‹ Entomologie analytiqueChapitre 47 sur 204 · Genre OMOPHRON. (Latreille · texte numérisé non relu

Genre OMOPHRON. (Latreille

CaracTÈREs : Corps hémisphérique, a téte engagée dans le corselet, qui est de la largeur des élytres ; antennes de la longueur de la moitié du corps.

te

Fabricius, séparant du genre Carabe celui qu’il a nommé Scolyte, dénomination déjà employée par Geoffroy, avait produit une confusion. M. Latreille s’est servi pour ce genre du nom nouveau d'Omophron qui en grec, ouégeu, signifie

ayant des pensées cruelles, et avec cette orthographe éudppuv, étant du même avis.

COLÉOPTÈRES. CRÉOPHAGES. G. OMOPHRON. 29

Les caractères que nous venons d'indiquer suflisent pour faire distinguer ce genre d’abord de toutes les Cicindélètes , dont le corselet est plus étroit que les élytres; ensuite la forme générale du corps, presque hémisphérique, place cet insecte tout à fait en dehors de tous les autres Créophages, dont le corps est plus long qu'il n’est large. Lei, au contraire

: son contour arrondi semble rapprocher cette espèce de celles des Dytiques ou Nectopodes, qui ont d’ailleurs les tarses et les pattes plates en nageoires.

Les Omophrons se trouvent sur'les bords des rivières. [ls sont tres-agiles, ainsi que leurs larves qui se rencontrent dans les mêmes lieux. L'une des espèces a été observée plusieurs fois par nous sur les bords sablonneux de la Seine. Nous en avons trouvé une autre à Madrid, sur les bords du Mancçcanarès; nous l'avons fait figurer, et s’est la suivante.

1. Omophron à bandes. Omophron limbatum. est d’un jaune de rouille pâle, avec une tache sur le corselet et des bandes ondulées d’un vert bronzé sur

les élytres.

C'est l'espèce des environs de Paris.

2, Omophron varié. O. variegalum. Celui-ci est d’un jaune de soufre, avec des taches isolées d’une couleur verte très-pâle.

DEUXIÈME FAMILLE : LES NECTOPODES où RÉMITARSES.

[La famille des Necrorones, dont le nom signifie pattes propres à nager : de vnerés et de rod6s, pattes, ou, suivant l'expression latine francisée Rémitarses, c'est-à-dire tarses en forme de rames, constitue véritablement une réunion

naturelle parmiles Coléoptèeres pentamérés créophages. Tous les insectes qu'elle comprend ne se nourrissent que de petits animaux, sous leurs deux états de larves et d'insectes parfaits. [ls sont forcés de vivre dans l’eau, par la conformation de leurs membres, car leurs pattes et surtout leurs tarses sont aplatis, en forme de palettes, souvent bordés de cils ou de poils roides qui, en augmentant leur étendue, leur font offrir ainsi une surface plus considérable. Fa forme générale de ces insectes est adaptée à leur genre de vie; ils sont le plus souvent ovales ou ovés, et ordinairement un peu déprimés. Leurs élytres sont lisses, ainsi que toute la partie inférieure du corps; plusieurs femelles, cependant, offrent quelques sillons sur la longueur des étuis, et les màles ont alors les pattes de devant terminées par des tarses dont les articles élargis forment une sorte de patelle au de ventouse qui peut adhérer fortement à ces élytres au moment de la procréation.

Les larves de cette famille quon a pu observer sont allongées et vivent aussi dans les eaux douces, le plus souvent dans les étangs, ou les ruisseaux dont le cours est peu rapide ; elles attaquent les animaux, suivant leurs forces ; mais elles viennent subir leur métamorphose sur les bords et dans la vase humide. Peu d'insectes sont pourvus d'autant de moyens actifs pour subvenir à leurs besoins. Sous leur dernier état, ils ont la faculté de se transporter dans l'eau et à sa surface, comme des bateaux submersibles à volonté; s'élever en l’air et y voler longtemps et rapidement pour accomplir l'acte de la propagation de leur race dans les lacs, les fossés et les mares qui ne communiquent pas avec d’autres eaux. Îls peuvent anssi marcher, quoique péni-

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blement, sur la terre; de sorte qu’ils nagent, plongent, volent et parcourent les espaces solides; mais c’est la faculté de plonger et de rester longtemps sous l’eau qu'ils manifestent à un très-haut degré, en venant, le corps renversé, ou placés sur le dos, humer dans l'atmosphère l'air qui sert à leur respiration. Ils entraînent ainsi avec eux une certaine quantité de ce fluide gazeux sous leurs élytres qui deviennent une sorte de cloche à plongeur, afin d'en absorber, suivant leurs besoins, quelques portions au moyen des stigmates situés vers le dernier segment de leur abdomen. Cette particularité d'organisation est très-remarquable chez ces insectes.

Les quatre genres principaux que nous avions d’abord inscrits dans cette famille ontété, depuis, subdivisés en plusieurs autres, Comme nous aurons occasion de le dire bientôt. Les auteurs les plus modernes les ont rangés en deux familles, malgré leur grande analogie de formes et de manière de vivre, sous les nomsde Dytiscides et de Gyrinides, principaux groupes en effet de la classification dont nous donnons ici le tableau synoptique tel qu'il a été publié en 1806, dans la Zoologie analytique.

DEUXIÈME FAMILLE : LES NECTOPODES ou RÉMITARSES.

CaraCTÈRES : Coléoptères penlamérés ; à élytres couvrant tout le ventre; à antennes en soie ou en fil, non dentées ; à tarses natatoires.

{ plus courtes que la tête; quatre yeux distincts. .......... ... 4 TouRNIQUET |ANTENNES libres, distinctes... 2 Hypaypre.

bossu, hanches postérieures

| longues ; corps | couvertes d’une lame 3 Hazipse.

| aéprimé ou aplati; sternum pointu..... .... 4 Dvrique.

Quoique cette famille ne comprenne que quatre genres, on y a réuni un assez grand nombre d’espèces sous les deux types principaux qui sont ceux que notre tableau synoptique indique dans sa première division dichotomique. En adoptant cette famille que Latreille nomme une tribu, il n'emploie pas le même nom que nous, il a préféré celui que Moufet et Raï avaient donné aux Scarabées d’eau, /ydrocanthares, et il l’a fait suivre par l’ordre des Carnassiers dans lequel il le comprend, comme formant une troisième tribu, qu'il partage en deux genres principaux, « les Dytiques, » comme il les nomme, qu'il subdivise en cinq autres sousgenres sous les noms d'Hygrobies, Colymbètes, Hydropores, Notères et Haliples, et en Gyrins ou Tourniquets. Les trois genres dont les noms ne se trouvent pas inscrits dans le tableau qui précède, ont été établis, soit parce qu’on a reconnu un moindre nombre d'articles à leur tarse antérieur, dont le premier est en effet petit ou caché; soit parce que les yeux sont plus ou moins saillants ou globuleux, soit enfin parce que le corps est plus ou moins bombé, et que ses dimensions varient pour la largeur. Nous indiquerons ces particularités en traitant des genres Hyphydre et Haliple.

Cette famille établit le passage le plus naturel, ou une liaison évidente avec celle des Créophages. Ce sont réellement des Carnassiers aquatiques, sous les deux états de larves et d’insectes parfaits. Leur conformation , ainsi que leur structure intérieure sont appropriées à leur genre de

vie.

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