‹ Entomologie analytiqueChapitre 76 sur 204 · Gevre ANTHRÈNE. ANTHRENUS. (Geoffroy · texte numérisé non relu

Gevre ANTHRÈNE. ANTHRENUS. (Geoffroy

Caracrëres : Coléoptères pentamérés ; à élytres durs, couverts de petites écailles; à antennes courtes, en masse solide ; le corps épais et de forme ovalaire courte.

Comme on a distingué d’abord les espèces de

[ ce genre, parce qu'on les rencontrait en grand

nombre sur les fleurs, et surtout sur celles de

la classe de la Calycandrie ou de l'Icosandrie de

Linné, on leur a donné ce nom, emprunté vraisembla-

blement de celui d’une fleur, 4645; cependant leurs larves

se développent dans les matières animales desséchées, et

surtout dans les corps des insectes que l’on veut conserver ;

aussi font-elles beaucoup de tort, et sont-elles trop connues des collecteurs de cette branche de l'histoire naturelle,

Leur histoire a été décrite par de Geer avec beaucoup de détails. Ainsi que nous venons de le dire, leurs larves vivent aux dépens des pièces anatomiques desséchées, des pelleteries, et, comme celles des Dermestes, dans toutes les substances animales.

Le corps de ces larves, quoique très-petit, est couvert de poils tous dirigés vers la queue, où ils forment une sorte de pinceau. Leur tronc est composé de douze anneaux, dont les trois premiers supportent les six pattes trèsrapprochées de la tête, qui est écailleuse, et sur laquelle on distingue des rudiments d'antennes, composées de trois articulations. Les mandibules sont tranchantes et solides. Les poils du corps se redressent à la volonté de la larve,

COLÉOPTÈRES. STÉRÉOCÈRES. G. ANTHRÈNE. Ari

et semblent servir à sa progression dans les galeries sinueuses qu'elle se pratique. C’est ainsi que cette larve se cramponne et s'arc-boute dans ces cavités, et qu'elle paraît s'opposer, d’une manière efficace, à leur déplacement dans les secousses même les plus violentes que lon imprime à ces substances, lorsqu'on s'aperçoit qu’elles sont attaquées, comme on le dit, par ces vers.

Nous avons indiqué, en parlant des Dermestes, les moyens qui conviennent pour arrêter les ravages de ces larves ; ils consistent essentiellement dans les soiñs qu’on apporte pour masquer les odeurs ou les émanations animales par d’autres, tirées des substances végétales volatiles, et dans ceux qui sont propres à les détruire en les empoisonnant, tels que les alcools chargés de sels minéraux, d’arsenic, de mercure, par des fumigations, et surtout par la chaleur.

Ces larves vivent beaucoup plus longtemps dans cet état que sous celui d'insectes parfaits. Elles changent plusieurs fois de peau, et c’est sous la dernière de ces peaux quese forme la nymphe sans se faire de coque, ainsi que cela se voit dans les espèces de Dermestes.

La poussière écailleuse qui recouvre le corselet et les ‘élytres des Anthrènes les rend fort agréables à l'œil, par l’opposition des couleurs en mosaïque microscopique du plus beau blanc sur des fonds rouges ou jaunes, comme de petites marbrures, des teintes les plus diverses. Mais ces couleurs sont peu solides, et elles sont enlevées au moindre contact ou par le frottement, comme celles des Lépidoptères, et alors l’insecte peut perdre les caractères qui ont été le plus souvent assignés aux espèces d’après cette disposition, comme on va le voir.

1. Anthrène du Boucage. Anthrenus Pimpinellæ. Noir, tacheté de rouge et de blanc; élytres avec une large bande blanche vers la base. Cest l’'Anthrène à broderies de Geoffroy, t. I, p. 114. Il est très-petit, car souvent il n’a pas plus d’un millimètre de longueur. Il se trouve en quantité sur les fleurs de l’aubépine et sur celles des spirées et des ombellifères.

2. Anthrène de la scrofulaire. A. serofulariæ. Noir, bords du corselet gris; élytres à trois bandes grises , et suture rouge. Cette espèce varie beaucoup pour la couleur et la suture des élytres, ce qui l’a fait décrire ‘sous plusieurs noms ; on en trouve en effet qui ont la ligne médiane jaune, quelquefois grise, ou même d’un beau blanc mat. Ses couleurs sont réellement très-agréablement distribuées.

On le trouve souvent au bord des eaux sur le laurier Saint-Antoine (£pilobium majus) et sur les fleurs du bouillon-blanc et de la scrofulaire.

3. Anthrène varié. A. varius. Jaune en dessus, avec des bandes blanchâtres ; gris en dessous. C’est cet insecte que Geoffroy avait nommé l’Amourette, t. I, p. 115, n° 2, et Olivier le désigne comme l’Anthrène des musées dans l'Encyclopédie. C’est la plus petite des trois espèces. Elle varie beaucoup aussi pour les couleurs. Elle est malheureusement trop connue des amateurs d'insectes, car c’est principalement dans l’intérieur de ces petits animaux qu’elle passe son état de larve, et son peu de volume la fait souvent échapper aux soins les plus attentifs; mais c’est aussi sur les fleurs, dans son état parfait, qu’on peut le recueillir en très-grand nombre.

4. Anthrène velu. À. hirtus. Noir pubescent, à antennes et pattes jaunes. Ce petit insecte est très-distinct de ceux du même genre par les poils qui couvrent son corps, et par la couleur des antennes et des pattes.

Nous regardons comme de simples variétés un très-grand nombre d’autres petites espèces, qui ont été décrites comme étant tout à fait distinctes.

COLÉOPTÈRES. STERNOXES. 413

HuITiÈME FAMILLE : LES STERNOXES ou THORACIQUES.

Les insectes coléoptères à cinq articles à tous les tarses, à élytres durs, couvrant tout le dessus du ventre; à corps allongé, un peu déprimé ; à antennes en soie, souvent dentelées ou pectinées, se plaçant on se retirant dans le repos sur les côtés du corselet ou du prothorax ; ce corselet en totalité enveloppant le derrière de la tête et se prolongeant en dessous pour former ainsi une saillie ou un sternum pointu qui occupe le milieu ou l'intervalle des articulations des pattes.

Tels sont les caractères principaux que nous avons cherché à exprimer par le nom grec de STERNOXES, qui signifie poitrine en pointe, de oxéevov, l'os du milieu de la poitrine, et de 6Ë5e, pointu, conformation que nous avons essayé de rappeler en désignant ces coléoptères sous le nom de Thoraciques.

Nous devons dire cependant que c’est en 1805, et dans la Zoologie analytique, page 207, que nous avons employé ces dénominations auxquelles Latreille, en 1817, avait d’abord substitué celle de la famille des Serricornes, ou à antennes dentelées en scie, et en 1829 (Cuvier, Règne animal, p. 444), sous le nom de Sternoxes, divisés en deux tribus, les Buprestides et les Élatérides.

Les insectes réunis sous ce nom de Thoraciques diffèrent de tous les Coléoptères pentamérés ou du même sous-ordre, par les notes caractéristiques que nous allons rappeler d’après l'analyse qui résulte de leur comparaison : d’abord des Apalytres ou Mollipennes, dont les élytres sont mous et

flexibles; ensuite des Brachélytres ou Brévipennes, chez lesquels les étuis couvrent au plus le tiers de la longueur de l’abdomen ; troisièmement, des Hélocères ou Clavicornes, des Stéréocères, des Priocères et des Pétalocères, qui ont tous leurs antennes formant une sorte de masse ou de renflement marqué à leur extrémité; quatrièmement, des Térédyles ou Perce-bois, dont ils se rapprochent beaucoup par leur manière de vivre, mais qui ont le corps cylindroïde allongé, étroit, etsans saillie sous la région inférieure; cinquièmement, enfin, des Créophages et des Nectopodes, dont les antennes sont en soie, jamais dentelées, et parce que toutes les espèces de ces deux familles ne se nourrissent que de matières animales et jamais de substances végétales. >

On rencontre les Sternoxes au moment où ils prennent leur dernière forme sur le trone des arbres; c’est là, du moins, que leurs larves se nourrissent, et qu’elles subissent leurs métamorphoses. Ces insectes ont les plus grands rapports avec les Térédyles, que nous avons rangés dans la famille suivante.

Six genres principaux de notre pays sont compris dans cette famille. Ce sont d’abord les Atopes et les Cébrions, dont quelques espèces seulement ont été recueillies en Europe; on les reconnaît à la manière dont leur tête se trouve placée au devant du corselet, dont elle suit la direction, et parce que leurs antennes ne sont pas reçues ou cachées dans une rainure quand l’insecte ne marche pas, et aussi parce que leur sternum est moins saillant que dans les autres genres, formant ainsi une sorte de transition aux familles voisines.

Les Taupins et les Throsques, qui viennent ensuite, ont entre eux les plus grands rapports : ici le sternum offre une

COLÉOPTÈRES. STERNOXES. 415

particularité caractéristique. Il se prolonge en arrière en une pointe recourbée, qui fait l'office d’un ressort élastique en entrant comme avec force et résistance dans une cavité correspondante du métathorax, ce qui donne à l’insecte la faculté de sauter, même lorsqu'il est placé sur le dos, les élytres en dessous et les pattes en l'air ; car il lui serait impossible de se redresser dans cette position, s’il n’était doué de cette sorte de mécanisme, ses pattes étant généralement très-courtes, et leur mode d’articulation solide ne lui permettant pas de se porter ou de se relever et de s’accrocher en s'appuyant sur quelque objet résistant. C’est ce qui a fait nommer vulgairement ces insectes des Scarabées sauteurs ou à ressort, et peut-être aussi des z7aréchaux, parce qu'ils font du bruit comme si l’on frappait avec un marteau, chaque fois qu'ils se débandent, quand ils ont fait un effort en arrière pour sauter. -

Enfin les Buprestes et les Trachydes forment aussi un petit groupe. Leur corselet n’est pas muni en arrière des deux prolongements cornés qui semblent destinés à borner ou à arrêter une trop grande extension sur la base des élytres. Le sternum, quoique tres-saillant, surtout du côté de la tête, ne remplit pas l'office d’un ressort. Beaucoup d’espèces sont ornées de couleurs métalliques les plus vives et les.plus brillantes, voilà pourquoi on les a nommées vulgairement des Richards.

Suit le tableau synoptique des genres de cette famille :

HUYTIÈME FAMILLE : Les STERNOXES ou THORACIQUES (1).

CARACTÈRES : Coléoptères pentamérés, à élytres durs couvrant le ventre; à antennes en fil, souvent dentelées: à corselet en pointe ou à sternum saillant.

4 TauriN.

. à Turosque.

dentelées ; corselet

5 Burreste.

ANTENNES { 6 Tracaypc.

: ! 1 CéBrion.

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(1) De oxéovoy, poitrine, et &6s, pointu.

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