‹ Entomologie analytiqueChapitre 168 sur 204 · Genre HÉTÉROCÈRE. HETEROCERUS. (Fabricius · texte numérisé non relu

Genre HÉTÉROCÈRE. HETEROCERUS. (Fabricius

CaRACTÈRES : Coléoptères tétramérés ; à antennes en masse, non portées sur un bec; à corps ovale, très-déprimé et à jambes

antérieures épineuses.

Ce nom d'Hétérocère est formé de deux mots j grecs dont l’un, ëxegos, signifie bizarre ou singulier, et l’autre, xéoas, corne ou antenne, parce qu'en effet les antennes, dans les espèces de ce genre, ont leurs deux premiers articles relative-

COLÉOPTÈRES TÉTRAM. OMALOÏDES. G. HÉTÉROCÈRE. 397 ment très-longs, tandis que les sept autres, fort courts, semblent constituer une petite masse comme dentelée en scie.

Latreille, qui croit avoir reconnu dans ces insectes cinq articles à tous les tarses, les a placés dans une tribu dont les antennes sont en masse, les Clavicornes près des Byrrhes, parmi les pentamérés, d'après M. Gyllenhal; mais le premier article des tarses est très-petit et oblique. Ces insectes seraient alors très-voisins de ceux qu’on a placés dans le genre Nitidule, avec lesquels ils ont beaucoup de rapports par les formes apparentes et surtout par les mœurs.

Les espèces de ce genre Hétérocère ont, en effet, une manière de vivre fort différente de celle de la plupart des Omaloides. On les trouve sur la boue desséchée des bords des mares et des ruisseaux; 1ls y courent très-vite et 1ls s’enfoncent dans les crevasses. On a aussi observé leurs larves, et véritablement, sous leurs deux états, ces insectes se rapprochent par leurs mœurs et leurs habitudes de celles de quelques Nectopodes qui sont pentamérés.

Les principales espèces sont :

1. Hétérocère bordé. Heterocerus marginatus. Il est grisâtre , comme satiné, avec de petites taches et une bordure de couleur rouillée pâle. M. Bosc a donné la figure de cette espèce, qu'il a décrite le premier dans les actes de la Société d'histoire naturelle de Paris en 1792.

2. Hétérocère lisse. H. lævigatus. Il est semblable, pour la forme, au précédent ; mais il n’a pas de taches sur les élytres, on y voit de petites lignes inégales, comme effacées, en travers.

On le trouve aussi sur la terre humide des rivages et dans les terrains marécageux.

NVINGTIÈME FAMILLE : LES XYLOPHAGES ou LIGNIVORES.

Ce nom de Xylophages, qui signifie mangeur de bois ou se nourrissant de matières ligneuses, a été donné à des insectes très-différents les uns des autres, d'abord par nous et G. Cuvier en 1799, dans les tableaux d'anatomie comparée, et ensuite en 1805 dans la Zoologie analytique, comme propre à désigner la vingtième famille des Coléoptères tétramérés sous le n° 141, et avec le titre de Lignivores ou de Xylophages.

Cependant, en 1817, M. Latreille attribua ce même nom à la seconde famille des insectes tétramérés qui comprend nos Cylindriformes et nos Planiformes, tels que les Bostriches et les Trogosites, et par conséquent il a donné une autre acception à ce nom de Xylophages, ainsi usurpé; il appela Longicornes les mêmes insectes qui étaient pour nous des Lignivores. C'est ce qu’on peut vérifier dans les deux éditions du Aègne animal, tome HT, page 337, et en 1815 dans ses Æamilles du règne animal, page 395 (1).

(1) M. Audinet Serville a publié successivement darsles Annales de la Société entomologique de France, depuis 1832 jusqu’en 1835, une série de Mémoires sur la classification de la famille des Longicornes, en adoptant la division générale de Latreille en trois tribus, Prioniens, Cérambycins, Lamiaires. La première tribu se partage en deux autres, les Spondyliens et les Prioniens; elle renferme cinquante genres. La seconde, celle des Cérambycins, est divisée également en deux autres, les Brévipennes etles Longipennes, et se compose de quatre-vingtdix genres. La troisième, celle des Lamiaires, se divise en deux sous-tribus qu'il désigne, les uns sous le nom de Déprimés et les autres sous celui de Convexes ; l’auteur y rapporte cinquante-cinq genres sous des noms différents. Ce travail a été exécuté avec beaucoup de soins et contient de précieuses observations, mais il nous aurait été impossible de présenter une analyse de ces cent

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En 1804, Meigen et ensuite Fabricius employèrent ce nom de Xylophages pour l'appliquer à un genre de Diptères voisin des Némotèles et des Mouches armées ou Stratiomes.

Les Xylophages ou Lignivores forment pour nous une famille des plus naturelles parmi les insectes Coléopteres dont tous les tarses sont composés de quatre articles. Ils correspondent aux deux genres principaux de Linne, les Cérambyx ou Capricornes, et à celui des Leptures; mais ces deux genres ont été depuis divisés et subdivisés en plusieurs autres et ils ont reçu beaucoup d'autres noms.

Cette famille est essentiellement caractérisée par la forme des antennes qui sont longues, plus gréles à leur extrémité libre qu'on nomme leur pointe : les anneaux en sont nonibreux, tantôt simples, tantôt dentelés, plus ou moins en scie : elles ne sont jamais portées sur un bec. Cette derniere

quatre-vingt quinze genres sans citer au moins quelques-unes des espèces que Pauteur a cru devoir y comprendre.

M. Mulsant , dans le Mémoire qu'il a publié sur les Longicornes de France, divise cette section en trois groupes qu’il nomme : À. Les Procéphalides, partagés en trois familles , les Spondyliens , Prioniens, Cérambyceins ; ces derniers sont divisés en sept branches , Cérambicaires , Callidiaires, Hespérophanaires , Obriaires, Graciliaires et Nécydalaires, qui comprennent trente-quatre genres. B. Les Clinocéphalides, divisés en deux familles, les Lamiens, les Saperdiens. Les premiers forment quatre branches, les Parmenaires, Larmenaires, Œdiliaires et Paganochaires, qui forment dix genres. Les Saperdiens se partagent aussi en quatre branches nommées Mésoaires, Agapanthaires , Saperdaires, Phytréciaires, subdivisés en onze genres. Enfin, C. les Dérécéphalides se composent de deux groupes appelés Rhagiens et Lepturiens. Dans le premier, Il y à deux branches, les Vespéraires et les Rhagiaires; dans le deuxième groupe, sont comprises les deux branches Toxotaires et Lepturaires, qui renferment neuf genres. En tout, trois groupes, sept familles, vingt et une branches el soixantequatre genres.

particularité les éloigne des Rhinocères ou de la famille des Charançons, qui ont, en outre, les antennes plus courtes que le corps. Ces Xylophages se distinguent aussi des Cylindroides et des Omaloïdes , qui, différant notamment par la forme générale du corps, sont surtout remarquables par leurs antennes, dont les derniers anneaux vont en grossissant pour former une masse.

On les sépare également des Phytophages ou Herbivores, tels que les Chrysomèles, Criocères , Galéruques, Gribouris, etc., ainsi que certains genres anomaux dont les antennes sont en fil ou de même grosseur à leur extrémité qu'à la base.

Nous n'avons pas besoin d’insister sur la valeur attribuée à ce nom de Xylophage qui est emprunté des mots grecs &uw, bois, et oéye, je mange. Latreille, en les appelant Longicornes, leur a donné, sans doute, un nom qui exprime une marque réelle et non le fait qui indique leurs habitudes. C'est, en effet, le cas du plus grand nombre; mais nous verrons qu'il est des genres, tels que celui des Rhagies, chez lesquels ces antennes ne peuvent être ainsi désignées. Il à partagé cette famille en cinq tribus, qui correspondent à nos genres principaux d'après lesquels ils ont reçu les noms de: Prioniens,Cérambycins, Nécydalides, Lamiaires et Lepturètes.

Tous ces insectes ont les mêmes mœurs et une analogie très-évidente dans leur port, dans la forme des membres et surtout dans leurs métamorphoses. Tous, sous l’état de larves, se nourrissent de matières ligneuses dans le tronc même des arbres, dans leurs racines, leurs branches mortes ou vivantes, plus rarement sous les écorces. Ces larves ont généralement à peu près les mêmes formes, sous l'apparence de vers blancs, mous, allongés, presque constamment apla-

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tis sur quatre pans, dont deux plus larges ; elles sont garnies de mamelons ou de gros tubercules servant à la progression. L'extrémité qui répond à la tête, où l'on voit de fortes mandibules, présente une série de trois anneaux plus dilatés, destinés à supporter les rudiments des pattes écailleuses et courtes. Quelques-unes de ces larves, suivant les genres, vivent dans les arbres en pleine végétation; d’autres préferent les troncs ou les racines. Elles y pratiquent de longues galeries dans lesquelles elles se meuvent à l’aide des tubercules dont leur corps est garni et avec une rapidité inconcevable; elles s’arc-boutent à la manière des ramoneurs dans les conduits des cheminées.

La plupart des Xylophages, sous l'état parfait, ont des formes sveltes; leur corps est grêle, allongé, plus étroit aux extrémités que dans la région moyenne; très-souvent il est orné des couleurs les plus vives, de toutes les nuances et même avec des reflets métalliques. Leur tête est ornée de longues antennes à articulations très-nombreuses et fort distinctes que l’insecte peut diriger en avant, sur les côtés et même en arrière pour assurer ses mouvements. Les pattes sont grêles, allongées, et leurs tarses sont le plus souvent garnis de brosses ou de pelotes veloutées en dessous.

Presque tous peuvent produire un bruit où un son particulier en faisant frotter la région postérieure de leur corselet contre la base des élytres ou dans l'articulation de la tête en arrière et à laquelle l’insecte communique un mouvement régulier de va-et-vient. Les femelles sont presque constamment plus volumineuses et plus lentes dans leurs mouvements que les mâles; leurs antennes sont aussi plus courtes et souvent leur abdomen est prolongé en une sorte de tube ou de

pondoir formé de plusieurs pièces articulées, allongeables, que l’insecte peut introduire sous les écorces pour y placer ses œufs séparément ou les uns apres les autres.

Nous n'avons rapporté à cette famille que huit genres principaux, mais en étudiant chacun d'eux nous ferons connaître comment plusieurs ont été subdivisés et portent d’autres noms tout à fait différents. Pour avoir une idée de l’arrangement systématique que nous proposons, nous en présentons le tableau synoptique.

Tels sont, d’abord, les résultats de notre analyse pour l'indication des genres.

Celui des Molorques, que quelques auteurs ont appelés Necydales, est caractérisé par des élytres très-courts, rétrécis sur leur longueur où même comme tronqués, laissant à nu les ailes membraneuses qui restent non coudées, mais etendues dans toute leur longueur, seulement un peu plissées vers leur extrémité libre.

Vous les autres genres ont les elytres allongés et recouvrant les ailes dans l’état de repos. Dans les deux genres Rhagie et Lepture, les élytres sont encore rétrécis en armère, leur tète est reçue par le corselet sur une sorte de cou. Les antennes sont rapprochees des yeux; lé corselet est tantôt lisse ou arrondi sur les côtés, tantôt muni d’une épine ou d'un tubercule saillant. Chez les autres genres, les élytres ont à peu près la même largeur sur toute leur longueur, et alors on peut remarquer que dans les trois genres Prione, Capricorne et Lamie, le corselet porte une où plusieurs épines sur les côtés. Tantôt, au contraire, comme dans les Callidies, il est arrondi et sans épines. Ceux-ci ont le corselet presque aussi large que long, déprimé ou globuleux ; parfois,

Me =.

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comme dans les Saperdes, le corps est convexe et le corselet plus long qu'il n’est large. La manière dont s’insèrent les antennes dans les Priones, où on les voit fixées au-dessus des mandibules, les fait distinguer des Capricornes, chez lesquels elles semblent naître entre les yeux, ayant le corps aplati et allongé, tandis que dans les Lamies le tronc est court et convexe.

Voici le tableau, qui représente d’un coup d'œil ce résultat de l’analyse. Cependant il reste un genre véritablement tétraméré et xylophage; mais il n’a pas les antennes en soie : cest le Sronpyze. Il a été indiqué dans le sous-ordre des tétramérés, ainsi: qu'on le voit page 257 sur le tableau synoptique, où nous l'avons placé isolément ou hors de rang.

VINGTIÈME FAMILLE : LES XYLOPHAGES où LIGNIVGORES (1).

CaractÈREs : Coléoptères tétramérés; à antennes très-lonques, terminées en soie et non porlées sur un bec.

raccourcis , comme (ronqués et coupés en travers MoLoRrQuE. | anomaux ; tantôt : | épineux RHAGIE.

rétrécis et plus étroits à la pointe ; corselet | non épineux LEPTURE. ELvrres :

au-dessus des mandibules,...,......... 8 PRIONE. pépiueux; antennes insérées | loug et plat.... 6 Capricorne.

| entre les yeux; corps | entiers , corselet / court, convexe.. Lane

feux ou circulaire 4 CaLiDir, |sans épines latérales et cylindrique ou allongé.......... ....... 5 SaperDe

(4) De Evo, bois, et de zayw, je mange.

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