‹ Enseignement primaire élémentaire: méthode de langue française (volume 2)Chapitre 234 sur 373 · GRAMMAIRE : PARTICIPE PASSÉ SUIVI D'UN INFINITIF · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE : PARTICIPE PASSÉ SUIVI D'UN INFINITIF

w I II y a eu des manœuvres navales. On a fait attaquer Bresl par la ^ I flolte de la Manche. La défense mobile a découvert les cuirassés; le S i commandant les a regardés venir et les a laissés sembosser sans X s tirer; mais, la nuit, des sous-marins ont torpillé les deux plus gros ^ l bateaux de Vennemi et l'ont fait repentir de sa témérité.

I Dans la proposition : on a fait attaquer Brest, le nom Bresl désigne o J la ville qai a été attaquée, c'est le complément d'objet direct d'attaquer, h I Mais dans la proposition : le commandant les a regardés venir, où le o l verbe a regardés est également suivi d'un infinitif, venir, le mot les n'est 3 \ pas complément d'objet de l'infinitif venir, il est son sujet: le commandant ^ a regardé les cuirassés venir; les est en même temps complément *^ \ d'objet direct de a regardés, et le participe regardés s'accorde avec lui.

L'infinitif qui suit l'un des verbes écouter, entendre, voir, regarder, sentir, envoyer, laisser, peut avoir deux valeurs :

1" Il marque une action faite par le complément d'objet du verbe qui précède, ce complément étant en même temps le sujet de l'infinitif. En es cas, l'accord du participe passé dans le premier verbe se fait suivant la règle générale:

Une amie était là, Je Vai laissée copier mon devoir (j'ai laissé cette amie copier mon devoir).

3" Le complément peut être au contraire le complément d'objet de l'infinitif, et par suite n'a aucune influence sur l'accord du participe passé précédent :

Ma dictée fmie, je l'ai laissé copier (j'ai laissé copier ma dictée).

Remarques. — 1. — L'arrêté du 26 février 1901 permet de laisser le participe pas3é invariable dans les deux cas. Mais il importe de ne pas confondre le sens, et d'éviter les constructions qui seraient équivoques, comme :

J^ai entendu plaisanter ma voisine, (Est-ce la voisine qui plaisantait? Est-ce elle que l'on plaisantait?)

II. — Le verbe faire s'unit plus intimement que tout autre à l'infinitif qui suit, et son participe passé reste toujours invariable :

Je vous ai fait reconduire, je vous ai fait dessiner.

L'union du verbe faire et de l'infinitif suivant est si complète qu'un infinitif pronominal perd souvent le pronom complément :

Ils l'ont fait repentir, nous les avons fait asseoir.

Ex. 779. "f Indiquez si le compté- i quelque banc de sable. L'accès de cette ment qui accompagne un verbe suivi l rade est commandé par le Goulet. Ce d'un infinitif est sujet ou complément | chenal est assez large, de façon qu'il de l'infinitif : \ laisse passer les cuirassés; il est pour- La rade de Brest. lant si resserré qu'on y voit mourir la

Le port de Brest est l'un des plus f'0"'e du large, impuissante à pénétrer

sûrs de France. Il possède une vaste | dans le port.

et profonde baie, où l'on fait entrer Ex. 780. "f Construire huit propo-

sans peine des navires du plus fort sitions où un verbe au passé composé

tonnage, et où on les laisse pénétrer, sera suivi d'un infinitif dont le sujet

sans crainte de les voir échouer sur ; sera exprimé.

Langue française. — Troisième livre. 167

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