‹ Entomologie analytiqueChapitre 57 sur 204 · GENRE APHODIE. APHODIUS. (Iliger · texte numérisé non relu

GENRE APHODIE. APHODIUS. (Iliger

Caracrères : Coléoptères pentamérés ; à élytres durs couerant le ventre; à corps allongé, arrondi en dessus, plat en dessous ; à chapeau arrondi en croissant ; un écusson

distinct à la base des élytres.

Le nom de ce genre est tiré du grec. Apodus indique le lieu où l’on dépose les fumiers, ou ce que l’on trouve sur les chemins, àro, 606ç. Ce n’est qu’une division de celui que Linné comprenait sous le nom de Scarabée, qui était

excessivement nombreux ; car il réunissait la plupart de nos Pétalocères. Il faut l'avouer, cette séparation était bien nécessaire , puisque ces espèces se rapprochent par leurs formes générales, par celles des antennes et des membres, autant que par leur manière de vivre.

En adoptant le genre Aphodie, comme l’a fait Fabricius, nous devons avouer que la note caractéristique qui sert à le faire distinguer des genres voisins ne suffit pas pour les faire considérer comme absolument différents. Les larves ont les mêmes formes, les mêmes habitudes, les mêmes métamorphoses que celles des Scarabées. Cette division doit donc être considérée comme essentiellement systématique et propre à faire rapprocher les unes des autres une grande partie de ces espèces.

Les Aphodies sont généralement les plus petits des Scarabées. Leur corps, arrondi et très-convexe en dessus, en long eten travers, est platen dessous. Leur tête est un peu inclinée, les yeux petits, à peine visibles en-dessus et situés très en arrière. Les antennes sont courtes, la petite masse globuleuse qui les termine forme des feuillets plicatiles. Le chaperon est ordinairement garni en arrière de deux tubercules. Le prothorax ou le corselet est lisse, bossu, souvent luisant, mais couvert, dans beaucoup d’espèces, d’une poussière blanche, d'une sorte de glauque, ou de matière grasse, qui se reproduit pendant la vie lorsqu'elle a été enlevée. Les élytres sont plus ou moinsstriés sur leur longueur ; ils sont roides et cassants, ils enveloppent l'abdomen de toutes parts, et les derniers anneaux du ventre, en frottant sur les extrémités de ces élytres, produisent un petit bruissement assez distinct. Les pattes sont courtes, à cuisses larges, aplaties; toutes les jam-

et

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bes sont dentelées extérieurement, plus larges à leur extrémite tarsienne, surtout les antérieures. Les articles des tarses sont très-petits, surtout ceux des intermédiaires , et terminés par deux crochets.

Comme ce genre est fort nombreux, puisqu'on en connaît plus de cent espèces en Europe, nous nous contenterons de faire connaître celles qui se rencontrent le plus fréquemment aux environs de Paris, et pour en faciliter la détermination nous les rangerons d’après la couleur des élytres. Peut-être cette couleur n'est-elle pas d'accord avec la différence des sexes; mais aucune observation n'a démontré ces rapports.

$ Ie". Aphodies à élytres rouges en tout ou en partie.

1. Aphodie du fumier. Aphodius fimetarius. Noir, deux taches sur le corselet et élytres rouges à stries de points enfoncés. C’est le Scarabée Bedeau de Geoffroy, très-communément observé dans les crottins des chevaux ; cependant son corps est toujours net et sec, quoique plongeant dans des ordures liquides.

2, Aphodie puant. A. fœtens. Noir, avec deux taches thoraciques, élytres rouges à stries de points enfoncés ; abdomen rouge. C’est une des plus grandes espèces du pays, et c'est principalement par la taille et par le bord des élytres, qui est brun, qu’elle diffère du précédent.

3. Aphodie scrutaleur. A. scrutator. Noir, à élytres, abdomen et jambes roux. Nous l’avons trouvé dans la forêt de Fontainebleau. Ce n’est peut-être qu’une variété.

4. Aphodie deux taches. A. bimaculatus. Noir, tête à trois petits tubercules, élytres striés, avec une grande tache rouge à leur base.

Aphodie quatre taches. À. quadrimaculatus. Noir, élytres striés, avec un point et une tache rouges; pattes noires.

6. Aphodie quatre gouttes. A. quadrigquttatus. Noir, un peu déprimé avec les bords du corselet, deux taches sur les élytres et les pattes rouges.

Sd

C’est la plus petite espèce que nous ayons observée dans cette division; elle est d’un noir brillant, vif et poli, nous l’avons trouvée dans les lieux sablonneux, particulièrement au Champ de Mars de Paris.

$ IT. Aphodies à élytres livides ou jaunâtres en tout ou en partie.

. Aphodie sali. A. conspurcatus. D'un noir brillant, chaperon tuberculé; ély-

tres livides striés et marqués de points noirs.

Comme cet insecte présente beaucoup de variétés, il a été décrit sous plusieurs noms. Tantôt ses élytres sont noirs, avec une petite tache rousse à leur extrémité ; tantôt on y voit des taches ou des points noirs, les pattes varient aussi du gris au noir.

. Aphodie tacheté. À. contaminatus. Noir, pattes et bords du corselet pâles,

élytres gris, striés avec des taches noires.

Il y a aussi beaucoup de variétés dans cette espèce.

Aphodie gadouard. A. scybalarius. Noir lisse, élytres gris, striés.

. Aphodie merdier. A. merdarius.' Noir, élytres pâles, striés, à suture noire

ou brune, ainsi que les pattes.

. Aphodie livide. A. lividus. Noir brillant, élytres jaunes, lisses, striés, cor-

selet noir, bordé de jaune avec un point noir latéral.

. Aphodie erratique. A. erraticus. Noir, tête à un seul tubercule, élytres

brun pâle.

$ III. À élytres noirs ou bruns en grande partie.

Aphodie fouisseur. A. fossor. Tout noir, à élytres striés, chaperon à trois cornes, corselet déprimé en devant.

C’est encore une des grandes espèces qui atteignent 0,014 ; il est fort commun , il y a des individus à élytres bruns.

. Aphodie pattes noires. À. nigripes. Noir, corselet lisse, élytres striés,

pattes rousses.

. Aphodie pattes rousses. A. rufipes. Noir, corselet lisse, pattes rousses.

Aphodie hémorrhoïdal. A. hemorrhoidalis. Noir, à écusson allongé, ponctué ; élytres à stries crénelées, fauves à la pointe.

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