BOILEAU
Ex. 1059. °f Coupez celle phrase en propositions, pour la rendre correcte :
Louise rentre et dit à sa mère : « j'ai rencontré le menuisier qui m'a dit qu'il fallait que la table qu'il devait rendre ce matin fût réparée entièrement et qu'il ne pourra la rapporter que dans huit jours. »
226 Méthode Brunot-Bony.
1060. REVISION : Les diverses propositions.
<^ Souvent on appelle phrase une proposition isolée : La rage est curable. Mais la phrase proprement dite se compose de plusieurs propositions réunies ou par le sens ou par la construction : c'est à un grand savant français, Pasteur, que Von est redevable de cette importante découverte.
Il faut prendre garde que des propositions successives, en apparence indépendantes, sont souvent coordonnées par le sens :
On a trouvé un corps nouveau, avec des propriétés surprenantes, le radium : toutes les théories physiques sont remises en question.
Elles peuvent aussi être coordonnées au moyen d'un mot spécial, appelé conjonction de coordination :
Les journaux annoncent ces faits surprenants et le public applaudit.
Au lieu de coordonner deux propositions d'égale importance, on peut rattacher la seconde à la première par un pronom conjonctif : On se répèle les noms de Pasteur, de Curie, qui deviennent célèbres, au lieu de... et ces noms deviennent célèbres.
■<^ Si une phrase est formée d'une proposition accompagnée d'une autre proposition qui en dépend, la première est dite principale, et l'autre subordonnée. La subordination se fait au moyen d'une conjonction de subordination ou d'un pronom conjonctif :
Mais ce même public ne se doute point (proposition principale) que ces découvertes géniales sont achetées par des années de recherches coûteuses (proposition subordonnée).
<:§=> Comme un mot ou comme une expression, une proposition subordonnée peut être sujet, attribut, complément d'objet ou complément circonstanciel du verbe; elle peut qualifier, déterminer un terme de la principale, etc. :
Il se dit : « L'État est là (subordonnée complément d'objet direct de dit) ; les impôts, qui sont si lourds (subordonnée qualifiant impôts) doivent suffire. Nous donnons cet argent pour que les grands services publics aient des ressources (subordonnée marquant le but) qui soient suffisantes » (subordonnée qualifiant ressources).
Ex. 1061.°^ Indiquez le nom des \ de lui-môme. diverses propositions et montrez \ De là les religions primitives,
comment elles sont unies : \ solutions improvisées d'un pro-
Resterindiiïérent devant l'univers blême qui exigeait de longs siècles
est chose impossible pour l'homme, j de recherches, mais pour lequel il
Dès qu'il pense, il cherche, il se pose fallait sans délai une réponse. La
des problèmes et les résout; il lui faut un système sur le monde, sur lui-même, sur la cause première, sur son origine, sur sa lin. 11 n'a pas les données nécessaires pour répondre aux questions qu'il s'adresse; qu'importe? 11 y supplée
science méthodique sait se résoudre à ignorer ou du moins à supporter le délai ; la science primitive du premier bond voulait avoir la raison des choses.
E. Renan. L'Avtnir dt la Science.
Calmann-Lév;, ëdit.
1062. REVISION D'ORTHOGRAPHE : La ponctuation.
Dans l'écriture, on marque les arrêts que l'on fait en parlant, au moyen des signes de ponctuation. Les arrêts de peu d'importance se marquent par la virgule (,) ; les arrêts un peu plus longs s'indiquent par le point-virgule (;) ou par les deux points (:). Les arrêts assez longs se marquent par les divers points (. •? î).
La virgule s'emploie pour séparer les propositions coordonnées de peu d'étendue :
Le vent souffle, l'éclair brille, le tonnerre gronde au loin.
Dans une proposition, la virgule sépare les sujets ou les compléments d'un verbe, les attributs ou les qualificatifs d'un même mot, à moins que ces termes semblables ne soient réunis par une conjonction : Le travail, le repos et le jeu sont nécessaires.
Le point-virgule s'emploie entre des propositions coordonnées qui sont subdivisées par la virgule :
Le bien, nous le faisons; le mal, c'est la Fortune.
Les deux points annoncent une citation que l'on met généralement entre deux signes appelés guillemets (« ») :
L'un dit : « Je n'y vais point, je ne suis pas si sot. » ou une énumération :
Les métaux précieux sont : Vor, Vargenl, le platine. ou l'explication de ce qui précède :
Le méchant est malveillant, volontiers cruel : il ne peut être que nuisible.
Le point se met à la fin des phrases.
On met le point d'interrogation après les propositions interrogatives, le point d'exclamation après les propositions exclamalives et les interjections :
Que voulez-vous? Ciel! Que dites-vous là!
Quand on rapporte une conversation, on sépare ordinairement les paroles des diverses personnes par des tirets {—) :
Combien vos pommes? — Trente centimes, monsieur.
Quand une proposition présente une réflexion, une explication amenée par le texte, mais en réalité indépendante de la phrase commencée, on la met entre deux signes ( ) appelés parenthèses.
Ex. 1003. °f Justifiez l'emploi des J court, il crie, il s'agite ; il commence signes de ponctuation de ce texte : à comprendre qu'il faut quelquefois
Un Irlandais ne voulait pas | prendre intérêt à la maison qu'on
sortir de son lit, quoique le feu fût \ habite, quoiqu'elle ne nous appar-
à la maison : « La maison brûle! i tienne pas.
lui criait-on. — Que m'importe? J--J- Rousseau.
répondait-il, je n'en suis que le l Ex. 1064. °l? Copiez la lecture
locataire. » A la fin le feu pénétra î de la page 223, en indiquant le
jusqu'à lui. Aussitôt il s'élance, il j rôle des signes de ponctuation.
Méthode Brunot-Bony,
il. -TEMPS ET MODES DE LA PHRASE
1065. GRAMMAIRE : LES TEMPS RELATIFS: i" Dans le passé.
M. Bivaml bâtit une usine pour 1(1 construction de camions automoljiles. Mais papa estime que l'entreprise ne réussira pas. Il y a encore trop de difficultés techniques, et M. Bivaud n'a. jamais étudié la mécanique. Celui-ci espère que la pratique lui suffira, mais à peine a-t-il commencé que les difficultés surgissent.
Il y a deux ans, M. Bivaud bâti une usine. Mon père estimait que l'entreprise ne réussirait pas.
Il y avait encore trop de difficultés techniques , et M. Bivaud n'avait jamais étudié la mécanique. Celuici espérait que la pratique lui suffirait, c'était une illusion ; à peine eut-// commencé que les difficultés surgirent.
Dans le premier texte, composé au moment où l'usine s'élève, l'opinion présente du père est exprimée au présent : papa estime ; les faits antérieurs sont exprimés au passé : M. Bivaud n'a jamais étudié la mécanique ; ce qui est postérieur a été renrlu par le futur : // espère que la pratique lui suffira; les trois temps datent l'action par rapport au moment où l'on parle : ce sont des temps absolus.
Dans le second texte, composé au moment de la faillite de l'usine, tout ce qui est arrivé est rapporté comme passé; mais la succession des faits n"est pas modifiée. Pour marquer cette succession, on a employé des temps présents, passés, futurs, dans le passé. Ils datent l'action relativement au passé : ce sont des temps relatifs.
■g /présent
( présent ; papa estime 3 <' futur t lui suffira
n'a jamais étudié
passes
à peine a-l-il commencé
' passifs
papa estimait
lui suffirait
/l'avait jamais étudié à peine eut-// commencé
Dans le passé, il y a quatre temps relatifs usuels :
un présent dans le passé, c'est l'imparfait : // espérait réussir;
deux passés dans le passé : l'un marquant une antériorité immédiate à un autre passé, c'est le passé antérieur :
Dès que l'enfant eut ouvert la cage, l'oiseau s'enfuit;
l'autre marquant une antériorité quelconque par rapport à un passé, c'esHe plus-que-parfait : M. Bivaud n'avait jamais étudié...
un futur dans le passé : Il espérait que la pratique lui suffirait.
Ex. 1066. "^ Indiquez les divers temps relatifs au passé de ce texte :
Curieuse mésaventure.
Un voyageur égaré dans une des profondes forêts vierges de l'Amérique du sud souffrait de la soif : il coupa, pour se désaltérer, une de ces branches d'arbres qui fournissent une sève rafraîchissante. Il absorba ce liquide séveux, et il eut la malencontreuse idée de 1' « appuyer » par une gorgée
de rhum. A peine eut-il avalé ce liquide qu'il se tordait dans d'affreuses convulsions, et mourait après une agonie atroce. L'autopsie fit découvrir que du caoutchouc lui avait littéralement « scellé » les intestins. Le malheureux avait absorbé une sève qui présente la propriété de se coaguler dans l'alcool. H. Coupin.
[Ex 1067.] "f Écrivez au présent le texte de l'exercice 1066.
Langue française. — Troisième livre.
1068. VOCABOLAIRE : Les applications de la science
Locomotion, véhicule, auloniobilisme, traction électrique, aérostation, ballon dirigeable, mécanique, transport de la force, canalisation, extraction, forage, galerie souterraine, service, météorologique , hydrographique , appareil frigorifique, conservation des denrées, analyse des terrains, sélection des sujets, croisement des races, transformation des espèces, engrais chimiques, machines agricoles, fermentation, distillation, moteur à explosion.
Appliquer, utiliser, aménager, tirer parti de, mettre à profit, chronométrer, lubrifier, falsifier, soumettre à V analyse, immuniser, pasteuriser, transmettre à distance.
Un ballon dirigeable.
[Ex. 1069.] °l? Indiquez les éléments des mots savants :
Locomotion, automobile, aéroplane, canalisation , extraction , météorologique, hydrographique, transformation.
Ex. 1070. V Indiquez les noms abstraits correspondants aux verbes :
Appliquer, utiliser, aménager, falsifier, immuniser, pasteuriser, transmettre, émettre, installer, diriger.
1071. COMPOSITION FRANÇAISE: Raisonnement fondé sur Tordre des faits-
A la rentrée d'une heure, les élèves s'aperçoivent qu'il y a du sable dans les encriers. Quel est le mauvais plaisant qui a fait cela? L'instituteur le demande; comme personne ne répond, il fait une enquête pour le découvrir.
A onze heures et demie, les élèves avaient quitté la classe, et l'instituteur y est resté jusqu'à midi; donc rien ne s'est passé pendant cette première demiheure. Mais à midi, le maître alla déjeuner et ne reparut dans la cour que trois quarts d'heure après.. C'est donc pendant ce temps que cette farce stupide a été faite. 11 s'agit de savoir qui était à l'école à ce moment-là.
Il restait six élèves ayant apporté leur déjeuner; c'est entre ces six qu'il faut chercher. L'instituteur les réunit et bientôt l'un d'eux, tout confus, avoue sa faute.
CONSEIL : Si VOUS avez à raconter des événements passés, surtout si vous devez tirer une conclusion de la suite de ces faits, mettezles bien exactement dans l'ordre oii ils se sont accomplis. Pour contrôler les récits qu'on vous fait, appliquez la même règle.
Ex. 1072. "f Une rixe.