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Genre MÉLOË. MELOE (Linné

CaracrÈREs : Coléoptères à cinq articles aux premières paires ‘de pattes, et quatre seulement aux autres; à élytres mous, flexibles ; à antennes grenues en chapelet , irrégulières, coudées au milieu ; tete plus large que le corselet qui est carré ; pas d'ailes membraneuses ; ventre très-

gros, dépassant les élytres qui sont courts et bombés.

Ce nom de Meloe, dont l'étymologie est obscure, a été donné, à ce qu'il paraît d’abord, par Paracelse. C'est Linné qui l’a pris

dans cet auteur pour en faire le type du É genre auquel il rapportait le même insecte # que les Grecs nommaient gvzixévbao0s ; c'etait le proscarabeus des Latins. Quelques écrivains, se fondant sur l'analogie, et surtout sur les propriétés attribuées à ces coléoptères, ont donné des explications fort différentes. Les uns, comme Agricola, croyant reconnaître dans la démarche lente, dans la sorte d'obésité, et même dans la matière ou l'humeur oléagineuse qui suinte des articulations de cet insecte, celui que les Grecs appelaient äuo- 2#490c, l'ont désigné sous le nom de pinguiculus, où grassouillet, et c’est encore ainsi que les Anglais l’appellent Oil beetle, Oil clock. Les autres veulent que le nom de Meloë soit tiré de la consistance mielleuse que l'humeur de l'insecte présente lorsqu'on le saisit et qu'il craint le danger, ou quand il s'opère quelques mouvements dans son voisinage, et, comme le dit Moufet (a melloso sudore affatim exstillante). D'au-

tres, comme Olivier, font venir ce nom du grec pas, qui veut dire noir. En effet, c’est la couleur de ces insectes.

Parmi les Coléoptères à élytres mous, flexibles, il n’y a que ceux de la fannile des Vésicants qui soient hétéromérés ; car les Lampyres et les Téléphores, ainsi que tous les Mollipennes, sont pentamérés, et, parmi les tétramérés, il n'y a que les Galéruques qui aient les élytres mous.

La forme des antennes, qui sont grenues ou en chapelet et non en masse, suffit pour faire distinguer les Méloës des Cerocomes et des Mylabres, et cette même forme globuleuse des articles antennaires suffit pour les faire séparer des Cantharides, Zonites et Apales, genres chez lesquels tous ces articles se suivent et se ressemblent par la grosseur dans toute leur étendue et constituent une sorte de fil continu. Dans les Notoxes et les Anthices, très-petites espèces, les élytres recouvrant des ailes membraneuses, cette note permet de les éloigner des Méloës qui sont aptères. :

Les Méloës sont de très-gros Coléoptères que l'on observe communément au premier printemps sur les gazons et dans les prairies, ce qui leur a fait donner, dans différents pays, le nom de Scarabées de mai (Maykæfer, Maywürmlein). Ils se traînent péniblement sur la terre, surtout les femelles, à cause du poids énorme de leur abdomen. Leur couleur est généralement d’un noir violet bronzé, doré ou rougeûtre. Leurs élytres mous ne recouvrent, comme nous l'avons dit, qu'une très-petite partie du ventre, à la base, dont les anneaux semblent distendus par l'obésité et la quantité de sucs ou de matières molles qu'ils renferment. Les pattes sont longues et grèles; elles ont peine à soulever et à porter en avant la masse, relativement énorme, que forme l'abdomen de ces

COLÉOPTÈRES HÉTÉR. ÉPISPASTISQUES. G. MÉLOË. 055 insectes qui, sous leur dernier état, se nourrissent de végétaux et qui en mangent beaucoup. Cette succulence apparente les exposerait sans doute par trop à la voracité des oiseaux et de quelques petits mammifères, s'ils n'avaient la faculté de faire suinter, à volonté et au moment du danger, de presque toutes leurs articulations principales, une humeur d’un jaune rougeûtre et onctueuse, dont l'odeur et probablement la propriété vésicante et caustique repoussent leurs ennemis par le dégoût qu'elles leur inspirent.

Ces insectes ont été autrefois employés en médecine; ils entraient dans la composition de plusieurs médicaments. auxquels on attribuait de grandes vertus. On les administrait à l’intérieur. I paraît qu'ils participent de la propriété, reconnue aussi dans les Cantharides, d'agir sur les voies sécrétoires des reins; car, en parlant de leur emploi, nous trouvons dans Agricola : Urinam potenter pellunt, sed und sanguinem. On s’est assuré depuis que cette action provient de l’inflammation qu'éprouve la membrane muqueuse qui tapisse les urétères et la vessie.

On commence à mieux connaître les singulières métamorphoses que subissent la plupart de ces insectes qu'on a considérés comme formant un groupe sous le nom de Méloides, ainsi que nous le dirons avec plus de détails lorsque nous aurons à parler du genre des Sitarides. Déjà, de Geer nous apprend dans ses Mémoires (t. V, p.31), que les femelles déposent leurs œufs sous la terre; qu’ils y sont réunis en masse ou en un tas oblong, d’une couleur jaunâtre; qu'ils sont très-petits et que les larves en sortent au bout d’un mois. Ces larves, qu'il fait connaître, sont d'une forme très-bizarre. Nous verrons qu'elles ont été décrites comme des insectes

aptèeres parasites sous un nom de genre Z'riongulin (Annales des sciences naturelles, 1828, t. XIII, p. 62, fig. , pl. 9,B.) Mais nous renvoyons l’histoire de ces métamorphoses à l'article du genre des Sitarides sur lesquelles M: Fabre, d’Avignon, a publié un mémoire très-intéressant par les résultats de ses curieuses observations.

Les principales espèces de ce genre Méloë, qui se trouvent à Paris, sont les suivantes :

4. Méloë proscarabée. Meloe proscarabæus. Il est d’un noir violet chagriné; le mâle , ainsi que ceux des autres espèces, a les antennes dilatées et courbées au milieu.

2 Méloë de mai. M. majalis. Son abdomen est d’un rouge cuivreux.

3. Méloë automnal. M. automnalis. Noir lisse, avec quelques points enfonces sur les élytres.

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