EXEMPLES DE LEÇONS
Les commandements.
f< Mes enfants, dites-moi le cinquième commandement de Dieu. — Homicide point ne seras de fait ni volontairement.
— Quel est le devoir que ce commandement nous impose ?
— Je ne battrai personne, je ne ferai aucun mal, pas même à ceux qui rnen ont fait. C'est Dieu qui le commande, je le dois. — Ferdinand, puisque nous devons obéir à Dieu, pensez-vous que celui qui ne lui obéit pas fasse une chose bonne ? — Non, madame. — Pensez vous donc qu'un enfant
1. Voyez les développemenls qui sont donnés sur les commandemcnU de Dieu, dans le catéchisme de voire diocèse.
qoi jette on autre enfant par terre pour se Tmger d'un caof de pied reça de hn, obosse an commandement de Dieaf »
Ferdinand baisse les yeux. Ses scmTenirs, des saorenirs récents, raccosaient d'one action semUaUe. La maîtresse te regarde en sitence et tristement poidant pfaiâears secondes. Sons ce reproche mnet, Fen&nt rougissait jnsqn'anx yeox. m Je crois, Ferdinand, que Totre oonscienoa n'est point contente... La consciense sait tooL.. Écootes bien ce qu'elle tous dit ; je sois sure qn^dDte tous blâme... PToubliez donc jinSy mes enfants, que Ueu nous commande de ne jamais faire de mal, pas même à ceux qui nous en oo(t fait. i>
Un antre jour, on dira : « Mes enfants, rédteiHaioi le septième commandement de Dieu. — Les biems dmUrui iu me prendras ni retiendras à ton escient. — QudestledeToirqm ce commandement nous impose ? Je ne volerai points je me prendrai jamais pour moi ce çui ne m'appartient pas. S je trouve un objet, je chercherai celui fui ta perdu pam le lui rendre. Dieu le commande je le dois. — Qu^esl-oe que Toler? — Cest prendre pour s< ce qoi appartient à d'antres. — Comment ai^>elle4-on les personnes qm ont le malheur de Toler? — Des Toleurs. — Sayez-irous ce que les honnêtes gens disent des Toleurs?... Tous ne savez pas ?... Eh bien, ils disent : Ah ! cehd^à^ cesi un voleur ! ou bien : Celle^ est une voleuse l fermons bien nos portes de peur qu'ils n entrent chez nous ! et on les fuit, on s'éloigne d'eux, on ne voudrait pas en faire ses amis, tout le monde les méprise. Mais si personne ne savait qu'ils ont volé, s'ils pouvaient se cacher dans une cave, dans un grenier où ils fussent bien sûrs d'être seuls? — Dieu y serait el les verrait. — Mais s'ils attendaient le soir, bien tard, et la nuit bien noire ? — Dieu les verrait toujours. — Qu'est-œ
donc que commettre un vol et tout ce qui est mal? — C'est pécher contre Dieu. — Est-ce pour faire le mal que Dieu nous a créés?... Souvenez-vous... « O mon Dieu, — mon bon père! — vous m' avez créé pour faire le bien * ! » — Puisque Dieu nous a créés pour faire le bien, •nous devons faire le bien, afin que Dieu soit content de notre obéissance.
« Mais si une personne, sans vouloir voler, trouvait dans la rue ou ailleurs quelque objet perdu, que devrait-elle faire ? — Rendre cet objet à la personne à qui il appartient. — Et si la personne qui Ta trouvé ne savait pas à qui il appartient ? — Elle devrait s'en informer. — Et si elle ne retrouvait pas le propriétaire de l'objet perdu?... Vous ne savez pas ce qu'il faudrait faire ? Il faudrait le garder bien soigneusement, ne pas s'en servir de peur^e l'endommager, dire à beaucoup de personnes qu'on l'a trouvé, et les prier de le dire aussi à d'autres personnes, jusqu'à ce que le propriétaire l'ayant appris vint vous réclamer l'objet. Alors il vous en serait reconnaissant, il penserait que vous avez un cœur honnête ; il vous donnerait son estime, et vous-même vous seriez heureux ; car dans votre conscience vous diriez : Jai fait.ce que Dieu me commande, j'ai fait mon devoir. »
Je cède au plaisir d'ajouter que, le lendemain d'une leçon semblable, un petit gilet neuf qui avait disparu il y avait cinq jours, et que depuis ciuq jours on avait inutilement cherché, se trouva de lui-même, accroché délicatement à l'extrémité la plus reculée du porte-manteau.
Je n'avais de preuves contre personne ; mais une connaissance asseï exacte de mon personnel m'avait permis de concevoir de fortes présomptions contre l'un de mes enfants, et sans rien brusquer, de peur de méprise, j'allais à la découverte par les chemins de traverse.
K Prière du matin : Conseils sur la direction des salles d'asile^ ch. zi.
Après cette restitution j'examinai les physionomies, et mes soupçons devinrent tels que j'osai prendre à l'écart mon petit suspect avec l'intention de le féliciter. Son trouble, son embarras, puis enfin ses larmes abondantes répondant seules à mes paroles maternelles, achevèrent de me convaincre. Ce n'était pas sa première faute de ce genre ; non , hélas! mais j'affirme que jusqu'ici, c'est-à-dire depuis sept mois, ça été la dernière.
Il est impossible, à ce sujet, de ne pas déplorer la coupable tolérance de certains parents qui, en laissant passer de petits larcins, ouvrent carrière à de plus grands, et préparent ainsi aux enfants, qu'ils s'imaginent aimer, la plus déplorable destinée. Le vol est moins un goût naturel qu'une habitude. Ce qui est naturel, c'est l'amour de la propriété ; mais cet amour mal dirigé conduit au vol, et combien de gens, aujourd'hui honnêtes et considérés, ne seraient ni l'un ni l'autre si, dès leur enfance, de sages parents n'eussent régulai isé leurs premiers désirs de posséder !... Ce qu'on fait par espièglerie dans l'enfance, on le fait plus tard par d'autres motifs, et surtout par habitude. Il est donc bien important de faire pénétrer jusqu'au sein des familles, le plus que nous pourrons, de bons conseils et d'influences morales !
SiA TROMPETTE. — I.ES CERISES. — LA COURONNE