SI
la jmpériorîté de M* Jaçotot^ Ce$t , disait-on^ un ancien professeur en droit, çn mathématiques^ et ilaëté à Técole polytechnique*
La société des méthodes de P^ris n'a pas encore compris la chose ; elle veut à toute force que rËnsjëfgnement universeV^roi^ utv^ méthode^ et peut-«tre que les Français ont encore conservé ce préjugé^On se demande : Que pensez^ yous de la méthode? quelle est la méthode? quç doit j&ire le maître ? A toutes ces questions je réponds ; Le maître ne doit rien Ëiire; la çi4thode n'e*^ien; elle est d^ns la nature de l'ii^telligence humaine qui a été créée capable de sMnstruire seule et sans maître ezplicateur. Il n'y a rien à examiner y rien à juger dans cette méthode-là; on ne peut voir^ examiner ^ juger que les résultats.
Le maître n'a point de méthode!^ il dit : Faites ; et l'élève obéit par sa méthode à lui. Mais cçtte méthode-lk est au-dessus de la science de tous les examinateurs et de tous les juges*. Voilà de3 réflexions qui ont échappé à la société des méthodes ; elle ne sait pas encore , depuis qu'elle s'occupe de méthodes , ce que c'est que l'Enseignement universel. Je ne cesse de le repéter à ceux qui viennent mè voir. J'ai prévenu
les Anglais ; peut-être que ceux-K^i ne tombe-*^ ront point dans rerreur de^ la sociëtë des më-*thocies. Cette société «st entièrement hors de lar question y et j'ai bien peur que les Français ne donnent dans les explications de la société des méthodes explicatrices. M. le comte fte Lasteyrie a vu les résultats , il peut en parler*en connaissance de cause. Qu'il les examine et qu'il les juge ; tout homrme ^ tout être intellectuel en a le droit. Mais, depms qu'il est aU monde , il n'a jamais vu d'enfant* à qui le maître n'expliquait rien. Les maîtres ont toujours eA%ne méthode/ une suite de procédés qui peuvent être exposés par écrit 31 et qui, par conséquent , peuvent être examinés et jugés.
M. de Lasteyrie ne connaît que cela ; il en st conclu, comme cela arri^ ordinairement, qu'il ne po^Tait y avoir que cela. La société des bonnes brides promet donc aux Français de comparer à toutes les brides, de* bonne fabrique , la bride de llSnseignement universel. La société compare ainsi deux choses qui ne peuvent être comparées.. Elle vous dira en aucH les procédés qu'emploie le maître d'Enseignement universel sont préférables aux autres procédés des autres méthodes. J'ai beau crier àe-
puis Louvain à l'honorable société : Je n*ehffLoiE Avam procède; Thonorable promet, dans «on journal y d^exposer mes procédés. Eh quoi i n'y a-t-il personne, dans cette société, qui puisse rendre service aux pauvres, en criant nux oreilles deM.<IeLasteyrie: Pi^ésident! président! vous n Y êtes pas. Cher président, je vous en prie ^ vt)us serait-il impossible de comprendre ce que J€ vais dire ? Le^ intelligences ne sont-elles pas égales? Vous* avez de bonn^ intentions , mais vous êtes parfois un peu distrait,.et sou^^t , quand on vpus parle , vous n'écoutez que ce que vous dites. Vn petit 'mot seulement :
Le maître (dans TEnseignemait universel) n'a point de méthode ; ainsi vofis ne pouvez comparer cette méthode-là avec aucune des bonnes méthodes que vous présidez. Il est vrai que rélève (dans TEnseignement universel) a une méthode, mais cette méthode, cette marche dé Fesprit humain, cette suite de procédés intellectuels n'est pas saisis§able , on ne peut pas l'écrire et la déposer sur le bureau de la société^ et vous n'êtes pas président de cette méChode-là.
Anglais! si les Parisiens sont assez bons pour «^rvoir besoin 4es bonnes expliqationsde la bonne
4fft
société des bonnes méthodes , j'espère que ôette vieille monnaie française n'aura pas cours danis Votre île. Jugez par Vous-mêmes* Vous n'avez pas besoin de M. le comte de Lasteyrie, pas plus qu'il n'a besoin de vous. Lisez ce que je dis et ne demandez pas à la société ce que j'ai dit; faites attention et décidez-vous par vous-mêmes. Ne voyez- vous pas ce qu'il y a à'àbhitissant dans • les prétentions de. cette petite aristocratie qui s'arroge^ à Paris, le droit d'expliquer ce que j'écris. Gela sent ta vieille méthode. Comment un homme^ fiit*ce M. le comte^e Lasteyrie^ a-t-il Taudace de dire à son scmmable : (c Père de Ëimille ! voilà un livre , mais vous ne le com^ {nrendriez pas si je ne vous l'expliquais. Dans ce Uvre, il n'y. a point de méthode de la part du maître y m^s je vais vous exposer cette méthode, puis je la comparerai aux autres. Il n'y a point de (procédés, mais* vous devez croire qu'it y en a, si je vous Ici dis. d Je ne crois pas que leâ Anglais croient avoir besoin des lunettes de M. de Lasteyrie ; j'ai même quelques raisons dé croire que les Parisiens et beaucoup de membres de la société partagent l'opinion anglaise sur ces lunettes-là; mais un pauvre homme d'un village deFrance,qui n'est pas encore émancipé.
croira peut-élre qu'il y a une suite de procédés , puisque M. le président les a vus , comparés et jugés*
Voilà ce que je dis aux Anglais. Maintenant reprenons le fil de notre liarratiop.
Pendant que j'enseignais le français^ je songeais au latin. Je fis l'expérience et elle réussit. Je prie mes lecteurs de jfaire attention que ce n'est pas ma méthode qui a réussi , c'est celle de relève. En effet ^ je me borne à dire : Voilà un livre , apprenez le latin. On voit qu'il n'y a là ni bonne ni lAauvaise méthode de la part du maître^ il .n'y en a point. Puis je m'avisai de dire : Apprenesi le grec. L'élève apprit le grec par sa méthode à lui ^ et je m'écriai : A bas les lAéihoàesexplicatrices l à bas toutes les méthodes de tous les maîtres! En voici une nouvelle, mais ce n'est pas une de ces méthodes dont les savans peuvent juger } on ne peut ni la voir, ni la montrer, ni la soumettre à l'examen de la ^ciété de Paris. Ce serait une bonne farce si quelque savant allait s'aviser de comparer cette méthode-là avec celle des maîtres !
La farce se joue tous les jours à Paris , rue
Les acteurs donnaient, il y a quelque temps , h pièce intitulée : Émancipation intellectuelle ,
métltode pour la musique. Un des personnages prend la parole et dit : Mes chers amis ! nous sommes convenus entre nous que toutes les bonnes méthodes seraient mises à notre creuset^ et que la nation française aurait confiance au résultat qui sortirait de notre analyse. Le peuple des départemens ne peut pas. avoir de sor ciétés comme la nôtre pour le diriger dans ses jmgemens^ Il y a bien, par-ci par-lk, dans les chefs-lieux, quelques petits creusets; mais le meilleur creuset, le creuset par excellence , ne se trouve qu'à Paris. Tout<es les bonnes miéthodes se disputent Thonneur d'être épurées , vérifiées dans votre creuset. Une seule a le droit de se révolter ; mais nous la tenons y elle y pas^ sera comme les autres. L'intelligence des membres est le vaste laboratoire où se fait l'analyse légitime de toutes les méthodes. En vain l'universel se débat contre nos réglemens, ils nous donnent le droit de le juger et nous le jugerons. L'ingrat ! nous vantons sa méthode , et il nous dit des impertinences,, il nous accuse d'abrutir le peuple , qu'il appelle à l'émancipation ! A.vez-vous mérité cette bizarre inculpation,, messieurs? non sans doute. Continuez k vous montrer caln^es au milieu des injures^ Je dir^
donc 9 avec impartialité , que rëmàncipation intellectuelle est une bonne choses pourvu qu'elle se renferme dans de justes bornes. Quelles sont ces bornes y .messieurs ? C'est vous ef moi* Oui y nous sommes des bornes , des bornes nécessaires au-delà desquelles FEnseignement uni* versel n'est plus qu'un libertinage d'esprit^ une licence effrénée qu'il faut se hâter de réprimer. Il y a du bon 9 il y a du médiocre , il y a du mauvais dans toutes les méthodes , dans tous les procéçlés. Or, remarquez bien ceci : comment peut-on faire le départ du bon , du médiocre et du mauvaisPCe ne peutêtrequedans votrecreu- 3et^ Les pèi'es de famille qui n'ont point de creuset attendent ou doivent attendre avec impa<^ tiénce le résultat de votre analyse. Nous leur avons dit, dans le journal, qu'ils en avaient.besoin. Vous aves? prévu, messieurs, à quelle anarchie intellectuelle mènerait l'émancipation*, si vous n'y mettiez des bornes. L'accusé prétend que sa méthode n'est rien ; on l'a pris au mot dans le royaume desPayfr-Bas, et il a été jugé par un calembourg : puisque ce n'est rien, comme il le dit lui-même, n'en parlons plus, dirent les savans de la Belgique. Quant à nous , messieurs , qui nous sommes rendus sur les lieux, nous
devons à la vérité d'avouer que nous avcms* vu quelque chose, et après Ta voir jeté daïis notre creuset intellectuel , nous avons décidé qUé nous 'dirions : Il y u du bon. L'accusé appelle de cet arrêt et dit , pour sa défense : Pour ensei* gncr la musique, je dis à l'élève déjouer, d'improviser, de faire un duo, un trio, un quatuor, une partition : il fait tout cela par sa méthode ; jugez la méthode de l'élève, mett«z-la dans votre «creuset si vous voulez., àavantissimi que vous êtes I mais je vous en prie , ne jugez pas la mienne ; est-ce que votre société n'aurait pas assez d^esprit pour voir que je n'ai pas de méthode qui puisse être examinée , jugée , louée , hikméej comparée ? Vous faites croire aux pauvrels pères qu*il y a un grand mystère à dé^ voîlér, une analyse profonde h faire, et qu'ils doivent attendre respectueusement que votis leur disiez quand et comiuent ils pourront se permettre de commencer.
C'est une très -vieille ruse que celle de^ sociétés savantes, dont lé inonde a toujours été et *ji^a toujours probablement dupe- On prévient le public de ne pas se donner la peine d'examiner; lïT Reime se charge de voir, la. société s'engage à juger; ei^ pMir se dominer un air d'importance
mit
.qui iiiipose au paresseux, on ne loue, on né blâme jamais , ni trop ni trop peu; Gela annonce un petit esprit d'admirer avec enthousiasme; mais, en louant ou en blâmant avec mesure, outre qu'on se fait une rëputation d'impartialité, on se place ainsi au-dessus de ceux qu'on juge , on vaut mieux qu'eux, on a démêlé avec sagacité le boii du médiocre et du mauvais. Le rapport est une e^tcellentè explication abrutissante qui ne peut manquer de faire fortune. D'ailleurs on invoqué quelques petits axiomes dont on lard^ son discours : Il ny a rietKde parfait..:. Il faut se défier de Vexagéralicfn..». C'est au temps h sanctionner... et cela fait bien. Avec ces petits dictons , il n'y a rien dont on ne puisse parler àoctoralèment, aussi bien que la société dès méthodes de Paris.
Encouragé par lés suqcès que j'avais obtenus , j'osai dire à mes élèves de peindre, et je fus obéi. Je ne trouvai aucun obstacle avec mes âè ves ; umi les savaiis n'étaient pas aussi polis en apparence que la société des méthodes. On cnaît au charlatainisme ! La société de M. de Lasteyrie n'a jamais parlé ainsi de personne. Soti langage n'a pis atitanf de grossièreté, iiïais
cst-il plus poli en réalîM? J'ai souvent gémi du ton mielleux ^ mais protecteur , avec lequel on parle à ces pauvres auteurs de France qui ont la bonhomie de croire aux lumières de la sociéië^ ou qui se trouvent réduits à invoquer son témoignage par besoin. Alors c'est une grande dame dtmt un malheureu]^ réclame la protection y et qui daigne jeter un pegafd de bonté sur celui *qui Timplore. On aime^ quand on se trouve dans celte position , à humilier le protégé par mille conseils qu'il ne demande pas et qui lui fiint sentir son infériorité intellectuelle. Que nous avons d'esprit avec ceux qui ont besoin de nous et qui ont k sottise de nous le dir^ I Gomme nous savons bien prendre le ton grave des explicateurs ! Avec quelle volupté nous développons nos pen*** sées lorsque nous n'avons point de contradi(>
iion à craindre ? Gomme nous savourons nos
propres paroles quand un pauvre diable est obligé de s'humilier devant une décision qu'il implore ! Nous sommes tous un peu sots de cette sottise -là; mais le type des sots de cette espèce^ ce sont les rapporteurs des sociétés savantes et lesrédacteurs des feuilles publiques. Ceux-ci sont peut* être encore plus comiques
dans leurs prétentions à gouverner les esprits* Que le lecteur fasse bien attention qu'il ne a^igit ici des journaux d'aucun pays en particu-^ lier* On parle de l'espèce savante, de l'espèce journaliste en général; l'Observateur belge, ou l'Observateur autrichien, ou le Journal d'é* ducation, le Globe ou le Times, peu importe, ces petites corporations sont àss^ êtres de raisom qui déraisonnent de la même manière* dans tous les pays. Ces chefs intellectuels sont pour iWdinaire invisibles y on ne peut les saisir* Gen gouverneurs d'idées, à l'imitation des gouver^ neurs réels , se font une guerre perpétuelle entre eux; mais ils se coalisent contre TEnseî** seignement universel des peuples et des gouvernemens véritables. L'émancipation intellectuelle parviendra-t-elle à se faire jour au travers de ces brouillards épais d'explicateurs qui expliquent aux peuples leurs droits et aux gouvernemens leurs devoirs? Gela est difficile à croire *, le^ souverains consulteront les explica* leurs qui les environnent , et les peuples ont confiance dans les explications contraires. Quel est le père de Êimille qui se croit capable de se décider, en fiiit d'éducation', sans l'avis de la société des méthodes? L'émancipation intelleô-
tiiéll6 anéantteatt cette société; jtigez de quel ofeil elle doit regarder les prétentions de TEiisei** gnement universel. Forcée de parler, par une succession de faits qu'elle connaît ( qu'elle doit connaître) depuis dix ans^élle cherche à nous brider comme elle bride toutes les méthodes explicatriices. Prenez gai'de à vous^ pères de famille ! faites vos affaires vous^mmies: cesin-* tendafts de vos domaines intellectuels ne sont pas toujours insensible^ k leur intérêt. Ce n'est point Tàmouf de l'argent qui domine ces int^adans^là , mais c'est l'ampur de la domination intellectuelle. Défiez- vous de toute espèce d'à* nùmr. Ne comptez pas trop sur les rapports de tout ce. qui s'appelle amour-, quel qu'en soit 1-objet» Voyez ce qu'on fait, voyez ce qu'on dit quelquefois contre sa conscience par pur amour pour les truffes !
M« de Vatimesnil avait une bonne intention ; il cherchait^ dit-on , lès améliorations d'un sys^ tème abrutissant. Mais ce grand--maUl*e n'a pas pris les moyens d'arriver à son but. S'il £aiuten croire les journaux, il aurait dépêché à Louvain un explicateur abrutissant pour savoir de lui ce qu'il pense, de l'émancipation intellec-r tuelle. Gela n'était pas réfléchi. L'amour des
explications est un aipiHir tout; comme un' au*^ ire : il &ut se défier de ses rapports* Voici le fait : Lech^inpion de U vieille s'est présenté an tournoi après Theiure qui lui avait été imposée;* le combat fut remis au lendemain; mais le champion de la vieille n'osa revenir pour dért fendre sa dan^ ; il s'enfuit et court encpre.
Ceci doit servir de leçon à tous, les grands, qui veulent des rapports sur un sujet cpieleonqne (car tout est dans tout). Nq demandez jamais à un e]:pUcateur abrutissant ce qu'il pense de^ explicateurs abrutissans. Il n'y a qu'un cas où l'on puisse agir ainsi sans inconséquence ; c'est lorsqu'on condamne soi-même rémancipation' intellectuelle , et que , pour se conformer à un yieil usage, pour la forme, en un motion se pro^ pose simplement de pouvoir dire aux criards : Je me suis.fait rendre compte , on m'a fait un rapport ^ j'ai envoyé sur les lieux , j'ai pris tous les renscignemens que la prudence exigeait. Gea lieux communs sont un talisman sûr. Ces paro'^ les sages contentent tout le monde, et per«sonne ne s'avise de demander-: Par qui s'est<-il iait. rendre compte ? quels sont les intérêts du rapporteur? dans quelle classe a^t-on choisi le «juge qui doit faire la descente sur les lieux ? On
ne demande rien de tout cela. On attend , oit espère d'un côté, et y de Tautre côté , on gagne du temps pendant lequel on continue avec ardeur Tabrutissement. Arrive un autre ordre de cho** ses 9 le mandataire et le mandant tombent à la fois y mais l'abrutissement reste.
Gela doit être ainsi ^ je le prédis dans mes ouvrages. Jamais l'espèce humaine ne changera de nature ; elle est abrutie par les explications, c'est un Élit. Mais ce fait est aussi ancien que le monde. Une petite peuplade, par-ci parlà , se révoltera de temps en temps contre les explicationSé Lorsque y de perfectiônnemens en perfectiônnemens, elles seront visiblement trop abrutissantes, 'il se formera dans cette peuplade un centre droit et un centre gaudie. La vraie droite tiendra bon pour les maitres explicateurs ; l'extrême gauche criera à réman<cipatidn intellectuelle, mais les centres, flottant sans cesse entre les extrêmes, maintiendront la stabilité de l'équilibre. On changera le nom des explicateurs, on fera une nouvelle école normale^ on la défera, et ces petites oscillations animant la scène , amusent les badauds ; . ils croient que le pendule est libre dans ses mouvemens , et né voient pas qu'il est attacdié à un
ipoint fixe. De tout temps il y â eu de ces petir* tes révoltes contre les explicateurs ; mais une révolution contre les explications y jamais. ' .
La soif des explications est une maladie incurable^ Aulieu de lire et médita mes ouvrages^ on demande des explications de ces ouvrages. Aussitôt voilà mille explicateuts en mouvements C'est moi qui suis le bon explicateur de la mé-** thode non explicatrice , dit Tun. Tu en as nienti ^ c'est moi , dit Tautre. Taisez- vous tous^ dit le président de la société des bonnes brides, £n agitant sa sonnettej vous êtes tou^ des pré* somptueux» La société travaille dans le silence , elle essaie , elle met eh oeuvre la suite des procédés /' le fondateur a beau dire que vous avez tous autant d'intelligence que la société. Quarante fois un esprit a plus d'esprit qu'un esprit tout seul^ cela est évident. Taisez- vous donc, tous y et que les pères de &mille attendent^ dans un respectueux silence , l'arrêt de la société des méthodes. 'Aucun de vous n'a l'intelligence assez développée pour comprendre le fondateur. Peut-être que l'école normale pourrait donner un avis passable sur ce sujet, mais l'avis, de la société est le plus sûr. Ces gens de l'école
normale tiennent à l'abrutissement par les pi'é-
jngé^^.parPargent^par mille autres liens; leur ambassadeur a Êiit une piteuse ambassade* Le droit des gens de lettres^ a été violé' dans sa personne sacrée ; déjà il y a déclaration de guerre* Poiur toutes ces raisons et pour beaucoup d'au* très, les Français feront bien de ne point prêter Poreillc aux déclamations perfides dVn chargé d'afFaires, dont le caractère a été indi-* gnement souillé dans lecan^p ennemi. En conséquence la société a décidé et décide à rtinanimité ce qui suit : iï est ordonné aux pères de famille de rester^ eux et leurs en&ns, dans les explica^ fions perfectionnées quela société' leur a recommandées et leur recommandera par la suite ^ jusqu'au moment oii la société leur permettra de s'émanciper^ conformément aux réglemens qu'elle fera pour ladite émancipation.
Mais en Yoilà assez sur le mode d'enseignement* On comprend sans doute maintenant en quoi la méthode non -explicatrice diffère des autres, et pourquoi la société de M, de Lasteyrié n'entend rien à cette méthode-là. Terminons en exposant ttos idées sur la succession des études. Il y a des pères de famiBe qui sont libres dans l'éducation de leurs enfens, c'est-à dire^ 1* les souverain» et les grands par leur naissance et par leur
ne deslineat pas- leur» éDÊins atnt plaèe» que ddutietil, dans tous tes pays ^ les explicateur» et fes eiaminaleuvs a^nitissians ; 4*^ enfin ceux qui n\)»t que des filtes.
Ceux dant je Tiens de parle? peuvent émanciper tenrsen&ns en ne les campant que de la langue matemelie , jusqu'à quatorze ans. A cette' épeK]ue I^nÊint saura :
i^Les vingt-quatre Kvres de Tâémaque;ii récitera ks six premierset il racontera lesautrés.
2^ naura Jdescomposîtionsmoralescomme W plus fiiirtes élèves du pensîoiinat de mademoiselle Mareelis<i
«3^ Il saura feire des réflexions métaphysiques , comme les élèves dont nclus avons parlé. Ainsi: il connaîtra FbcNnme sous le double rapport moral et kiteltectuel.
¥ fi connaîtra Fourrage de Fénélon sous le mpport de Fart.
A cette époque^ et dans Fâat intelleetnel où il se trouvet*â après avoir &it les exercices cidiessus^ il apprendra seul ^ sans maître explicateurs, tout ee qu'il vous plaira.
Croyez-v^Mis, disais- je à Fentoyé de Fécole normale , que les enfitns de quatorze ans qui
savent lire comme les ëlèyes de mademoiselle • Marcélis^ aient besoin d'un expUcateur pour com^ prendre un livre d'arithmétique ? Vous ne savez pas mieux lire qu'elles, et pourtant vous pourriez apprendre seul Tarithmétique que vous ne savez pas. Qu en penset'VOus P Venxojé a-l-il pensé? J[e n'en sais rien; mais il n'a rien répondu; et comme l'envoyé .s'aperçut que, s'il restait à L'ouvain , on le forcerîtit à penser, le paresseux^ qui n'en a pas rhabitude , a pris la diligence pour retourner à Paris. Que les Parisiens fassent l'expérience , et ils verront» Dites-lui : Quen penset^vous P il prendra son chapeau, et vous en serez quittes; la recette est infaillible^
En général , disais-je à quelques disciples anglais qui furent témoins de la déconvenue du champion de la vieille^ en général, on ne sait pas prendre au trébuchet cette espèce de gibier. Je vais. vous faire une comparaison pour vous expliquer ce que je fais quand je discute avec un diplomate du vieux jeu :
Quand un Indien veut prendre une bête , il lui jetteaucou un nœud coulant; Tanimal prend la fuite, l'Indien s'arrête, et la bête en courant croit échapper, sans penser que la corde se tend et que le nœud se serre à mesure qu^ellc ga*
iope , jusqu'à ce qu'enfin une secaussé violente lui fasse faire la culbute. Llndien arrive alors et s'empare de la bête ëtranglée. L'Indien ne manque jamais son coup^
De même, lorsque votre adversaire veuf?
divaguer, profitez de la première sottise qu'il dît, et jetez-lui le nœud : Quen penses-tu P Le protee logicien, bondira, ëcumera, il donnera à la sottise qu'il a dite mille fôirmes variées; cependant, si vous restez, en prace, si au lieu de vous jeter sur tous les os qu'il vous jette pour les briser, si, au lieu de courir après lui, vous lâchez tranquillement la ficelle en répétant Qu'en pensés- tu P votre ergoteur n'ira pas loin. Oii prend même les baleines par ce moyen. Il ne fàiit jeter le harpon qu'une fois.
Voilai le conseil que je donne à mes disciples pour se tirer vîctorieusement d'une discussion avec un abrutissant quelconque.
Mais revenons à Tordre des études et au choix des matières à enseigner. On peut, comme je le disais tout à l'heure, se borner à la langue maternelle, et quand l'élève pense et écrit comme les meilleurs écrivains français,^ donnez-lui de$ livres , ouvrez-lui vos amphithéâtres ^ vos cabisiets de physique, vos laboratoires r' l'élève
ânaiictpé n!a besoin de personne pour le con^ jduire dans le labyrinthe des sciences. Il tient le fil à la main^ et ce SI c'est le £iineux Tmi esi dans touU
TOUT SST DANS TOilT^
Quelques savans commencent à comprendre Tutilité de cet exercice dont on a donné plusieurs exemples dans le Journal de Vémançipation in*telUctuelh* Essayons d'expliquer encore une foi^ ce que nous entendons par r^sxercice Touf est dans tout.
Dès que votre élève sait écrire sa langue ma* ternelle comme les meilleurs écHri vains; dès qu'il pense comme euxj dès qu'il cinnait l'ouvrage de Fénélon > il ne tient qu'à lui d'y rapporter tous les ouvrages de litléra};ure. C'est ce rapport, c'est cette comparaison qui constitue l'exerciœ intellectuel auquel on a donné le nom de Tout est dans tout.
Si l'élève regarde un ouvrag^^ grammatical en le rapportant à Pouvrage de Fénélon ^ il verra que le grammairien est le mhcM être intellec-
.tiutel que Féoï^leiu C«tt h «nê«M Vi^ ^ il 4ira : T(mt est dansi touL
En un mot^ Gonsijdérez unolé^uneliotley-une chanson^ un livre, un pas6i^€ d'un livre > un ouvrage humain quelconque, vous verrez toujours des preuves xk la jn&ne intelUgence. Tout 0st4mw,twi%
Exemple.
Yoici un passage d'un petit Ix^tre 4'ariliuiié^ tique :
a Ju^addition des firactions €St ime opéraitien par laquelle en jpiïA ensemble plusieurs fi^tions pour n'en faiire qu'une seule. Il faut , avant * de rien faire, reccmnaltre si elles ont le même dénominateur. Dans le cas contraire, on dok avoir recours à la quatrième réduction.
D Quand les fraclions ont le même dénomi * nateur, on commence par additionner tous les numérateurs^ et on cherche combien il y a d'en-» tiers , ce que Ton connaît en divisant le total des niunérateurs par le dénominateur comçouu ; le reste forme le numérateur d'une nouvelle £naction qui a le «cbénominateur commun pour dénommateur. Les entiers se portent aux sous^ aux livres, si les fractions sont des fractions di^
livres ou de sous. Le reste de raddition se fait comme à Tordinaire. i)
Voici les réflexions de Mève en considéranl cet puvrage humain.
Il 7 a presque toujours dans ce que fait l'artiste une simplicité qui tend à rendre plus claire chaque partie de son ouvrage.
La prudence est une des principales qualités de V^xtiste.
Elle lui est rarement inutile, et, par son moyen, il met en usage les connaissances qu'il a déjà acquises.
Après avoir aplani les premières difficultés , il travaille avec l'ordre de Vf^ttipJition.
Conjecture j cherche et trouve la conclusion d'une partie de son ouvrage dans son ouvrage même.
Il est aipsi çlirigé par une certaine économie qui lui fait tout employer selon sa valeur, sans rien mettre de trop.
Arrangeant , séparant selon la circonstance , il finit sans peine ce qu'il a f»agemçnt commencé.
On joint ensemble -r?
pour n'en fairç qu'une, i
Avant de rien faiçe — ■.
il faut.
Dans le cas contraire -ron doit avoir recoui*s à la^ quatrième réduction.
Quand el\es ont le même dénominateur — on commence.
On cherche combien il y a d'entiers, ce qu'on trouve en divisant le tot^^ des numérateurs par le dé-* nominateur commun.
Il en forme le numéra?
teur d'une nouvelle fraction— qui a le dénomina- ^euiç commun.
Sous — livres. — L« reste se fait.ccmme à l'or^ d inaire.
Pdiir bien saisir reprit de cet exercice Touï est dans tout y il £iudrait entendre des élevés de mademoiselle Marcélis' expliquer tout cela de vive voix. On tâchera ( dans le Journal de Ventant cipaiion intellectuelle ) de ne laisser aucun nuage sur ce sujets en donnant ^ dé temps en temps , quelques exemples.
Cet exercice, comme on le yoit, Ue toutes les sciences et tous les arts sous un seul point de vue ; il a pour but de s'assurer si Tesprit humain se montre toujours le même^lans toutes ses prodiictions.
Dès 1 81 9 9 Taxiôme Tout est dans tout révolta les savans de laBelgique^etM. leducde Lévîs, en 1 829, s'est traîné à leur suite, en répétant leurs lazzis à ce sujet. J'aurais désiré qu'un pair, un duc, un académicien, un Français n'eût pas doQné dans ce bourbier; mais il est écrit que les savans y barboteront jusqu'à la consoiïimalion des siècles: Tout est dans tout.-
Dès 1 81 9 , on m'écrivait : « Monsieur , je vou- 9 lus l'autre jour, dans une société de beaux es« D prits , soutenir l'axiome Tout est dans-tout. Un V persiffleur me demanda si tout était dans Téléji màque. Je répondis oui effrontément. Il ajouta : a Et dans le premier livrç ? '^^ Qui , toujours
9 etbmAémimU «^Ëtduts le pnenmr met? — ^ ]> Je M'en sais (râii« Tont Je XBOxwis édata de^ D me. Je vd«s prue ider joie litre œ qiTîl &Uaât ji r4pon<i<1^* i> Il&UtiAdpëpOBdine^i|»ei^ ^ue tous le» eMvrages humams Bont iltns lemot Caljrpso, pii^ne -^ce œot est un «aïKrage à»rintelligence humaine. Celui qui u 4kii Wéài-^ tîea des^fractîenft est le même êia% sntellectuel ^ue eekâ qui a &ik ie mel Ctbtypsà. Gefc artiste jsavait le igree; il a'dioisi ua mot qui^ signifie ^rtifioim^se^ nmhde* Cet ariliste ressemble à celui qui a imagine les moyens d^eorirele mot tdont il s^igtt. H.«essembte à celui qui Iak le papier «ur lequel oa l'^amt, à celui qui eoif^oie les plunies à eetîusage^ à celui «qui les taille avee^ un caniff à ^oelui qui a fait le xanif avec du. Ç&c.^ k :celui qui a propre h JGer à ses semhbbles», k celui qui a fait r«ncre , à ioeliii qw a imprimé le mot 'CaiypsQ y k i^Avà qui a &il la maidûne à imprimer ,;à eelm qui ^ezpUque les effets da cQtte machine^ àcelui qui a «généralisé 'ces exjdi-* cations, à Xîelui qui a &it Tenere à iw^timfir^ etc* ^ -etc^^re^O^ Toutes les sci^tices^ tous les arts ^ l'knfdiamie et la dyaaamique.^ etc.^ etc. , sont >les fruits de la ntéiue ititelUgence qui a &ii le mot (^^/pa. Un phil»50pbe^tabMdaftt sforime .terre
MU
iiuxHiiiWydievim 4|u^eile était èalnlfc m royant
une %0r« 4e gcMtëtrie »sur le sable, a Voiià
» des pas d^onme^ » diUl. Ses ^msrades le
crurent fou ^ parceifueles Hgnesqu'tl leur man*
trait niaient pas Vide d^nik pus. Les sa vans dit
XIX^'sièGleperfeclMniaéoavxentde grands yeux
hébétés^quandoii leur montre lemotCalfpsOj et
quW leurdît : a Le doigt deHomineestià. » Je
parie que Tenvoyéde Técole sormale de /France
dira, eu regardant ht^otGafyffM: lia beau dire,
celan'a pasla fornie d^un d<Àgt.Tûut'e$tdan8f(mii
U n'est pas possiMe^ disais-js à l'oocasum de
renvoyé de M-deVatîmesnil^iln-estpas possible
que Tuniversité lirait irien de mieux que cela.
A.ttendons quHl en vienne un autre ; je ne àe^
mande pas mieux *que de Tendre service à une
université dans iaqu^Ue j'ai contribué pendant
trente ans à abrutir la jeunesse, parce que je n'en savais pas davantage; mais qu'on m'envoie
au moins qUelqu^iU' qui ne viaoïne pas pour me . juger> mais pour me prier de lui donner des leçons. Que si l'université croit n'avoir pas besoin de môi^ qu^dle me laisse en repos. U ne suffit pas de ne pas payer ses dettes , il &ut en-* ccMre être honnête; elle me doit une pension > est-ce une raison pour venir m'embeter?
JtVS
. Le mot énhéieir paraîtra trivial à M. le duc db Le vis; mais il faut qu^il s'y accoutume ^ c'est ainsi que je parle. Je* disais encore aux professeurs anglais qui ëtaiènt présens à la réceptibii de Tambassadeur de rmiiversité de France : Allez dire aux Anglais que vous avez été'témoins d We scène plaisante; quoique les Anglais soient sérieux, cela les déridera peut-être un instant; Arlequin devait trois cents francs; son créancier ' le somme de payer> et il répond : J'ai une grâce à vous demander, rendez-moi un nouveau service, prê(ez-moi encore trois cents francsf et je vous en devrai six cents. Tout est dans tout. Je riais en parlant ainsi^mais les Anglais n'avaient pas envie de rire ; ils devinrent encore plus graves qu'a l'ordinaire. Ëlait-ce piti\3?était-ce mépris? Pour qui ?•••.. Français ! que peAsez-vous de celte j)age de l'histoire universitaire ? Tout est dans, tout; ce n'est pas toujours celui qui est le plus âpre à se faire payer qtû paie le phis exactement.
J'ai rapporté tout cela pour ceux qui sont bieii aises de cônnaitre à fond Fliistoire de l'Enseignement universel.
. Je désire que la France paie la pension qu'elle me doit, à mes petits-enfans> n'importe quand^
ce serait une preuve qu'elle est émanerpée et qu'elle a profité du bienfaits
Mais reveiuons à l'exercice Tout est dans tout. Outre l'avantage d'exercer l'intelligence de l'é-p lëve^ il à pour but de lui mettre sans cesse son ignorance devait les yeux. Après avoir fait des réflexions morales et métaphysiques^ et lorsqu'il pense et écrit comnie les meilleurs écrivains, il s'aperçoit qu'il est trop ignorant pour expliquer tous les inots du premier paragraphe seulement, il en fera peul-etre l'analyse grammaticale, s'il a vérifié la grammaire; mais il n'en fera pas l'arialyse mythologique s'il n'a pas étudié les mythes; il dira, en gros, que Galypso est unq divinité inférieure, Dira-t-il ce qu'un ontologiste dirait sur ces êtres de l'imagination grecque et qui u avaient aucune existence réelle ? Dirat-'il ce que dirait un maître d'écriture sur l'art de former des mots avec la main? Dîra-t-il ce, que dirait un imprimeur, un graveur, un sculp-. teur, un peintre, lorsque le mot est imprimé ,1 gravé , sculpté ou peint , comme font les. Chinois ? Gomparera-t-il ce mot avec celui des. armoiries , avec ceux des prêtres égyptiens?
L'élève fait réfléchit sur ces mots : Calypso nepowait se consoler; il a fait des réflexions mo-.
mtes ; iii«» ArsKt-S t C3fe est mdade ^ il feuC Itw donner tel remède diaprés les jwindipes de la tbérapeuUqtte? saura^t-il préparer ce r^oede comme 1» p&amiacien?
Déuts sa douhwTj e*ést un état pathologique, dirait le médeem y puisqu'elle souffire , qucÂqi^ IcMiial nesok que moraL Tout ce que l'élève ^ousr dira làrdeasus, le Yoi^ :
Méiaplipîqus et Pathologie.
a La métaphysique est> pour ainsi dire ^ le Daturèl de Tàme; là pathologie est la métaphysique du corps.
t La science de Ta métaphysique est un océan sans fend ni rive; l'âme ne pouvant être ni vue ni touchée , on ne peut donner une preuve irrécosable^ de ce qu'en en dit ; et , pour n'être point en discussion eonHnuelIe^ les métaphysiciens doivent être^ et se croire réciproquement de bonne foi et de bon jugement ; de plus y ils ne doivent point douter qi^Hls n'aient tous la fecullé de bien rendre leurs idées.
' yi II ïïèn est point de même de la pathologie ^ et cela par un effet inévitable du fait opposé à
oeliii deBt j » ptflé peur prw-y^tf cpW meta-physique on ne peut vh^n prouver. Lf corp» esf msitériel ^. donc on peut le toucha; il vil^ or tout ce qui a vie est sensible à Timpression d'ui» autre objet; par conséquent^ on peut toujours yérifierla ju6lesse<f une remarque^ d^uste obseryâ|tk>B y, d'une opinion relative à la. patlud(^ie« On ne pourrait nie^^ par ex^npk;, Vimprestsioii douloureuse que reçoit le corps par le eontaet dflm objet rude ,. ou par la pointe aiguë et acérée d'une flècbe ou d'un dard ; car, si on YOHlait en soutenir l'épreuve ^ la feriaaet^ de Fàme pourrail empêcher les signes violens de douleur, mais la tension des nerfs et dea muscles., la contraction des membres décèleraient^ en dépit de la yo<" lonté y, la souffrance du corps.
» La connaissance de* ht métaphysique et celle de la pathologie doivent' nécessairement ap^ pi^ndre que l'âme et le corps soumettent al-^ ternativement leur» mouyem^is l'un à l'autre ^ à mesure que l'un ou Pautre est plua fortement occupé, ou saisi, ou frappé. C'est-àrdtce , que les mouvemens du corps obéissent aux sensation» de l'âmç , Si son agitation est plus forte que celle du corps , et que le corp» communique à l'àme l'impression violente qu'il reçoit. »
C'e^t €é qui a été répondu chez madèmoiseile Marcélis. On ne peut pas en dite davantage quand on ne connaît qiie Télémaque. Gonti* nuons :
Sa grotte. Le naturaliste ne ferait attention qu*aux curiosités de Tlle qui ont quelque rapport à ses études ^ un architecte regarderait la construction des voûtes, un géomètre leurs surfaces y etc.
Ne résonnait plus. Un physicien écouterait la résonnance de la voûte, et chercherait à expliquer ce phénomène d'après la forme delà voûte et les lois de Tacoustique*
De son chant. Un musicien parlerait de la mélodie des sons; un poète de la prosodie et des vers que chantait Galypso ; un physiologiste examinerait si on chante avec un instrument à cordes, etc. • ' »
Un philologue dirait : il y a une édition d<er telle année où se trouve cette variante : Du doux sonde sa voiXj il y ajouterait mille cpn-^ feraturj cl il aurait le prix quelque part.
Les nymphes qui la servaient. Un jurisconsulte examinerait en thèse générale les di'oits et les devoirs des maîtres et (les sujets, des pères et des cnfans, des maris et des femmes ^et il cite-
rait la loi naturelle, la loi divine, les lois humaines, le droit civil , le droit des gens, le droit criminel, et surtout la jurisprudence des arrêts de la Cour de sa ville»
&2^.Quel était le nombre des promeneuses ? demandera malignement un arithméticien qui ne veut pas que 1 soit un nombre.
Mais un médecin , rêvant à cet amour de la solitude, y verra le signe d une maladie dont les symptômes sont décrits dans la séméiotique.
Sur les gazons fleuris. Un naturaliste botaniste , sans faire attention à Galypso , s'occupera des classes, des genres, des espèces et des variétés que prései)|ent toutes les fleurs qui émaillent les gazons.
Dont un printemps. Un astronome vous demandera quelle est la cause du printemps , et vous interrogera, à cette occasion, sur le soleil , la lune et les étoiles. Le désespoir de Fatôme Calypso ne saurait occuper celui qui voyage en imagination dans le vide où circulent les mondes.
Bordait. Vous admirerez cette belle bordure ; un géomètre la mesurera , il fera le lever du terrain, il construira la courbe qui Fenvi^ ronne , etc. , etc.
Ile. Un géographe ne sera pas content si voas ne lui dites pas combien il y a dHles sur le globe*
Vu. Le physicien, qui vous interrogeait tout à rheure sur Touîe, vous questionnera main^ tenant sur toutes les parties de Foptique. La lumière se propage-t-elle en ligne droite? etc.
Immobile, Un médecin reviendrait à la séméiotique; mais un mathématicien vous demandera comment Galypso restait en équilibre ; Tanatomiste vous le demandera aussi.
Mer. Voici venir de nouvelles questions géographiques, hydrauliques , etc.
Tournée. L'anatomiste vous (demandera com*ment le corps tourne. Un acteur étudiera la pose de Galypso ; un peintre dessinera l'académie.
Vaisseau. Un charpentier vous interrogera sur l'assemblage, les tenons, les mortaises, etc.
Fendant les ondes. Un navigateur démanderait comment Ulysse se dirigeait sur les mers à défaut de boussole; un commerçant, quelles marchandises il avait pu rapporter de ses voyages; un banquier, comment les affaires se traitaient alors sans traites; un mathémaFticien , combien ce corps flottant perdait de son poids
dans Teaii^ quelle était sa vitesse et celle des ondes, etc., etc.
On Toit^ sans aller plus loin , qu^il n'y. a pas( un savant qui puisse répondre à toutes les questions que fournissent les mots du premier pa* ragraphe seulement* Personne au mon4enele saura jamais à fond« (C'est l'expression favorite de la vieille. )
Que &ire ? TËmancipation intellectuelle répond : Il faut être homme d'abord; il (wt apprendre quelque chose ^ Télémaque y par exemple , et dire ce qu'on en pense , puis y rapporter successivement tout ce qu'on apprendra , en vérifiant si tous les savans et tous les artistes ont la même intelligence^ par l'exercice Tout est dans tout.
Voilà l'ordre des études dans Témancipation intellectuelle.
Mais enfin, dira--t*on| si l'on veut adopter Tordre des études établi dans les collèges , cpm-ment faire ? Réponse.Il s'agit ici d'Enseignement universel gâté* Cependant pour rendre les collèges mille fois plus utiles qu'ils ne le sont, il fimdrait d'abord décider quel est l'objet auquel on donnera la préférence. Je suppose qu'entre toutes les matières qu'on enseigne, on choisisse
le latin comme Tëtude la plus importante. Dans cette supposition, il n^y aurait rien à changera tout ce qui se fait ; seulement on répéterait, dans toutes les classes, Tauteur adopté pour la sixième* Le petit qui entre en cinquième saurait par cœur Phèdre, par exemple; il le répéterait toute Tannée , en même temps qu'il ferait tous les devoirs de la cinquième classe. Passant en quatrième , il ferait la même répétition , rapportant à Fauteur choisi tous ceux de la classe oii il se trouve. Il commence à connaître Phèdre sous les rapports grammaticaux ; en troisième , il en apprend la quantité , toujours en faisant les devoirs de la classe où il e^t ; en seconde y même répétition ; enfin, en rhétorique , Phèdre, que Ton connaît déjà comme versificateur, serait étudié comme poète , etc. Mais c'est assez sur ce «ujet. On n'en fera rien. L'abrutissement ne lâchera point sa proie. D'ailleurs, les explications sont tellement abrutissantes de leur nature que personne ne demande de leçon. On a honte d'en recevoir, surtout quand il s'agit du feit de l'Enseignement universel.
De plus , les professeurs de la vieille admirent les résultats qu'ils obtiennent. Voyez, disentils, les narrations , les descriptions de nos petits
abrutis y quand nous leur disons : matinée du printemps. Déjh Vaurore.... peu apeu le soleil.*., les petits oiseaux.... le fermier diligent.... etc.^. Avec cette matière-là, si vous voyez les jolies choses qu'ils disent!
Un sot troQve toujours un plus sot qui Tadmire | - |
a dit Boileau. Nous ne croyons pas aux sots ; m^is n'est-il pas malheureux qu'on abrutisse à ce point l'enËince !
Français ! ceux d'entre vous qui dirigeront leurs enÊins d'après l'opinion émancipatrice épargneront beaucoup d'argent. On peut doter une fille avec l'argent que coûte l'éducation d'un fils. Cela vaut la peine d'y penser*
L'opinion abrutissante est la ruine des Êimilles.
On vous dira que l'opinion de l'égalité des intelligences n'est pas nouvelle. Helvétius avait déjà dit : Tous les hommes communément bien organisés ont une égale aptitude a Vesprit. Il fiiut que les abrutissans aient bien de la confiance dans leur empire, pour essayer de vous tenir en bride avec de pareilles raisons. Répondez-* leur : Si Helvétius l'a dit, nous aurions dû se«*
couer le joug beaucoup plus tôt. Mais les abrutissans sont dans Teneur à ce sujet, comme à leur ordinaire. Selon Helvétius , l'homme n'est pas libre ; il naît sans esprit ; mais, suivant les circonstances 9 il en aura plus ou moins. L'inégalité des esprits résulte c^i^ystème d'Helvétius. Il y aurait beaucoup dé cSoses à dire là-dessus ; mais cela ne mérite pas une discussion sérieuse. Selon Helvétius, l'homme est un être qui n'a "p^ de volôméi; Nous disons , nous , que vous êtes libres. Français, un peu d'énergie l à l'émancipation intellectuelle! Secouez le joug humiliant des explications abrutissantes !
' Disciples de France I je vous recommande les afi^tisaûs et les paysans français. Dites-leur qu'ils jpeuvent faire l'éducation dé leurs enfans. - Dites-le surtout aux mères. Le cœur d'une . mère est fiiit pour comprendre le bienfait de l'émancipation. ^
Disciples de France ! hàtez-vous. Déjà les dis^ , ciples d'Angleterre ont commencé. Rivalisez de zèle et d'ardeur ; et nous verrons lequel de ces deux peuples sera émancipé le premier.