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Genre HYDROPHILE. AYDROPHILUS. (Geoffroy

Caractères: Coléoptères à cinq articles à tous les tarses, dont les postérieurs sont toujours aplatis et en rames propres au nager; à Corps arrondi, ovale; à antennes courtes en masse dont les trois à cinq derniers articles sont perfoliés. Ce genre, établi par Geoffroy, a été

adopté par tous les auteurs, et dans ces

derniers temps la plupart en ont même fait une famille sous le nom d'Hydrophilides, qu'ils ont subdivisée en un grand nombre d’autres genres sous des noms différents. Cette dénomination, empruntée aux deux mots grecs üJop et oo, ami de l’eau, convient à tous les insectes à étuis dont nous venons de rénumérer les caractères essentiels.

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Nous allons en présenter l'histoire avec plus de détails que nous ne le faisons en général, parce que nous la connaissons mieux d'après les études et les détails donnés par nos contemporains; Car nous avons pu nous-mêmes répéter les observations avec MM. Lancret et Miger en 1819. Cependant on trouvera beaucoup plus de renseignements dans leur Mémoire inséré, à cette époque, dans le tome XIV des Annales du Muséum d'lustoire naturelle de Paris.

Ce genre appartient, comme nous l’indiquons, à la nombreuse famille des Clavicornes ou Hélocères, par la conformation des antennes et surtout par son genre de vie à l’état parfait, qui consiste en débris de matières organisées. Cependant Linné et beaucoup d’autres auteurs ont rapproché les Hydrophiles des Dytiques dont ils ont la forme et les habitudes, surtout celles qui dépendent du mouvement; mais les Dytiques ont les antennes en soie, et les espèces restent carnassières sous l’état complet ou de perfection, tandis que les Hydrophiles ont d’autres mœurs.

On a confondu pendant longtemps les larves des Hydrophiles avec celles de ces mêmes Dytiques; mais un examen plus attentif devait nécessairement détruire cette erreur et dissiper toute incertitude à cet égard.

Les larves des Hydrophiles sont en effet tout à fait carnassières; leur corps est conrposé de onze anneaux très-distincts; il est conique, mou le plus ordinairement ; susceptible, à la volonté de l'animal, de dilatation et par suite de raccourcissement. Il supporte de chaque côté six petits tubercules charnus, plus où moins longs, quelquefois ciliés. Lyonnet en a donné de très-bonnes figures qu’il a lui-même gravées. La tête de ces larves est remarquable par la confor-

mation des parties de la bouche qui est munie de deux fortes mandibules dentelées intérieurement ; de deux mächoires tellement allongées qu’elles ressemblent à des palpes articulés, mais surmontés d’une languette saillante sur laquelle on reconnait les véritables palpes maxillaires.

Quelques-unes de ces larves nagent avec facilité, et celleslà ont la faculté de se maintenir par leur partie postérieure à la surface de l’eau, ayant alors la tête en bas; elles sont nageuses; d’autres ne peuvent pas se suspendre, elles restent constamment vers la superficie des eaux tranquilles où on les voit renversées sur le dos, parcourir la surface en y marchant avec vitesse comme sur un plafond et à la manière des fausses Chenilles, comme en mesurant l’espace à pas comptés et réguliers, ou en formant des mouvements vermiculaires et horizontaux à peu près comme nous voyons nager les sangsues. M. Miger a désigné ces larves sous le nom de rampantes. Cependant c’est dans la terre que toutes ces larves viennent se métamorphoser, car leur nymphe est semblable à toutes celles des autres Coléoptères.

Deux particularités dont ne parle pas M. Miger et que nous avons observées, c’est d’abord l'instinct de Ja larve d’une très-grande espèce qui devient tout à coup flasque et mollasse pour échapper aux dangers dans certaines circonstances, comme lorsqu'elle est saisie par quelque oiseau aquatique ou par quelque poisson : elle se laisse allonger, tirailler dans tous les sens, sans donner aucun signe de vie:son corps résiste imperturbablement et sans donner le moindre indice de sensibilité lorsqu'on le pique ou quand on pratique sur la peau quelques égratignures. Il s’abandonne aux inflexions diverses. Cette peau, devenue lâche, laisse évidemment flot-

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ter les intestins qui cèdent à leur propre poids en se portant, suivant les inclinaisons de la tête à la queue et en sens inverse, comme feraient les humeurs d’un cadavre dans l'état de demi-putréfaction, probablement dans le but de dégouter la convoitise des animaux, et surtout des poissons qui ne dévorent que des proies vivantes.

L'autre particularité tout à fait d'observation physiologique, est le changement notable qui s'opère dans la longueur et dans l'étendue du tube digestif, comparé chez la larve et dans l’insecte parfait; circonstance inverse de celle qui s'observe dans les métamorphoses du tétard des Batraciens anoures, lequel, d'herbivore qu'il était d'abord, devient ensuite carnassier; tandis que la larve de l'Hydrophile, qui se nourrissait uniquement de petits animaux vivants, tels que des Hydrachnes et de petits Entomostracés ne cherche pour ainsi dire que des végétaux en grande partie décomposés, lorsqu'elle a complété sa métamorphose, ou quand l'insecte est parfait et qu'il peut se reproduire. Sous la première forme, le canal intestinal était très-court; à peine un peu plus long que la totalité de l'étendue de la tête au cloaque, parce que la matière nutritive animale, sous un petit volume, contient beaucoup plus de parties nutritives ; tandis que dans l’insecte parfait, qui a bien diminué de longueur, ce même tube alimentaire est roulé circulairement ou en spirale sur lui-même, et se trouve deux ou trois fois plus long que la totalité du corps.

Passons à l’histoire particulière des métamorphoses du grand Hydrophile.

Dans les premiers jours du mois de mai 1807, M. Miger avait pris plusieurs grands Hydrophiles retirés d’une

grande mare ou plutôt d’un étang situé au petit Gentilly et qui est destiné à fournir des glaces à Paris. Il plaça ces insectes dans un bocal rempli d’eau, avec des plantes aquatiques dont ils firent leur nourriture principale. Ils dévorèrent aussi les larves mortes et les débris de certains mollusques d’eau douce. Ces insectes cherchèrent bientôt à s’accoupler. Les mâles se servirent à cet effet du dernier article dilaté et si remarquable de leurs tarses antérieurs pour s’accrocher au bord externe des élytres de leur femelle, s'y maintenir ainsi et y rester ainsi adhérents pendant plusieurs heures.

Quelques jours après, une de ces femelles fécondées se mit à filer une coque destinée à recevoir ses œufs. Notre observateur a suivi toute cette opération. Elle commenca par s'accrocher ou à se fixer sur le revers d’une feuille pour s’y placer en travers, en allongeant ses pattes antérieures afin de courber un peu cette feuille. l'abdomen était alors fortement appliqué sous cette sorte de dôme et laissait voir à son extrémité deux appendices qui étaient de véritables filières, dont les mouvements indiquaient qu'elles laissaient sortir une humeur blanche et gommeuse. C’étaient de véritables fils d’une soie destinée à construire le tissu d'un cocon très-solide; l’insecte forma ainsi une voûte en cloche ou une poche concave, demi-cireulaire, dans laquelle l'extrémité de l'abdomen resta engagée. Aa bout de dix minutes environ, l'Hydrophile, retirant ses pattes, quitta le dessous de la feuille et se placa la tête en bas, sans faire sortir cependant l'extrémité de son ventre de l'intérieur de la coque. L’'insecte resta ainsi plus de deux heures dans une apparente immobilité; mais sa double filière continuait le

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travail de la coque, qui devenait de plus en plus épaisse et opaque.

Cependant de petites bulles d’air commencaient à s'échapper de l'intérieur de la coque. M. Miger reconnut que ce gaz était expulsé par la place que venait successivement y occuper la ponte et la présence des œufs. En trois quarts d'heure la ponte fut achevée. L’insecte retira peu à peu son abdomen pour le relever, afin de terminer sa coque assez imparfaitement, et il prit une nouvelle position.

Il restait à former la pointe ou l'espèce de corne qui termine cette coque. Dans cette position extérieure il était facile d'observer le mouvement des filières qui était continuel et rapide. L’insecte employa plus d'une demi-heure pour filer cette pointe qu'il éleva à un centimètre environ au-dessus de la surface de l’eau. Ce n’est qu’alors, et après trois heures d’un travail continu, que l’insecte abandonna cette sorte de berceau en le confiant aux eaux.

Ces œufs, déposés dans la partie supérieure de la coque, y sont au nombre d’une cinquantaine et groupés en forme de croissant. Ils sont allongés, courbés vers leur sommet, dans une position à peu près verticale, chacun dans une sorte d’alvéole ou de case cotonneuse à égale distance les uns des autres. Ces œufs éclosent dans l’espace de douze ou quinze jours, suivant la température. Ils deviennent bruns et opaques et laissent apercevoir les formes de la larve future. Lorsque ces larves sortent de leur coque, elles restent appliquées les unes sur les autres. On les voit s’y mouvoir et s'y agiter sans qu’elles prennent cependant de la nourriture.

M. Miger, qui a suivi l'histoire de ces larves, en a donné une description détaillée. Elles changent plusieurs fois de

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peau et semblent respirer par la portion postérieure du corps qui est garnie d’un faisceau de poils. Elles se nourrissent, comme nous l'avons dit, d'insectes aquatiques mous et surtout de Bulimes. On a pu les nourrir avec de petits morceaux de viande crue. Une fois qu’elles ont eu pris tout leur développement, elles cessèrent de manger et elles s’efforcèrent de quitter l’eau pour se retirer vers la terre, où elles se creusèrent une sorte de terrier à quatre ou cinq centimètres de profondeur ; elles se pratiquèrent à l'extrémité de cette galerie une cavité à peu près sphérique, très-lisse à l'intérieur, où, après une dizaine de jours, on les trouva changées en nymphes semblables à toutes celles des Coléoptères. On remarqua cependant aux angles antérieurs de leur corselet trois aigrettes de substance cornée au-devant de la tête et qui paraissaient destinées à tenir l'insecte à une certaine distance des parois de la coque conservant une position déterminée dans laquelle il sembla rester accroché, conme le permettent les chalazes pour les germes des oiseaux encore contenus avec le jaune dans la coquille de l'œuf.

L’insecte conserve cette forme de nymphe et cette immobilité presque complète pendant plus de vingt jours; seulement il se colore et semble prendre plus de consistance de jour en jour. Quand il quitte sa dépouille à la manière des Hannetons, il reste près de douze jours dans sa coque souterraine, pendant lesquels il acquiert toute la solidité nécessaire pour s'ouvrir un passage jusqu'à l'air libre.

Ainsi il faut près de cent jours pour le développement d’un Hydrophile brun, dont soixante ont été passés sous les états de larve ou de nymphe.

Le genre des Hydrophiles, dont nous venons de raconter

COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. HYDROPHILE. 395 l’histoire d’une espèce qui d’ailieurs avait été déjà parfaitement observée et figurée par Lyonnet, se distingue du grand nombre des autres genres de la même famille des Hélocères, d’abord par la forme du corps qui est ovale ou à circonférence elliptique avec une certaine épaisseur dans la ligne médiane, tant en dessus qu’en dessous; par la forme des antennes, qui se terminent en une masse perfoliée, composée de six articles qui n’ont ensemble que la longueur de la tête sous laquelle cette petite masse se cache et se retire dans un enfoncement creusé au-dessous des yeux, au-devant desquels ces antennes sont insérées. Ce genre est caractérisé essentiellement par la forme des membres et surtout par la structure des tarses moyens et postérieurs qui sont en effet très-propres au nager; les jambes et les articles’ des tarses sont très-aplatis, ciliés et fort rapprochés les uns des autres. Le premier est si court dans quelques espèces que ces individus ont été regardés comme tétramérés, ainsi que l'avait indiqué Fabricius qui énonce comme un des caractères naturels de ce genre (tarsis quadriarticulatis). Le corselet des Hydrophiles est de la même largeur que leurs élytres qui sont durs, convexes , non rebordés recouvrant le ventre en totalité. Dans la plupart des espèces, le sternum forme une sorte de quille qui se prolonge et s’unit à une autre saillie du métathorax en dessous du ventre et qui est souvent pointue, acérée et très-piquante, au moins dans quelques espèces. Quelques mâles ont aussi les tarses des pattes antérieures dilatés, principalement vers le dernier article. Cette conformation, au reste, s'observe également chez les mäles de plusieurs Dytiques, des Crabrons, et dans plusieurs autres genres d'insectes; elle paraît destinée au rapprochement

plus intime et plus durable des sexes dans l'acte de la fécondation.

Nous ne ferons connaître que les principales espèces de ce genre nombreux, en nous bornant à celles qui se rencontrent le plus ordinairement aux environs de Paris.

Nous indiquerons d’abord celles dans lesquelles la poitrine forme une sorte de saillie ou de sternum pointu.

1. Grand Hydrophile. Hydrophilus piceus. Il est noir ; ses élytres portent trois lignes longitudinales enfoncées et marquées de petits points. C'est un des plus gros Coléoptères de France; il atteint quelquefois3 centimètres de largeur et même 4 en longueur. C’est celle dont nous avons présenté l’histoire dans les généralités qui précèdent.

2. Hydrophile caraboïde. H. caraboïdes. D'un noir luisant; les élytres sont aussi légèrement striés sur leur longueur. Il n’atteint guère que 10 à 45 millimètres, ou le tiers de la longueur du précédent. Il se recueille dans les mares et dans nos fossés herbeux. Il vole plus souvent que le grand Hydropbile.

Onarangé cette espèce dans un genre proposé sous le nom d’Aydrobius. Parmi les espèces dont le sternum ne se prolonge pas, nous citerons :

3. Hydrophile scaraboide. H. scaraboides. I est noir; sesélytres portent 10 lignes sur leur longueur, et ses pattes sont brunes.

4. Hydrophile orbiculaire. H. orbicularis. Noir, lisse , sans stries; cependant, vus à la loupe, le corselet et les élytres sont finement ponctués. On à aussi considéré cette espèce et quelques autres comme devant former un genre à part, voisin des Sphéridies, sous le nom de Cyclonotum.

5. Hydrophile gras. H. luridus. W est noir; mais ses élytres, qui sont striés, et son corselet, sont d’une teinte jaune cendré.

6. Hydrophile gris. H. griseus. Il est gris en dessus, brun en dessous. Il offre cette particularité, que la femelle porte ses-œufs à l'extérieur du corpssous la forme d’une petite masse ovale.

. Hydrophile deux points. H. bipunctatus. I est fort petit, arrondi; son corselet noir est bordé de gris ; ses élytres bruns, bordés de jaunâtre, avec un point pâle à l'extrémité.

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A8. Genre DERMESTE. DERMESTES. (Linné.) Caracrères : Coléoptères à cinq articles aux tarses ; à élytres durs couvrant tout le ventre; à antennes plus longues ‘que la téte terminées en masse de trois lames perfoliées ; à tarses non aplatis.

Il est évident que le nom employé par Linné provient du grec Séua, peau, et du verbe ëcriw, je dévore. On trouve, en effet, dans Aristote, le nom d’un animal qui dé-

truit les pelleteries sous le nom de depunorts.

Les caractères assignés à ce genre par Linné convenaient à la plupart des espèces comprises dans cette même famille, au moins à la plupart des petits genres que l’on a réunis dans une tribu sous le nom de Dermestins.

Si, à l’aide de l'analyse, ainsi que nous le proposons, nous voulons nous rendre compte des divers caractères auxquels nous reconnaîtrons les espèces de ce genre, nous reconnaitrons que parmi tous les Coléoptères pentamérés dont les élytres sont durs et protégent tout le ventre, ils diffèrent des Apalytres et des Brachélytres ; que par leurs antennes en masse on ne peut les confondre ni avec les Créophages n1 avec les Vectopodes dont les antennes longues ont la forme d’une soie qui diminue de grosseur de la base à la pointe; que cette forme de masse allongée des antennes les éloigne d’une part des Térédyles et des Sternoxes, et surtout des Priocères et des Pétalocères dont les articles sont en lames feuilletées attachées latéralement soit à l’extrémité, soit sur leur longueur, et enfin des Stéréocères, puisque ceux-ci paraissent avoir cette masse solide.

Parmi les Hélocères, leur forme ovale et épaisse du corps les distingue des Sphéridies qui sont hémisphériques; des Scaphidies et des Byrrhes, dont le corps est à peu près aussi épais que large; des Boucliers, Silphes, Nécrophores, Nitidules et Élophores dont le corps est aplati; et enfin des Hydrophiles dont les pattes ‘postérieures sont en nageoires, et des Parnes dont les antennes sont plus courtes que la tête.

Les Dermestes ont beaucoup de rapports pour les mœurs avec les Anthrenes, car sous la forme de larves ils se nourrissent comme elles de matières animales, et sous leur dernière forme on les trouve souvent dans les fleurs. Les larves des Anthrènes et des Dermestes font les plus grands dégâts dans les collections de zoologie; mais elles sont appelées par l’Auteur de toutes choses à faire rentrer dans la masse des éléments les principes qui avaient pénétré dans la substance des organes, lorsque les animaux sont privés de la vie. La laine, les crins, la corne, les plumes, les pelleteries garnies de leur fourrure, les graisses, le lard, le fromage séché, l'écaille la plus dure, enfin toutes les matières animales deviennent leur nourriture; mais elles aiment le repos et les lieux tranquilles, et surtout elles cherchent constamment à se mettre à l'abri de la lumière.

Ces larves sont velues, allongées, plus grosses du eôté de la tête que de celui où est la queue qui se termine par un faisceau de poils où par une sorte de touffe en pinceau dont les poilssont fragiles. Leur corps est formé de douze anneaux; leurs pattes courtes sont garnies d’un ongle crochu, et suivent de près la tête qui est écailleuse, garnie de dents et de deux mandibules très-tranchantes. Lorsqu’elles sont sur le point de se transformer, leur nymphe se forme sous la peau

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velue qui leur sert de cocon protecteur, de sorte qu'on ne le voit pas et qu'il échappe aux regards par son immobilité.

Les pelletiers et les marchands, qui craignent pour toutes les préparations des étoffes de laine et des matières animales, telles que les baleines, la corne, les plumes, les crins, les objets en écaille, les cordes à boyau, et surtout les collecteurs de zoologie, qui veulent mettre ces matières à l’abri de ces larves, ainsi que les préparateurs de pièces d'anatomie, emploient divers procédés pour s’en garantir. [ls emploient des préparations de sels métalliques, de mercure, d’arsenic pour détruire ces insectes, leurs larves et leurs œufs; ils les soumettent surtout à l’action de la lumière; mais le procédé le plus certain est l’action d’une vive chaleur bien ménagée, à peu près de cent degrés. On se sert pour cela d’une double caisse en métal, d’une sorte de marmite américaine. On dépose les objets däns la marmite intérieure, qui est vide et bien close, et qui reste plongée pendant un temps suffisant soumise à l’action de l’eau bouillante contenue dans la caisse extérieure.

Les principales espèces que nous décrivons sont les suivantes :

1. Dermesle du lard. Dermestes lardarius. I est noir; ses élytres sont gris à la base. Cette teinte grise des élytres est due à la présence de très-petits poils blanchâtres ; on y voit trois points noirs rapprochés qui y forment comme une raie sinueuse en Zigzag.

2, Dermeste des celliers. D. cellarius. D’un noir lisse, avec les pattes brunes.

3. Dermeste pelletier. D. pellio. Il est noir et porte deux points blancs, un sur chaqne élytre.

Cest le Dermeste à deux points blancs de Geoffroy. La larve fait aussi beaucoup de tort aux collections d'insectes, qu’elle ravage et ne tarde pas

oo ENTOMOLOGIE ANALYTIQUE.

à détruire ; car elle se trouve trop malheureusement unie quelquefois avec celles des Anthrènes.

4. Dermesle ondulé. D. undulatus. Noir, allongé; une bande ondulée blanche sur chaque élytre.

d. Dermeste renardin. D. vulpinus. D’un beau noir, lisse en dessus, excepté sur les bords du corselet, qui sont cendrés; le dessous du corps est d'un blanc mat.

6. Dermesle souricier. D. murinus. D’un gris de souris soyeux en dessus, avec des taches noires et blanches; tout le dessous est d’un blanc mat d'argent.

7. Dermeste cotonneux. D. tomentosus. I est jaunâtre, allongé, velu, et les yeux noirs. C'est le Velours jaune de Geoffroy. Latreille l’a rangé dans le genre qu'il a établi sous le nom de Byture.

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