COLÉOPTÈRES HÉTÉROMÉRÉS EN GÉNÉRAL
ves sont des parasites qui vivent aux dépens d'autres insectes. Tous les autres Coléoptères hétéromérés ont les élytres durs, mais la forme de leurs antennes présentant des differences d’après lesquelles on a pu distribuer en petites familles les différents genres de ce sous-ordre : ainsi, quand ces antennes sont de même grosseur dans toute leur étendue, ou, comme on le dit, filiformes, souvent dentelées et plates, ou quand, au contraire, elles sont à articles arrondis globuleux. Les espèces qui ont les antennes filiformes sont divisées en deux familles, d’après la forme de leurs élytres. Dans les unes, comme chez les Nécydales, les OEdémères, ils sont rétrécis vers leur extrémité libre : de là a été tiré leur nom d’Angustipennes ou Sténoptères. Quand ces élytres sont larges, et qu'ils se joignent entre eux par une suture droite comme dans les Cistèles, les Pyrochres ou Cardinales, et puisqu'on a remarqué que tous ces insectes se trouvent et se développent dans les troncs des grands arbres, on les à nommés Sylvicoles ou Ornéphiles, ou vivant dans les forèts. D'autres Coléoptères hétéromérés, à élytres durs et à antennes grenues, ont le plus souvent ces étuis soudés et ils sont alors tout à fait privés d’ailes membraneuses, comme les Blaps, les Pimélies, cequi les met dans l'impossibilité de voler, et la plupart ne sortent que la nuit, et j'ai cru devoir tirer de cette habitude le nom de famille que je leur ai donné en les appelant Lucifuges ou Photophyges, fuyant la lumière. Tous les autres Hétéromérés se ressemblent par leur manière de vivre, mais ils ont des ailes veinées sous leurs étuis, dont elles peuvent s’écarter dans l’action de voler, et leurs antennes sont terminées par une masse allongée, comme on les trouve dans les Ténébrions proprement dits, et les Opatres
qui ont été rapprochés sous le nom de Ténébricoles ou Zygophiles.
Sixièmement enfin, si cette masse des antennes est composée d'articles tellement rapprochés qu’ils semblent former un globule d’une seule pièce, comme on s’est assuré que tous ces insectes se nourrissent de moisissures, de champignons, on les appelle Mycétobies où Fongivores. Tels sont les Bolétophages, les Diapères , les Cossyphes, les Hypophlées, etc.
Telles sont les six familles que nous avions introduites dans la Zoologie analytique, comme on les y voit établies sous le n° 130 de la page 213 et sous les mêmes noms; mais Latreille, en adoptant cette classification des Coléoptères d’après le nombre des articles aux tarses, qu'il désigne sous le nom de tribu des Hétéromères, la distribue en quatre grandes familles, auxquelles il donne des noms tout à fait différents de ceux que nous avions proposés. Ainsi, dans une première division qu'il appelle des Mélasomes, ce qui signifie corps noir, il range la plupart de nos Photophyges et de nos Lygophiles. — Dans celle des Zaxicornes, où à antennes en ifs, il place les genres chez lesquels ces organes forment une masse plus ou moins allongée et sont formés par des articles grenus : or ce sont là nos Mycétobies. Il rapproche ensuite, sous le nom de Sténélytres, nos Sténoptères et la plupart de nos Ornéphiles, dont les antennes sont en fil, souvent dentelées. Enfin il forme une quatrième famille, qu'il nomme celle des Z'rachélides ou à gros cou, comprenant la plupart de nos Épispastiques, en y adjoignant plusieurs genres que nous avions aussi placés avec les Ornéphiles, et tout cela en 1830, vingt-quatre ans après la publication de la Zoologie analytique, dont il n’est pas fait mention.