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VINGT-DEUXIÈME FAMILLE : LES PAUCITARSES

Ce nom d'Oligomérés, que nous avons appliqué aux Coléoptères qui n’ont au plus que trois articles à chacun de leurs tarses, est composé des mots io; et pépos, qui indiquent le petit nombre des divisions ou articles. C’est à Geoffroy qu'il faut rapporter l’heureuse idée d’avoir appliqué l’observation qu'il avait faite, que tous les insectes à élytres offrent, dans le nombre des pièces qui terminent l'extrémité des pattes, un moyen commode et très-facile à constater, pour distribuer par sous-ordres cette grande section des Coléoptères, qu'il considérait comme formant une classe. Le mot univoque que nous substituons à sa

(1) Comme il n’y a dans ce quatrième sous-ordre des Coléoptères qu’un trèspetit nombre d'insectes, nous les avons groupés en une seule famille qui devient la vingt-deuxième de l’ordre, en conservant les noms du sous-ordre qu’elle constitue seule.

COLÉOPTÈRES OLIGOMÉRES. 651

phrase un peu trop longue, le fera peut-être préférer ou adopter par les entomologistes.

Nous regrettons l'erreur dans laquelle sont tombés Latreille et tous les auteurs qui ont adopté sa nomenclature, en employant substantivement les noms donnés par nous aux sous-ordres et que nous avions toujours compris comme étant des modifications qualificatives ou de simples adjectifs unis au substantif Coléoptères. Il est facile, en effet, de reconnaître, pour peu qu'on veuille réfléchir au sens de leur étymologie, que les dénominations de pentamérés et autres, ainsi isolées du nom de Coléoptères, ne présentent aucune signification collective ou déterminée, puisqu'il y a beaucoup d’autres insectes d'ordres différents, qui ont trois, quatre où cinq articles aux tarses.

Nous avions donné, il y a plus de cinquante ans, pour synonymes au mot oligomérés ceux de trimérés ou tridactyles, afin que ce nom, pris pour celui d’une famille, püt être traduit en latin: tridigitata, paucitarsata, parvitarsata, comme nous l’avions fait pour toutes les autres familles. Nous croyons aujourd'hui devoir supprimer cette ancienne dénomination parce que cette expression est fausse et qu'elle indiquerait que ces insectes ont trois doigts, cette idée étant erronée ; car c’est le doigt lui-même ou le tarse qui est formé de trois phalanges ou articles outre les crochets qui le terminent, mais qu’on est convenu de ne pas compter dans les différents sous-ordres dits Coléoptères Pentamérés, Hétéromérés, Tétramérés et Oligomérés.

Les Coléoptères dont les genres se trouvent rapprochés par ce petit nombre des articles qu’on peut compter aux tarses, n'ont pas de très-grandes analogies entre eux, ni

pour les formes, ni pour les mœurs. On serait tenté de les partager en trois groupes : ceux qui se nourrissent d'insectes mous, comme les Coccinelles; ceux qui vivent dans les champignons, tels que les Endomiques, les Eumorphes ; et ceux dont les élytres sont très-courts, comme tronqués, couvrant à peine le ventre, dont le genre de vie est peu connu parce que ces petits insectes, tels que les Psélaphes et les Clavigères, sont en apparence parasites ou vivants à l’aide de certaines autres espèces d'insectes. Nous allons en présenter la classi-

fication.

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