‹ Enseignement universelChapitre 30 sur 36 · DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

DE LA RICHESSE

On préfère l'orateur riche à celui qui ae Mfeftt pas, La richesse n'est un mérite ni un démérite; mais on croit y trouver une garantie.

Ces grandes questions , et- mille autres de même nature^ qu'on discute sérieusement dans ce& assemblées , sont susceptibles cft développemens infinis pour et contre. L'expérience a été feite plusieurs fois. Oui et non ont été dits tour à tour non-seulement par des partis différens^ mais par la même Êiction^ et toujours avec la niême assurance, la même dignité ou la même fureur.

^ Là, conune à Athèncis, c'est dotkc la rhétori-

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que et non pas la raison qui parle par la bouche des orateurs. Cela posé, la* méthode est la même • pour les variétés, les espèces et les genres d'assemblées. Il suffit, dans tous les çasyde savoir un discours, et d'y rapporter tous les autres. Nous choisissons Mirabeau, et nous savons le réfuter dès que nous l'avons bien compris. Un autre orateur pourrait également nous servir d6 md-*dèle , puisqu'ils suivent tous exactement la même route. Chacun d'eux seut sa Êiiblesse , et cherche un appui dans la force matérielle ou morale. Le talent consiste à cacher cette marche au vulgaire, et à lui persuader qu'on parle raison :or, nous avons déjà dit que tout l'édifice ^ocial était au-dessus de la raison ; par conséquent raisonner pour l'attaquer ou le défendre,c'est pariet eal'air, c'est vouloir expliquer un mystère. Tout hé peut donc se passer qu'en discussions, en disputes qui ne prouvent ni n'expliquent rien ; et, comme ces. disputes sont des combats, et que le succès d'un combat dépend de l'adresse ou de la force, et non de la raison du combattant, il ne s'agit donc, en dernière analyse, que d'apprendre à déraisonner dans tel ou tel sens. C'est ce que la passion fait à merveille, et avec une apparence de bonne foi et de raison qui surprend et

jpersuacle sbuviênt ; mais je préteni()s qu<e , danà cette .guerre, comme dans tous les genréà de guerre, lorsque le devoir nous y appelle, et qu'on doit se* battre par obéissance et par vertu, par soumission à Tordre que Dieu a établi, et que nous ne pouvons pas comprendre; quand enfin la raison le veut dans ce sens, je prétends, dis-je", que c^est elle encore qui doit toujours Femporter. La raison calme , la méditation dé-» gagée detout intérêt personnel, juge de ce qu'il faudrait dire; et le sophisme le plus séduisant , le plus vraisemblable sera toujours Touvrage de celui qui sait le mieux ce que c'est qu'un so-* pbisme. Q|ii connaît la ligne droite s^^ écarte quand il le laut , autant qu'il le faut , et jamais trop*. La' passion, quelque supériorité qu'elle nous donne, peut s'éblouir elle-même, puisque c'est une passion. La raison voit tout comme il gst; elle en montrfe, elle en cache aux yeux au-, tant qu'elle juge convenable, ni plus ni moins ; mais quand il s'agit surtout de deux orateurs en présence, celui que là passion dirige sentira qu'il est reconnu : il se troublera , et cette distraction ne peut que nuire au développement de son talent , quel qu'il soit.

Soyez donc rhî^ître de vous dans ces batail-

les .* c^est la première règle de rimprovisateur» L'intelligence ne manque jamais t c'esl la volonté qui manque. Ceux qui croient qu'il faut une passion pour nous donner la volonté, doivent être portés à concluVe de cette opiiîion que les hommes ditfèrenir en intelligence. En effet, on ne juge de l'intélUgence que par les effets; or, presque toujours une passion, une disposition , un goût dominant est la cause de nos talens et de nos succès : donc, puisque tous les hommes diffèrent de goûts et d'inclinations, c'est comme s'ils différaient par l'intelligence. On ne fait pas attention que là raison nous a été donnée précisément pour vaincre ' toutes nos passions, et nous rendre capables de tous les efforts nécessaires, pour faire tout ce que nous voulons bien , tout ce que nous devons vouloir. Quand la patrie appelle un homme, il 'doit avoir la faculté de* remplir le devoir qu'on lui impose; il faut bien qu'il ait rintellîgence suffisante pour apprendre à le remplir; l'ordre est souvent donné au hasard, mais cela ne peut pas être autrement; il est rempli avec nonchalance, on le néglige quelquefois sous prétexte de la didifulté de le bien remplir. Mais ici c'est un individu qui s'excuse,

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tel si VQfUs écoutez ses raisons , vous renoncé^ à la raison , vous n'admettez plus la moralité dés actions humaines^ S'il a pu refuser le poste , pourquoi Ta-t-il accepté ? si son devoir était d'y Tester^ pourquoi n'y est-il pas péri plutôt que de. manquer à le défendre ? Les braves nous donnent cet exemple-là tous les jours. On peut, siEins doute ^ n'avoir pas les connaissances nécessaires pour bien • s'acquitter de ses foncr tions de citoyen ; mais on peut les acquérir. L'amour de la puissance fait demander toutes les places; l'amour de la gloire nous rend capables de les remplir 'dignement. LucuUus demanda le généralat sans savoir la guerre; il la savait quand il arriva en Asie : il l'avait apprise en route. S'il n'eût eu que le désir du commandement, il ne seraitdevenu que général. Les passions nous rendraient-elles, donc propres à tout, et la raison propres à rien? Ne pouvons -nous arriver aux sciences ^ aux arts, aux.talens, à la gloire que par les passions? Et la raison, l'intelligence qui peut nous conduire à la vertu, ne peut-elle&ire ce qu'on obtient des passions dont elle condamne la violence et les tra^ports ! Non, rien ne peut être . difficile pour celui qui peut se vaincre lui-même.

Maïs je suppose que l'orateur soit clam une position où sa raison décide qiu'il doit parler et non se taire ; il est des circonstances où tout se réduit au mouvement du corps qui se lève et s'assied comme par ressort : alors la méthode est inutile; il ne Ëiut plus d'études préliminai^ res, et Ton est toujours propre aux assemblées où ce balancement machinal suffit.

La connaissance des lois sur les élections, de rinfTuence exercée du dehors ^ etc. , etc., tout cela est nécessaire à connaître. On né peut pas deviner les faits; il faut les apprendre et les comprendre avant de parler. Souvent un orateur ne parle pas pour ceux qui sont présens ; il. faut donc qu*il connaisse les dispositions des absens : presque toujours on se fait illusion à cet égard; mais ce n'est pa% rinlelligence qui manque , c'est la passion qui nous emporte. Toutes ces connaissances préliminaires sont immenses à acquérir par l'ancienne méthode ; pour nous c'est un jeu : nous, savons tout d'avance ; tout est dans nos livres : il n'y a que des noms à changer.

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