‹ Entomologie analytiqueChapitre 56 sur 204 · Genre BOUSIER. COPRIS. (Geoffroy · texte numérisé non relu

Genre BOUSIER. COPRIS. (Geoffroy

CaRACTÈRES : Coléopterés pentamérés, à antennes en masse feuilletée; à corps large, ovale, très-convexe ; téte large, demi-circulaire en avant, à chaperon non dentelé: masse des antennes formée de trois articles lamelleux ; prothorax plus large que long ou tout à fait arrondi ; point d'écusson à la base des élytres ; poitrine large, ainsi que les hanches qui sont ovales ; cuisses fortes, à facettes articulaires sur Le plan; jambes dentelées ou épineuses ; articles des tarses très-peu développés.

La forme du chaperon large, arrondie sans dentelures, et qui s'avance au-dessus de la bouche, suffit pour faire reconnaître ces insectes et pour les faire distinguer d’avec les Trox et les Scarabées, qui

ont cette portion du front comparativement très-courte, puis des Géotrupes, dont le chaperon est losangique, des Cétoines, Trichies et Mélolonthes, dont le chaperon est à peu près de forme carrée; enfin l’absence d’un écusson à la base des élytres les fait séparer des Aphodies qui ont de plus le corps oblong et non arrondi.

Le nom latin de Copris, que Geoffroy a introduit dans l’entomologie, est presque la traduction du grec 67ç0e, qui signifie du fumier, stercus, fimus; de là l'étymologie de Bousier, qui vit dans les bouses.

Depuis longtemps Fabricius avait proposé de partager cette section des Scarabées en trois autres sous des noms divers. Il a conservé le premier nom de Copris pour ceux qui ont le corselet cornu ou tuberculeux ainsi que la tête ; sous celui d’Æteuchus, donné d’abord par Weber, et qui signifie non armé, ärewyrc, il a décrit nos véritables Onites dont le chaperon est dentelé, le corselet toujours sans cornes et les élytres plus courts que le ventre ; ils sont souvent privés de tarses aux pattes antérieures. Enfin son genre Onitis est composé des espèces dont le chaperon est entier, le prothorax lisse, arrondi avec quatre points enfoncés en arrière ; les élytres presque planes, de la longueur du ventre.

Ces divisions ne nous ont pas paru assez tranchées, et surtout nous n'avons pas trouvé, dans la manière de vivre, des différences suffisantes pour autoriser l'établissement en genres distincts. Nous pensons de même à l'égard de celui que Latreille a proposé sous le nom d'Onthophage, qui signifie mangeur d’excréments, et dont les caractères, même ceux tirés des parties de la bouche, ne sont certainement pas assez

tranchés.

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Tous les Bousiers se trouvent dans les excréments, et leurs mœurs sont les mêmes que celles des Géotrupes et des Aphodies. Ils paraissent être attirés par les odeurs qui s’exhalent de ces matières, car à peine sont-elles déposées qu'on voit arriver de toutes parts en bourdonnant ces insectes qui paraissent venir de fort loin pour s'abattre subitement et assez maladroitement sur ces ordures. Ils volent cependant le plus souvent à la tombée de la nuit; quelques espèces, surtout celles du second sous-genre que nous allons indiquer, ramassent des portions d’exeréments qu'elles faconnent en une sorte de boule dans laquelle un œuf a été déposé, et elles la roulent jusqu’à ce qu'elle soit parfaitement arrondie, de sorte que, comme elle ressemble à une pilule qui, en se desséchant, prend assez de consistance, on à par cela même désigné ces insectes sous le nom de Pilulaires. Les pattes postérieures de ces Coléoptères semblent spécialement conformées pour opérer ce manége. Elles sont ordinairement fort allongées, courbées et dentelées; les jambes en sont arquées, et les articles des tarses postérieurs longs et grèles. Les Bousiers semblent marcher à reculons et font souvent des culbutes. On en voit ordinairement sur les coteaux exposés aux plus grandes chaleurs du midi, réunis au nombre de quatre ou cinq; occupés à rouler une même boule de manière à ce qu'il soit impossible de reconnaitre quel est celui d’entre eux dont l'œuf oceupe la pilule. Ils semblent ne pas savoir quelle est la boule qu'ils ont formée, car ils roulent indifféremment celle près de laquelle on les place, ou la première qu'ils rencontrent : ils abandonnent aussi sans difficulté celle dont ils étaient occupés, quand ils s’apercoivent qu'ils sont réunis en nombre plus que suffisant. Le

petit ver, où mieux la larve qui doit produire le Bousier est absolument semblable pour la forme à celui de tous les autres Pétalocères, et même comme on le verra, à ceux des Priocères. Son corps est mou, gros, lent, plié en arc, avec l'extrémité obtuse, saillante, et la tête , les mâchoires, les six pattes courtes sont terminées par un seul crochet.

Nous divisons les Bousiers en deux sous-genres qui correspondent à peu près à ceux que Fabricius avait établis : 1° ceux dont le chaperon n’a pas d’échanerure, où une seule petite, peu marquée, avec la tête ou le corselet portant une ou deux cornes saillantes : ce sont les Coprides; 2° les Bousiers dont le chaperon est plus où moins dentelé et dont la tête et le corselet sont sans cornes : ce sont les Ateuches. Quant aux Bousiers dont .le chaperon est entier et le corselet à quatre points enfoncés, ce sont les Onites, que nous avons fait connaître sous ce nom de genre.

$ I. Les Coprides, à tête ou corselet cornu.

1. Bousier lunaire. Copris lunaris. Noir, corselet à trois cornes, dont celle du milieu est plus grosse, et sur le chaperon une corne dressée non fendue. C’est le Bousier capucin de Geoffroy. Son corselet est comme tronqué devant; ses élytres portent huit sillons longitudinaux. C’est une espèce qui n'est pas rare à Paris. Elle semble rechercher de préférence les crottins des chevaux dans les lieux sablonneux. Les caractères sont moins prononcés dans les femelles.

2. Bousier échancré. C. emarginatus. Semblable au précédent, mais la corne de la tête est fendue vers la pointe.

Ce n’est peut-être qu’une variété, mais elle est constante : toutes les deux ont la poitrine si longue et le ventre si court que les pattes postérieures semblent être articulées vers le cloaque.

3. Bousier maki G. Lemur. Noir, à élytres testacés; corselet cuivreux à quatre pointes ; chaperon avec une ligne transversale en arrière.

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4. Bousier taureau. C. taurus. Noir, corselet tronqué en avant, à bords arrondis; chaperon à deux cornes arquées chez le mâle, ou à deux lignes élevées transverses dans la femelle.

5. Bousier vache. C. vacca. Noir à reflets cuivreux; les élytres jaunes avec des points verts, le chaperon légèrement échancré. C’est le Bousier à deux cornes de Geoffroy, n°5.Le mâle de cette espèce porte sur le chaperon une épine recourbée, dentelée de chaque côté.

6. Bousier cénobite. C. cœnobila. I ressemble au précédent; ses élytres sont jaunes. Si l’on ne considérait que la forme du corselet, on pourraitregarder le mâle et la femelle comme appartenant à deux espèces, car le premier porte la petite corne du chaperon dans sa troncature.

Bousier nuquicorne. C. nuchicornis. Il est noir, ses élytres sont jaunes, comme aspergés de points noirs qui y sont disséminés. 8. Bousier penchant. C. nutans. Noir, chaperon sans cornes, bords du corselet sinués en devant.

Le mâle et la femelle diffèrent par la couleur des élytres.

9. Bousier fourchu. C. furcatus. Noir, trois cornes rapprochées sur le chaperon qui est arrondi ; celle du milieu plus courte.

Ce genre Bousier est très-nombreux; on pourrait y inscrire plus de cent

espèces qui ont déjà été mentionnées parmi les espèces étrangères à l’Europe. En France on en connaît plus de quarante.

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