GRAMMAIRE : LE NOMBRE DANS LE NOM
lYolre jardin n'et^t pas grand, mais il est mieux ciilliué que tous les s jardins du village. Le long des allées étroites, on voit, non des buis inutiles, mais du cerfeuil, des radis, et aucun coin de terre ne reste inculte, ma mère trouve moyen de les utiliser tous. ;
Nous savons que la plupart des noins prennent s au pluriel : les jardins, des allées étroites. Dans ce dernier cas, \'s du nom pluriel allées se lie à la voyelle du mot suivant et se prononce z. Dans tous les autres cas, Vs du pluriel ne s'entend plus.
Jusqu'au xvi" siècle, cette s s'entendait aussi quand le nom pluriel
finissait une proposition ou un membre de phrase, et se prononçait alors s.
2 l Gela se fait encore pour le pluriel de tout, qui se prononce tou devant
une consonne (tous les jardins), touz devant une voyelle {de tous âges)
et touss à la fin d'un membre de phrase {les utiliser tous).
La prononciation de cette s du pluriel amenait dans les sons qui la précédaient certains changements, dont il reste des traces. Ainsi on dit un œut et des œufs (eu).
Quand on prononçait Vs, Vf devenait muette, et cette consonne / n'a pas reparu dans la prononciation du pluriel, lorsque Vs a cessé de s'entendre.
Un nom peuc ordinairement s'employer aux deux nombres : au singulier pour marquer i'unité, au pluriel pour marquer la pluralité.
Pour écrire un nom au pluriel, on ajoute ordinairement une s à la iîn : un ouvrier, des ouvriers — une allée, des allées.
Si un nom singulier est terminé par s, x ou z, qui dans les liaisons se prononcent uniformément z, on n'y ajoute rien su pluriel : un radis, des radis — une noix, des noix — un gaz, des gaz-
L's du pluriel se prononçait autrefois dans quelques cas et rendait muette la consonne précédente, bien que celle-ci se prononçât au singulier. Aujourd'hui, cette s ne s'entend plus que dans les liaisons' mais, dans quelques mots, la consonne précédente est restée muette au pluriel. On dit encore: un œut, des œufs — un cerf, des cerfs.
Le pluriel moderne conserve la prononciation du singulier : un chef, des chefs — une nef, des nefs. <t» —- - "-
Ex. 410. "^ Soulignez d'un irait les ] de ces villages, de ces habitations, de
noms au singulier et de deux traits \ ces champs cultivés, il n"y avait que
les noms au pluriel: \ des forêts sauvages et impénétrables,
\ des ileuvos coulant silencieusement Les premiers jours de la Terre. ^^^j.^ ^^^ ^.j^^.^ solitaires, des monta- La Terre oflrait alors un aspect tout p-,ies sans spectateurs, des vallées sans différent de celui qu'elle présente de chaumières. Ni science, ni littérature, nos jours. Au lieu de la vie intelligente, ni arts, ni industrie, ni intelligence, laborieuse et active qui circule a sa | ^i pensée, surface, au lieu de ces villes populeuses, ' Flammarion.
Langue française. — Troisième livre.