‹ Enseignement pratique dans les écoles maternelles; ou, Premières leçons à donner aux petitsChapitre 19 sur 81 · LES GOMBIANDEMENTS DE DIEU EXPLIQUÉS · texte numérisé non relu

LES GOMBIANDEMENTS DE DIEU EXPLIQUÉS

Un grand nombre de personnes ont appris dans leur enfance les commandements de Dieu et de l'Église, les ont récités chaque jour, et n'en sont pas moins arrivés à l'âge mûr, à la vieillesse, puis à la mort, sans avoir seulement songé, dans les difiérents actes de leur vie, à se conformer aux obligations qui leur sont imposées par ces hauts préceptes. Cela tient sans doute à notre irréflexion naturelle surtout ce qui ne nous a pas frappés d'une manière très senâble, irréflexion favorisée encore par l'habitude qu'on nous donne, dès le berceau, de répéter mécaniquement des mots sans les comprendre.

Il est probable que si l'on enseignait les commandements à une personne faite qui n'en eût jamsiis ouï parler, le texte seul exciterait tout d'abord son attention, et que le besoin de comprendre le lui ferait ensuite approfondir. Il n'en est pas de même pour les enfants. Les enfants réfléchissent peu d'eux-mêmes aux choses sérieuses. Ce qu'ils n'ont pas d'abord compris, ils ne cherchent pas à le comprendre, et il esta craindre qu'ils ne comprennent jamais le sens des paroles divines, s'ils contractent l'habitude de les réciter sans y en attacher aucun.

Il serait donc, je crois, sage et utile, tout en leur faisant

apprendre le texte des commandements, d'attacher à quelques-ims une sorte de traduction, en langue usuelle, et de les commenter ensuite dans de fréquentes leçons morales.

Il faudrait que la formule de cette traduction, une fois adoptée, demeurât la même dans toutes les leçons. Vous n'en devriez pas moins varier les exemples, élargir le cercle des applications, pour montrer toute l'étendue de la loi et toute son importance. Mais, je le répète, il fau"drait que la formule de cette loi fût invariable. Quand les idées se forment, elles s'identifient jusqu'à un certain point avec les mots ; c'est pourquoi une formule régulière grave dans l'esprit une idée plus distincte et plus durable.

Cette formule devra être exacte et claire. Pour le premier commandemant, on pourra dire : // n'y a qu'un DieUy je n'adorerai que lui^ et je faimerai de tout mon cœur. Je le doiSj parce que Dieu le commande.

Pour le troisième: Je travaillerai les six premiers jours de chaque semaine^ et je me reposerai le dimanche en priant et en servant Dieu. Je le dois , parce que Dieu le commande.

Pour le quatrième : Je serai doux^ obéissant et respectueux envers mon père et ma mère; je les aiderai et les soutiendrai dans leur vieillesse. Je le dois, parce que Dieu le commande*

Pour le cinquième : Je ne ferai ni ne souhaiterai aucun mal à personne^ pas même à ceux qui m'ont fait du mal. Je ne dois pas le faire, parce que Dieu le défend.

Pour le septième: Je ne volerai rien à personne; et si j' apprends qu une chose en ma possession appartient à un autre je la lui rendrai aussitôt. Je ne dois pas la garder parce que Dieu le défend.

Pour le huitième : Je ne mentirai points je ne dirai jamais que j'ai vu des choses que je n'aurais point vues; je

ne mentirai ni pour faire tort à quelqu'un, ni pour mon propre avantage. Je ne dois pas le faire^ parce que Dieu le défend.

Pour le dixième : Je ne porterai point envie au bonheur de mon prochain, et je ne chercherai point à m' approprier son bien par des moyens violents ou injustes. Je ne dois pas le faire, parce que Dieu le défend.

Ceci doit suffire pour vous donner l'idée de ce que j'entends. 11 ne faut que saisir l'esprit de chaque commandement, et l'appliquer £^tix actes ordinaires de la vie. Ensuite, quand la majorité de vos pupilles saura par coeur chaque formule et pourra l'adapter sans hésitation au commandemant qu'elle traduit, vous rapporterez les actioas de chacun d'eux au précepte. Vous soumettrez ainsi réellement la pratique de leur vie au régulateur divin, et la voix qui instruisait Israël sur le mont Sinaï se fera entendre jusqu'au milieu de vous.

Page 1