, sur la terre, des saisons et des années.
Quand la terre est ainsi consolidée, ornée et couverte d'une végétation puissante, nutritive. Dieu y fait éclore les animaux nombreux qu'elle peut désormais porter et nourrir ; d'abord les animaux les moins parfaits, les poissons, qui ne respirent l'air qu'à travers l'eau, et dont la vie monotone paraît étrangère à toute impression de plaisir ou de souffrance ; ensuite les oiseaux vivant dans l'air pur, mobiles, harmonieux de chant et de couleurs, avides de mouvement et de liberté ; puis les grands animaux, soit sauvages, soit domestiques, doués de force ou de grâce, de courage ou de sagacité, de beauté ou de qualités précieuses, et tous remarquables par le perfectionnement de leur organisation , de leurs facultés, comme si Dieu, en nous montrant le progrès dans ses créations, avait voulu nous enseigner que le progrès est la loi universelle et sainte en vertu de laquelle nous devons chaque jour améliorer notre cœur et nos œuvres.
Enfin la terre est achevée ; elle est riche de sève et de productions ; elle est animée par le chant des oiseaux, par l'activité des quadrupèdes : mais tous ces habitants la couvrent sans la peupler. La terre est un palais vide ; Dieu ne lui a pas encore donné le plus important de ses hôtes. La terre n'a pas encore compris son Créateur ; la loi religieuse et morale n'a point encore de sujets sur le globe.
L'honmiepuis la femme soQt enfin tirés du néant, et l'œuvre des six jours est couronnée. Dieu se révèle à eux, et ils comprennent sa loi; ils pourront désormais gouverner h
rimage de Dieu, faire le bien à l'image de Dieu. Comme ils seront libres, ils seront responsables de leurs actes. Là est leur grandeur, mais là aussi est le péril !...
Quelle paternelle sollicitude et quelle logique dans l'enchaînement de ces phases diverses ! Comme chaque chose se déduit et se coordonne selon son temps et son but ! Impossible d'accuser cet ordre ou de l'intervertir. Si les animaux eussent été créés avant les plantes, ils n'eussent pu trouver ni la nourriture ni même l'air approprié à leur vie; si les végétaux eussent été créés avant la formation des mers, ils n'eussent pu se maintenir sur un sol bourbeux; et s'ils l'eussent été avant les astres, ils eussent végété s£ihs règle, ou plutôt ils eussent dépéri sous un ciel morne et sans rayons. Si la lumière n'eût précédé les autres créations, tous les mouvements se seraient heurtés dams d'immenses ténèbres ; et si l'homme et la femme eussent manqué à la nature, la terre eût manqué de consécration, car elle n'eut pu renvoyer à son Dieu, comme un hymne do reconnaissance, ce qui ne se trouve qu'au cœur de l'homme : V amour et la prière!