‹ Enseignement primaire élémentaire: méthode de langue française (volume 2)Chapitre 9 sur 373 · LA PAROLE · texte numérisé non relu

LA PAROLE

« Sais-lu, Louise? Le pelit Léon pari'. — Pcis du tout. — Mais, il y a deux Jour.'i, Je l'ai enîendu appeler sa mère: « Maman. » — Allons donc! Il ouvrait el ferniail la bouche sans savoir ce qu'il disait : «Mamama,» — Il a dit aussi : « Bobo ! » — Tu vas bieniôl t'imar/iner qu'en vnijanl Ion cheval de bois, il s' écriera ; «Dada. » Il faut allendrç encore, mon ami. »

Cette fois, il ne s'agit plus de cris. Jean et Louise ont parlé, leur voix .1 prononcé des paroles. .

Quelquefois c'étaient des sons isolés : //. a, el, en; mais le plus souvent les enfants ant uni les uns aux autres plusieurs sons : plej'par,- val; ils en ont formé des syllabes. ; - "] i !

Le bébé, lui, disait des syllabes sans y attacher de sens : ma, bo. Les enfants disaient des syllabes ou des f;roupes de syllabes (jui ont un sens et ([ui s'appellent des mots : sais, tu, pelit, imaginer... Us parlaient.

L'homme exprime sa pensée par la parole. Il parle au moyen des sons de sa voix.

Un son isolé ou une réunion de sons articulés en une fois forme une syllabe : a, é, ba, plu, act, bleur.

Une syllabe ou une réunion de syllabes qui a un sens forme un mot : sais, pas, maman, entendu, imaginer.

Ex. 21. "^ Copiez le texte suivant en séparant les mots en syllabes :

Un frère.

Pendant un rigoureux hiver, un petit oiseau mourait de froid et de faim; il rechercha le nid où il était né et aperçut près de là un oiseau malheureux comme lui; il se hasarda à lui parler. « Pouniuoi, lui demandat-il , regardez-vous aussi ce nid ? — C'est là que je suis né. — Vous y êtes né! Je suis donc votre frère. »

Les deux petits oiseaux, heureux de s'être retrouvés, oublièrent leur grand dénuement.

Ex. 22. '^ Copiez les mots d'une syllabe, puis ceux de deux, de trois, de quatre syllabes :

Les premiers pas.

Dans les premiers mois de son ekistence, le petit enfant ne peut faire seul le moindre pas. Lorsqu'il s'est un peu fortifié, sa maman l'exerce à se tenir sur ses jambes et à les avancer l'une après l'autre sans trop de désordre. Un jour, la mère s'enhardit à s'écarter de quelque^ pas, en tën-

dant les bras. L'enfant hésite, puis se ris(]ue, se jette en avant et, avec une gaucherie charmante, vient tomber en riant dans les bras de sa mère.

[Ex. 23.] °i? Copiez, dans ce texte, les mots inventés par des enfants et écrivez à la suite les mots français correspondants :

La langue des bébés.

Le grand peuple des tout petits.

Comme il a ses mœurs, a sa langue; Aux besoins de chaque harangue, Il trouve des sons assortis...

Leur dialecte, sans contrôle, Abrège, étend, forge des mots :

Et le moindre de nos marmots Rencontre parfois le mot drùle.

Quenottes, menottes, petons.

Voilà de leurs idiotismes; Leurs oncles pris de rhumatismes Deviennent pour eux des tontons!

Dodo, lolo, bonbon, pépée, Sont leurs lieux communs d'orateurs, Et leurs gosiers imitateurs (îultivcnt l'onomatopée.

G. ZlDLEH. te Mûchet dur.

Langue française. — Troisième livre.

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