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GRAMMAIRE : LA VOLONTÉ. LE DÉSIR

Dans la belle poésie sur l'avenir du peuple (Voir page 347"), M. Bouchor

exprime comment il veut la Maison du peuple, c'est-à-dire la société à

édifier, ce qu'il faut qu'elle soit : je veux que la maison de tous ...

surgisse merveilleuse ... je veux qu'elle rie au soleil ... Mais, pour

2 I cela : il faut que la raison pénètre l'esprit du peuple.

Toutes ces actions de surgir, de rire, de pénétrer, appartiennent à des propositions compléments d'objet des verbes Je veux, il faut; elles sont exprimées au subjonctif, parce qu'elles énoncent des actions, non certaines, mais dépendant d'une volonté, d'un désir, d'une nécessité exprimée par le verbe de la principale.

Ce désir, ce sentiment peut être exprimé par un adjectif : Tous les gens de cœur seront heureux que Vhgmne de Ici joie humaine g retentisse.

Dans une proposition subordonnée commençant par que et complément d'objet d'un verbe, d'un adjectif ou d'un nom exprimant une volonté, un désir, un sentiment, on emploie généralement le subjonctif :

Je veux, je commande, j'ordonne, je permets ... que vous sortiez.

Il importe, il convient^ il est nécessaire ... que vous vous reposiez.

Je désire, je souhaite, j'attends, je me réjouis, je m'étonne, je crains, je tremble, je regrette, je désapprouve ... que vous preniez cette décision.

Je ne désire pas, je ne veux pas que vous fassiez cette démarche.

Il est bon, juste, heureux, fâcheux, il n'est pas bon ... que cela soit.

Dans quelques constructions où la principale peut être transformée en adverbe, l'indicatif s'emploie dans la subordonnée :

La phrase : il est heureux que je vous aie rencontré devient : Heureusement que je vous ai rencontré. ^'^ — — ; .,.,.-.-...-.-.,.-.,....... ..^

Ex. 1571. 'f Justifiez l'emploi du \ [Ex. 1572.] "f Mettez au mode subjonctif dans le texte suivant : l convenable les verbes entre paren~

Le vrai patriotisme. l ' ' Lettre d'affaires.

Les patries doivent se considérer il faut que Loup (faire) venir de gros

comme des œuvres de l'humanité, la- gravier, qu'on en (répandre) et qu'on

queHe est en chacune d'elles, avec sa r(airermir) depuis le pavé de la cour

diversité naturelle, car la nature veut jusqu'à la grille qui (mener) aux allées

que l'humanité soit diverse. Elle ne s des vignes. Je prie M. Colini de ren-

permettra jamais que tous les flls des l voyer les maçons, au reçu de ma lettre;

hommes se ressemblent. s mais je voudrais que les charpentiers

Mes enfants, vous respecterez les l (pouvoir) se mettre tout de suite après patries des autres. Vous ne voudrez pas \ le berceau. 11 faut que les domestiques qu'on leur fasse ce que vous ne voudriez j (avoir) grand soin de remuer les marronpas que l'on vous fit à vous-mêmes, j niers, d'en faire tomber les hannetons Pour aimer votre patrie, il n'est pas l et de les donner à manger aux poules, nécessaire que vous haïssiez l'étranger \ Voilà à peu près, mon cher Colini, et que vous vouliez le subjuguer. toutes mes grandes alîaires. Ernest Lavisse. < Voltaire.

Discours à dei Enfants, Librairie Armand Colin, s Lettre du ?3 iiini 1756.

Langue française. — Troisième livre. 347

1573. RÉCITATION : La société future.

... Pour édifier ta nouvelle maison, Peuple, il faut que la claire et sereine Raison Pénètre ton esprit, t'illumine et te guide, Et que ta main soit ferme et ton regard lucide. Ainsi travaille dur, car on n'a rien pour rien; Ne compte pas sur un miracle; et sache bien. Quelles que soient ta fièvre et ton impatience. Que l'homme ne peut rien fonder sans la science. Mais ce n'est point assez, pour que tu sois heureux, De faire œuvre solide et durable : je veux Que la maison de tous, si longuement rêvée, Surgisse, quand tes mains l'auront bien achevée, Merveilleuse de grâce et de splendeur; je veux Que l'Art et la Nature y caressent les yeux ; Qu'elle rie au soleil, riche de feuilles vertes, De fleurs, de bruits d'oiseaux, et largement ouverte Aux souffles du printemps comme aux clartés du ciel; Que l'abeille ouvrière y façonne son miel; Que l'hymne de la joie humaine y retentisse, Et que tout soit beauté quand tout sera justice !

Maurice Bohchor. La Muse et l'Ouirier, E. Flamniaiion, édit.

Ex. 1574. °# 1. Pensez-vous qu'en ^ désirs que l'auteur formule au sujet de

employant le mot maison, le poète \ la société qu'il entrevoit. — 3. Que

songe vraiment à un bâtiment à \ signitie illuminer? — 4. Quel est le

construire? Essayez de marquer sa sens de l'adjectif /uc/ofe? — 3. De quelle

véritable pensée. — 2. Résumez les } abeille est-ii réellement question?

1575. VOCABULAIRE: Le progrès et l'avenir.

Évolulion, révolution, marche en avant, réformer, relèvement, bien-être, moralisation , réorganisation, perspective, espérance, idéal, concorde ^ harmonie, collaboration, fraternité, solidarité, perfectionnement, le mieux, sécurité, agrément.

État meilleur, supérieur; mouvement ascendant; effort éducatif.

Perfectionner, améliorer, transformer, renouveler, remanier, faire avancer, progresser, s'élever, guérir, prévenir la contagion, embellir.

Ex. 1576. "f Indiquer, avec leur si- l Ex. 1579. "^Écrire la signification gnification, les verbes qui correspon- | des mots de la famille de progrès. dent aux noms en tion du vocabu- [ex. 1 580.1 f Complétez ce texte :

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