GRAMMAIRE: LIAISON DES PROPOSITIONS
Revenons au texte de la page précédente, et reprenons les propositions
compléments. // avait rêvé qu'il parviendrait ... .• le lien entre les deux \
propositions est un mot que, dont la fonction toute spéciale est de joindre, l
p l et (pi'on appelle conjonction. S
Entre une talAe et le complément qui élail près de son lit, il n'y a s pas de conjonction, mais un pronom, qui. Ce pronom joue à la fois le
rôle de la conjonction et du pronom sujet. Enfin dans : // regardait son \
appareil fonctionner, la proposition formée du sujet son appareil et du \
verbe fonctionner n'est liée à la principale par aucun mot spécial. \
I. — Une proposition subordonnée peut être rattachée indirec- ; tement au mot ou au groupe de mots auquel elle se rapporte : \
1° par un mot spécial appelé conjonction, ou un groupe de \
mots formant locution conjonctive : <
// prouverait qu'il n'était pas un rêveur. i
Il prouverait... une fois qu'il serait debout. j
S" par un mot qui sert de lien, et en même temps joue un \
rôle dans la proposition subordonnée, savoir : \
un pronom conjonctif ou interrogatif : l
... sur une table qui était près de son lit \
il cherchait à qui il pourrait s'adresser <
o l un adverbe, une locution adverbiale, un mot pris adverbia- \
lement : l
... ne sachant d'où tombait cette pluie tant attendue [
... quelque faible qu'il fût, le pauvre homme regardait. \
II. — Une proposition subordonnée peut être rattachée direc- < tement par l'effet seul des formes du verbe qu'elle renferme : \
Il regardait son appareil fonctionner (Proposition infinitive). [
Ses bras s'étant soulevés, // s'en alla (Proposition participe). ;
Jama/s.' s'écriait-il. Qui f/'ouye/'a... (Proposition intercalée). \
H cria : « Regarde.. » // ne se décourageceit point, il prouverait \
bien qu'il ... (Propositions en apparence principales, en réalité subor- <
données, la première au verbe cria, la dernière à : // ne se décourageait
point. La proposition : il prouverait bien... est dite de style indirect. \
C'est comme s'il y avait : il disait ciu'il prouverait...) \
Ex. 1008. °l? Indiquez les proposi- s lu prétendue pelouse était un marécage
lions subordonnées et marquez comment où se perdait un ruisseau, sortant,
elles sont rattachées à la principale : comme il semblait, d'une gorge étroite
Esprit d'observation. entre deux hauts contreforts de la
Certain jour, errant dans les mon- montagne. Je conclus qu'en remontant
tagnes d'.^ndalousie, mourant de soif, \ Je trouverais de l'eau plus fraîche.
j'aperçus assez loin du sentier que je \ Mi^R.M>^'=. Carmen, Calmann-Lévy, é.lit.
suivais une petite pelouse verte par- Ex. 1009. '^ Dans la récitation
semée de joncs et de roseaux. Gela de la page 213, copiez les propositions
m'annonçait le voisinage d'une source. subordonnées qui sont rattachées par
En eiïet, en m'approcliant, je vis que { la conjonction que.
Langue française. — Troisième livre. 215
1010. LECTURE : Intelligence des bétes.
Quand les habitants de la Thrace veulent entreprendre de traverser quelque rivière gelée, ils lâchent devant eux un renard. A le voir au bord de l'eau approcher son oreille bien près de la glace pour sentir à quelle distance il entendra bruire l'eau qui court au-dessous, et, selon qu'il juge par là la glace plus ou moins épaisse, se reculer ou s'avancer, on est tenté de croire qu'il lui passe par la tête le même raisonneineut qui se ferait en la nôtre : ce qui fait du bruit se remue, ce qui se remue n'est pas gelé, ce qui n'est pas gelé est liquide, et ce qui est liquide
plie sous les fardeaux. D'après Montaigne (1533-1592). Essais.
[Ex. 1011.] 'f 1. Sur une carte rela- i Quel en est le participe présent? — 3.
tive à l'histoire ancienne, recherchez | Quel sens a l'expression : passer par
l'emplacement de l'ancienne Thrace, s la tête? — 4. Connaissez- vous le nom
aujourd'hui la Roumanie et la Roumé- < d'une suite de raisonnements comme
lie. — 2. Que signifie le verbe bruire? \ celle que l'auteur prête au renard?
1012. ANALYSE : Décomposition d'une phrase.
Pour analyser une phrase, il faut :
i" Reconnaître le nombre des propositions. Nous savons qu'il y en a autant que de verbes à un mode personnel.
Les verbes à un mode impersonnel, infinitif ou participe, jouent le plus souvent le rôle de compléments dans une proposition. Ainsi, dans la première phrase de la lecture, l'infinitif entreprendre est un complément d'objet direct du verbe veulent, il ne forme pas une proposition.
Mais si l'infinitif ou le participe a un sujet exprimé et autre que celui de la proposition voisine, il constitue une proposition distincte. La deuxième phrase de la LECTURE commence par une subordonnée : à le voir au bord de Veau approcher son oreille .... que l'on appelle proposition inûnitive.
De même, la phrase : la pluie continucint à tomber, je dus rester à la maison, commence par une subordonnée qu'on nomme proposition participe.
2° Rechercher si les diverses propositions de la phrase sont coordonnées, ou si l'une d'elles est principale et les autres subordonnées. Dans ce dernier cas, il faut se demander, pour chaque subordonnée, si elle se rattache à la principale entière, ou à un mot de celte principale.
La première phrase commence par une subordonnée : quand les habitants de la Thrace veulent ... qui se rattache à la principale : ils lâchent devant eux un renard. Dans : il entendra bruire Veau qui court, la subordonnée qui court se rattache au nom eau.
3° Recherclier comment les diverses propositions sont rattachées.
La subordonnée : les habitants de la Thrace ... est rattachée ii la principale par la conjonction quand. La subordonnée : qui court, est rattachée au nom eau par le pronom relatif qui, en môme temps sujet du verbe court...
Ex. 1013. "f Dans la lecture, dé- \ Ex. 1014; 'f Indiquez la nature des
composez en propositions la phrase : \ propositions de la dernière phrase :
A le voir au bord ... ferait en la nôtre, i Ce qui fait du bruit ... les fardeaux.
216 Méthode Brunot-Bcmy.