Nausicaa va laver ses robes dans le fleuve
Dans le moment, la riante Aurore vint éveiller la belle Nausicaa. Cette princesse admire en secret le songe qu’elle a eu, et elle sort de sa chambre pour aller en faire part à son père et à sa mère. Elle les trouve tous les deux dans leur appartement. La reine était assise près de son feu au milieu de ses femmes, filant des laines de la plus belle pourpre; et le roi sortait pour aller trouver les autres princes à un conseil où les Phéaciens l’avaient appelé. Nausicaa s’approche de son père et lui dit : « Ne voulez-vous pas bien, cher père, qu’on me prépare un de vos meilleurs chars, afin que je porte au fleuve les robes et les habits qui ont besoin d’être lavés? Il est de votre dignité à vous-même, quand vous allez au conseil avec les premiers de l’Etat, d’y paraître revêtu de vêtements purs. Vous avez cinq fils, deux qui sont déjà mariés, et trois qui sont encore dans la fleur de la première jeunesse. Il aiment tous à avoir tous les Nausicaa jouant à la paume avec ses compagnes. jours des habits fraîchement lavés, pour paraître aux danses et aux divertissements; et tous ces soins occupent mon esprit. »
Elle parla ainsi sans oser dire un seul mot de ses noces. Le prince, qui pénétrait les sentiments de son cœur, lui répondit: «Je ne vous refuserai, ma chère fille, ni ce char, ni autre chose que vous puissiez me demander; allez, mes serviteurs vous prépareront un char bien couvert. »
En même temps il donna l’ordre, qui fut aussitôt exécuté. On tire le char de la remise, et on y attelle les mulets. Nausicaa fait apporter de son appartement une grande quantité de robes et d’habits précieux, et on les dépose dans le char. Sa mère a soin d’y faire mettre dans une belle corbeille tout ce qui est nécessaire pour le dîner, avec une outre d’excellent vin; et elle donne une fiole d’or remplie d’essence, afin que la princesse et ses femmes eussent de quoi se parfumer après le bain. Nausicaa monte sur le char avec ses femmes, prend les rênes et pousse les mulets, qui remplissent l’air de leurs hennissements.
Dès qu’elle fut arrivée au fleuve, où étaient les lavoirs, toujours pleins d’une eau abondante et pure, à laquelle aucune souillure ne pouvait résister, les jeunes filles dételèrent les mulets et les lâchèrent dans les beaux herbages dont les bords du fleuve étaient revêtus; et tirant les habits du char, elles les portèrent à brassées dans l’eau profonde, et se mirent à les fouler et à les nettoyer avec une sorte d’émulation, en se défiant les unes les autres. Quand ils furent bien purifiés, elles les étendirent sur le rivage de la mer, à l’endroit où les petits cailloux étaient le mieux lavés par les flots. Elles se baignèrent et se parfumèrent; et, en attendant que le soleil eût séché les vêtements, elles prirent leur nourriture sur les bords du fleuve. Le repas fini, elles quittent leurs voiles, et commencent à jouer toutes ensemble à la paume; Nausicaa se met ensuite à chanter. Telle qu’on voit Diane parcourir les sommets des montagnes du vaste Taygète ou du sombre Erymanthe, et se divertir à chasser le sanglier ou le cerf, suivie de ses nymphes, filles de Jupiter, qui habitent toujours les campagnes, UX nt ses on re ne un étune les Ire ur ne I et n.
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la joie remplit le cœur de Latone: car quoique sa fille soit au milieu de tant de nymphes, toutes d’une beauté parfaite et d’une taille divine, elle les surpasse toutes en beauté, en majesté et en belle taille, et onia reconnaît aisément pour leur reine ; telle Nausicaa parait au-dessus de toutes ses suivantes.