II. — Quand le verbe de la subordonnée est au subjonctif
i" Si le verbe de la principale est au présent, au futur de l'indicatif ou de l'impératif, on emploie, d'après le sens, le présent ou le passé du subjonctif :
Je doute que vous sachiez (-ela, ... que vous ayez su cela.
2" Si le verbe de la principale est au passé de l'indicatif ou
au conditionnel, on emploie l'imparfait du subjonctif : i
Vous défendiez (ou vous défendriez) qu'on lui achetât. \
Il est à remarquer toutefois que cet imparfait est de moins en moins employé. On tolère aujourd'hui qu'on lui substitue le | présent; on dit et même on écrit :
J'ai voulu (ou je voudrais) que vous veniez (pour vinssiez). |
Ex. 1217. "^ Copiez ce texte, en ] l'ait mise à la perlée de tous, qu'elle
remplaçant successivement : il ne \ soit écrite avec une grande clarté,
suffît pas par .... il n'a pas sufli... il | qu'elle ne contienne point d'allusion
ne suffira pas... il ne suffirait pas : à des faits mal connus du puhlic,
Le succès au théâtre. \ qu'elle mette en scène des péripéties
Pour avoir du succès, il ne suffit pas l faciles à suivre, des héros en qui les qu'une pièce de théâtre fasse les l spectateurs reconnaissent leurs propres délices de quel(|ues-uns; il faut qu'elle | passions, et dont les actions puissent plaise à tous, et pour cela, que l'auteur \ donner l'illusion de la réalité.
Langue française. — Troisième livre. 26-3
1218. LECTURE : Les aiigoisses d'une mère.
Joc.vsTE (la mère). — 0 ma fille, sors! Viens, Antigone, devant le palais, non pour te mêler aux danses des jeunes filles; — ce qui nous arrive en ce moment ne te le permet plus — mais deux vaillants guerriers, tes frères, courent à la mort : il faut te joindre à ta mère pour les empêcher de s"enlr'égorger.
Antigone (sa fille). — ô ma mère chérie, qu'y a-t-il encore, pour nous épouvanter par ces cris que tu pousses devant le palais?
JoCASTE. — 0 ma fille, c'en est fait de la vie de tes frères.
Antigone. — Que dis-tu là?
JoCASTE. — Ils se sont provoqués à un combat singulier.
Antigone. — Grands dieux! que m'annonces-tu, ma mère?
JocASTE. — Une mauvaise nouvelle... Mais suis-moi.
Antigone. — Où te suivre?
JocASTE. — Au milieu de l'armée.
Antigone. — Que ferai-je donc?
JocASTE. — Tu réconcilieras tes frères.
Antigone. — Comment, ma mère?
JocASTE. — En tombant avec moi à leurs genoux.
Antigone. — Conduis-moi au milieu des deux armées : il n'y a pas de temps à perdre.
JOCASTE. — Hàte-toi, hâte-toi, ma fille. Car si je rejoins mes fils avant le combat, je consens à vivre. S'ils sont morts, je tomberai morte à
leurs côtés. Traduit du grec d'EuRiPiDE (480-106 av. J.-C).
1219. C0MP03iT:0N FRANÇAISE: Exprimer la pitié.
On ne peut manquer d'être ému par la lecture qui précède. Nous nous mettons par la pensée à la place de celte mère dont les fils vont s'entr'égorger, de celte jeune lille qui apprend subitement cette affreuse nouvelle, et nous partageons leurs angoisses; nous sympathisons avec elles.
Cependant l'auteur n'a pas exprimé lui-même les sentiments qu'il éprouve en présence de cette situation malheureuse; il n'a pas non plus fait longuement gémir les deux femmes; il sait qu'une douleur qui se contient est plus éldfiuenle (jue des lamentations prolongées. Il se borne à montrer nettement la situation dans Umle son horreur.
CONSEIL : Voiis pouvez sans doute exprimer votre pitié pour le malheur; mais ne vous répandez pas en phrases larmoyantes. Présentez bien les faits; ils parleront d'eux-mêmes.
Ex. 1220. ^ Un Lorrain émigré. i Ex. 1221. 'f Un malade qui décline-
fl-AN , PLAN
Le pays natal quitté après une guerre \ Jeune homme altcint de phtisie,
malheureuse. ; Sa ligure amaigrie, sa démarche
Indignation d'être annexé contre sa s chancelante,
volonté. j Ses souffrances : toux- opiniâtre,
Kloignement de ses parents, de ses \ oppressions, insomnies,
amis, des lieux qui lui sont chers. | Inquiétudes de ses parents.
Difficulté de se refaire une existence l Dangers qu'il fait courir à ceux qui
dans son pays d'adoption. \ vivent^avec lui.
Méthode Brunot-Bony.
Verbe auxiliaire avoir.
Temps absolus.
PRÉSENT
PASSÉ SIMPLE
PASSÉ COMPOSÉ
FUTUR ABSOLU
J" ai
J' eus
J' ai eu
J' aurai
tu as
tu eus
tu as —
tu auras
il a
il eut
il a -
il aura
nous avons
nous eûmes
nous avons —
nous aurons
vous avez
vous eiites
vous avez —
vous aurez
ils ont
ils eurent
ils ont —
ils auront
Temps relatifs.
1° Dans lo passé.
PRESENT dans le passo
ou IMPARFAIT
PASSE ANTERIEUR
PI.US-OUE-PARFAIT
FUTUR dans le passé
J' avais
J' eus eu
J' avais eu
J' aurais
tu avais
tu eus —
tu avais —
tu aurais
il avait
il eut —
il avait —
il aurait
nous avions
nous eûmes —
nous avions —
nous aurions
vous aviez
vous eûtes —
vous aviez —
vous auriez
ils avaient '2° Dans le futur
ils eurent —
ils avaient ~
ils auraient
FUTUR ANTÉRIEUR
PRÉSENT ou FUTUR
PREMIER PASSÉ
DEUXIÈME PASSÉ
J' aurai eu
J' aurais
J' aurais eu
J' eusse eu
tu auras —
tu aurais
tu auiïiis
ta eusses —
il aura —
il aurait
il aurait -
il eût —
nous aurons —
nous aurions
nous aurions —
nous eussions —
vous aurez —
vous auriez
vous auriez —
vous eussiez —
ils auront —
ils auraient
ils auraient —
ils eussent —
PRÉSENT ou FUTUR
IMPARFAIT
3NCTIF —
PASSÉ