LE CAN
ceux que vous aimez et souvenez vous de ce qu’il advint du pigeon qui
S’ennuyant au logis Fut assez fou pour entreprendre Un voyage aux lointains pays,
Tendres pigeonnes, veillez sur vos pigeons.
6 août 1887.
Les Français sont arrivés, la frégate française, La Minerve, est là, au quai Victoria, le drapeau français, le vrai, flotte dans le port.... Avez-vous vu l’amiral ? un bel homme, heïn ? un beau marin. Lui avez-vous parlé ? Que vous a-t-il répondu ?
Et le commandant, et les autres officiers ; les beaux lieutenants de vaisseau, les jeunes aspirants !
Et les marins ! des Bretons comme nous, des Normands comme nous ! Ce sont bien de nos gens, ceux-là, qui parlent comme nous, en vrais Canayens.
Ah ! mes amis, quelles belles semaines nous venons de passer !
Je suis allé plus d’une fois à bord, comme bien vous pensez, j'ai mis le pied sur le pont, sol vraiment français, et quand je suis passé près du drapeau, riez de moi si vous voulez, je l'ai embrassé en pleurant.
Vieux drapeau ! comment se fait il qu’on s’attache tant à un chiffon, qu’on se fasse tuer pour ce noble chiffon, et que ces trois couleurs inspirent tant de dévouements et fassent éclore tant de belles actions ? |
Ce chiffon-là, c’est la Patrie, c’est ce qu’il y a
it 1887.
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FRANCE 113 de plus noble sur terre, de plus vrai et de meil. leur. Dans ce chiffon, nous avons renfermé tout ce que nous aimons, Dieu, Famille, Honneur, Patrie !
Quand on n'aime plus ce chiffon-là, on est bien à plaindre ou bien criminel !
Donc, vendredi, sept août courant, la première frégate française, qui ait jamais remonté le fleuve Saint-Laurent, à paru à Montréal.
Bien que les noms des officiers de la Minerve vous soient familiers déjà, je vous en donne la liste, afin que vous puissiez la conserver.