GENRE CLAIRON. CLERUS. (Geoffroy
CaracrERres : Coléopteres tétramérés, à antennes en masse non portées sur un bec et à corps cylindrique.
Aristote, Pline, Swammerdam, et depuis, la plupart des auteurs systématiques, ont ainsi nommé, du mot grec xñpo, la larve de l’une des espèces de ce genre, celle qui se développe dans les nids des Abeilles, et
COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. CYLINDROÏDES. G. CLAIRON. DT
surtout dans les ruches où elle fait beaucoup de tort aux Apiculteurs. ermiculus est in alveorum pavimentis nascens, quo excrescente velut arane& obducitur alveus, et favi carie pereunt, ipsis scilicet una cum fœtu putrefactis, quod vit genus Clerum quoque eruditiores appellant, hoc est favi fœtusque putrefactionem (Swammerdam).
Ce genre, dont le nom fut d’abord appliqué par Geolttroy, a été adopté par de Geer et Fabricius et ne comprenait d’abord que des espèces rangées dans le genre Attélabe par Linné; mais il a été ensuite considérablement subdivisé. Olivier est le premier, qui en ait retiré les espèces pentamérées, pour les placer, ainsi que Paykull l'a proposé, avec nos Térédyles dans le genre Tille. Latreille en a distrait le genre Nécrobie, dont les espèces ont le corselet rebordé et dont Paykull avait fait le genre Corynètes, que Fabricius laissait avec les Dermestes.
Voiei comment les Clairons sont distingués d’après l'analyse : d'abord, des Rhinocères, dont les antennes sont supportées par le prolongement de la tête, puis des Omaloïdes, puisque ceux-ci ont le corps et le corselet aplatis et non cylindriques. Comme leurs antennes sont un peu en masse. et presque du tiers de la longueur du corps, ils différent en cela des Xylophages, que l’on a désignés sous le nom de Longicornes, et aussi des Phytophages, dont les articles des antennes sont globuleux ou en chapelet.
Quoiqu’on trouve ces insectes parfaits sur les fleurs, leurs larves se nourrissent de celles des autres insectes ou même de leurs nymphes.
Les espèces principales sont :
1. Clairon des abeilles. Clerus apiarius. Bleu, à élytres d’un beau rouge,
avec trois bandes bleues foncées, dont l’une est à leur extrémité.
Swammerdam et Réaumur sont les premiers observateurs qui Paient fait connaitre. Cet insecte fait beaucoup de tort aux ruches. Sa larve est indiquée sous le nom de Ver rouge par les cultivateurs.
2. Claïron alvéolaire. C. alveolarius. Semblable au précédent pour les couleurs ; mais il n’a pas de tache terminale, et la bande du milieu est commune aux deux élytres et à l’écusson.
On la trouvé dans le nid des abeilles maçonnes.
3. Clairon huit-points. C. octopunctatus. Élytres rouges, avec quatre points
noirs bien distincts sur chacun.
On le trouve dans le midi de la France.
Nous avons déjà dit que Fabricius et beaucoup d’autres auteurs donnaient le nom de Trichodes à ce genre nombreux.
132. Gexre CORYNÈTE. CORYNETES. (Paykull.) CakacrÈREs : Coléoptères tétramérés ; à antennes termuinées en
masse, non portées sur un bec ou prolongement du front ; à corps cylindrique ; à corselet rétréci en arrière et à bords
relevés.
Ce nom, tout à fait grec, indique la forme des I antennes, xoguvirne, en latin claviger. Ces insectes avaient été rangés avec les Dermestes, dont ils ont les mœurs, par Linné. Illiger et Fabricius les avaient laisses d’abord avec les Clairons. Olivier et Latreille les ont nommés Vécrobies, parce qu'on les trouve souvent sur les cadavres ou les charognes. On en connaît trois espèces principales ; ce sont :
1. Corynète violet. Corynetes violaceus. D'un bleu violâtre ; élytres et corselet velus ; les pattes noires; élytres à lignes de points enfoncés. Lorsqu'on saisit cet insecte, il se replie en portant la tête sous le ventre
COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. OMALOÏDES. 597
et en ramassant toutes les pattes en dedans. Quoique se nourrissant des parties les plus sales des cadavres, il est toujours propre. On le trouve aussi sur les fleurs, spécialement sur celles des Ombellifères.
2. Corynètle pattes-rousses. C. rufipes. Semblable pour la forme , la taille, la couleur au précédent, mais avec les pattes rousses. Nous l'avons trouvé très-communément en Espagne. Il est rare aux environs de Paris.
3. Corynète col-roux. C. ruficollis. Bleu aussi , mais avec l’abdomen et le cou rougeàtres.
Il a les mêmes mœurs que les deux autres.
Dix NEUVIÈME FAMILLE : LES OMALOIDES ou PLANIFORMES.
Nous avons désigné sous ce nom de famille les Coléoptères qui ont quatre articles à tous les tarses; dont les antennes, terminées en une petite masse, ne sont pas portées sur un bec ou prolongement du front, et qui ont particulierement le corps très-aplati. C'est de cette dernière conformation que nous avons cru devoir emprunter le nom d'Omaloïdes ou Planiformes, des mots grecs éumde, plate, et dés, forme, figure, expressions que nous avons essayé de traduire en français. Tels sont les fps, les Mycétophages et les autres genres peu nombreux que nous allons faire connaître, au moins de nom, dans le tableau analytique, qui fournira le moyen d'en faire l'exposition plus détaillée; mais ces insectes sont si petits et si peu importants, que nous n'avons pu en donner des figures qu'en les faisant beaucoup augmenter dans leurs proportions et qui, nous le craignons, feront naître des idées fausses d’après leur conformation apparente.
TIANXE 73
Cette famille des Omaloïdes se distingue de tous les autres Tétramérés, car les Rhinocères ont les antennes insérées sur un bec qui est un prolongement de la tête à l'extrémité de laquelle se trouvent les divers organes buccaux. Les Xylophages, tels que les Capricornes et les Phytophages, comme les Chrysomèles, n’ont pas les antennes terminées par un globule, elles sont en forme de soie ou de fil. Il reste encore deux genres anomaux, qu'on désigne sous les noms de Spondyle et de Cucuje. Enfin, il est impossible de les confondre avec les Cylindroïdes comme les Bostriches, les Clairons, dont le corps est arrondi; tandis que dans les Planiformes, il est déprimé et plus large qu’il n’est élevé. Latreille les a désignés, après nous, comnie des Platysomes, ce qui veut dire à corps plat, et les a rangés parmi ses Xylophages, qui ne sont pas cependant, comme ce nom porterait à le penser, ceux que nous avons indiqués par cette dernière dénomination.
Les mœurs de ces insectes ont une certaine ressemblance avec celles de ces derniers ; cependant leurs larves ne sont connues que pour quelques-uns. Il en est qui vivent dans les champignons et les matières végétales en décomposition, tels sont les Mycétophages et les Hétérocères; d’autres se développent dans les vieux bois qu'ils perforent, tels sont les Lyctes, les Ips, les Colydies; enfin, Îles Trogosites, comme leur nom l'indique, qui se nourrissent, a-t-on dit, de la farine que l’on conserve trop longtemps.
Suit le tableau indicatif des principales notes caractéristiques des six genres qui composent cette famille des Omaloïdes.
COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. OMALOÏDES. G. LYCTE. 279 £
FT
CaRACTERES : Coléoptères tétramérés; à antennes en masse non portées sur un bec : à corps
très-plat ou déprimé,
| ka
| Dix-NEUVIÈME FAMILLE : LES OMALOIDES ou PLANIFORMES 1). |
solide 1 Lycre.
linéaire; antennes dont la masse est perfoliée + 0119 Come.
moins longues que le corselet 5 Trocosire.
très-plat ; antennes 4 plus longues que le corselet ; Cucusx. ovale; corselet { | épineuses 7 HétérocÈre. | convexe ; jambes FLE Une. MOMIE simples ; masse des antennes | insensible
(1) De ôuxsoc, plate, et de id£x, forme, figure.
1433. Genre LYCTE. LYCTUS. (Paykull.)
CaRACTÈRES : Coléoptères tétramérés ; à antennes en masse, non portées sur un bec; à corps très-déprimé, linéaire et trèes-allongé.
Le,
Ce genre, adopté par Fabricius, porte bien un
| nom tiré du grec par la manière dont il est écrit; … mais le mot correspondant, ixrce, intolérable, ne paraît avoir aucune application. La plupart des espèces indiquées comme devant appartenir à ce genre ayant le corps très-poli, on aurait pu penser qu'ils avaient reçu ce nom de genre d’après cette particularité.
ie À
Le principal caractère indiqué par les auteurs est tiré de la masse qui termine l’antenne, parce qu’elle semble formée d’une seule pièce et que les autres articles sont très-courts. Leur corps est fort plat, lisse, ovale, et le corselet non rebordé; les pattes sont courtes et leurs articulations sont toutes aplaties.
Sous leurs deux états, les Lyctes se trouvent dans les lieux humides, dans les caves, sur les cerceaux des barriques. Ils paraissent se nourrir des moisissures qui se développent sur les bois qui s’altèrent par l'humidité.
Les trois ou quatre espèces que nous connaissons sont les suivantes ; elles sont très-petites.
1. Lycle canaliculé. Lyctus canaliculatus. D'un brun rougeâtre ; corselet de forme carrée, présentant une ligne médiane enfoncée, et crénelé latéra-
lement; ses élytres sont striés.
On le trouve sous les écorces humides. C’estle Dermeste lévrier n° 9 de
Geoffroy.
2. Zycte poli. L. politus. Noir, avec les antennes et les pattes ferrugineuses ; le corselet est lisse avec de petits points enfoncés.
3. Lycte à deux taches: L. bipustulatus. Noir, poli; un point rougeâtre sur chaque élytre.