‹ Entomologie analytiqueChapitre 29 sur 204 · PREMIER ORDRE DE LA CLASSE DES INSECTES · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE DE LA CLASSE DES INSECTES

Les CoLéoPpTÈREs. — Tel est le nom sous lequel on désigne une grande division, ou l’un des ordres principaux et le plus nombreux de la classe des Insectes, dans lequel on a réuni tous ceux qui ont quatre ailes, dont les supérieures, plus solides, moins longues et non dilatables, recouvrent, comme des étuis ou des gaînes, les ailes inférieures, membraneuses, le plus ordinairement extensibles et pliées en travers. De là, le nom de Coléoptères, emprunté d’Aristote, et employé par Linné; il indique, en effet, le caractère apparent, c’est-à-dire des ailes servant de gaines ou d’étuis. On a encore proposé la désignation analogue d’Élytroptères, et souvent on a compris ces Insectes sous le nôm vulgaire de Scarabées, qui est appliqué maintenant en particulier à l’un des genres, le mieux connu, de cette grande division.

Dans l’état actuel de nos connaissances zoologiques, on réunit sous le nom de Coléoptères la nombreuse tribu des Insectes à quatre ailes, dont la paire supérieure est coriace, dure, épaisse, le plus souvent opaque et colorée diversement. Ces ailes se réunissent au milieu du dos par leur bord

interne formant, dans leur contact, une sorte de jointure droite qu'on nomme la suture.

Ces aïles solides, ou élytres, sont des boucliers protecteurs pour les ailes membraneuses, veinées, beaucoup plus longues, mais articulées, coudées et pliées en travers, pendant l’état de repos, et presque toujours transparentes. Tous ces Insectes, dans leur état complet ou de perfection, ont les parties de la bouche composées de la même manière. On y reconnaît les deux lèvres antérieure et postérieure, plus les mandibules et les mâchoires propres à saisir, à couper ou à diviser des aliments solides ; elles sont en nombre pair.

Cet ordre des Coléoptères est des plus naturels; il rapproche les Insectes qui ontentre eux les plus grands rapports pour l’organisation générale et les métamorphoses, et qui diffèrent de tous les autres par un grand nombre de caractères, comme on le reconnaîtra par les détails dans lesquels nous allons entrer.

OEurs ET LARVES. — Tous proviennent d'œufs fécondés avant la ponte et dont la figure varie, quoiqu’elle soit ordinairement ronde ou ovale allongée. Il en sort une larve qui n’a aucun rapport de formes avec les êtres dont elle provient. Sous ce premier élat, le plus ordinairement, cette larve est molle, allongée, présentant en avant une tête cornée, souvent sans yeux distincts, avec des indices ou des rudiments d'antennes, une bouche dans laquelle on peut observer des mandibules et des mâchoires plus ou moins développées, suivant la nature des aliments qui conviennent à l'espèce. Ces larves, pour la plupart, n'ont pas un corselet bien distinct, quoiqu’on puisse reconnaître, sur les côtés du tronc, en avant, les trois paires de pattes articulées sur au-

dé 2

sh dé née.

tant d’anneaux qui suivent la tête, et ces trois segments du tronc, qui viennent après la tête, sont généralement plus développés que les autres, soit en longueur, soit en largeur.

L’abdomen des larves est plus où moins allongé et dilaté, souvent courbé en dessous, quelquefois tronqué ou terminé par des crochets, par des épines ou des poils. Le tronc de ces larves est composé de douze ou treize anneaux ou articles, dont neuf sont percés latéralement de boutonnières à bords écailleux, qui sont les orifices des trachées et qu’on nomme des stigmates.

Les Coléoptères conservent, pour la plupart, pendant six mois ou une année, cette forme de larve, pour parcourir les diverses périodes de leur existence et changer de peau au fur et à mesure que leur corps grossit, quelquefois même pendant trois ou quatre années, tandis qu'à peine vivent-ils quelques semaines sous leur dernier état. Au reste, toutes ces différences tiennent à celle de la nourriture, chaque famille d’Insectes Coléoptères éprouvant des modifications qui ont été prévues, par suite du climat, des époques de l’année, de la qualité ou de la consistance des aliments et d’autres particularités dépendantes de l’ordre admirable qui préside à tout ce que nous montre la nature dans les rapports respectifs de ses innombrables productions. Ainsi, les larves des herbivores, comme celles des Chrysomèles, des Criocères, des Galéruques, prennent-elles tout leur accroissement en quelques mois, et c'est sous la forme d'œufs que l'espèce se continue et existe pendant l'hiver. D'autres, comme celles des Priocères, des Lamellicornes, des Térédyles, passent plusieurs hivers, sous la terre où elles s’engourdissent ; le plus souvent elles se nourrissent de racines, vivant dans l’inté-

Page 1