‹ Entomologie analytiqueChapitre 176 sur 204 · Genre PRIONE. PRIONUS. (Geoffroy · texte numérisé non relu

Genre PRIONE. PRIONUS. (Geoffroy

CaracrÈères : Coléoptères tétramérés ; à antennes longues, dont Les articles sont comme dentelés en scie d’un seul côté, et in- OT. Q È sérées au devant des mandibules.

Ce genre paraît avoir tiré son nom de la disposition des articles qui forment les antennes, des mots grecs rpiuv, rgfovos, signifiant une scte. La plupart des entomologistes, et d’abord Linné, avaient rangé les premières espèces connues avec les Cérambyx, dont elles ont tout à fait les habitudes et les mœurs.

D'après les caractères indiqués, et principalement parce que leur corps

et surtout le corselet sont déprimés, et que celui-ci a les bords dentelés et épineux, que la tête est inclinée, que les antennes sont insérées à la base des mandibules au-devant des yeux, puis enfin que les élytres sont élargis, couvrant entièrement les ailes membraneuses, on distingue ce genre des sept autres indiqués dans cette même famille des Lignivores. Ainsi les Molorques ont les élytres raccourcis,

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presque carrés, ne couvrant pas les ailes. Dans les Rhagies et les Leptures, ces élytres sont rétrécis à leur extrémité libre. Chez les Callidies et les Saperdes, le corselet n’est pas latéralement épineux. Enfin, dans les Capricornes et les Lamies , les antennes sont implantées entre les yeux, et le corselet est arrondi ou cylindrique.

Ainsi que la plupart des Xylophages, les Priones se trouvent dans les forêts, et surtout dans les hautes futaies. Leurs larves ont été bien observées et décrites, en particulier l’une d'elles par M. Lucas (1). Elles ressemblent à celles de la plupart de ces Lignivores, et nous les avions fait nous-même connaître en 1826, à l’article Prione, p. 319 du t. XLIHII du Dictionnaire des Sciences naturelles, avec beaucoup de détails, pouvant se rapporter du reste à tout ce qui est commun aux insectes de cette famille.

L’insecte parfait se tient dans les galeries creusées par la. larve ; on l’y découvre quelquefois pendant le jour, parce qu'il laisse à son insu apercevoir quelques parties de ses pattes ou de ses antennes. Il a les mèmes habitudes que les crands Capricornes. Il vole le soir et ne sort de ses trous qu'au jour tombant. Son vol est lourd ; il devient souvent la proie des engoulevents et des chauves-souris.

Parmi les Priones, les mâles sont, en général, beaucoup plus petits que les femelles; leurs antennes sont aussi plus longues et d’une autre forme, et, dans quelques espèces dont on a fait un genre, les pattes antérieures ont pris un très-grand développement. Il en est d’autres chez lesquels les couleurs

(4) Annales de la Société entomologique de France, 4"° série, t. IT, 184%, p. 161.

des élytres sont beaucoup plus marquées ou plus brillantes. Le plus souvent, ce sont de très-gros Coléoptères, et surtout les femelles, qui atteignent jusqu'à cinq ou six centimètres, sans y comprendre la longueur des antennes.

La plupart de ces insectes sont étrangers, et vivent dans toutes les racines d’arbres différents, surtout des Conifères et des Térébinthacés. En France, on les a trouvés sur les chènes, et rarement dans les bois dont la substance est tendre; cependant on a décrit des espèces qui ont été recueillies sur les sapins.

4. Prione corroyeur. Prionus coriarius. D’un brun marron; corselet à trois dentelures latérales.

C’est la seule espèce que l’on rencontre aux environs de Paris. Geoffroy l’a décrite. Les antennes de la femelle sont moins dentelées que celles du mâle. Les élytres ont dans les deux sexes trois lignes ou côtes longitudinales peu élevées. Le dessous du corselet est recouvert d’un duvet jaunâtre.

2. Prione artisan. P. faber. Corselet légèrement festonné sur les côtés, dont l’une des dents est plus longue; les mandibules sont grandes et trèsavancées.

On en a fait le genre Ergastes. On le trouve en Algérie, dans le midi de la France, du côté de Toulon. Il est très-grand, et son corps est proportionnellement plus étroit que celui du précédent.

3. Prione longues-mains. P. longimana. Pattes antérieures et antennes au moins deux fois plus longues que le corps, qui est déprimé. Le corselet et les élytres ont des taches ondulées rouges, et grises, sur un fond noir.

C’est l’Arlequin velu de Cayenne. On en a fait un genre sous les diverses dénominations de Macropus, Macroderus.

Les naturels de la Jamaïque et de Surinam recherchent, dit-on, et mangent les larves d’une espèce de ce genre qui vit dans le bois mou du Fromager Bombax, et qui donne le Cerricorne.

Il nous reste un genre à étudier à la suite de cette famille; mais il est anomal, car c’est un tétraméré ayant les mœurs des Xylophages.

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