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DEUXIÈME SOUS-ORDRE

ONZIÈME FAMILLE : LES ÉPISPASTIQUES où VÉSICANTS.

Nous ne présenterons pas ici des considérations générales sur ce sous-ordre qui a été fondé sur le nombre des articles des tarses, comme pour les autres sous-ordres des Coléoptères, pages 207 et 243. Nous avons fait connaître les particularités qui distinguent les HÉTÉROMÉRÉS , c'est-à-dire ceux qui n'ont que quatre articles aux tarses médians et postérieurs et dont les mœurs et les habitudes offrent assez d’analogie pour constituer des familles naturelles. Déjà nous avons indiqué les doubles dénominations de ces six familles, p. 255. Nous allons en poursuivre l'étude d'après cette distribution des genres, résultant d'un arrangement tout à la fois méthodique et systématique.

Empruntée du grec, cette dénomination d'Hétéromérés est destinée à signifier: parties inégalement divisées ou diversifiées ; des mots pépos-et #r:00:, pour indiquer que ces Coléoptères présentent un nombre différent d'articles aux tarses des pattes antérieures qu'à ceux des membres de derrière, et, je crois devoir le répéter, en employant le premier cette ex-

ne

COLÉOPTÈRES HÉTÉROMÉRÉS. 467 pression, je l’ai toujours regardée comme un mot adjectif qui ne doit être joint qu'à celui de coléoptère, et non comme un substantif; c’est donc à tort que la plupart des auteurs en ont changé l'orthographe, ainsi que je l’ai dit plusieurs fois.

C’est à Geoffroy, cependant, qu'est due l'application de l'étude du nombre des articles que portent les tarses à la classification des Coléoptères, et c’est seulement dans l’intention d’abréger la nomenclature que j'ai eu l’idée de représenter par des mots particuliers les phrases caractéristiques de ses divisions, qu'il avait parfaitement établies de manière à distribuer ces insectes à élytres en quatre ordres distincts.

Cette famille des Coléoptères que, dès 1799, j'avais nommes des f’ésicants ; vesicatorti, ou épispastiques, a été ainsi appelée en raison de la vertu médicale, ou de la propriété dont sont doués la plupart des insectes de cette division, de faire élever des ampoules vésiculeuses, remplies d’une humeur plus ou moins séreuse, lorsqu'on applique même leurs débris sur la peau ou sur les membranes muqueuses d'un animal vivant, où ils produisent à peu près l'effet d’une brûlure. Ce mot était déjà en usage parmi les médecins. Il est tiré du grec émoro, ]'attire en dehors, Aumorem attraho. Quoique ce nom, à notre grand regret, ne soit pas tiré d’une particularité dépendante de la conformation, cette famille d'insectes n'en est pas moins naturelle.

En effet, ce sont les seuls Coléoptères qui, parmi ceux chez lesquels le nombre des articles des tarses est irrégulier, ont leurs élytres mous, et qui, sous ce rapport, se rapprochent de ceux de la famille des Apalytres; car ces derniers sont,

pour la plupart, carnassiers, au moins à l’état de larves ; et quoique, sous leur dernière forme, les Épispastiques soient herbivores, on a aujourd'hui des raisons pour croire, avec de Geer, que les larves de plusieurs espèces de genres divers sont parasites et se nourrissent du corps d’autres insectes qu'elles attaquent pendant leur vie.

La plupart ont la tête plus grosse que le corselet, qui se trouve former une sorte de cou. Cette particularité a donné à Patreille, et à ceux des auteurs qui ont adopté sa nomenclature dans ces derniers temps, l'idée d'employer le nom de Trachélides, qu'il avait préféré au lieu de celui de Vésicants que nous leur avions donné.

Souvent, les élytres sont mous, comme nous venons de le dire, mais quelques espèces sont aptères, ou leurs élytres n'apparaissent que comme des rudiments écailleux : tels sont les Méloës. Il faut aussi reconnaître la grande analogie qui se trouve entre les Apalytres qui sont des Coléoptères pentaméres, avec les Épispastiques dont les tarses ont les articles irrégulièrement partagés.

Comme la forme des antennes varie dans cette famille, on a pu se servir de cette particularité pour diviser les genres qui s'y rapportent en deux groupes. Dans l’un, sont rangés les Cérocomes et les Mylabres, dont les antennes sont en masse, mais le nombre de leurs articles suffit pour les faire reconnaître, car les premiers n’ont aux antennes que neuf pièces, tandis qu'on en compte onze chez les seconds. Dans l’autre groupe, les antennes ou sont grenues, en chapelet et dites moniliformes, ou elles se terminent en soie, c’est-àdire qu’elles vont en diminuant de la base à la pointe : tels sont les Apales, les Cantharides et les Zonites

COLÉOPTÈRES HÉTÉROMÉRÉS. ÉPISPASTIQUES. 469

On rapproche ensuite les espèces dont les articles des antennes sont grenus. Dans les genres Notoxe et Anthice, ces grains formés par les articles des antennes paraissent tous de même grosseur et cela suffit pour les distinguer des genres chez lesquels ces anneaux offrent un diamètre qui varie, comme dans les Lagries, les Dasytes et les Méloës.

Le tableau suivant, que nous reproduisons d’après la Zoologie analytique, donne une idée des caractères essentiels des dix genres qui composent cette famille et que nous pouvons comparer entre eux.

ONZIÈME FAMILLE : Les ÉPISPASTIQUES ou VÉSICANTS (1).

CaracTÈRES : Coléoptères hétéromérés, à élytres mous, flexibles; dont les antennes sont variables.

neuf; corps à reflet métallique CERocouE.

, en masse, à articles au nombre de.

onze ; corps sans reflet métallique MyLaBne.

['COrNU-- m0 Noroxe très-réguliers entre eux; corselet IANTENNES | | i ANTHICE.

chapelet, | | | coudés au milieu ; pas d’ailes ) M£voE.

irréguliers, | :

large. Dasyre.

non en masse; à articlesen lie dernier plus long; corselet étroit. LAGRIE.

inégaux.... 6 CANTHARIDE.

la moitié du corps; à articles!

| légaux... . 10 Zone.

\ fil, dépassant

le PEN COTE ET D Ro NP a6 fie 9 APALE.

(4) De émioraw, j'attire en dehors.

Ch

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