‹ Entomologie analytiqueChapitre 51 sur 204 · GENRE STAPHYLIN. STAPH YLINUS. (Linné · texte numérisé non relu

GENRE STAPHYLIN. STAPH YLINUS. (Linné

CaracrÈRes : Coléoptères pentamérés à élytres très-courts, durs, ne courant qu'une très-petite partie du ventre, dont les anneaux solides se recourbent ow peuvent se relever

en dessus ; & antennes grenues, en chapelet.

Le nom de Staphylin est tout à fait grec, nous le trouvons dans Aristote, liv. VII, ch. xxiv, Srapôivos, Où il parle des maladies du cheval, en citant celle attribuée à l’un de ces insectes

qui aurait été avalé, qu’il nomme et compare Il » q

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au Spondyle. Il est vrai, comme l’a dit Scaliger, qu'il y a une plante connue sous le même nom; mais le texte d'Aristote est trop explicite, comme on vient de le voir pour qu'on s'y méprenne, puisqu'il parle d'un insecte avalé, et Apsyrte, dans son Æippiatrique, en traitant des chevaux qui en ont ingéré avec leur nourriture, le compare aussi au Spondyle, mais en notant que cet insecte tient la queue relevée. Aussi Moufet, Ray, Swammerdam ont-ils appelé Staphylins les insectes dont nous allons présenter l'histoire.

Linné, en établissant ce genre, y avait réuni un très-grand nombre d'espèces, qui ont été réparties dans une centaine de genres, seulement pour l'Europe; de sorte que sous cette dénomination primitive, il faut comprendre toute cette famille des Brévipennes ou des Brachélytres. Nous ne devons pas discuter les motifs qui ont nécessité les distinctions que l'on a faites en autant de groupes. On peut voir, par le tableau analytique, que nous les avons réduits aux six genres principaux, à l'exception des Oligomérés ou des Psélaphiens, dont les articles aux tarses sont en si petit nombre qu’on les avait placés parmi les Tri-, les Di- ou Monomérés.

En analysant les caractères du genre Staphylin, comparés à ceux des différents genres de la même famille, nous voyons que chacune de ces notes sert à le faire distinguer des cinq autres, qui sont compris dans la même famille ; d’abord des Stènes, dont la tête est très-large et dont les yeux sont saillants et globuleux ; puis par les palpes, qui ne sont pas renflés d'avec les trois genres suivants : les Oxypores, dont les mandibules sont saillantes, avancées et souvent croisées ; les Pédères, qui, avec des mandibules courtes, ont le corselet globuleux, et les Zachys, dont le thorax est appuyé contre

les élytres, ou, comme on le dit, sessile, et collé à la poitrine ; enfin les Lesteves, dont les élytres offrent cette particularité qu'ils recouvrent plus de la moitié du ventre.

Les habitudes et les mœurs des espèces du genre Staphylin sont complétement celles que nous avons énoncées dans les généralités sur les Brachélytres. On les trouve le plus souvent sur la terre, où ils se retirent dans les crevasses, sous les pierres, les mousses, les écorces qu'ils semblent choisir de préférence dans les lieux humides. Leur alimentation consiste en matières animales mortes ou vivantes. Îls courent avec vitesse, et dans le danger ils montrent, pour la plupart de la hardiesse ou du courage. Il est vrai qu'ils sont munis de deux sortes d'armes offensives : de mandibules fortes et acérées, avec lesquelles ils blessent profondément leurs victimes; ensuite leur abdomen, qu'ils ont la faculté de recourber en dessus et de tenir relevé pour le porter à droite et à gauche, comme font les Scorpions, est armé de deux tubercules sortant des bords du cloaque et qui laissent suinter une vapeur acide, àâcre, dont l'odeur vive, souvent agréable, a quelque rapport avec celle des éthers et semble annoncer aussi une grande volatilite.

On trouve certaines espèces sous les charognes et les cadavres des petits animaux, où ils attaquent probablement les larves des Diptères qui y ont été pondues, principalement celles des mouches de la viande. Leurs longues mandibules, croisées dans l’état de repos, font alors l'office de ciseaux qui entament et coupent en travers le corps de ces larves dont on les voit sucer la sanie avec avidité.

Les ailes membraneuses des Staphylins, pour être protégees par les élytres qui sont très-courts, ont dû être, comme

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celles des Forficules où Perce-oreilles, phiées plusieurs fois sur elles-mêmes; mais la structure n’est pas la même, elles ne se replient pas en éventail ni par le même mécanisme ; leur solidité ou leur épaisseur sont beaucoup plus marquées. Les Staphylins s’en servent plus souvent; cependant leur vol est lourd, mais il leur permet de se transporter rapidement vers les lieux où les cadavres sont gisants, ce qui porte à croire qu'ils sont doués d’un odorat subtil. Comme ces Insectes sont souvent forcés de pénétrer sous terre, leurs Jambes antérieures sont élargies à cet effet, solides et dentelées, ou crénelées sur leur bord externe.

La couleur des Staphylins varie beaucoup. Il en est de lisses et de très-brillants par le poli de leurs diverses parties ; d’autres, au contraire, sont couverts de poils plus où moins rares. [l en est même qui sont absolument velus comme des Abeilles bourdons, avec lesquelles on serait tenté de les confondre au moment où on les voit s’abattre sur les charognes. Telle est la première espèce que nous allons faire connaître. C'est le Staphylin bourdon, que Geoffroy a décrit, tome Ie, page 365, n° 7.

1. Staphylin velu. Staphylinus hirtus. C'est une des plus grandes espèces. II

est noir, avec de longs poils jaunes; le dessous est d’un noir bronzé: toutes les pattes sont noires.

2. Staphylin grandes-mâchoires. S. maæillosus. H est noir, avec des bandes cendrées sur le ventre et sur les élytres.

Cette espèce est très-commune dans les voiries.

3, Slaphylin odorant. S. olens. Noir mat, sans taches; tête plus large que le corselet; les ailes membraneuses fauves ou rousses. C’est le Staphylin lisse, figuré par Geoffroy, pl. VII, n°1.

On le trouve sur les bords des routes : il court rapidement, l'odeur qu'il répand est agréable.

1. Staphylin à ailes rousses. S. erythropterus. Noir à la base des antennes ; élytres et pattes fauves ; segments du ventre marqués chacun de deux taches d’un jaune doré.

Cette jolie espèce se trouve dans les prairies, sous les bouses de vaches desséchées.

>. Slaphylin bleu. S. cyaneus. Noir, à tête, corselet et élytres d’un bleu noirâtre ; ses antennes sont noires, avec le dernier article en croissant. On le trouve avec le précédent."

6. Staphylin gris de souris. S. murinus. Noir, à duvet cendré ; extrémité du ventre noir. Cest le Staphylin velouté de Geoffroy.

7. Slaphylin pubescent. S. pubescens. Noïr, avec la tête et la base des antennes Jaunes. Ventre noir à duvet grisâtre.

C’est le Staphylin à tête jaune de Geoffroy.

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