Genre SCOLYTE. SCOLYTUS. (Geoffroy
Caractères : Coléoptères tétramérés; à antennes courtes en masse, nON portées sur un bec; tronc coupé obliquement en arrière; corselet excavé en capuchon pour recevoir la tete.
Quoique ce nom soit, par une erreur typo- | graphique, imprimé avec un : simple en français et un y en latin, cette différence est importante, car il est évident que Geoffroy a tiré du grec le mot oxougrnç qui signifie obliquité, tortuosité, et que ce nom indiquerait les traces que laisse la larve sous les écorces qui sont des galeries tortueuses, tandis que le verbe 6x0- Aérro peut se traduire par ces mots : j'arrache, je déchire, et cette étymologie ne serait d'accord avec aucune circonstance de la vie de ces insectes.
COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. CYLINDROÏDES. G. SCOLYTE. 73
Une autre difficulté que fait naître ce nom, c’est que Fabricius, ne l’adoptant pas, et laissant le Scolyte avec les Bostriches, a usurpé cette dénomination pour la transporter au genre que nous.avions nommé Hydrocarabe, et que depuis Latreille a appelé Omophron, voulant, comme nous en avions eu le désir, éviter la confusion.
Linné avait laissé cet insecte dans son genre Dermeste; de Geer avec les Ips; Fabricius en à fait le genre Hylesine, Herbst celui d'Ekkptogaster, et Latreille a distribué les espèces dans six autres genres, d'après la structure des antennes.
On rencontre les Scolytes sur les écorces où dans le tissu ligneux même, dans lequel ils pénètrent souvent pendant la vie du végétal; quelques espèces attaquent aussi les branches inférieures des conifères pour les priver de là végétation, de sorte que Linné les a appelés poétiquement les premiers jardiniers de la nature, parce qu'ils élaguent ainsi les branches inutiles et qui s’opposent à la croissance en hauteur.
La plupart des espèces se ressemblent, excepté par la coloration de quelques-unes de leurs parties; la plus commune est la plus pernicieuse, elle a fait périr un grand nombre des ormes qui ornaient nos boulevards et les promenades des
Champs-Elysées; aussi nomme-t-on cet insecte :
Scolyte de l’orme. Scolytus ulmi. Noir, à tête et corselet polis, brillants et finement ponctués ; élytres d’un brun rouge terne, striés, plus courts que la tête et le corselet.
Les autres espèces ont entre elles beaucoup de rapports pour la forme générale et les habitudes. Celle du frène est grise avec des taches noires. Elle produit des tumeurs dans lesquelles elle vit en société. Celle des pins est noire , velue , avec les pattes rousses ; sa larve attaque de préférence les branches du tronc et les perfore, ce qui les fait dessécher et casser av moindre effort ou par leur propre poids.
5g4 ENTOMOLOGIE ANALYTIQUE.
Lorsque nous avons proposé de réunir dans une même famille ces Coléoptères, dont la forme du corps et le nombre des articles aux tarses suffisaient pour les faire distinguer de tous ceux du mème sous-ordre, nous avons eu soin de rappeler les grands rapports qu'ils ont avec les Térédyles, qui sont pentamérés; ceux-ei réunissent d'une part les espèces vivant dans le bois, telles que les Vrillettes, les Mélasis, les Lymexylons, avec les Apates, Bostriches et Scolytes, qui sont tétramérés. D'une autre part, les Tilles ont la plus grande analogie de forme et de mœurs avec ceux dont nous allons parler, qui sont les Clairons et les Nécrobies. Aussi, disions-nous alors, en 1816, page 228, que ces deux derniers genres formeraient probablement par la suite le type d’une famille particulière, car on sait que leurs larves sont des parasites et qu'elles se nourrissent de matières animales, quoique plusieurs se trouvent dans les bois ou les substances ligneuses; mais seulement parce que leurs larves s’y développent aux dépens de celles des Teérédyles qu'elles dévorent.
Ces deux genres sont les suivants :