Genre CASSIDE. CASSIDA. (Linné
Caractères : Coléoptères tétramérés; à antennes moniliformes, grossissant insensiblement vers l'extrémité; à corselet arrondi en devant, cachant la tête; élytres débordant le corps qu est très-plat en-dessous; les pattes n’atteignant pas le bord libre des élytres.
Ce nom de Casside vient évidemment du mot latin cassida, un bouclier, parce qu’en effet les élytres et le corselet de ces insectes garantissent leur
corps, comme la carapace protége celui des tortues auxquelles on les a comparés.
Les notes caractéristiques qui précèdent font distinguer ces Cassides de tous les genres voisins, car les Donacies, les Criocères, Hispes, Lupères, Galéruques, Altises, Clythres, Gribouris et Alurnes ont le ventre arrondi et les antennes à peu près de mème grosseur sur toute leur étendue, en outre leur corselet est arrondi ou cylindrique. Ensuite les Érotyles, Hélodes et Chrysomèles ont toujours la tête visible hors du corselet. Or, aucun de ces caractères ne convenant au genre Casside, celui-ci doit former une division très-naturelle.
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Toutes les espèces se nourrissent de feuilles, sous lesquelles on les trouve dans leurs divers états de larves, de nymphes et d'insectes parfaits, et chacune d'elles semble destinée à vivre d’un genre particulier de plantes.
La nature paraît avoir favorisé l’insecte parfait, en lui donnant, dans l’extension comme exagérée de ses élytres en travers, le moyen de mettre son corps à l'abri du bec des oiseaux.
Les membres sont toujours couchés parallèlement à la face inférieure, et leur étendue n'excède pas celle des élytres, sorte de test sous lequel l’insecte vit à couvert et paisible, comme les tortues lorsqu'elles se renferment dans leur carapace. À cette configuration, quelques Cassides semblent joindre encore une singularité plus avantageuse. Chez plusieurs espèces de ce genre les élytres sont d’une couleur verte, plus ou moins foncée, analogue à celle de la plante dont ces insectes se nourrissent, de sorte que l'œil de leur ennemi, trompé par la ressemblance, croit voir dans la saillie que forment les élytres bombés de l’insecte, une sorte d’excroissance naturelle ou de production végétale. Ce n’est pas le seul exemple de ce genre qui nous soit révélé par ces insectes. Plusieurs Locustes, quelques Spectres, simulent par la configuration et la teinte de leurs élytres les feuilles de certains végétaux sur lesquels ils sont appelés à vivre.
Quant à la larve de la Casside, son seul aspect pique la curiosité. Sa forme est oblongue; son ventre allongé, aplati, se termine par une queue fourchue plus longue que le corps lui-même. C’est au milieu de la fourche que l'extrémité du tube digestif vient aboutir ; les matières qui en sortent sont poussées et retenues sur les branches de la fourche qui sont garnies d’épines sur lesquelles elles adhèrent fortement en se
desséchant, de sorte que, pour l'ordinaire, ces matières, dégoûtantes par leur accumulation, forment une masse d'ordures aussi volumineuse que celle du corps entier de l’insecte. Voyons de quelle utilité peut être l'exécution d’un manège si singulier.
La queue, qui supporte ces déjections, est organisée de manière qu’elle peut, à la volonté de la larve, se redresser et même se coucher en avant pour venir se placer sur toute la longueur du dos. Dans l’état de repos et de tranquillité parfaite, où l'animal est occupé à prendre sa nourriture, la queue, étendue en arrière, semble traîner après le corps et laisse apercevoir le dos très-mou, blanchâtre, nu ou à découvert, et tout à fait appétissant pour un oiseau; mais le moindre bruit, le plus petit mouvement se fait-il ressentir aux environs, aussitôt, par le redressement de la queue, il n’y a plus que l'aspect le plus répugnant; ce sont des ordures qui viennent tenir la place du mets délicat qui aurait probablement tenté l'oiseau et entraîné la destruction de la larve de ces Cassides.
La nymphe était aussi exposée à de grands dangers, car elle reste à nu , à la surface du végétal, à cette époque de la vie où elle est complétement privée de tout moyen de défense ou de ruse ; mais alors il semble qu'elle ait pris le masque de la graine ou de la semence de quelque plante dont les enveloppes seraient couvertes d’épines. Son large corselet, de couleur blanchâtre; son abdomen, d’un brun foncé, garni d’une rangée de pointes roides et cornées, et les deux appendices allongés qui le terminent, tout cet ensemble rend le corps immobile, d’une conformation si bizarre, qu'il doit paraître plutôt nuisible que nourrissant; car ces nymphes
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ressemblent à certaines graines de Bidents et des Eupatoires que les poissons et les oiseaux semblent craindre d’avaler.
On connaît plus de cent espèces de ce genre Casside; mais
le plus grand nombre est étranger à la France. Voici l'indication de quelques-unes parmi les indigènes :
en
- Casside verte. Cassida viridis. Verte en dessus, noire en dessous, à pattes
pâles.
On la trouve sous la face inférieure des feuilles de divers chardons et de l’artichaut.
Casside thoracique. C. thoracica. Noire, à élytres verts, mais avec le corselet et l’écusson ferrugineux.
Casside chevalière. C. equestris. Noire, à pattes jaunes: corselet et élytres verts, avec une raie ou strie argentée. Beaucoup d’espèces ont ainsi des taches, des lignes à reflet métallique, qui s’effacent quand l’insecte est desséché; mais en les mettant ramollir à la vapeur ou dans l’eau tiède, elles reprennent leur apparence. Ces reflets semblent donc dépendre du gonflement de certains points de la surface.
Casside poireau. C. prasina. Noire, à élytres d’un vert très-foncé ; antennes et pattes pâles.
- Casside nébuleuse. C. nebulosa. D'un jaune très-pâle, brun sur les élytres.
La larve et l’insecte parfait ont causé, dans ces derniers temps, beaucoup de ravages dans les cultures de betteraves.
. Casside bouclier. C. vibex. Corps noir, à élytres verts, dont la suture est
rougeàtre.
. Casside panachée. C. murrea. Sa couleur varie ; il y en a de rouges et de
vertes, avec des taches noires sur les élytres.
Cette espèce se trouve en sociétés très-nombreuses sur l’aunée des marais (énula, helenium) ; on en trouve au printemps qui sont rouges; en automne elles sont vertes.
On connaît maintenant plus de trois cents espèces de ce genre.