GRAMMAIRE : ACCORD DU VERBE AVEC SON SUJET
Le Morvan est an pays désavoué ; ses habilanls le renient. « Moi, dit l'un, je suis de Clamecy, ce n'est pas encore le Morvan. — ' Entendu. — Toi, tu es Avallonais, cela ne fait plus partie du Morvan. —Et lui! il est né à Lornies, il en est, je pense? Allons (/072c, mes amis, disons donc bien haut : Nous sommes Morvandiaux. Un Lorrain, un Normand sont fiers de se proclamer Lorrain ou Normand. Y a-t-il plus de honte à voir le jour sur les bords de la Cure que sur les bords de la Moselle ou de l'Orne?
Quand on dit : je suis de Clamecy, le verbe suis, qui a p(tur sujol un i)ronom du sinp;ulier, a une première forme; dans: nous sommes Morvandiaux, ce verbe change parce que le sujet nous est du pluriel.
Dans: lu es Avallonais, le verbe est bien encore au singulier, mais il n'est plus suis, parce que son sujet tu esf de la 2" personne.
Dans la proposition : un Lorrain, un Normand sont fiers, le verbe sont est au pluriel, car ses deux sujets singuliers équivalent à un pluriel.
Le verbe s'accorde en nombre et en personne avec son sujet : Mon boulanger vend du pain médiocre, vous le vendez meilleur. Quand le verbe a plusieurs sujets de la même personne au singulier, il se met au pluriel et à la personne de ses sujets : Le bouclier et le charcutier débitent de la viande.
Si un des sujets au moins est de la 1"° personne, le verbe se met à la i'" personne:
Mon père et moi, nous voyagerons.
Si les sujets sont de la 2= et de la 3° personnes, le verbe se met à la S" personne :
Ton ami et toi, vous faites une bonne acquisition.
Les sujets de différentes personnes sont ordinairement résumés par un pronom de la 1'" ou de la 8" personne.
Quand divers sujets du singulier ne sont pas unis par et, ni résumés par tout, rien..., on peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel :
L'absinthe ou Veau-de-vie a ou ont vile tue un homme.
Ni le vin ni la bière n'est indispensable à la vie, ou ne sont...
Ex. 574. 'f Écrivez convenablement ? Ex. 575. °J? Conformément à l'arrêté
au présent de l'indicatif les verbes \ du 26 février 1901, écrivez à votre
donnés à l'infinitif: \ choix les verbes et les attributs au
Mars. I •'singulier ou au pluriel :
Le carnaval s'en(allcr),les roses (aller) éclorc; " Monsieur, avez-vous des truites fu-
Sur les flancs des coteaux déjà (courir) le niées? — Non, Madame ; mais une boîte
[gazon. de sardines ou une holte de maqueri'au.\
Cependant du plaisir la frileuse saison, (ferait) peut-ôtre votre affaire; le goût.
Sous ses grelots légers, (rire) et (voltiger) S la saveur (est) à peu près (la même). —
[encore, S Non, ni l'une ni l'autre ne me (convient);
Tandis que, soulevant les voiles de l'auroro, 5 la sardine, ainsi que le maquereau, (est)
Le Printemps inquiet (paraître) à l'horizon. | trop (commune); je désire offrir tx nies
A. do Musset. \ invités un hors-d'œuvre un peu rare. »
Langue française. — Troisième livre. 123