‹ Enseignement primaire élémentaire: méthode de langue française (volume 2)Chapitre 321 sur 373 · II. — Quand le verbe de la subordonnée est au subjonctif · texte numérisé non relu

II. — Quand le verbe de la subordonnée est au subjonctif

i" Si le verbe de la principale est au présent, au futur de l'indicatif ou de l'impératif, on emploie, d'après le sens, le présent ou le passé du subjonctif :

Je doute que vous sachiez (-ela, ... que vous ayez su cela.

2" Si le verbe de la principale est au passé de l'indicatif ou

au conditionnel, on emploie l'imparfait du subjonctif : i

Vous défendiez (ou vous défendriez) qu'on lui achetât. \

Il est à remarquer toutefois que cet imparfait est de moins en moins employé. On tolère aujourd'hui qu'on lui substitue le | présent; on dit et même on écrit :

J'ai voulu (ou je voudrais) que vous veniez (pour vinssiez). |

Ex. 1217. "^ Copiez ce texte, en ] l'ait mise à la perlée de tous, qu'elle

remplaçant successivement : il ne \ soit écrite avec une grande clarté,

suffît pas par .... il n'a pas sufli... il | qu'elle ne contienne point d'allusion

ne suffira pas... il ne suffirait pas : à des faits mal connus du puhlic,

Le succès au théâtre. \ qu'elle mette en scène des péripéties

Pour avoir du succès, il ne suffit pas l faciles à suivre, des héros en qui les qu'une pièce de théâtre fasse les l spectateurs reconnaissent leurs propres délices de quel(|ues-uns; il faut qu'elle | passions, et dont les actions puissent plaise à tous, et pour cela, que l'auteur \ donner l'illusion de la réalité.

Langue française. — Troisième livre. 26-3

1218. LECTURE : Les aiigoisses d'une mère.

Joc.vsTE (la mère). — 0 ma fille, sors! Viens, Antigone, devant le palais, non pour te mêler aux danses des jeunes filles; — ce qui nous arrive en ce moment ne te le permet plus — mais deux vaillants guerriers, tes frères, courent à la mort : il faut te joindre à ta mère pour les empêcher de s"enlr'égorger.

Antigone (sa fille). — ô ma mère chérie, qu'y a-t-il encore, pour nous épouvanter par ces cris que tu pousses devant le palais?

JoCASTE. — 0 ma fille, c'en est fait de la vie de tes frères.

Antigone. — Que dis-tu là?

JoCASTE. — Ils se sont provoqués à un combat singulier.

Antigone. — Grands dieux! que m'annonces-tu, ma mère?

JocASTE. — Une mauvaise nouvelle... Mais suis-moi.

Antigone. — Où te suivre?

JocASTE. — Au milieu de l'armée.

Antigone. — Que ferai-je donc?

JocASTE. — Tu réconcilieras tes frères.

Antigone. — Comment, ma mère?

JocASTE. — En tombant avec moi à leurs genoux.

Antigone. — Conduis-moi au milieu des deux armées : il n'y a pas de temps à perdre.

JOCASTE. — Hàte-toi, hâte-toi, ma fille. Car si je rejoins mes fils avant le combat, je consens à vivre. S'ils sont morts, je tomberai morte à

leurs côtés. Traduit du grec d'EuRiPiDE (480-106 av. J.-C).

1219. C0MP03iT:0N FRANÇAISE: Exprimer la pitié.

On ne peut manquer d'être ému par la lecture qui précède. Nous nous mettons par la pensée à la place de celte mère dont les fils vont s'entr'égorger, de celte jeune lille qui apprend subitement cette affreuse nouvelle, et nous partageons leurs angoisses; nous sympathisons avec elles.

Cependant l'auteur n'a pas exprimé lui-même les sentiments qu'il éprouve en présence de cette situation malheureuse; il n'a pas non plus fait longuement gémir les deux femmes; il sait qu'une douleur qui se contient est plus éldfiuenle (jue des lamentations prolongées. Il se borne à montrer nettement la situation dans Umle son horreur.

CONSEIL : Voiis pouvez sans doute exprimer votre pitié pour le malheur; mais ne vous répandez pas en phrases larmoyantes. Présentez bien les faits; ils parleront d'eux-mêmes.

Ex. 1220. ^ Un Lorrain émigré. i Ex. 1221. 'f Un malade qui décline-

fl-AN , PLAN

Le pays natal quitté après une guerre \ Jeune homme altcint de phtisie,

malheureuse. ; Sa ligure amaigrie, sa démarche

Indignation d'être annexé contre sa s chancelante,

volonté. j Ses souffrances : toux- opiniâtre,

Kloignement de ses parents, de ses \ oppressions, insomnies,

amis, des lieux qui lui sont chers. | Inquiétudes de ses parents.

Difficulté de se refaire une existence l Dangers qu'il fait courir à ceux qui

dans son pays d'adoption. \ vivent^avec lui.

Méthode Brunot-Bony.

Verbe auxiliaire avoir.

Temps absolus.

PRÉSENT

PASSÉ SIMPLE

PASSÉ COMPOSÉ

FUTUR ABSOLU

J" ai

J' eus

J' ai eu

J' aurai

tu as

tu eus

tu as —

tu auras

il a

il eut

il a -

il aura

nous avons

nous eûmes

nous avons —

nous aurons

vous avez

vous eiites

vous avez —

vous aurez

ils ont

ils eurent

ils ont —

ils auront

Temps relatifs.

1° Dans lo passé.

PRESENT dans le passo

ou IMPARFAIT

PASSE ANTERIEUR

PI.US-OUE-PARFAIT

FUTUR dans le passé

J' avais

J' eus eu

J' avais eu

J' aurais

tu avais

tu eus —

tu avais —

tu aurais

il avait

il eut —

il avait —

il aurait

nous avions

nous eûmes —

nous avions —

nous aurions

vous aviez

vous eûtes —

vous aviez —

vous auriez

ils avaient '2° Dans le futur

ils eurent —

ils avaient ~

ils auraient

FUTUR ANTÉRIEUR

PRÉSENT ou FUTUR

PREMIER PASSÉ

DEUXIÈME PASSÉ

J' aurai eu

J' aurais

J' aurais eu

J' eusse eu

tu auras —

tu aurais

tu auiïiis

ta eusses —

il aura —

il aurait

il aurait -

il eût —

nous aurons —

nous aurions

nous aurions —

nous eussions —

vous aurez —

vous auriez

vous auriez —

vous eussiez —

ils auront —

ils auraient

ils auraient —

ils eussent —

PRÉSENT ou FUTUR

IMPARFAIT

3NCTIF —

PASSÉ

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