‹ Entomologie analytiqueChapitre 98 sur 204 · Gewre TÉLÉPHORE. TELE PHORUS. (De Geer · texte numérisé non relu

Gewre TÉLÉPHORE. TELE PHORUS. (De Geer

CaracrÈRes: Coléoptères pentamérés, à élytres mous, flexibles; à corps déprimé et à antennes en fil simples, non dentées ; à bords des segments du ventre mous, plissés.

Ce genre a été reconnu comme très-distinct et particulier par tous les auteurs; mais malheureusement ils ne se sont pas accordés sur le nom par lequel ils ont voulu le désigner. Rai et Linné l’ont d'abord appelé Cantharus ou Cantharis ; mais, comme nous aurons à le dire

quand nous ferons connaître les Cantharides, ce nom grec de xavbaoi avait été donné par Aristote à la plupart des insectes à étuis ou aux Coléoptères, à tous ceux que le vulgaire nomme en France les Scarabées. Geoffroy, voyant que l’on désignait comme Cantharides, en général, les espèces d'insectes que l’on vend chez les apothicaires en particulier pour produire les vésicatoires, voulut conserver à ceux-c1 le nom sous lequel on les désigne, et dans cette intention il créa le mot nouveau de Cicindela, pour faire connaître le genre correspondant à celui de Cantharis de Linné et de Raï; il produisit ainsi, sans le vouloir, une autre difficulté, et il faut avouer qu'il fut doublement malheureux dans le choix de ce nom, car les Cicindèles des auteurs latins étaient des insectes brillant, tantôt d’une lumière phosphorique, telle que celle des Vers-luisants désignés par Moufet comme des Cicindèles; tantôt des espèces tout à fait différentes, mais dont le corps reluit et brille de reflets métalli-

ques, comme celui de la Cétoine dorée, de certaines sortes de Carabes, de Buprestes et même de la Cantharide des boutiques. Or, Linné avait déjà employé le même nom de Cicindela pour désigner l’un des genres qui se trouve ici placé dans la famille des Créophages. Ce qu'il y a de fàächeux, c’est qu'à cette époque Geoffroy ne l'ignorait pas, puisqu'il a cité: le nom de Cicindela, de Linné, dans la synonymie qu'il à donnée de plusieurs de ses Carabes qu'il nommait Buprestes, particulièrement pour celui qu'il appelle le Velours-vert à douze points blancs, qui est la Cicindèle champêtre. Fabriclus ne pouvait pas, comme élève de Linné, adopter la nomenelature de Geoffroy; il rangea sous le nom de Cantharis le plus grand nombre des insectes dont nous allons parler ici; seulement il en sépara ceux que nous avons décrits d’après lui, comme des Malachies.

De Geer, Schæffer et par suite Olivier, désirant faire cesser cette sorte d’arbitraire, ont désigné ce genre sous le nom de Téléphore, et voici la cause ou l'occasion de ce mot tiré du grec. On avait trouvé en Suède un très-grand nombre de larves étendues sur la neige, qui certainement y avaient été transportées par de violents courants d'air, et ces larves furent reconnues pour celles de Téléphores, dont l’étymologie rappellera cette particularité qui s’est renouvelée depuis comme nous le dirons. De là le nom composé de -ñ, de loin, et de o6pos, apporté: Téléphore, qui a été apporté d’un lieu éloigne.

Nous répétons les caractères de ce genre pour les comparer à ceux des autres Coléoptères rangés dans la même famille. Corselet carré; antennes très-longues en fil, très-simples et écartées entre elles par leur base; abdomen plissé

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latéralement en papilles molles. Ces insectes diffèrent donc des Lampyres dont le corselet semi-circulaire cache la tète; des Omalises, des Lyques, des Driles, des Mélyres et des Malachies, qui tous ont les-antennes complétement ou à demi dentelées par la dilatation des articles, et enfin du genre Cyphon qui, avec les antennes simples, n'ont pas sur les côtés du ventre ces sortes de papilles qui se recouvrent comme des plaques triangulaires.

Ces insectes sont fort communs en été; ils sont tres-carnassiers; on les saisit souvent au moment où ils sont occupés à ronger des insectes qu'ils dévorent tout vivants. Leur vol est lourd; cependant il n’est pas rare aussi de les trouver fixés sur les tiges des graminées, des blés et des prairies, dans une sorte de sommeil.

Leurs larves ont probablement une vie souterraine. Il ne serait pas étonnant que leur genre de vie soit aussi semblable à celui des autres genres qui ne vivent que de matière animale. De Geer croit qu’elles se nourrissent d’autres larves d'insectes et de Lombries. Olivier a pensé qu'elles attaquaient les racines. Il reste encore à comprendre comment des trombes ou d’autres actions des vents ont pu entrainer à la fois un si grand nombre de larves toutes de la même espèce. Il y a un grand nombre d'observations faites en Suède et en Russie qui ont constaté que dans certains hivers, la terre étant profondément gelée à plus d’un demi-mètre de profondeur et couverte de neige, on avait trouvé à la surface des masses de larves de ces Téléphores engourdies et gelées en apparence, et qui cependant avaient survécu. Nous citerons en particulier un Mémoire sur ce sujet, publié dans la Revue zoologique de M. Guérin, 2° série, 1849, t. [, p. 72, sous ce tütre : Vo-

tice sur une pluie d'insectes observée en Lithuanie, par M. le comte Tyzenhouz, dans laquelle se trouvent consignés beaucoup de faits semblables, et entre autres que ces larves sont carnassières (1).

Raygorus, dans les Éphémérides des curieux de la nature, de1673 à 1674, p. 60. De Geer, t. IV, p. 63, cite un phénomène pareil arrivé en Suède; mais, avec

les Téléphores, il y avait des Araignées, des Chenilles, des Scarabées. Réaumur, en 1750, Histoire de l’Académie des sciences, p. 39 et 40.

Et plusieurs autres faits semblables sont cités, un, entre autres, sur les confins de la Sudermanie, précédé d’une violente tempête.

Nous allons indiquer quelques espèces de ce genre Téléphore parmi celles qui se rencontrent le plus communément à Paris.

1. Téléphore brun. Telephorus fuscus. Noiïrâtre; à bords et extrémité du ventre roux; corselet rouge avec une tache noire. C’est le Téléphore ardoisé d Olivier ou la Cicindèle noire à corselet maculé de Geoffroy.

2. Téléphore livide. T. lividus. Testacé livide; corselet rougeâtre sans tache ; articulations des genoux noires. C’est la Cicindèle à corselet rouge n° 2.

3. Téléphore queue noire. T. melanurus. D’un jaune fauve; antennes et extrémités des élytres noires.

CSS

Téléphore thoracique. T. thoracicus. Noir; corselet, abdomen et pattes rougeâtres. C’est la Cicindèle noire de Geoffroy, n° 3.

>. Téléphore testacé. T. lestaceus. Noir; corselet bordé de jaune; élytres et pattes testacés. C’est la Cicindèle noire à étuis jaunes de Geoffroy, n° 6.

6. Téléphore deux gouttes. T. biguttatus.Testacé ; corselet noir bordé de jaune; élytres bruns, dont les extrémités sont d’un jaune pâle. C'est la Nécydale à points jaunes que Geoffroy a déenite t. I, p. 372, sous le n° 1.'

(1) Comme ces pluies d’insectes ont été observées souvent, nous allons indiquer quelques-unes de ces relations.

COLÉOPTÈRES PENTAMÉRÉS. APALYTRES. 465 72. Genre CYPHON. CYPHON. (Paykull.)

Caractères : Coléoptères pentamérés ; à élytres mous et flexibles ; à corselet carré, à antennes simples, en fil, non dentelées; abdomen non bordé de papilles ou d’appendices mous.

Ce genre, adopté par Fabricius, ne l’a point éte par Latreille, qui lui a donné le nom d’'Élodes, et à qu'il a placé près des Cébrions. Le fait est que, par \, l'analyse, il appartient bien réellement à la famille des Apalytres, et que, par la forme de son corselet carré et de ses antennes qui ne sont pas dentelées, 1l se rapproche des Téléphores dont il est facile de le distinguer, parce qu’on ne voit pas sur le bord des segments du ventre ces appendices triangulaires mous et mobiles qui sont si remarquables dans les Téléphores.

On ne connaît pas bien les mœurs des Cyphons; mais, si l’on s'en rapporte à la figure que M. Perris a donnée de l’espèce qu'il a fait connaître sous le nom de Cyphon méridional, dans les Ænnales de la Société entomologique de France, 1851, p. 48, pl. IT, n° 5, cette larve a de longues antennes et un véritable corselet, avec les anneaux du ventre très-distendus; on pourrait croire que c’est un individu femelle aptère, comme il y en a plusieurs dans cette famille.

On n’en connaît que deux espèces à Paris :

4. Cyphon pâle. Cyphon pallidus. Elle est velué; son corselet, un peu plus étroit que les élytres, est un peu avancé en avant; son corps est pâle, mais sa tête et la pointe des élytres sont brunes.

2. Cyphon livide. C. lividus. Cette espèce est tout à fait testacée, et ses antennes seules sont brunes : elle n’est pas velue.

LT: AXXE.

COLÉOPTÈRES HÉTÉROMÉRÉS.

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