Genre TOURNIQUET. GYFRINUS. (Geoffroy
CaRAcTÈRES : Coléoptères pentamérés nectopodes, à corps ovale, bombé, mais plat en dessous ; à antennes très-courtes, non dentelées; les yeux latéraux, séparés chacun en deux portions; tarses moyens et postérieurs plats en nageotres ; les pattes antérieures à articles allongés.
Tous ces caractères séparent en effet les Tourniquets des autres Coléoptères pentamérés : des Brachélytres, dont les élytres ne couvrent guère que le quart de la longueur de l’abdomen, des
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Apalytres qui ont les élytres mous; des Hélocères, Pétalocères, Priocères et Steréocères dont les antennes sont en masse bien distincte, solide, lamellée ou perfoliée; des Térédyles, dont le corps est cylindrique allongé; des Sternoxes qui ont le sternum pointu et les antennes dentelées, et enfin des Créophages dont les tarses sont ambulatoires et non aplatis en nageoires,
Quelques auteurs, et en particulier Olivier, ont adopté le nom de Gyrin en français pour éviter la différence des deux dénominations, car le nom introduit d'abord par Geoffroy est tiré du grec yvpeo, et signifie je tourne en rond, cércumeo, et par ce terme de Tourniquet il a voulu exprimer l’une des habitudes les plus remarquables des insectes de ce genre qu'on peut observer constamment à la surface des eaux tranquilles, où ils nagent le corps émergé et décrivant des courbes et des cercles avec une grande rapidité.
Les caractères essentiels des Tourniquets sont nombreux et suffiraient pour en former une petite famille, ainsi qu'on l’a fait dans ces derniers temps pour la subdiviser en huit petits genres, la plupart étrangers à l'Europe, tout à fait ditférents des autres Coléoptères qui ont cinq articles aux tarses.
Voici ces caractères détaillés :
Antennes excessivement courtes, un peu en croissant, ou presque de même grosseur de la base à la pointe; n'ayant que la moitié au plus de la longueur de la tête; quatre yeux arrondis, deux en dessus plus petits et plus plats, deux en desous plus gros, plus convexes, séparés entre eux par une ligne saillante de substance cornée ; pattes de devant trèsalongées et tarses à cinq articles distincts, arrondis et à deux crochets parallèles ; pattes postérieures et moyennes cour-
COLÉOPTÈRES. NECTOPODES. G: TOURNIQUET. 307 tes, dépassant à peine la longueur, et même la largeur du corps, à tarses aplatis, dont les articles sont peu distincts.
A l’aide de ces notes, il est impossible de confondre les Tourniquets avec aucun autre Coléoptère. Ceux avec lesquels ils pourraient avoir quelque analogie de formes et d'habitudes seraient d’abord les différents Nectopodes, voisins des Dytiques, mais dont les antennes sont en soie et excèdent la longueur dela tête et même du corselet; puis les Hydrophiles et quelques genres dont ceux-ci sont voisins, et ont les antennes en masse bien distincte, car elle est portée sur un pédicule plus grêle.
Les Tourniquets sont en général de forme ovale; beaucoup plus larges qu’épais; la tête, le corselet et les élytres forment une petite masse continue dont les régions ne sont réellement pas mobiles les unes sur les autres. Les quatre veux, dont nous avons déjà parlé, fournissent un caractère des plus singuliers par leur disposition et par le double but auquel ils sont sans doute destinés ; ils semblent analogues à ceux du poisson que l’on nomme Anableps tetrophthalmius. IL paraîtrait que les yeux inférieurs serviraient à donner connaissance à l’insecte de l’apparition des poissons voroces, ses ennemis, et des autres dangers qu'il doit éviter dans l’eau, tandis que les yeux supérieurs peuvent l'instruire de la présence dans l'air des Hirondelles et des divers oiseaux insectivores , au bec desquels il se soustrait en plongeant; comme il esquive la poursuite des poissons en s’élaneant dans l'air où bientôt il se soutient par le mouvement de ses ailes.
La disposition très-singulière des pattes est aussi d'accord avec les habitudes des Tourniquets, les antérieures ayant au moins le double de la longueur des autres, et en étant
fort éloignées, deviennent comme inutiles à l'insecte dans la plupart de ses mouvements dans l’eau. Alors, ces pattes sont reçues ou logées dans une rainure profonde pratiquée sous les parties latérales de la poitrine avec la cuisse et la jambe tellement aplaties qu'à peine forment-elles une légère saillie dans cette région. Les pattes postérieures et moyennes sont véritablement conformées en rames, et les tarses qui les terminent sont en outre garnis de cils ou de poils roiïdes et mobiles, de manière à pouvoir se rapprocher pour former une sorte de palette présentant plus de surface à la lame qui doit frapper l’eau.
l'abdomen dépasse un peu l'extrémité libre des élytres qui paraissent comme tronqués. On y distingue en outre deux petits appendices ou tubercules par lesquels suinte une humeur blanchatre d'appa rence laiteuse. C’estune sorte d’émulsion huileuse, probablement destinée à lubrifier la surface du corps et à la rendre imperméable à l’eau. Cette humeur porte une odeur désagréable, et probablement elle a de la saveur. C’est peut-être un moyen dont la nature a pourvu ces insectes, afin qu'ils puissent ainsi exciter quelque répugnance, ou dégonter les animaux, afin de se soustraire à leur voracité. On a remarqué, en outre, que lorsque l'insecte est tiré de l’eau et qu'il pose sur la terre, il exécute de petits bonds pour s'échapper, en faisant arcbouter l'extrémité du ventre sous l'extrémité libre des élytres, puis en se débandant comme un ressort, pour s'élever à une certaine hauteur, pouvant ainsi parcourir successivement de petits espaces en sautillant.
Une particularité importante à mentionner, est la suivante : lorsque les Tourniquets prennent le parti de plonger, n'ayant pu se soustraire aux dangers qui les poursuivent
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dans l’atmosphère, leur corps, enveloppé et comme séche par l'air, en entraîne avec lui une certaine portion. On voit alors une petite bulle, simulant un globule argentin adhérente à l'extrémité du ventre, dont le brillant dénote bientôt sa présence, à l'endroit où l'insecte s'attache au moyen de ses longues pattes antérieures fixées à la tige on aux feuilles des plantes submergées, afin que la légèreté spécifique de son corps ne le relève pas à la surface du liquide.
Sous l’état parfait, les Tourniquets sont eux-mêmes carnassiers ; ils poursuivent à la superficie des eaux et ils dévorent tout vivants les Podures et les autres petits insectes qui y tombent ou qui y viennent respirer, telles que Îles larves et les nymphes des Cousins, celles des ‘Fipules, les Hydrachnes on Araignées d’eau. Ils sont le plus souvent réunis en sociétés nombreuses d'une vingtaine qui se meuvent tous ensemble avec la plus grande rapidité, sans s'accrocher les uns aux autres dans les tourbillons rapides que représentent leurs évolutions gyratoires.
De Geer, tome IV, pl. x, et divers entomologistes ont fait connaître l'histoire de leurs métamorphoses. L'accouplement a lieu à la surface de l'eau; Îles grandes pattes des mâles, dont les tarses sont larges et un peu veloutés en dessous, leur servent à se retenir sur le corps des femelles. [ls sont en général plus petits, et restent ainsi réunis, la femelle nageant pour tous deux. Celles-ci pondent leurs œufs sur les plantes ou sur les pierres submergées. Ces œufs sont allongés en cylindre, d'un blanc jaunâtre. Il en sort de petites larves vermiformes, que l'on a comparées et prises souvent pour de jeunes Néréides, ou de petites Scolopendres, voisines des Polyxènes, parce qu’elles ont sur les côtés des franges qui
sont très-probablement des houppes branchiales, telles qu'on en observe dans beaucoup d’autres larves d'insectes aquatiques. Quand ces larves ont acquis leur entier développement, elles quittent l’eau et elles grimpent sur les feuilles des roseaux ou des autres plantes naïades ; et là, elles se construisent une sorte de coque que l’on a comparée à du papier gris, pour la matière filamenteuse et la couleur. C’est dans cette enveloppe que l’insecte revêt la forme de nymphe : molle d'abord, elle prend bientôt plus de consistance, et il en provient enfin un insecte ailé semblable à ses parents.
Telle est l'histoire générale des Tourniquets. Les espèces que l’on trouve aux environs de Paris sont au nombre de quatre ou cinq; elles sont généralement de petites dimensions, de 5 à 7 millimètres au plus; mais dansles pays chauds, aux Indes, en Amérique, il y a des espèces qui atteignent jusqu'à un centimètre et demi. On a inscrit dans cette tribu des Gyrinides, comme on l’a appelée, plus d’une centaine d'espèces subdivisées en sept genres, sous des noms divers : Enhydrus, Gyrinus, Dineutes, Porrorhyncus, Gryretes, Qrectochilus, Patrus.
Voici l'indication des espèces que nous avons pu ob-
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1. Tourniquet nageur. Gyrinus natator. D'un noir foncé, poli en dessus et brillant, avec des points enfoncés distribués en lignes sur la longueur des élytres ; les pattes päles. C’est l'espèce la plus commune, décrite et figurée par Geoffroy, t. I, pl. ur, fig. 3; elle n’a que 0,003 à 0,004.
2. Tourniquet bicolore. G. bicolor. Il est d’une teinte verdàtre bronzée en dessus, de couleur de rouille en dessous ; ses élytres sont striés ; il est encore plus petit que le précédent.
COLÉOPTÈRES. BRACHÉLYTRES. 311 3. Tourniquet strié. G. striatus. D'un vert gris, brillant, à élytres Sfriés et bordés de jaune, ainsi que le corselet ; abdomen noir, pattes jaunes. Nous l’avons trouvé à Amiens : on la aussi rapporté d'Espagne.
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Tourniquet velu. G. villosus. Noir en dessus, couvert d'un duvet grisätre qui n’empêche pas le brillant, car il est soyeux; jaune en dessous. Nous l'avons aussi trouvé à Amiens ; il avait été recueilli en Prusse par Kügelann.
On en a fait le genre Orectochilus (Lacordaire). 5. Tourniquet austral. G. australis. Nous citons cette espèce, quoiqu'elle soit étrangère à l’Europe, parce qu'elle atteint près de 2 centimètres. Elle est d’un vert bronzé, brillant, poli; les élytres sont rehordés, dilatés, tronqués et terminés par deux pointes en arrière. C’est le genre Porrorhynceus (Castelnau).
TROISIÈME FAMILLE : LES BRACHÉLYTRES ou BRÉVIPENNES.
Les Coléoptères réunis sous ce nom de famille ont einq articles aux tarses; ils sont surtout remarquables par leur forme allongée et étroite, particulièrement dans la région du ventre, dont les segments, légèrement déprimés, solides, restent tout à fait écailleux sur toute la circonférence. Leurs elytres durs , toujours très-courts, souvent tronqués , ne recouvrent guère que le tiers du dos, quoiqu'ils protégent les ailes membraneuses. Les antennes à articles distincts et un peu arrondis, vont le plus souvent en augmentant de grosseur vers l'extrémité libre.
Je crois devoir insister ici sur ce nom de BRACHÉLYTRES que j'ai le premier proposé pour indiquer la brièvetée des ailes supérieures qui semblent avoir été raccourcies et comme
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tronquées. Ce terme est formé de deux mots grecs, l'un; Boayis, peut être traduit par court, exigu, raccourci, et l’autre urpov, élytre, gaîne ou aile supérieure : expression que nous avons cherché à rendre dans notre langue par le mot latin francisé, Brévipennes, brevipennia, toujours comme adjectif du nom de l’ordre des Coléoptères (1).
Cette famille est une des plus connues; elle comprend essentiellement toutes les espèces du genre Staphylin, de Linné. Aussi les auteurs modernes qui n'ont pas voulu adopter le nom de Brachélytres, ont-ils donné à cette famille celui de Staphylinides où de Staphyliniens. Trois auteurs systématiques principaux ont publié de très-savantes monographies de ce groupe. Paykull, en 1789, pour les Staphylins de la Suède; Erichson, sur les genres et les espèces de Staphylins, en 1840; et dans ces derniers temps MM. Lacordaire et Jacquelin Duval,'sur les genres de cette famille dans laquelle ils ont décrit plus de six cents espèces distribuées en plus de cent genres, dont des individus ont été observés en Europe. Schœæpffer, dans ses Éléments d’entomologie, en 1766, en avait fait une classe particulière à laquelle il avait assigne le nom de Microptères auquel nous avons préféré celui de
(1) M. Latreille, qui a employé ce nom pour la première fois en 1817, suppose qu’il a été introduit par Cuvier, mais il est certain que dans le tableau du Règne animal ce nom ne se trouve pas, et que c’est moi, en particulier, qui l'ai inséré dans le grand tableau imprimé à la fin du premier volume des Leçons d'anatomie que j'ai rédigées, et qui se trouvait.déjà en titre de ma vingt et unièmefamille, page 409 du petit volume manuscrit déjà cité dont les pages ont été paraphées par le secrétaire de la Société philomathique sous le n° 414, en octobre 1801 (3 brumaire an IX), et par conséquent il y a cinguante-huit ans.
COLÉOPTERES. BRACHÉLYTRES. 313 Brachélytres, parce que les élytres seuls sont raccourcis, tandis que les ailes membraneuses sont assez longues.
Le corps des Brachélytres est surtout remarquable parce qu'étant principalement étendu en longueur, l'abdomen en constitue presque seul les trois cinquièmes, et quoique ce ventre soit réellement un peu déprimé ou plus large que SION
dorsale, ce qui est rare chez les Coléoptères. Chacune des
haut, les anneaux en sont solides ou cornés dans leur ré
parties constituantes du corps, la tête, le corselet et même tous les segments de l'abdomen offrent, le plus souvent, une sorte de rétrécissement dans leurs articulations. La tête est convexe du côté du crâne, mais plate en dessous, où bien, quoiqu'’elle soit arrondie, elle varie pour la forme. Sa largeur, comparée à celle du corselet, n'étant pas la mème dans les deux sexes. Les antennes, presque toujours composées de douze articles, dont le second est le plus long, sont d’abord filiformes, mais ensuite leurs articles vont successivement en augmentant de largeur vers la pointe, et leur longueur varie aussi d’après le sexe de l'individu.
Le corselet ou prothorax, toujours indépendant ou libre, est généralement rebordé surtout en arrière, où l'on voit une petite ligne élevée. Il est convexe en dessus, excepté dans les espèces ou dans certains sous-genres dont le corps est très-aplati. Sa longueur et sa largeur respectives varient beaucoup. Il en est de cireulaires, d'ovales plus ou moins allongés, de transverses, de carrés, de globuleux; d'autres sont en cœur ou en fuseau.
Les élytres offrent aussi de nombreuses modifications, En général, ils sont quadrilatères; mais leur largeur excède rarement leur longueur, quoique ces étuis se touchent par la
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suture; ce bord médian est souvent moins long que l’externe qui est toujours rebordé ou plié en dessous sur la poitrine qu'il embrasse. Les ailes membraneuses sont longues et larges, et cependant elles se replient presque entièrement sous les élytres; elles sont articulées, ou coudées, formant un angle qui s'étend comme par le ressort d’un tendon élastique ; elles offrent trois lignes ou veines saillantes.
L'abdomen est allongé, convexe, comme nous l'avons dit, sur ses deux faces principales qui sont cornées, particularité caractéristique. Il est composé de sept à huit segments, dont le dernier est souvent un peu aminci, quelquefois mousse, suivant le sexe. Dans le plus grand nombre des espèces, il sort, pendant la vie, sur les bords du cloaque, deux glandes ou tubercules mous, qui s'érigent, et dont la couleur varie du blane au jaune plus ou moins foncé, quelquefois rougeâtre ou aurore. Ces appendices tuberculeux semblent sécréter ou laissent exhaler une vapeur provenant d’un liquide dont l'odeur est plus où moins acide, et souvent pas trop désagréable.
Les pattes antérieures sont toujours plus courtes que les autres, elles sont aussi plus grêles. Les hanches varient ; elles sont ovales le plus souvent, et la cuisse est munie, de même que dans les Créophages, d'une petite rotule ou, comme on le dit, d’un trochanter à sa base. Les jambes sont courtes, ‘un peu courbes, garnies, le plus souvent, de soies ou de petites épines du côté des tarses, sur lesquels il n'est quelquefois pas facile de reconnaitre les cinq articles , dont un ou deux sont si grêles qu'ils paraissent manquer ; et cette particularité a fait ainsi ranger certaines espèces
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dans d’autres coupes génériques. Presque toujours les tarses sont terminés par deux ongles crochus.
On rencontre les Brachélytres dans tous les lieux humides, le plus souvent sous les cadavres, dans le fumier, les champignons, en général partout où des corps organisés se décomposent; certaines espèces seulement se trouvent sur les terrains arides, si quelques touffes d'herbes peuvent leur servir d’abri; car ceux-ci vivent essentiellement de rapines, de larves, de petits Lombrics. On rencontre rarement diverses petites espèces sur les fleurs. Leurs larves offrent des particularités analogues dans leur genre de vie en conservant à peu près les mœurs de leurs parents. Leur corps est composé d’une douzaine de segments presque égaux entre eux; cependant les trois premiers du côté de la tête, qui représentent les diverses régions du thorax, portent des pattes plus courtes et sont moins bien développées ; leur tête diffère peu de celle de l’insecte parfait.
La nymphe ressemble à toutes les nymphes de Coléoptères ; elle laisse distinguer, sous un épiderme transparent, les formes de l’insecte qu’elle représente, mais dans un grand état de mollesse, les organes prenant peu à peu de la consistance et des couleurs.
Il nous est impossible de faire connaître tous les genres et sous-genres, au nombre de plus de cent trente, que M. Lacordaire et les auteurs modernes ont établis dans leurs monographies, car ils renferment aujourd'hui près de deux mille espèces. Nous citerons pour exemple l'analyse des divisions que Gravenhorst a proposées dans son Histoire des Microptères, qu'il a partagés en quatorze genres principaux. Il considère d’abord dans les organes de la bouche, les palpes antérieurs
ou maxillaires, suivant : 1° qu'il y a trois articles, où 2° qu'il y en a quatre. Voilà le point de départ. La première division porte pour caractères : si le dernier article des antennes est cylindrique, ce sont les Callicères ; si cet article est ovale, l’auteur revient alors à l'examen des palpes; quand le dernier article est ové, il suffit pour indiquer le genre Stène ; s'il est pointu, c'est le genre Pédère, Dans la seconde division, quand les articles des antennes sont inégaux, c’est le genre Oxypore. Si ces segments sont égaux entre eux, on arrive à deux grandes sous-divisions. Dans l’une, les articles sont ovés et tantôt le corselet est arrondi en arrière, comme dans le genre Staphylin, ou bien ce corselet est comme tronqué du côté des élytres, et alors, quand les antennes sont filiformes, avee un corselet en cœur, c’est le genre Ænthophage. S'il est carré, c’est le genre Pinophile. Quand les antennes sont plus grosses à leur extrémité libre, on remarque que tantôt le corselet est bordé, comme dans le genre Omalie, où non bordé, c'est alors le genre Tachys. Enfin, dans cette même seconde division, les antennes sont en rondache ou sécuriformes, comme dans le genre Æstrapée, ou elles sont grêles et pointues avec le corselet allongé: tels sont les Zathrobies ; ou le corselet est court, en même temps que les jambes sont lisses, comme chez les Æléochares. Quand ces jambes sont épineuses et le corselet lisse, ce sont des Z'achypores: Lorsque le corselet porte un enfoncement, c’est alors le genre Oxytèle. Nous ne porterons pas plus loin cette analyse. On voit combien est difficile et arbitraire cet arrangement établi seulement d'après un système donné, par une sorte de hasard, en rangeant les espèces qu'on à pu rapprocher les unes des autres d'a-
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près leur analogie apparente, afin de trouver ensuite ‘des caractères arbitraires.
La plupart des auteurs ont agi à peu près de mème. Nous n'avons pu adopter tous ces genres; mais, à l'occasion, nous indiquerons, en traitant des espèces, celles auxquelles on à assigné un autre nom de genre que celui dans lequel nous les avons placées : d’abord parce que leurs caractères ont été en général tirés des parties de la bouche qui, dans ces insectes, sont’ très-peu développées; et ensuite parce que les autres considérations ne portent pas sur des modifications assez importantes dans les formes ou les habitudes pour en faire une grande et utile distinction.
Nous n’introduisons que six genres dans cette famille, et nous allons présenter les principales notes distinctives qui peuvent conduire à une description plus complète et plus utile des caractères que l'on trouvera dans chacun des genres dont le nom est inscrit dans le tableau analytique suivant.
TROISIÈME FAMILLE : LES BRACHÉLYTRES ou BRÉVIPENNES.
CaraCTERES : Coléoplères pentamérés, à élytres durs, ne courrant pas tout le ventre;
antennes moniliformes, ou à articles arrondis, grenus.
globuleux rendant la tête large en travers. ......,,....,,............... 3: STÈNE.
Les Yeux renflés; à He
courtes; corselet
\uon globuleux; palpes | sessile.... 5 Foxcivore.
simples; élytres cachant le ventre!
à la moitié...... 1 Srapaxuin.
De Bouydc, court, et de ékuroov, élytre.
saillantes avancées. ......., Oxvrore.
| globuleux. 6 PénÈre,
[aux trois quarts.. 2 LEsrÈvE.
Avant de procéder à l’étude des genres rapportés à cette famille, il est important de dire que beaucoup de petits Coléoptères ont absolument l'apparence, les formes et les allures des Brachélytres. Ils sont tous excessivement petits et ils différent essentiellement des genres précédemment indiqués par le nombre des articles dont leurs tarses sont composés. Aussi, la plupart des auteurs les ont-ils placés à la fin de l’ordre des Coléoptères, comme formant une petite famille à laquelle ils ont donné le nom de Psélaphiens, emprunté de celui de l’un des genres principaux. Cette distinction est établie d'après le nombre singulier des articles des tarses qui, tantôt n'est que de deux et tantôt d’un seul. M. Aubé, qui, en 1853, a publié une monographie de cette famille nombreuse de petits Coléoptères exigus, y à introduit trois genres dont la place pourrait être parmi les Dimérés et les Monomérés. C'est en raison du petit nombre de ces articles aux tarses que nous les nommons aujourd’hui Coléopteres oligomérés ou paucitarses.