‹ Entomologie analytiqueChapitre 177 sur 204 · Genre SPONDYLE, SPOND YLUS. (Fabricius · texte numérisé non relu

Genre SPONDYLE, SPOND YLUS. (Fabricius

CaracTÈREs : Coléoptères tétramérés dont les caractères sont exclusifs de toutes les autres familles du méme sous-ordre des tétramérés : 1° des Rhinocères, parce que ses antennes ne sont pas supportées sur un prolongement du front; 2° des Cylindroïides et des Omaloides, qui ont les antennes en masse ; 3° des autres genres placés parmi les Xylophages, quoiqu'il en ait les mœurs, parce que ses antennes ne sont pas en soie ou diminuant de grosseur de la base à la pointe ; 4° enfin des Phytophages , parce que ses antennes sont en fil et non pas en chapelet ou globuleuses, mais à articles déprimés, larges, aplatis.

L’étymologie de ce nom de Spondyle ou de Sphondyle est bien celle d’un insecte nommé par Aristote, mais qui, d’après ce qu'il en dit, paraît être une Blatte, orovdün Où soon, dont les traducteurs disent: Ænimal odore tetrum.

Quoi qu'il en soit, l’insecte dont nous parlons se nourrit et se développe dans le bois des pins, surtout dans le Nord. De Geer l’a décrit comme un Ténébrion, Linné parmi les Attélabes, Latreille parmi les Longicornes, qu'il range dans la tribu des Prioniens.

La seule espèce connue est le :

Spondyle buprestoide. Spondylus buprestoides. Il est tout noir, très-ponctué. Chaque élytre porte sur sa longueur trois lignes élevées plus ou moins apparentes.

On l’a trouvé dans les landes de Bordeaux.

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VINGT ET UNIÈME FAMILLE : LES PHYTOPHAGES ou HERBIVORES.

Cette famille d'insectes Coléoptères, dont tous les tarses n’ont que quatre articles, est caractérisée parce que leurs antennes sont à peu près de même grosseur de la base à la pointe, ou filiformes, qu’elles ne sont pas supportées par un prolongement du front ou sur un bec, et parce que ces insectes ont le corps arrondi, court, et le plus souvent trèsconvexe.

Cette famille, très-naturelle, comprend toutes les espèces tétramérées que Linné avait rangées dans le genre Chrysomela. Elle se distingue facilement à l’aide des caractères que nous venons d'indiquer. Voici d’ailleurs des notes au moyen desquelles on parvient aisément à ce résultat. Les Rhinocères, comme les Charancons et genres analogues, ont les antennes insérées sur une portion avancée de leur tête, qu'on nomme bec ou trompe. Les Cylindroïdes, comme les Clairons et les Bostriches ; les Omaloïdes, comme les Trogosites et les Mycétophages, ont leurs antennes en masse ou renflées à leur extrémité libre; tandis que ces antennes sont en soie ou en décroissant de grosseur de la base à la pointe dans les Xylophages, comme: les Capricornes, les Leptures. Il ne reste donc qu’un genre anomal, celui du Spondyle, qui a aussi les antennes en fil, mais dont les articulations sont aplaties au lieu d’être globuleuses, ou comme en chapelet, telles qu'elles servent à caractériser les Phytophages.

Dès 1799, nous avions établi cette famille des Herbivores dans le grand tableau qui indique les genres que ce groupe réunit, et annexé aux Zecons d'anatomie comparée

COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. PHYTOPHAGES. 619

de Cuvier, que nous avions été chargé de rédiger, et nous y avons pris date. C’est longtemps après, en 1825, que Latreille a désigné la même famille sous le nom d’Æwpodes, pour y ranger les mêmes genres. En 1806, nous les avions appelés Herbivores ou Phytophages dans le tableau 142 de la Zoologie analytique, page 233, que nous reproduisons ici. Ce dernier nom est formé de deux mots grecs : our, qui signifie plante, herbe, feuille, et oéyo, qui mange, qui se nourrit de feuilles, de plantes, herbivore.

Cette famille des Phytophages réunit tous les Coléoptères qui, sous leurs deux états de larves et d’insectes parfaits, conservent à peu près les mêmes habitudes et des mœurs semblables ; elles ont entre elles la plus grande analogie dans la structure, les fonctions et les métamorphoses. C’est surtout dans la forme et la composition des antennes qu'il y à une ressemblance parfaite, car la forme générale du corps présente, dans les dimensions respectives, d’assez grandes différences, suivant les genres principaux, ce qui a permis de les établir ou de les partager en petits groupes très-naturels et réunissant un très-grand nombre d’espèces.

Tous les Phytophages proviennent de larves, qu'on rencontre le plus souvent réunies en société sur les feuilles des plantes qu’elles dévorent. Leur corps trapu, succulent, mou, convexe, offre une tête écailleuse et une extrémité postérieure tronquée, arrondie, ramassée, et la surface de la circonférence présente de petites saillies tuberculeuses et des rides transversales. Quelques-unes laissent exsuder de pores particuliers et distincts une humeur plus ou moins colorée et odorante, qu'elles peuvent repomper ou absorber à volonté, et qui leur a été donnée probablement comme moyen de dé-

fense. Leurs pattes sont allongées; cependant elles marchent peu et lentement. La plupart emploient par des manéges très-curieux différents moyens pour se soustraire à la vue des oiseaux insectivores, ou pour les dégoûter par l'aspect qu'elles leur présentent ou les liqueurs qu’elles laissent suinter à leur surface.

A l’état parfait, les insectes de cette famille ont généralement le dessus du corps bombé, convexe et arrondi latéralement. Parmi les particularités qui les distinguent, on peut surtout remarquer la disposition de l’avant-dernier article de leurs tarses : il offre une sorte d'échancrure dans laquelle est recue la pièce supportant les ongles ou les crochets, et qui les admet comme entre deux lobes veloutés en dessous. C’est à l’aide de ces parties élargies des tarses que ces Coléoptères adhèrent et s’accrochent avec force aux surfaces des tiges et des feuilles même les plus lisses.

Les nymphes sont un peu différentes les unes des autres, suivant les genres : la plupart subissent cette transformation dans la terre, à peu de profondeur ; telles sont celles des Criocères et du plus grand nombre des Chrysomèles. D’autres subissent leur métamorphose dans une sorte de coque ou de fourreau que la larve a filé. Quelques-unes restent fixées sur les tiges ou sur les feuilles, et s’y transforment ainsi à nu ou à l’air libre; telles sont les nymphes des Cassides.

D'après la forme générale du corps on pourrait certainement rapprocher les genres, suivant qu'ils sont un peu allongés, avec les bords externes des élytres à peu près parallèles, ou suivant que l’insecte est tout à fait arrondi, ou que ses élytres sont plus larges, et presque de mème dimensions en travers que la longeur totale du tronc; mais les genres,

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par cette réunion naturelle en apparence, s’éloigneraient de ceux dont ils ont absolument les mêmes mœurs. Nous avons employé une marche systématique qui, à l’aide des numéros d'inscriptions, place l’étude de ces insectes dans l’ordre que nous regardons jusqu'ici comme le plus convenable.

Ainsi, la forme des antennes, lorsqu'elles sont absolument de la même dimension de la base à l'extrémité libre, donne une première indication à suivre. On voit alors que tous les genres dont les antennes sont tout à fait filiformes peuvent être distingués par le corselet , car chez les uns il présente des bords légèrement relevés, il est en dessus tantôt plat, comme dans les Lupères, les Altises et les Galéruques, lesquelles offrent chacun un ou deux autres caractères distinctifs ; tantôt, au contraire, ce corselet à rebords est fortement saillant et comme bossu du côté du dos, tel qu'on le voit dans les Clytres et les Gribouris; chez les autres ce corselet est sans rebords, et l'on remarque, dans les genres ainsi rapprochés, que les antennes sont formées d’articles courts, comme dans les Hispes et les Criocères, tandis que ces articles sont trèslongs dans les Donacies et les Alurnes. Il en est de même pour les genres dont les antennes ne sont pas tout à fait en fil, mais en massue, comme dans les Érotyles ; ou en grossissant insensiblement , telles que nous pouvons les ohserver dans les Chrysomeles, les Cassides et les Hélodes. C'est, au reste, ce qu'indique le tableau suivant :

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