‹ Entomologie analytiqueChapitre 73 sur 204 · GENRE BYRRHE. BYRRHUS. (Linné · texte numérisé non relu

GENRE BYRRHE. BYRRHUS. (Linné

CaracTÈRES : Coléoptères à cinq articles à tous les tarses; à élytres durs ; à antennes en masse perfoliée allongée, plus courtes que le corselet ; à corps épais, ové ; à tete engagée et inclinée sous le prothorax; articulations des pattes se recevant réciproquement dans des rainures.

L'étymologie de ce nom de genre est

| incertaine. Fabricius avait pensé qu'il pouvait avoir été tiré du mot grec fupci, qui indiquait une bourse en peau; mais pour-

quoi cette orthographe par deux 4 ne viendrait-elle pas plutôt du latin burrus, par laquelle on désignait une couleur rouge terne dont nous avons fait en francais tous les mots de bure, de bourre, de bureau, etc.? Geoffroy avait rapporté ces insectes à son genre Cistèle. De Geer les avait laissés avec les Dermestes, mais presque tous les entomologistes leur ont conservé le genre de Byrrhe;

COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. BYRRHE. 4oi

ils en ont même fait dans ces derniers temps une famille sous le nom de Byrrhiens qu'on a distribuée en quatre sections et partagée en douze autres genres, dont la plupart ne comprennent qu’une espèce souvent étrangère à l’Europe.

Quant à nous, et d’après la méthode analytique que nous poursuivons, nous croyons qu'on peut facilement reconnaitre les Byrrhes par leur comparaison avec les autres genres de la même famille des Hélocères que nous avons mentionnés ; on les séparera de suite de tous les autres genres par la

forme anomale de leur corps qui est épais et ové, à l'exception des Scaphidies. En effet les Byrrhes ont le corps arrondi, non prolongé en pointe, et les articulations de leurs pattes sont creusées pour se plier et s’introduire dans des rainures.

On connaît peu la larve de ces insectes, quoiqu'on ait cru reconnaître et figurer celle de la première espèce, qui ressemblerait à celles de beaucoup d’autres Coléoptères dont le corps allongé et courbé se terminerait par une sorte de tubercule tourné dans le sens de la courbure qui indique le ventre par la présence des pattes.

L’insecte parfait se rencontre sur les feuilles des arbres ou dans les fleurs. Il vole assez bien, car ses ailes déployées ont le double de la longueur des élytres. Lorsqu'on les saisit ils feignent la mort, en contractant tous leurs membres et ils restent dans l’immobilité absolue; si l’on examine alors l’insecte, on a peine à reconnaître les membres à la face inférieure du corps ou du côté du ventre; ce qui tient à l’organisation des parties que nous allons faire connaître. La hanche est large, enfoncée dans le thorax qui est creusé sur sa face externe d'une cavité fort grande pour y loger la cuisse; celle-ci

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fo2 ENTOMOLOGIE ANALYTIQUE.

est globuleuse, ovalaire, et elle offre sur son tranchant une rainure dans laquelle se place la jambe qui est large aussi, et qui porte elle-même sur sa convexité une rainure destinée à recevoir les articles du tarse auxquels l’insecte imprime une extension forcée; les antennes se placent de la même manière et se blotissent entre les cuisses des pattes antérieures. La tête rentre dans le prothorax sous une sorte de sternum , et le tout forme une boule de la grosseur d’un scybale ou d’un petit erottin de chèvre ou de lapin; aussi a-t-on donné le nom de pilule à l’une des espèces.

Celles que l’on trouve dans nos environs sont les cinq suivantes: j

1. Byrrhe pilule. Byrrhus pilula. Brun; quelques bandes satinées longitudinales d’une teinte satinée, grisätre et brillante. C’est la Cistèle satinée de Geoffroy, p.116. ,

2. Byrrhe noir. B. ater. Entièrement noir et sans taches ondoyantes.

ee)

. Byrrhe à bandes. B. fasciatus. Noir, corselet et élytres ayant quelques lignes enfoncées et une tache ondulée roussâtre.

. Byrrhe changeant. B. varius. Noir en dessous, mais vert cuivreux en dessus ; à élytres striés et à interstices marqués de points noirs.

Cet insecte, dont les élytres sont d’un vert comme nacré, varie beaucoup : ear tantôt il n’y a pas de taches sur les élytres, et quelquefois le vert est obseur et ses taches sont comme effacées ; quelques individus ont le ventre et la base des cuisses roux. Il est ordinairement plus petit que le Pilula; nous lavons trouvé sur les feuilles de la Massette Typha latifolia.

d. Byrrhe cuivreux. B. æneus. Cuivreux en dessus, noirâtre en dessous, à écusson blane. ” C’est la plus petite espèce de ce genre, au moins parmi celles que nous avons trouvées aux environs de Paris.

COLÉOPTÈRES. STÉRÉOCÈRES. 403

SEPTIÈME FAMILLE : LES STÉRÉOCÈRES ou SOLIDICORNES.

Nous avons nommé SrérÉOCÈREs ou Solidicornes la famille des Coléoptères qui ont cinq articles à tous leurs tarses, et dont les antennes sont terminées par une masse arrondie et solide.

Ce nom est destiné à rappeler en un seul mot cette dernière particularité, oxeges signifiant solide, et xéex, une corne ou une antenne. En effet, le bouton qui les termine est composé comme celui des Hélocères, mais les petites pièces cornées qui le forment sont tellement rapprochées que cette masse compacte ne semble être due qu'à un renflement solide.

Cette classification, ou plutôt ce rapprochement de genres est, nous devons l'avouer, tout à fait systématique, car cette petite famille n’en réunit que trois genres qui n’ont aucuns rapports de formes ni de mœurs. Les uns sont très-voisins des Dermestes par le choix deleurs aliments et les particularités de leur métamorphose; ce sont les Anthrènes. D'autres, comme les Lèthres, seraient des Géotrupes ou des Bousiers si leurs antennes n'étaient pas si différentes, et les derniers, qui sont les Esearbots, constituent réellement une petite famille dont les mœurs et les habitudes seraient celles des Hélocères et des Pétalocères, si les antennes ne les faisaient pas séparer,

Nous rapprochons done les trois genres, quoique très-distincts, seulement à cause des avantages qu'ils offrent à l’ana-

br.

of ENTOMOLOGIE ANALYTIQUE.

lyse comparative, et voilà le tableau tel que nous l’avons rédigé pour la Zoologie analytique.

SEPTIÈME FAMILLE : LES STÉRÉOCÈRES où SOLIDICORNES (1).

CaRACTÈRES : Coléoptères pentamérés, à élytres durs couvrant le ventre; à| antennes en masse ronde et solide.

FRET couvert de petites écailles farineuses...,............ 3 ANTHRÈNE.

À corps { .

È distinct 2 Escarsor.

lisse, poli base des élytres à écusson 1 Lèrure.

(1) De ox<peos, solide, et de xéoxc, corne.

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