‹ Enseignement pratique et technique [microforme]Chapitre 14 sur 26 · RER · texte numérisé non relu

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ayant été nommé en Bretagne, adressa aux Etats de cette province un Mémoire des plus intéressants pour les déterminer à généraliser dans le pays l'ingénieux système d'éducation intégrale qu'il avait si heureusement pratiqué pendant quarante ans dans le Dauphiné.”’

La Constitution de 1848 portait dans un de ses articles la création d’un enseignement professionnel. Le gouvernement du second empire, qui ambitionnait de le créer, en avait compris toute l'importance au point de vue de l’industrie française.

Dès le lendemain des désastres causés par la guerre avec la Prusse, la création d’un enseignement professionnel se ‘ formulait magistralement dans un Mémoire présenté à M. Léon Say, alors préfet de la Seine, C'était en décembre 1871, et l’auteur du Mémoire était M. Gréard, directeur de l’enseignement primaire de ce département.

L'école Diderot, ouverte en janvier 1873, commença avec dixsept élèves ; elle en avait cent onze à la fin de la première année ; deux cent cinquante en 1880. Elle en aurait bien davantage si la place ne faisait défaut.

Pour être admis à l'école Diderôt, on exigo des élèves, âgés au moins de 13 ans, le certificat d'études, La durée de l'apprentissage est de trois ans. ‘‘ Pendant la première année, dit tete M, Corbon, les apprentis passent par les industries diverses qui sont exercées dans l'établissement. Ils font un stage dans chaque atelier professionnel, d’abord pour s'initier à l’ensemble des travaux manuels, ensuite pour prendre et donner conscience de ce qui convient le mieux à leur tempérament et à leurs aptitudes. Après cette première année d'épreuves, la rotation étant faite, l'élève, paternellement guidé par le directeur des travaux, choisit le métier à l'apprentissage définitif duquel il consacrera les deux années suivantes.” e

Mais l’enseignement intellectuel doit avoir sa place dans cette école ; aussi ‘‘ pendant les deux premières années, les élèves passent six heures par jour dans les ateliers et quatre heures dans les classes pour compléter leur enseignement primaire. Dans la troisième année, le travail de l'atelier est de huit heures par jour, et celui des classes de deux heures.”

L'esprit de routine, très tenace partout, a élevé et élèvera longtemps encore des objections contre l'apprentissage dans l’école.”

De ces objections, les deux principales sont: la première que ce n’est pas à l'école, mais dans l'atelier de l’industrie privée seulement que les apprentis peuvent ‘attraper ” la science et le tour de main du métier, parce qu’ils sont à même de voir constamment la manière dont opèrent les ouvriers, et que rien ne peut remplacer cet enseignement pratique de tous les instants.

La seconde objection consiste à prétendre que le temps passé par l'enfant à s’essayer à des travaux variés pour prendre connaissance de ce à quoi il est propre, est du temps perdu, et que les deux années pendant lesquelles il est fixé à une spécialité définitive sont

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insuffisantes pour qu'il puisse devenir un praticien passable, et qu'en conséquence l'école d’apprentis n’atteindra pas le but qu’elle se propose : faire des apprentis habiles.

es deux objections principales, on peut le prouver facilement, n’ont pas plus de fondement l’une que l’autre.

A l’époque actuelle où “ les petites entreprises ont fait place aux grandes, les modestes ateliers aux ateliers immenses, les patrons sont des chefs d'industrie, ingénieurs ou capitalistes. Les ouvriers sont tenus à grande distance de ces patrons ; ils sont soumis à des règlements sévères ; fixés, par la division du travail, à une spécialité simplifiée dont l’apprentissage servirait très peu à l'enfant. D’ailleurs, la maison ne se soucie pas de faire des apprentis, et, de fait, les grands établissements n’en font plus. Dans les usines, fabriques, grands ateliers, où l’on emploie des enfants, ce n’est pas pour leur apprendre un métier, mais pour les utiliser à un travail très simplifié, à titre de rouages vivants.”

Même dans les petits ateliers, par suite de la nécessité de produire le plus vite et le meilleur marché possible, lo travail est forcément divisé, et par suite l'apprenti peut très rarement apprendre comment se confectionne un produit dans son ensemble.

C'en est fait réellement du véritable apprentissage dans les ateliers privés et ce qu’on appelle apprentis n’y sont qu'à l'état d'enfants de peine, ‘‘ et ne pourront être plus tard que des hommes do peine.”

Si donc on ne fait plus d'apprentis dans les ateliers de l’industrie privée, il faut bien les faire à l’école. Car les apprentis habiles sont seuls capables de faire des ouvriers véritables sachant bien leur métier.

La première des deux principales objections ne tient pas devant les faits. Elle “ prouve seulement de la part de ceux qui s’en font une arme contre les écoles professionnelles une profonde ignorance de l’état des choses.”

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