GRAMMAIRE: PLURIEL DES NOMS DE PERSONNES
Je .tuifi allé avec mes cousins, les Durand, voir le Louvre. Vraiment les Parisiens peuvent se donner gratuitement le plaisir de contempler d'admirables choses : dans une même galerie se succèdent des Raphaëls, des Véronèses, des Rembrandts. C'est un cidouissemenl. Malgré cela, nos grands maîtres français n'y sont pas représentés comme ils devraient l'être, car peu de pays ont produit des Corots et des Millets.
Quand on dit : des Raphaëls, des Véronèses, on ne dési^-ne plus les peintres qui portaient ces noms propres, mnis leurs tableaux. Ces noms, (lésignanL dos choses, sont devenus noms communs. En disant : des Corots, on emploie un nom qui convient à tous les peintres égalant Corot. Enfin le mot Parisiens n'est pas non plus, à proprement parler, un nom propre, puisqu'il appartient en commun à tous les habitants de Paris. Dans ces trois cas, il est naturel que ces noms s'emploient au pluriel.
Dans l'expression : mes cousins les Durand, le nom Durand reste bien le nom propre de la famille; mais il n'en désigne pas moins plusieurs personnes qui portent ce nom.
Les personnes ont aussi des prénoms, et plusieurs peuvent porter le même. Tout en restant un nom propre, un prénom peut donc aussi être précédé d'un article pluriel.
Un nom propre n'est que fort rarement le nom exclusif d'une personne, comme le sont les noms Socrate, Charlemagne ..., qui seuls devraient être appelés noms propres. Il devient un vrai nom commun :
i° Quand il désigne, par figure, les œuvres de la personne nommée : des Raphaëls, des Dalous.
2' Quand il désigne des personnes qui ont des ressemblances avec celles dont on emploie le nom :
Peu de pays ont produit des Corneilles et des Molières. 3" Quand il désigne les habitants d'un pays, d'une ville, etc.:
les Italiens, les Marseillais, les Bourguignons. Les noms propres de famille et les prénoms peuvent aussi désigner plusieurs personnes :
les enfants Perrot, les deux Pitt, les trois Marie,
Ex. 446. °|? Écrivez dix noms de famille de votre village ou de voire quartier, en disant combien il y a de membres dans chaque famille.
Ex. 447. "^ Indiquez les noms propres qui sont au singulier et ceux qui sont au pluriel, puis ceux qui équivalent à des noms communs :
Un bal d'enfants.
On voyait Marguerite on laitière, sa boîte au lait pendue à la ceinture; Sophie en soubrette, tournant au bras de sa sœur Blanche, dont le costume
de Folie sonnait un carillon. Puis c'étaient les cinq demoisellesLevasseur, des Chaperons-Rouges, tandis que la petite Guiraud, avec son papillon d'Alsacienne dans les cheveux, sautait, comme une per(;iie, en face d'un Arlequin deux fois plus grand qu'elle.
E. Zola.
[Ex. 448.] '^ Faites entrer dans des propositions des noms propres précédés de les et désignant des familles dont plusieurs individus ont été célèbres, Ex. : Les Carnol.
Langue française. — Troisième livre. 9.3