SI J
si tu —
s'il avait pu,
si nous avions pu.
je serais venu g
tu serais venu g
il serait venu o
n. serions venus ^
On peut remplacer le passé du conditionnel par le plus-que- i
parfait du subjonctif : j'eusse assisté, je fusse venu. l
Mais cet usage, qui a été très répandu, tend à disparaître. |
On trouve ce deuxième passé surtout dans la langue écrite : >
N'eût-il que d'un moment reculé sa défaite, \
Rome eût été du moins un peu plus tard sujette. (Corneille.) \
[Ex. 1185.] °^ Écrivez ce texte en mettant les verbes entre parenthèses d'abord au premier passé, ensuite au second passé du conditionnel :
Victoire audacieuse.
C'a été. Monseigneur, trop de hardiesse à vous d'avoir, à votre âpe, attaqué deux ou trois vieux capitaines que vous deviez respecter, quand ce ne (être) qu'à cause de leur ancienneté. Je ne (croiCe) jamais que voua vous (emporter) jusque-là.
YoiTUHE (1598-1648).
Lettre au Duc d'Eni/hien.
Ex. 1186. "f Conjuguez au.v deua passés du conditionnel :
Si j'avais réfléchi, (éviter) cette sot tise.
Ex. 1184. 'f Indiquez les verbes qui sont au passé du conditionnel, et dites quel est ce passé :
Au mauvais riche.
Tu crois avoir rempli ton devoir parce (|ue tu as donné. Il aurait peutêtre mieux valu refuser quelquefois :
il y a de faux pauvres. Tu n'avais pas le temps de t'informer. iroit. Mais même si tu avais bien placé tes aumônes, tu n'aurais pas payé ta dette de ijche. De quelles ^œuvres de solidarité t'es-tu occupé? Tu lésas ignorées? Pour savoir leur existence et leurs besoins, il eût suffi de chercher un peu; mais, pour chercher, il eût fallu prendre un p<>u de peine, cela t'aurait gôné dans tes plaisirs.
Langue française. — Troisième livre. 255
1187. RÉCITATION: Le calme de la nuit.
Que le séjour de l'homme est divin quand la nuit,
De la vie orageuse étouH'e ainsi le bruit!
Ce sommeil qui d'en haut tombe avec la rosée.
Et ralentit le cours de la vie épuisée,
Semble planer aussi sur tous les éléments,
Et de tout ce qui vit calmer les battements.
Un silence pieux s'étend sur la nature;
Le fleuve a son éclat, mais n'a plus son murmure;
Les chemins .sont déserts, les chaumières sans voix:
Nulle feuille ne tremble à la voûte des bois;
Et la mer elle-même, expirant sur sa rive.
Roule à peine à la plage une lame plaintive.
On dirait, en voyant ce monde sans échos.
Où l'oreille jouit d'un magique repos.
Où tout est majesté, crépuscule, silence,
Et dont le regard seul atteste l'existence,
(Jue l'on contemple en songe, à travers le passé,
Le fantôme d'un monde où la vie a cessé.
La.mabtine. llannonies. Hachette et C", fiUt.
Ex. 1188.°;^ i. Que désigne l'exprès- < [Ex. 1189.] "f 1. Indiquez le verbe
sion : le séjour de l'homme? — 2. Dans | qui est au présent du conditionnel. —
le deuxième vers, le mot orageuse a-t-il 2. Quel est le sujet du verbe sem6/e?
son sens propre? — .3. Qu'est-ce qu'uni' \ — .3. Quelle espèce de verbe est s'étend?
rive, une plcKje, une lame? — 4. Expli- 4. Analysez le vers : Les chemins sont
quez Texpression un magique repos. \ déserts, les chaumières sans voix.
1190. COMPOSITION FRANÇAISE : Poésie et langage poétique.
Tout le monde sait et peut dire que la nuit est le temps du repos pour la nature, pour Thumanité. Mais un honime comme Lamartine ressent plus vivement que le commun l'impression de calme qu'apporte le soir, et la transforme suivant son tempérament. C'est là le propre de Part : par là l'artiste crée réellement. Le mot poète, d'origine grecque, signifie proprement créateur.
Le langage de l'artiste est aussi en partie sa création. Dans le trésor des mots, il prend ceux qui rendent le mieux son impression; en outre il en appro-' prie : la nature n'a pas de battements ; mais chez beaucoup d'êtres bat un cœur, dont le mouvement se ralentit aux heures de calme. Le mot va servir ici pour la nature vivante tout entière : Et de tout ce qui vit calmer les battements.
CONSEIL : En comparant une phrase poétique aux phrases banales correspondantes, vous goûterez le charme qui se dégage d'une sensation personnelle et de l'expression qui la rend. Mais gardez-vous de chercher de « belles idées », de « beaux mots »; vous tomberiez dans Içs pires défauts : l'emphase, la déclamation, la prétention.
Ex. 1191. "^ Dans la description de i [Ex. 1192.] V Essayez d'expliquer
la nuit faitepar Lamartine {Voir^liSl), l les expressions suivantes de la réci-
essayez d'indiquer quelles sont les s tation : le sommeil tombe avec la ro-
idées, les impressions très simples que l sée..., un silence pieux..., la voûte des
le poète a notées, { bois..., la mer expirant sur la rive...
Méthode Brunot-Bony.