Genre CÉBRION. CEBRIO. (Olivier
CaracTÈREs : Coléoptères à cing articles à tous les tarses; à antennes en fil, dentelées; à élytres durs, mais un peu flexibles; à pénultième article des tarses simple ou non dilaté.
Ce nom grec, x6piéone, était celui d’un oiseau qui a été pris comme au hasard par Olivier, et il l'avoue; mais il a été adopté par Fabricius, qui avait d'abord rangé les espèces de ce genre dans celui des Cistèles. C’est Rossi qui a reconnu ce genre comme étant voisin de celui des Taupins. Le nombre des articles aux tarses l’éloigne en effet des Cistèles, qui sont Hétéromérés.
COLÉOPTÈRES. STERNOXES. G. CÉBRION. 417
Les Cébrions ont, comme les Taupins, les cinq articles à tous les tarses, les antennes en fil, le corselet trapézoïdal terminé par deux pointes, prolongé en dessous comme une carène reçue dans une fossette correspondante.
Ces insectes fuient la lumière du soleil et ne volent que le soir. Audouin a le premier reconnu que les mâles, qui ne volent que le soir, se réunissent souvent en assez grand nombre à la surface de la terre vers des trous dans lesquels, attirés sans doute par quelques émanations de la femelle, on les trouve quelquefois rassemblés sept ou huit à la fois, et M. Graels, qui en a observé deux espèces, dont il a donné la figure (1), a fait connaître avec des détails fort intéressants cette circonstance que la femelle ne laisse souvent apparaître au dehors de la galerie souterraine qu’elle s'était creusée à l'état de larve, que la portion postérieure de son abdomen. Cette femelle, sous l’état parfait, ne prend jamais d'ailes, et ses organes sexuels externes forment une longue tarière à l'extrémité de laquelle est l’orifice qui permet le rapprochement ou la jonction des sexes. Dans ce cas, le mâle ne peut réellement connaître que cette partie de la femelle, et réciproquement celle-ci ne voit jamais le mâle. Nous verrons par la suite que chez certaines femelles, parmi les Bombyces et parmi les Teignes, celles qu’on a nommées les Psychés, il y a des fécondations semblables entre des femelles sans ailes et des mâles qui en sont munis.
Parmi les espèces de ce genre dont Latreille a fait une tribu de la famille des Malacodermes, dans laquelle il range les Lampyres ou Vers-luisants, quoique ceux-ci soient hété-
(1) Annales de la Société entomologique, n° série, t. IX, p. 6 (1851). EyXXXTI ss)
romérés et quoique les élytres aient souvent autant de consistance que ceux des Taupins, nous croyons ne devoir indiquer que les espèces suivantes :
1. Cébrion à longues antennes. Cebrio longicornis. Antennes jaunes, à peu près de la longueur du corps; l’abdomen et les élytres testacés. Cet insecte, dont toute la surface est couverte de poils en duvet, atteint plus de 2 centimètres de longueur; sa tête et son corselet sont noirs; on ne l'a encore observé que dans le midi de la France.
2. Cébrion brévicorne. C. brevicornis. Antennes très-courtes non dentelées, mais grossissant un peu vers la pointe.
Comme il n’a pas d’ailes, on peut croire que c’est une femelle non fécondée, car on a observé que la femelle d’une autre espèce, celle que M. Graels à recueillie en Espagne, sous le nom de Carenoi, et qu’il a figurée dansle Mémoire cité, est aussi aptère ; mais ses élytres paraissent très-courts, parce que l’abdomen est gonflé par ses œufs.
3. Cébrion à front roux. C. rufifrons. I est entièrement d’un jaune très-pâle ; toute sa surface est comme pointillée et velue ; ses élytres sont striés. C’est aussi une espèce du Midi.
d4. GENRE ATOPE, ATOPA. (Paykull.)
CaracrÈRES : Coléoptères pentamérés ; à antennes en fil peu dentelées; à penultième article des tarses formant comme deux lobes.
Ce genre, établi sous ce nom par Paykull, et adopté par Fabricius, quoiqu'il ait été indiqué par Latreille, sous le nom de Dascillus, qui l'avait séparé des Cistèles pour lui attribuer celui
d’un poisson; mais ce mot 4rorsç aurait dù rester masculin, atopus, et il indique, peut-être très-arbitrairement, qui n’est pas dans son lieu.