Genre RHAGIE. RHAGIÜM. (Fabricius
CaracTÈres : Coléoptères tétramérés; à antennes en soie plus courtes que le corps, non portées sur un bec, insérées entre les yeux et très-rapprochées par leur base; à téte large, rétrécte en arriere en une sorte de cou; à corselet comme étranglé, chiffonné, portant un tubercule ou une épine latérale ; à élytres dont la pointe ou l'extrémité libre est rétrécie.
Tels sont les nombreux caractères qui distinguent les espèces de ce genre de toutes celles de la famille des Lignivores. En effet, les élytres ne sont véritablement rétrécis, ou se terminant en pointe, que dans les deux genres Lepture et Rhagie, et dans le premier le corselet n'est pas épineux latéralement.
Dans tous les autres genres, les ailes su périeures sont larges : tels sont les Saperdes, les Callidies, et même les Molorques, qui n’ont pas d’épines sur les côtés du corselet; tandis qu'on observe ces pointes chez les Priones, les Capricornes et les Lamies, qui ont d’ailleurs leurs antennes autrement fixées sur la tête.
Le nom de Rhagie, emprunté par Fabricius de la langue grecque, ééyuv, indique une sorte de rupture ou de brisure que le corselet semble présenter. Malheureusement, cette dénomination avait trop de rapport avec les noms de Rhingie et de Rhagion, qui ont été donnés à deux genres d'insectes à deux ailes; et Geoffroy, avant Fabricius, avait rangé ces mêmes insectes dans un genre distinct qu'il désignait sous
COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRES. XYLOPHAGES. G. RHAGIE. 595
le nom de Sténochore, Stenocorus, voulant faireconnaître ainsi le rétrécissement des élytres, car le mot crevéywpoc signifie resserré, angustatus, coarctatus, rendu étroit.
Olivier et Latreille ont supprimé le nom de Rhagie pour adopter celui de Sténochore, en conservant cependant les mêmes espèces que Fabricius avait inscrites dans ce genre.
Les mœurs des Rhagies sont à peu près semblables à celles de tous les autres Lignivores. Sous la forme de larves, ils se creusent, dans les écorces ou dans le bois, des galeries où ils subissent toutes leurs modifications. Quand ces insectes sont parfaits, ils ont une démarche et un port tout à fait singuliers. Au moindre bruit, ou. dans le danger d’être surpris, ils s'arrêtent tout à coup, les antennes dirigées parallelement en avant, comme le font les Donacies, et ils restent ainsi complétement immobiles tant qu'ils le jugent utile à leur conservation, parce qu'ils veulent, très-probablement, se soustraire au bec des oiseaux et surtout des Pies, qui leur font une chasse continue dans les deux époques de leur existence. Les pattes des Rhagies sont munies, sous les tarses, de pelotes veloutées et de crochets aigus qui les font adhérer très-fortement aux écorces et aux feuilles sur lesquelles ils se cramponnent. |
Voici les principales espèces que nous connaissons :
1. Rhagie mordant. Rhagium mordax. Gris foncé ou roussâtre , tacheté de jaune velouté, avec quelques bandes en travers sur les élytres. On le trouve dans les bois, principalement sur les souches réservées pour obtenir des baliveaux : il aime surtout le grand soleil.
2. Rhagie inquisiteur. R. inquisitor. Noir, à taches grises ou jaunâtres formées par des poils ou soies satinées, couchées ou redressées comme en velours. C'est le Sténochore noir velouté de jaune de Geoffroy.
GLS
3. Rhagie à deux bandes. R. bifasciatum. Noir, à duvet gris; élytres noirs, luisants, avec deux grandes taches jaunes, dont une grande à la base, l’autre à l’extrémité libre.
C'est aussi l'espèce que Geoffroy a fait connaître comme le Sténochore lisse à bandes jaunes.
2. Rhagie du saule. R. salicis. D'un rouge fauve, à élytres concolores ou noirs. ; On le trouve sur les saules, les ormes, et même sur les vieux marronniers d'Inde. Meyer en a fait le genre Rhamnusie.