‹ Entomologie analytiqueChapitre 48 sur 204 · GENRE DYTIQUE. DYTISCUS. (Linné · texte numérisé non relu

GENRE DYTIQUE. DYTISCUS. (Linné

CaRACTÈRES : Coléoptères pentamérés ; à antennes en soie, non dentelées ; à élytres couvrant entièrement le ventre : à . \ tarses aplatis, propres à nager.

Ce nom, que Linné a emprunté du grec dérns, signifie plongeur, wrinator, qui aquas subit. On ne comprend pas pourquoi tous les auteurs, à l'exception de Geoffroy, ont fait suivre la lettre s, en écrivant Dytiscus au lieu de Dytique; c’est cependant cette orthographe fautive qui a fait inscrire le nom de

Dystiscides comme celui de cette même"famille dans les ouvrages d’entomologie de ces derniers temps. Linné rangeait toutes les espèces de Coléoptères organisés pour vivre sous l’eau en deux sections; ceux dont les antennes se terminent par une petite masse, qui sont nos Hydrophiles ; et ceux dont les antennes sont en soie: ils ne formaient qu’un seul genre qu’on a ensuite subdivisé.

Les Dytiques ont les antennes plus longues que le corselet; leur corps est ovale, déprimé et le sternum un peu avancé. D'après ces caractères, il est facile de les distinguer, d’abord des Gyrins ou Tourniquets, dont les antennes sont plus courtes que la tête, et dont les veux sont, de chaque côté, séparés par une ligne saillante qui semble, en effet, en faire quatre yeux distincts, puis des Hyphydres, des Colymbètes, Hygrobies, Hydropores, Haliples et de beaucoup d’autres subdivisions établies sur des caractères peu importants,

tirés de l'apect général du corps, de l’apparencedes tarses, etc.

La forme générale du corps des Dytiques indique par avance leurs mœurs, car il est plat, ovale, en bateau, lisse et comme huilé, pour que l’eau ne le mouille pas. Souvent les femelles ont une disposition particulière des élytres qui sont alors marqués de sillons plus ou moins profonds à leur base, afin que les mâles puissent s’y accrocher et s’y retenir dans l’acte de l’accouplement, ceux-ci ayant également dans les tarses antérieurs une dilatation très-remarquable qui leur permet d'y adhérer.

Il y a des Dytiques de dimensions très-diverses, depuis 0,005 jusqu'à 0,040. Ce sont, comme nous l'avons dit, des insectes qui se nourrissent de petits animaux en les dévorant ou en les déchirant avec leurs mâchoires tranchantes ; leur bouché est munie de six palpes ou barbillons, et leurs antennes sont en soie. Îls poursuivent leur proie avec acharnement, en particulier les petites larves, les Hydrachnes et beaucoup d’autres insectes aquatiques, qui font leur seule nourriture sous leurs deux états actifs.

Quoique les Dytiques vivent habituellement dans l'eau, on les trouve quelquefois sur la terre; mais ils y sont beaucoup moins agiles, à cause de la disposition et de la forme de leurs tarses aplatis, en manière de rames, ayant en outre les hanches postérieures très-élargies et réunies entre elles pour que les efforts de la natation produits par leurs longues pattes postérieures puissent transmettre le mouvement, résultat de la résistance de l’eau, et se reporter vers l'axe longitudinal du tronc, tandis que les pattes moyennes ou intermédiaires sont très-rapprochées de celles qu'on peut nommer prothoraciques.

COLÉOPTÈRES. NECTOPODES. G. DYTIQUE. 01 Séjournant dans l'eau, ces insectes sont obligés de venir respirer l'air vers la surface. Comme nous l'avons dit, ils semblent y prendre un peu d’air atmosphérique en opérant le vide entre les élytres et la région dorsale de l'abdomen qui s’en éloigne. C’est une sorte de pompe pneumatique qui attire et emprisonne une certaine quantité d'air que l’insecte entraîne avec lui au moment où il plonge afin de pouvoir la respirer à son aise, à l'aide des stigmates terminaux de son ventre, où aboutissent les orifices principaux de ses trachées.

On trouve ces Coléoptères dans les eaux douces, principalement quand elles sont très- peu courantes et mème stagnantes. Îls ne sortent guère de l'eau que le soir pour changer d'habitation. C'est ce qui fait qu'il s’en trouve bientôt dans les étangs artificiels qui ne communiquent avec aucune rivière, comme dans les grands fossés creusés nouvellement et même dans les trous pratiqués au milieu de certains marais pour en extraire la tourbe, ou dans les carrières profondes d’ardoises exploitées à ciel ouvert, où nous en avons rencontré.

Les Dytiques proviennent de larves allongées, nues, formées de douze segments, dont la tête est libre, déprimeée, et porte six ocelles, distribués sur deux lignes transversales avec de très-petites antennes ; les mandibules portent des crochets très-acérés; leurs pattes sont assez développées, garnies de deux ongles; l'abdomen se termine par des segments coniques, dont le dernier porte deux franges branchiales. Ces larves sont très-voraces; quand elles ont acquis toute leur croissance, elles se retirent sous le terrain non submergé, pour s'y transformer en nymphe, et le

plus ordinairement c'est sous cet état qu'elles passent l'hiver.

M. Aubé a donné en 1838, sous le titre de Species général

des Hydrocanthares et des Gyriniens, une très-bonne monographie de ce genre, ou plutôt de cette famille, qui correspond à celle des Nectopodes ou à nos Rémitarses.

pen

Les principales espèces du genre sont les suivantes :

. Dytique très-large. Dytiscus latissimus. Il est noir, avec le bord exté-

“eur des élytres dilaté, portant une raie jaune; le corselet est cendré en dessous.

Cette espèce se trouve rarement aux environs de Paris; mais nous l'avons souvent observée dans le nord de la France. La femelle a ses élytres sillonnés. Dans les deux sexes, le ventre est d’un brun rougeître.

Dytique de Roësel. D. Roeselii. Brun, à reflet verdâtre; les élytres du mâle portent des lignes de points enfoncés; les bords du corselet sont jaunes, ainsi que ceux des élytres, qui ne s’élargissent pas en arrière.

On en fait un genre sous le nom de Cybister, nom grec qui signifie sauteur ou nageur.

Dytique sillonne. D. sulcatus. Cette espèce, que Geoffroy a décrite conime étant la femelle de celle qui a une bande au milieu de son corselet jaune, a été cependant distinguée par Fabricius, à cause des dix lignes longitudinales enfoncées qu’on voit sur ses élytres.

. Dytique strié. D. striatus. Brun; corselet jaunâtre, avec une bande noire;

les élytres sont finement striés en travers.

On connaît maintenant près de cent espèces de ce genre. Geoffroy en avait décrit quinze, et Fabricius quatre-vingt-six. Ceux que Geoffroy a inscrits l'ont été, probablement par erreur de l’imprimeur, comme n'ayant pas ly grec, sous le nom de Ditique; quoique l’auteur ait corrigé l'orthographe de Linné, en faisant remarquer que c'était à tort que quelques modernes l’ont appelé Ditisque, il a laissé lui-même l’i simple au lieu de l’y grec, et la lettre s qui était inutile dans le motlatin.

COLÉOPTÈRES. NECTOPODES. G. HYPHYDRE. 50 18. Gewre HYPHYDRE. HYPHYDRUS. (Iliger.)

CaRACTÈRES : Coléoptères pentamérés, à tarses aplatis, cils; à antennes longues ; corps bossu, à hanches postérieures libres et distinctes.

L'étymologie de ce nom de genre est tirée de la manière de vivre de ces insectes, elle indique vaguement leur existence habituelle sous ou dans l’eau, de ir et de idwe.

La synonymie actuelle des espèces de ce genre offre quelques difficultés, parce qu'on les a réunies en une douzaine d’autres genres.

sous des noms de tribus comme celles des Hydroporites ; des Haliplides, des Colymbétides, ete. ete.

Avant l'établissement d’un genre sous le nom d'Hydrachne par Fabricius, dont Latreille a fait celui des Hygrobies. j'avais réuni dans ma Zoologie analytique toutes ces petites espèces de Dytiques à corps bossu, ové, dont les hanches sont à nu ou découvertes à leur base, sous ce nom général d'Hyphydre ; mais Latreille a cru devoir les séparer d'après l'examen des parties de la bouche, surtout parce que les Hygrobies ou les Hydrachnes ont un écusson.

Par le fait, ce sont de petits Dytiques à corps bombe, mais ils n'ont pas d’autres mœurs ou des métamorphoses différentes de celles des autres Nectopodes.

Nous n'avions d’abord inscrit que quatre espèces dans ce genre, parce qu'elles se trouvent à Paris, ce sont :

1. Hyphydre déprime. Hyphydrus depressus. I est jaune; il n’a pas d'écus-

son à la base des élytres, qui sont d’un brun foncé, avec des taches

allongées, irrégulières , et des stries de points enfoncés.

2. Hyphydre inéqal. H. inæqualis. Il ressemble beaucoup au précédent , mais les élytres sont noirs, et leurs bords sont d’un jaune rouillé, avec de petites taches irrégulières de même couleur.

3. Hyphydre six-pustules. H. sexpustulatus. Il est noir; la tête est jaunâtre ; les élytres ont chacun trois taches rousses, dont celle de la base est la plus grande; la tête et les pattes sont fauves.

4. Hyphydre granulaire. H. granularis. Il est noir aussi; mais ses élytres ont deux lignes jaunâtres et une bande semblable sur le corselet. C’est une des plus petites espèces.

On pourrait inscrire ici l'Hydrachne que Fabricius avait inscrit parmi les Dytiques, dont on a fait depuis le genre Pelobius, parce que la tête est complétement dégagée du corselet. C'estun insecte que Latreille avait placé dans le genre Hygrobie; telle que l'espèce dite d’Æermann, H. Hermanni.

Son corps est noir en dessous et très-bombé; les jambes sont ciliées en dedans et en dehors; la tête, le thorax et la base des élytres sont Jaunes.

Il'est assez commun dans nos petits ruisseaux, fort agile et tres-vorace.

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