GRAMMAIRE: CONJONCTIONS DE SUBORDINATION
On peut soutenir que le rôle de la France est d'être utile au monde. Quand on parcourt son histoire et qu'on réfléchit sur son passé, on constate que les Français ont versé leur sang pour que d'autres nations s'affranchissent ou que leur indépendance fût respectée. Aussi à moins qu'u« patriotisme exclusif ne les aveugle, tous les étrangers reconnaissent que, si leur pays a aussi travaillé au progrès général, la France a plus puissamment encore contribué au développement de la civilisation.
La proposition : le rôle de la France est d'être utile, subordonnée à la principale : on peut soutenir, y est rattachée par la conjonction que; c'est donc; une conjonction de subordination. On la retrouve plusieurs fois plus bas.
Les autres mots en caractères gras : quand, pour que, à moins que, si, sont également des conjonctions ou locutions conjonctives de subordination; elles marquent chacune un rapport particulier: Quand marque le temps ou la condition.
Pour que marque le but.
A moins que annonce une restriction. Si marque une condition ici réalisée.
La principale conjonction de subordination est que.
Le mot que sert à former un grand nombre d'autres conjonctions ou locutions conjonctives :
lorsque, puisque, quoique, afm que, bien que, parce que, pour que, à moins que, de peur que, à condition que...
Les autres conjonctions de subordination sont : comme, quand, si...
La conjonction que peut remplacer une autre conjonction exprimée une première fois :
Si vous venez et que vous ne me trouviez pas...
Ex. 1016. '^ Remplacez les tirets 5 Ex. lOXS. "f Distinguez les proposipar les conjonctions de subordination l tions subordonnées et indiquez quelles convenables : \ conjonctions de subordination les rat- Grandeur de l'homme. \ taclient aux principales :
L'homme n'est qu'un roseau, le plus |
faible de la nature, mais c'est un | Dévouement à la science
roseau pensant. 11 ne faut pas — l'uni- s Si, comme je le crois, l'intérêt de la
vers entier s'arme pour l'écraser : une s science est compté au nombre des
vapeur, une goutte d'eau -sufllt pour l grands intérêts nationaux, j'ai donné
le tuer. Mais — l'univers l'écraserait, s à mon pays tout ce (]ue lui donne le
l'homme serait encore plus noble que soldat mutilé sur le champ de bataille '.
ce qui le tue, — il sait — il meurt, et Quelle que soit la destinée de mes tra-
l'avuntage que l'univers a sur lui, | vaux, cet exemple, je l'espère, ne sera
l'univers n'en sait rien. Pascal. Pensées, l p<"Vs perdu. Je voudrais qu'il servit à
[Ex. 1017.] °f Construisez huit \ combattre l'espèce d'affaissement moral
phrases dans 'lesquelles la subor- | qui est la maladie de la génération
donnée sera rattachée à la principale l nouvelle. Augustin Thierry (1785-1685).
par une locution conjonctive. ] l. L'auteur était devenu aveugle.
Langue française. — Troisième livre. 217
1019. RÉCITATION : La pêche au fromage.
Le Loup dit un jour au Renard : « Maître Goupil, j'ai trouvé un fromage bon et beau comme l'or qui brille; quel bonheur si je pouvais l'avoir! — Bien, fait Renard, montrez-moi le fromage et vous l'aurez. »
L'autre va et lui fait voir la lune qui se reflétait dans l'eau. « Vous la désirez bien, sire? dit Renard. — Plus que toute chose au monde. — Alors mettez votre queue en l'eau, je vais d'autre part m'occuper de faire venir le fromage vers vous; quand il sera attaché à votre queue, vous tirerez. » Isengrin suivit la leçon de point en point. Sa queue commence à geler. Et Renard de lui demander : « Eh bien? — Cela va, maître Renard, je sens un poids à ma queue. — Bon, bon, il commence à être attaché. » Quand Renard pensa que la queue du loup était bien prise dans la glace : « Tirez, tirez », dit-il. Et le loup tiia, et la queue resta prise. « Hélas! dit-il, voilà que j'ai perdu ma queue et le fromage; je suis déshonoré, je n'oserai plus paraître parmi mes pareils. Quel malheur de désirer des choses qui ne sont pas pour vous! »
N'essayez pas d'attraper la lune.
D'après les Contes moralises de Nicole Bozon (xiv" siècle).
Ex. 1020. °lf Copiez les propositions s Ex. 1021. °1? Dans la phrase : Quand
subordonnées qui sont rattacMées à la Renard pensa que la queue du loup...
principale par une conjonction, et | dit-il, indiquez la principale, et dites
indiquez quel rapport exprime cette î comment lui sont rattachées les subor-
conjonction. l données.
1022. COMPOSITION FRANÇAISE : Apprendre à raisonner.
Quand Jean ou Louise veulent faire un problème, si simple qu'il soit, ils raisonnent: Papa nous a donné 30 centimes; or une tartelette coûte 10 centimes, donc nous pouvons acheter 3 tartelettes. Ils lient les trois propositions qui composent le raisonnement à l'aide des conjonctions de coordination : or, donc.
Ils peuvent dire aussi : Puisqu'une tartelette coûte 10 centimes et que papa nous a donné 30 centimes, nous pouvons acheter 3 tartelettes. Dans cette phrase, la conclusion du raisonnement est la proposition principale; les autres lui sont rattachées par des conjonctions de subordination : puisque, que.
Dans la conversation, les enfants abrègent ces raisonnements ; ils disent : Nous avons 30 centimes, nous pouvons acheter 3 tartelettes. Une des trois propositions a été omise, celle qui dit le prix d'une tartelette; les enfants le connaissent bien; et les conjonctions ont disparu.
CONSEIL : Lorsque vous faites un raisonnement, exprimez une à une les idées sur lesquelles vous vous appuyez, de façon à voir si elles sont justes et si vous les liez convenablement l'une à l'autre. Après cela, vous abrégerez votre raisonnement si vous voulez.
Ex. 1023. "1? Faites, avec des propo- ? [Ex. 1024.] °i? A l'aide d'un raison-
silions subordonnées, puis avec des \ nenient simple, démontrez à votre jeune
coordonnées, le raisonnement du pro- ; frère qu'il faut respecter les vieillards,
blême suivant : | Leur expérience acquise par l'âge,
Un bicyclisle se rend à Paris, distant \ services rendus, exemples donnés,
de 120"™, il fait 20""" à l'heure. En | infirmités dues souvent à de pénibles
combien de temps sera-t-il arrivé? | travaux, l'approche de la mort.
218 Méthode Brunot-Bohy.
102S. GRAMMAIRE : LE PRONOM CONJONCTIF qui
s J'avais un petit lit à galerie qui restait tout le jour dans un coin et que
jjj î ma mère plaçait chaque nuit, au milieu de la chambre, sans doute pour \ le rapprocher du sien. Anatole France.
L'aulcur aurait pu dire : J'avais un petit lit à galerie, il restait tout le jour dans un. coin et ma mère le plaçait... Au pronom il, qui remplace- H l rait ///, Anatole France a substitué un autre pronom ; qui; et plus bas 2 ^ il a remplacé le par le pronom que.
Mais en employant les pronoms qui, que, on fait des propositions subordonnées. La proposition : qui restait tout le jour... est rattachée au mot ///, remplacé par qui et qu'on appelle l'antécédent de ce pronom.
C'est le pronom qui lui-môme qui rattache cette proposition, qui la met en relation avec son antécédent : il joue ainsi le rôle d'une conjonction. On l'appelle pour cela pronom conjonctif ou relatif.
Le pronom qui lie une proposition à un terme d'une autre proposition, appelé antécédent, et qui joue ainsi le rôle d'un pronom et d'une conjonction, s'appelle pronom conjonctif ou relatif : l'écrivain qui te plaît... le poète que tu admires.
Le pronom qui n'a qu'une forme pour les deux genres, les deux nombres et les trois personnes; mais les mots qui s'y rapportent se mettent au genre, au nombre et à la personne de son antécédent : Jeune fdle, toi qui vis heureuse dans une situation modeste, n'envie pas le sort de celles qui passent couvertes de parures.
Ce pronom varie suivant le rôle qu'il joue dans la phrase :
( personne, qui : le savant qui observe...
•* ( chose, qui : l'intelligence qui se développe...
complément ( personne, que : le penseur que tu étudies...
d'objet direct ( chose, que: l'esprit que l'on cultive...
complément ( personne, qui : l'écrivain de qui tu lis les œuvres...
prépositionnel ( chose (on n'emploie plus ce pronom).
Remarque. — On disait autrefois : le cheval sur quoi j'ai couru, le
sujet à quoi je pense. Mais on n'emploie plus quoi qu'après un mot
indéterminé : ce à quoi je pense (Voir § i054, pa^e 224). ^ . ^ .........^
Ex. 1026. "f Indiquez les pronoms i Ex. 1027. 'f Ajoutez le pronom qui
qui et que de ce texte et dites le rôle l convient :
qu'ils jouent dans la phrase : \ Travail.
Les livres. | Sait-on l'amas de besoj2:nè — on
Nous aimons les livres pour eux- i entasse, lorsqu'on travaille deux heu-
môiiies, pour les trésors qu'ils renferment, pour le bien qu'ils nous font, pour les connaissances qu'ils nous donnent, pour les mondes qu'ils nous révèlent.
res seulement par jour, d'un travail utile, décisif, — jamais une paresse ni une fantaisie n'interrompt? (Test le grain de blé — emplit le sac, c'est la
Ils nous font connaître la nature. Ils i goutte d'eau — fait déborder le fleuve,
imaginent môme des mondes qui ne \ Pierre à pierre l'édifice monte, le
sont pas, et qui s'appellent épopée, \ monument grandit par-dessus les mon-
drame, comédie, poésie, roman. \ tagnes.
G. Steeg. La Vie morale, F. Nathan, ((Ut. i E. Zola. Travail, E. Fasquellc, dUl.
Langue française. — Troisième livre. 219
1028. LECTURE : Esprit d'observation et de raisonnement.
Un jour, se promenant auprès d'un petit bois, Zadig vit accourir à lui un domestique de la reine : « Jeune homme, lui dit-il, n'avez-vous point vu le chien de la reine? » Zadig répondit modestement : « C'est une chienne et non pas un chien. — Vous avez raison, reprit le domestique. — C'est une épagneule très petite, ajouta Zadig; elle a fait depuis peu des chiens, elle boite du pied gauche de devant et elle a les oreilles très longues. — Vous l'avez donc vue? dit le domestique. — Non, répondit Zadig, mais j'ai vu sur le sable les traces d'un animal, et j'ai jugé aisément que c'étaient celles d'un petit chien. Des sillons légers et longs, imprimés sur de petites éminences de sable entre les traces des pattes, m'ont fait connaître que c'était une chienne dont les mamelles étaient pendantes, et qu'ainsi elle avait fait des petits chiens il y a peu de jours. D'autres traces en un sens différent, qui paraissaient toujours avoir rasé la surface du sable à côté des pattes de devant, m'ont appris qu'elle avait des oreilles très longues; et comme j'ai remarqué que le sable était toujours moins creusé par une patte que par les trois autres, j'ai compris que la chienne était un peu boiteuse. »
Voltaire (1694-1778). Zadig.
1029. COMPOSITION FRANÇAISE: Être prudent dans ses affirmations. C'est un proverbe que Veau ne remonte pas. Mais à la différence de tant
d'autres proverbes, celui-là est à peu près vrai. •
Nous regardons d'une part l'eau couler dans un ruisseau, dans une rivière; nous la voyons tomber en pluie dans l'air; là nous constatons qu'elle va vers le bas et non vers le haut.
Mais dans une fontaine, nous la voyons monter dans le tuyau; elle monte donc? Et celle qui de la lance d'une pompe à incendie s'élève jusqu'au toit? Et l'eau qui jaillit de la petite source qui bouillonne, ne monte-t-elle pas?
Il faut donc, si on veut exprimer à ce sujet une vérité scientifiquement exacte, non pas se servir de l'expression générale, trop vaste et trop vague, Veau ne remonte pas, mais dire, par exemple : L'eau descend chaque fois qu'elle n'est pas soumise à une force plus puissante que la pesanteur et s'exerçant en sens contraire.
CONSEIL. : Comme le conseille Descartes (1596-1650), n'acceptez aucune chose pour vraie sans en avoir reconnu l'évidence. Dans vos jugements, évitez soigneusement la précipitation et la prévention. Formulez vos affirmations d'une façon si précise qu'on ne puisse jamais leur donner un autre sens que celui que vous avez en vue.
Ex. 1030. <^ La vaporisation des liquides, s Ex 1031."^ Un provei^be.
PLAN 5 PL.\N
Ce que devient l'eau abandonnée à l Vous entendez dire : « Rien ne sert l'air, par l'effet de la chaleur. L'eau de \ de courir, il faut partir à temps ». la mer s'élevant en nuages. | Mésaventure arrivée à un voyageur
L'eau chauffée sur le feu. < qui néglige cette vérité.
Exemples d'autres liquides également I Échec d'un élève qui se met trop chauffés. \ lard à la préparation, d'un devoir.
Formuler 1^ vérité générale qui se < Conclusion démontrant la vérité de dégage des observations précédentes. | ce proverbe.
Méthode Brunot-Bony.
1032. GRAMMAIRE : LE PRONOM CONJONCTIF lequel
Un aveugle qui mendie au seuil d'une église, sur lequel lu pluie verse des ondées et auquel un passant jette un sou de temps en temps, comme un os à un chien, quelle honte et quel crime social! Dans une société à laquelle on donne le nom de civilisée, le droit ù la vie est le premier des droits imprescriptibles à la jouissance desquels la communauté doit pourvoir, si l'individu est hors d'état de se l'assurer à lui-même.
Dans ce texte, on aurait pu dire : un aveugle... sur qui la pluie...; on a remplacé qui par un autre pronom conjonctif : lequel.
On a dit : une société à laquelle on donne... On n'aurait pas pu dire : une société à qui.., le mot société n'étant pas un nom de personne; le pronom lequel seul convenait. 11 en est de même dans : à la jouissance desquels...
Il y a un pronom relatif composé de l'article le et de l'adjectif indéfini quel, dont les deux parties s'accordent en genre et en nombre avec l'antécédent de ce pronom : Sujet, compl' direct : lequel laquelle lesquels lesquelles
Complément indi- / auquel à laquelle auxquels auxquelles
rect ou préposi- ) duquel de laquelle desquels desquelles
tionnel. (par lequel par laquelle par lesquels par lesquelles...
ires formes où l'article le est précédé d'une préposition ou combiné avec elle sont les seules vraiment usuelles. On les emploie d'abord dans les cas où. qui ne peut s'employer. On dit :
le cheval sur lequel // est monté... les recherches auxquelles je me plais,... les expériences par lesquelles on prouve cette théorie...
Ailleurs on peut employer indifféremment qui ou les diverses formes de lequel : le commis à qui j'ai parlé, ou ... auquel 7'o/ parlé.
Remarque. — On n'emploie lequel non précédé d'une préposition que très exceptionnellement, et seulement lorsqu'un autre pronom donnerait lieu à une équivoque : J'allai trouver l'homme qui avait une vache à vendre, lequel était aux champs (s'il s'agissait de la vache, on dirait : laquelle était aux champs).
Ex. 1033. "f Indiquez la fonction des diverses formes du pronom lequel .
Trait de sang-froid.
Anuibai, général carthaginois, était sur le point de livrer bataille au.x Romains. Avec une petite escorte, il monta sur une butte, de laquelle on découvrait le camp des Romains. L'un de ses compagnons, nommé Giscon, dit que les ennemis lui semblaient nombreux. Annibal lui répondit : « H y a une autre chose bien plus étonnante de laquelle tu ne t'es pas avisé. » Giscon lui demanda sur-le-champ : « Et laquelle? — C'est, dit-il, que de tout ce
grand nombre de combattants que tu vois là, il n'y en a pas un seul qui s'appelle Giscon comme toi. »
Ce mot pour rire les égaya tous. Ils descendirent tout riants de la butte, et cette vue rassura les soldats carthaginois, lesquels se dirent que leur général ne se serait pas mis à plaisanter et à rire si près du péril s'il ne se fût senti de beaucoup le plus fort. D'après Amyot (1513-1593).
[Ex. 1034.] °i Dans le texte précédent, indiquez comment on pourrait remplacer les diverses formes du pronom lequel.
Langue française. Troisième livre
103S. VOCABULAIRE: La science et les savants.
Intérieur d'un laboratoire.
hJlTfh'''^'' ^^/>^>;^nc., expérimentation, constatation, vérification méthode hypothèse supposition, problème, calcul, inconnue, approximation t£è opinion, doctrine, classification, branche, matière, laborZrr7œTp Jexné riences, instrument, appareil, bibliothèque, muséum ' ^ ^'"
Sciences exactes, mathématiques, expérimentales, physiques naturelles
poursuivre, atteindre, exposer, expliquer. ^erijier , contrôler,
^^' 103e. f Indiquez à la famille de l TEx in-î» I c^ /n./;^
Recherche, expérimentation, supposition, inconnue, classification, naturel, historique, social, économique.
[Ex. 1037.] «^ Écrivez les noms des savants qui cultivent les sciences citées dans le vocabulaire.
VOCABULAIRE, et donnez leur signification en utilisant le sens deleurs éléments. [Ex. 1039.] V Avec chacun des six derniers noms du vocabulaire, construire une phrase où vous aurez à employer le pronom lequel.
1040. LECTDRE-DiCTÉE : Un trait de patience
iSiiiiiii
■, ^^ D'après Amyot
pl.,, courtes sans en altérer i TeZ. \ iJZZHZ """"""^' * '"
Brunot et Bony. Troisième livre
Méthode Brunot-Bony.
1043. GRAMMAIRE: PRONONS ADVERBIAUX RELATIFS
Dans la phrase de la lecture (Voir page 223) qui commence à : Pour les animaux féroces, l'auteur aurait pu employer des pronoms personnels : .. // retrouve en eux ce que sa mère lui a dit d'eux; il a remplacé en eux par y, d'eux par en, c'est-à-dire par des adverbes ayant le môme sons et qui deviennent ici des pronoms.
Si la proposition où se trouve employé en ou y, au lieu d'être coordonnée à une proposition précédente, s'y subordonne par un pronom relatif, on y emploie des pronoms adverbiaux qui correspondent aux précédents :
Coordonnées : i Subordopnées :
// a un chat, il en abuse l le chat dont il abuse ...
il a une basse-cour, il s'y plaît. \ la basse-cour où // se plaît... Dont remplace duquel, de laquelle ... où remplace dans lequel ...
Les pronoms personnels de la 3" personne lui, elle, eux... leur, sont souvent remplacés par les pronoms adverbiaux en, y.
Les pronoms relatifs variables sont souvent aussi remplacés par les pronoms adverbiaux invariables dont, où.
En et dont s'emploient indiiféremment pour les personnes et pour les choses :
Cet enfant est bien doué, je m'en occupe particulièrement. La science dont je m'occupe particulièrement est intéressante. Y et où 72e se disent guère que des choses :
C'est une ville agréable, je m'y plais beaucoup. C'est une ville agréable où je me plais beaucoup. Il faut éviter de dire : j'y donne un sou, au lieu de : je lui donne... Très souvent, le pronom personnel le et les pronoms adverbiaux en, y, remplacent toute une proposition : La maison étaii restée ouverte : quand le propriétaire le sut, s'en aperçut, y songea, il était trop lard, les cambrioleurs étaient venus.
Ex. 1044. V Copiez ce texte en y soulignant les pronoms adverbiaux :
Petitesse de la Terre.
La Terre où nous vivons est un des astres les plus infimes. Simple satellite du Soleil , dont le volume est un million de fois plus grand, elle n'est qu'un point relativement à l'immense espace où gravitent les planètes; le Soleil lui-même y est comme une étincelle perdue dans la voie lactée.
Cette écharpe de lumière nous semble entourer l'univers, la lunette de l'astronome n'en peut dénombrer les étoiles; et cependant ce n'est qu'une nébuleuse, dont l'importance est médiocre dans l'espace infini. L'univers est si vaste que l'imagination n'en peut concevoir l'étendue.
[Ex. 1045.] 'f Indiquez la fonction des pronoms adverbiaux de ce texte :
Distraction d'un savant.
Le savant Ampère sortait un jour de l'Académie, rêvant à un problème.
Tout à coup il s'arrête, ses yeux s'animent, il le tient. Il avait gardé à la main la craie blanche dont il venait de se servir; il voit devant lui un carré noir assez semblable aux tableaux dont il se sert habituellement, il y place ses chiffres; mais tout à coup le tableau fuit sous sa main et fait trois pas... Ampère le suit... Le tableau prend le trot; Ampère prend sa course et ne s'arrête qu'exténué, hors d'haleine et violet. Ce tableau n'était autre que le dos d'uH fiacre arrêté.
A.lplionso Kahr. Les Guêpes, Calniaim Lévy. «5(1 i'
Langue française. — Troisième livre. 223
1046. LECTURE : Utilité des fables.
L'enfant qui lit attentivement les fables y reconnaît les mœurs diy^ chien qu'il caresse, du chat dont il abuse, de la souris dont il a peur, toute la basse-cour où il se plaît mieux qu'à l'école. Pour les animaux féroces, il y retrouve ce que sa mère lui en a dit : le loup dont on menace les méchants enfants, le renard qui rôde autour du poulailler, le lion dont on lui a vanté les mœurs clémentes. Il s'amuse singulièrement des petits drames dans lesquels figurent ces personnages. II y prend parti pour le faible contre le fort, pour l'innocent contre le coupable, et en tire ainsi une première idée de la justice.
Désiré Nisahd. Histoire de la Liltérature française, Kirrain-Didot et C'«, 6dH.
Ex. 1047. °i? 1. Qu'est-ce qu'une \ [Ex. 1048.] °f 1. Copiez les proposi-
fable? Pouvez-vous donner le titre de | lions qui commencent par le pronom
l'une d'elles? — 2. Que nomme-t-on \ relatif qui ou que et dites leur fonc-
Kiœurs d'un animal? — 3. Qu'est-ce | lion. — 2. Copiez les propositions où se
qu'abuser d'un être ou d'une chose? | trouve un pronom adverbial relatif et
— 4. Qu'est-ce qu'un drame? — 5. Que | indiquez la fonction de ce pronom, signifie p/'cndre par// pour quelqu'un? | Ajoutez de quel nom il tient la place.
— 6. Quels sont les noms abstraits \ — 3. Dans la phrase : // s'amuse... correspondants à enfant, féroce, mé- \ indiquez les termes essentiels de la chant, clément, faible, fort, innocent? > principale et ceux de la subordonnée.
1049. ORTHOGRAPHE : Participe passé précédé de en.
C'est grâce aux faits que l'esprit humain a observés l'un après l'autre, et avec les lois qu'il en a dégagées que s'est constituée la science. Le vrai savant recueille donc avec soin toutes les constatations; d'humbles travailleurs en ont fait parfois de première importance.
Le verbe a observés a pour complément d'objet direct le pronom relatif que, mis pour faits; le participe passé observés s'accorde avec ce pronom que, du masculin pluriel. Dans la proposition : d'humbles travailleurs en ont fait, le verbe ont fait a pour complément d'objet direct le pronom adverbial en, . remplaçant constatations; mais ce pronom en est un mot invariable, le participe passé fait reste invariable.
Plus haut, le participe passé dégagées, quoique précédé de en, est au féminin pluriel; c'est que en n'est pas le complément d'objet direct de a dégagées; ce complément est le pronom que.
Lorsqu'un verbe à un temps composé a pour complément d'objet direct le pronom adverbial relatif en, le participe passé de ce verbe reste invariable : J'ai cherché des preuves et j'en ai trouvé.
Ex. lOSO.'^ Écrivez convenablement i II y a de bonnes fées qui comblent
les participes passés entre parenthèses : \ de dons les bébés sages; il en a (ima-
Les contes de tées. \ giné) aussi qui l'épouvantent et le
Par leurs récits merveilleux, les > tiennent dans l'obéissance. Aussi l'en-
grand'méres ont (porté) l'imagination s fance a-t-elle toujours (aimé) les contes
enfantine ii peupler le monde d'êtres > et les fables où sont (raconté) les hauts
surnaturels; l'enfant s'en est (fait) ou j faits de ces esprits bons ou malfai-
des amis ou des surveillants redou- | sants, et l'éducateur en a (tiré) parfois
tables. \ une naïve leçon de poésie.
Méthode Brunot-Bony.
1051. REVISION: Les mots conjonctifs.
L'erreur que Von commet volontairement s'appelle le rnensonjje; eUe deshonore ^elui qui la commet. Mais l'erreur de '>«""« f^'' "îf7^;^^^^ dans laquelle on tombe faute de réflexion, par nnepar^^ % Ue^ t SLMauel suflit la première affirmalion venue, ne doit point excitei la toZ II aut seulement s'en défendre et .jarder autan <l-e possible les autres d\ tomber. Encore faut-il bien sassurer que l'opinion dont on ZutlesIéLrner est une Leur, car il --'^.^^^^f .^Lur/'oTr atteint difficilement à la certitude : c'est a quoi d jaut toujours songe,.
■c^ Les pronoms conjonctifs sont :
qui, que, quoi j lequel, auquel, duquel
l pers. : le penseur qui rêve \
] chose: la fêle qui a lieu ((lequel est employé très
pers. : lauleur que lu Us ( exceptionnellement). ( chose : le livre que lu Us lami à qui lu écris de qui lu parles
Sujet
Compl' direct
Compl pr6po sitionnel
pers. \
1 chose»
l'ami auquel lu écris
— duquel lu parles la vie à laquelle lu songes la rue de laquelle ils'ayil la nie de laquelle lu sors — dans laquelle iu en/res c'est â quoi il songe
dont, d'oU, où
dont lu parles
dont (7 s'agit d'où lu sors où lu entres
EX. 1052. "^ Analysez les divers pronoms relatifs :
Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie ! Une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souflle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc llélri murmurait.
Ex. 1053. °lf Distinguez les subordonnées et indiquez comment
Pronom à antécédent indéfini
^ Presque jusqu'à nos jours, les pronoms qui et où ont eu un emToi beaucoip ?lus étendu. Les écrivains c assiques d.sa.ent. Ces châteaux enchantés de qui nous entretiennent les poêles ( Bossu. x. Il ne reste que moi où Von découvre encor les vestiges d un roi (Rac.ne). Le pronom lequel, rare dans le style ordinaire, est commun dans les àct^s judiciaires, administratifs, les baux, où il sert a la pJécisîon : ... a comparu le sieur Perrot, lequel nou. a présente... ^ Il faut se garder de remplacer par que les autres pronoms conjonctifs. On Se doit pas dire : la femme ^^^^^^J^^ aui es< venue); la marchande que fai parle (pour... dont j ai parle) et encore bîen moins : le pont que fai passé dessus (pour : le pont sur lequel je suis passé.)
est marquée leur subordination :
Un esprit très ordinaire qui apportera un perfectionnement presque insignifiant dans l'enroulement des nis d'une bobine électrique ou dans l'engrenage d'une machine à vapeur, aura rendu un réel service : il aura fait son œuvre ici-bas. Tandis que l'art ne souffre pas la médiocrité, la science peut s'appuyer sur elle; chez tous elle peut rencontrer des collaborateurs.
• M. GuYAU. Félix Alcan, <5<lit.
Ziangue française. — Troisième livre.
1054. VOCABULAIRE: Mots formés avec des sufâxes grecs.
Pour observer les phénomènes de la nature, la science a créé de multiples instruments : nous avons des chronomètres gui mesurent le temps, des phonographes qui enregistrent les sons. Le moindre laboratoire a un microscope.
Le mot phénomène est un mot savant emprunté du grec, il en est de même du mot chronomètre; mais ce dernier se termine par un suffixe mètre, que l'on utilise dans la formation de mots français : décamètre, baromètre.
Les savants forment souvent des mots scientifiques au moyen de suffixes grecs :
algie,
idée de douleur
névralgie.
nomie.
loi
: astronomie.
cratle,
gouvernement
aristocratie.
phile.
ami
'. bibliophile.
graphie
description
géographie.
phagle,
action de manger
. hippophagie.
logie,
discours, traité
géologie.
scope,
qui voit, observe
léliscope.
manie,
passion
bibliomanie.
technie.
art
pyrotechnie.
mètre.
mesure
thermomètre.
tomie.
coupure, division
trachéotomie
Ex. 1055. °^ Cherchez dans le dictionnaire le sens des mots :
Alcoomètre, anthropophagie, astrologie, autographe, calorimètre, démocratie, électroscope, lithographie.
[Ex. 1056.] °f Trouver et définir un mot se terminant par l'un des suffixes :
Crate, graphe, logue, mane, métrie, nome, philie, phobie, pode, scopie.
1057. COMPOSITION FRANÇAISE : La place du pronom conjonctifet la clarté.
Clermonl et Riom sont éloignées de deux lieues l'une de l'autre, mais le chemin en est si beau qu'il peut passer pour une longue allée de promenade ; il est bordé de hêtres des deux côtés, plantés à égale distance, qui sont arrosés continuellement de deux ruisseaux d'une eau fort claire et fort vive, qui se font comme deux canaux naturels, pour divertir la vue de ceux qui passent, et pour entretenir la fraîcheur et la verdure des arbres. (Fléchier, 1632-nio.)
Celte phrase d'un écrivain élégant est cependant lourde, enchevêtrée, à cause de l'abus des qui et des que. En outre, on ne voit pas tout de suite à quoi se rapporte le second qui; si bien qu'il faut réfléchir à deux fois pour comprendre ce que cet auteur a voulu dire.
CONSEIL : Placez toujours le pronom relatif de façon que l'on en aperçoive clairement l'antécédent. Si cet antécédent est suivi d'un complément qui vous forcerait à en éloigner le pronom relatif, construisez la phrase autrement. Enfin n'accumulez pas les qui, que, dont... qui alourdissent et souvent obscurcissent les phrases.
[Ex. 1058.] 'f Changez la construction de cette phrase pour y rétablir la clarté :
Perrault commence la censure qu'il fait d'Homère par la chose du monde la plus fausse, (fui est que beaucoup d'excellents critiques soutiennent qu'il n'y a jamais eu au monde un homme, nommé Homère, qui ait composé VIliade et VOdyssée, et que ces deux poèmes ne sont qu'une collection de
plusieurs petits poèmes de difl'érents auteurs, qu'on a joints ensemble.