ETAT MAJOR
MM. Ménard, Capitaine de vaisseau, commandant la ‘* Minerve.” Melchior, Capitaine de Frégate, commandant en second. Havard, Lieutenant de vaisseau.
Bourdeau, ‘‘ (£ Le Clech, x, «6 Aubry, Ge: ‘e
Fournier, 6 (
Niovey, mécanicien principal de lère classe.
Dufant, aide-commissaire.
Rough, médecin de 2e classe.
Simon, aspirant de 1ère classe.
Chapuis, ‘‘ d Bernède, ‘‘ (A Eckenfelder, L Guégan, \L André, LC Ungerer, #4
L’équipage se compose de 420 hommes, dont 25 musiciens.
Je crois que mes lecteurs ne seront pas fâchés de retourner, pour un momemt, à trentedeux ans en arrière, et de savoir ce qui s’est passé lors de la première apparition, à Québec, d’un navire français, depuis la cession (et non conquête comme on le dit souvent à tort.
C’est le 13 juillet 1855, à six heures du soir, que la corvette française, la Capricieuse, touée par le remorqueur Advance, est arrivée dans le port de Québec.
Le salut de 21 coups de canon fut aussitôt rendu par la citadelle,
Voici en quels termes la Ainerve (celle de 1855) saluait l’arrivée des Français :
Soyez les bienvenus, Ô vous, frères de la vieille Patrie ! nos cœurs et nos foyers vous sont ouverts; qu'il y a longtemps qu'on vous attendait, et comme nous sommes heureux et fiers de vous revoir, de vous posséder.
En posant le pied sur la terre toute réjouie du Canada, vous marchez encore sur une terre toute française, et malgré les longues
ns.
ont pas , trente-
ui s’est Québec, (et non
soir, que e par le port de
aussitôt
de 1855)
nos cœurs qu’on vous s revoir, de
vous marles longues
années de séparation, c'est la même famille canadienne, qui recoit comme des frères revenus, les nobles marins de la Capricieuse,
Nous avons le même Dieu, la mème histoire, les mêmes origines, les mêmes aïeux, Le Canada, c'est la France ; il sera fidèlement et éternellement à la France.
Ah ! qu'elle est grande, qu'elle est forte, qu'elle est glorieuse la France, notre vieille Patrie !
Les peuples la nomment avec respect et dans toute leur admiration ; et nous, ses enfants d'outre-mer, nous portons tous l'orgueuil de ses gloires, comme nous souffrons également de ses épreuves et de tous ses maux,
..... Le grand mur qui nous séparait depuis près d’un siècle, s’est abaissé, notre port s’est ouvert tout à coup à la vue du glorieux drapeau de lu France ; et vous êtes là, nous vous voyons, et le présent et le passé se relient dans nos éternels embrassements ; parlez, parlez, à nos frères de la vieille Patrie !
J’emprunte à/'Histloire des Canadiens-Français, de Benjamin Sulte, le srenseignements sui. vants qui sont des plus intéressants :
Garneau avait lancé, en 1845, le premier volume de son Histoire du Canada. Le courage national s'était ranimé à la lecture de ces pages honnêtes et patriotiques. Les deux autres volumes eurent un succès immense. Notre peuple avait enfin son livre.
Lorsque le commandant Belvèze, envoyé de Napoléon III, se rendit à Québec, avec la Capricieuse, en 1855, sa première visite fut pour M. Garneau, qui avait révélé le Canada Français à son ancienne mère-patrie. Les Anglais venaient de faire alliance avec l’empereur des Francais ; ils arborèrent partout le drapeau tricolore ; c’est d'eux que nous l’avons reçu et, si nous le gardons dans nos cérémonies, c’est parce qu’il représente la France actuelle —qui pour nous est toujours la France.
Octave Crémazie, poète vigoureux, salua les trois couleurs par des strophes enflammées, que chacun de nous se rappelle. La Compa-
gnie du Richelieu, fondée en 1845, par M. Sincennes, plaça le drapeau
de la France, sur ses bâtiments, et tous les villages l'imitèrent, Le premier consulat français du Canada date de cette époque,
Le monument des Braves, inauguré à Sainte-Foye, eut pour parrains les officiers de la Capricieuse,
La réception faite partout aux marins fut magnifique. A Québec, Trois-Rivières, Sorel, Montréal, Ottawa, Kingston, ce ne fut qu’une suite d’ovations magnifiques.
C’est cet événement de notre histoire qui uous donna une de nos plus belles poésies nationales,
Vous souvient-il du dernier vers de la septième strophe du Chant du vieux Soldat Canadien, en parlant des Français :
Ils reviendront ! et je n’y serai pas.
Crémazie, reprenant cette idée à l’arrivée de la Capricieuse, ajouta alors ces vers pleins de patriotisme :
Tu l'as dit, 6 vieillard ! la France est revenue Au sommet de nos murs voyez-vous dans la nue Son noble pavillon dérouler en splendeur ?
Ah ! ce jour glorieux où les Français, nos frères Sont venus, pour nous voir, du pays de nos pères, Sera le plus aimé de nos jours de bonheur,
Voyez sur les remparts cette forme indécise,
Agitée et tremblante au soufile de la brise,
C'est le vieux Canadien à son poste rendu
Le canon de la France a réveillé cette ombre
Qui vient, sortant soudain et de sa demeure sombre, Saluer le drapeau si longtemps entendu.
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magni- Monte suite
ii nous ionales, eptième ien, en
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Et le vieux soldat croit, illusion touchante ! Que la France, longtemps de nos rives absente,
Y ramène aujourd'hui ses guerriers triomphants
Et que sur le grand fleuve celle est encore maitresse : Son cadavre poudreux tressaille d'allégresse
Et lève vers le ciel ses bras reconnaissants.
Tous les vieux Canadiens moissonnés par la guerre Abandonnent aussi leur couche funéraire,
Pour voir réalisés leurs rêves les plus beaux.
Et puis on entendit, le soir, sur chaque rive,
Se mêler au doux bruit de l'onde fugitive,
Un long chant de bonheur qui sortait des tombeaux.
Les paroles de bienvenue qui ont accueilli les marins de la Capricieuse ont été appliquées aux braves de la Æinerve, c'est le même cœur qui les prononce si ce n’est la même plume qui les écrit.
Pour avoir, du reste, la preuve de la profonde sensation qu'a produite cette arrivée, il suffit de voir n les fêtes que leur a offertes le comité des citoyens, le cercle national français, le club de France, le consul de France, etc., etc., ainsi que celles données à Québec, à Trois-Rivières, etc.
Le maire de Montréal n’a pas été à la hauteur de la position qu’il occupe. Il s’en est tenu à une visite à bord et s’est retiré dans son fromage. On attendait mieux que cela.
Le conseil municipal de la métropole du Canada a fait comme son chef de file, ce qui n’est pas un éloge.
Quoiqu'il en soit, cette ombre ne fait que mieux ressortir l'enthousiasme des vrais citoyens qui n’ont épargné ni leur bourse ni leurs bravos pour recevoir leurs hôtes d’une manière convenable.
Dimanche, 9 août courant, la messe à été célébrée à bord du vaisseau amiral, La Minerve.
Cette cérémonie religieuse à une importance historique que les journaux semblent avoir singulièrement négligée. C’est en effet la première messe célébrée à bord d’un vaisseau, dans le port de Montréal, depuis au moins un siècle et quart, sinon plus, car même au temps de l'occupation française, je doute que l’on ait dit la messe à bord dans notre ville, attendu que les vaisseaux de guerre ne pouvaient remonter le fleuve.
Le pont de la Minerve était envahi, et vraiment c'était un spectacle émouvant que de voir le jeune aumônier offrir le saint sacrifice, ayant pour servants deux vieux marins bronzés et à la flgure énergique.
M. Bochez, l’aumônier du navire, fit une allocution pleine de cœu, et de sentiment.
En voici la péroraison :
Dieu de Jacques-Cartier, de Champlain, de Maisonneuve, O vous qui avez envoyé à cette contrée des hommes vraiment apostoliques
tels que Nos Seigneurs de Laval, de Saint-Valier, de Pontbriand, Plessis. ...et des femmes fortes telles que Marie de l’Incarnation, de
nieux s qui
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O vous oliques briand, tion, de
ja Peltrie, Marguerite Bourgeois, d’Youville....Veillez, veillez toujours sur la foi de ces chers Canadiens. Gravez plus profondément encore dans leurs âmes cette grande loi: Æaec est voluntas Dei sanctificatio vestra. ‘La volonté divine c'est votre sanctification.” Eloignez à jamais des rives de ce majestueux fleuve ces'jours néfastes, où les caractères s’abaissent et s’effacent, où les timides s’effraient et reculent devant le devoir, où les énervés se résignent à capituler, où la conscience trop souvent abdique, ne connait plus les fiertés chrétiennes et n’a plns le courage de rendre à Dieu ce qui lui est dû.” Faites qu’il y ait toujours ici une nouvelle éclosion de saints ; multipliez les héros de toutes les vertus religieuses, domestiques et sociales, afin que la nationalité canadienne, œuvre éclatante, œuvre irrécusable de la foi chrétienne soit le rempart, le boulevard inexpugnable de notre sainte religion.
Quelle noble simplicité, et quelle éloquence, et combien cela contraste avec les phrases creuses et ronflantes de la plupart de nos orateurs !
Ainsi que Crémazie disant adieu aux braves marins de la Capricieuse, nous attendrons votre retour, officiers et matelots de la Minerve.
Comme ce vieux soldat qui chantait notre gloire,
Et dont, barde inconnu, j'ai raconté l’histoire,
Sur ces mêmes remparts nous porterons nos pas ;
Là, jetant un regard sur le fleuve sonore
Vous attendant toujours, nous redirons encore Ne paraissent-ils pas ?
Hélas! nous n'avons plus de Crémazie, et Fréchette est là-bas, au pays des marins de la Æinerve, mais si les vers nous manquent cette année la poésie chante dans nos cœurs les chants les plus patriotiques et les plus émus.
Marins de la Minerve, dites à nos frères de là. bas que nous les aimons toujours, que le drapeau tricolore flotte ici haut et fier et que, si l’on ouvrait nos cœurs, on y trouverait gravé ce mot béni: FRANCE!
30 juin 1888.
Pauvre France !
Je viens de lire ces deux mots dans un article publié dans un des derniers numéros du MONDE ILLUSTRÉ, signé A. de Mortemart, et je m’étonnais qu’un de Montemart s exprimât ainsi, mais quand j'ai appris que ce n’était qu'un nom de plume; tout s’est expliqué ; ce n’était plus un Mortemart qui parlait.
Cependant, comme cette expression reparaît de temps en temps dans des écrits quelconques, je tiens à protester contre son emploi.
Pourquoi, pauvre France !
Pauvre, en quoi ? En intelligence, en argent ? Sous quel rapport, pauvre ?
La France a de l'esprit à en revendre à tous les nations, à toutes les planètes, à toutes les mondes stellaires
De l'argent ? elle en a à prûter à tous les peuples. Hier, elle 4 prêté trois millions et äemie de piastres au Canada, elle est prête à lui offrir trente millions.
De l'argent ? alors qu’elle était à terre, sous l'épée d’un teuton victorieux de hasard, elle a
le làapeau avrait béni :
ticle [ONDE )nnais quand )lume:
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aît de es, je gent ?
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ples.
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trouvé à emprunter plus d’or même qu’il n'en existe sur toute la terre.
Voulez-vous parler morale ?
Regardez tous les peuples : l'Allemagne démoralisée, l’ Angleterre déplorant elle-même ses excès immoraux, la Russie, épouvantée par le nihilisme. l'Italie effrayée de sa corruption, l'Autriche demandant des réformes, les Etats-Unis en proie à l'alcoolisme ; en vérité, qui donc est plus moral, quelle nation est plus morale, quel pays a le clergé le plus pur ?
France ! France ? ! Toujours toi ! ! !
Comme jai l'honneur d'être aussi démocrate que le plus pur Canadien du Canada, je suis essentiellement autocrate à mes heures, et cest pourquoi je rêve parfois de dictature absolue, aussi absolue que possible.
Or, si j'étais dictateur, non pas à la Boulanger, mais à la Napoléon, je décréterais bien des choses.
Certes, je ne dirais pas cela à tout le monde, mais, entre nous, on peut bien se parler de temz,s en temps à cœur ouvert, et c’est pourquoi je ne me gène pas de dire ce que je pense dans notre cercle,
Si j'étais dictateur ?
Si je l'étais, je défendrais à quelque Français que ce soit de jamais écrire ces deux mots : Pauvre France ! mais je ne n’en tiendrais pas là, ?obli-
gerais tous les écrivains français à dire tout le bien possible de la France, et le premier porte-plume qui se permettrait de faire le contraire serait certain de coucher à l'ombre le soir même.
C’est ainsi qn'il faut parfois entendre la liberté de la presse.
Une maxime orientale dit que le présent est le fils du passé et qu'il a bien des traits de son père.
Parbleu ! c’est parfaitement vrai, et c’est pourquoi les fils ont grand tort de renier leur ressemblance.
Cette pensée, cependant, ne me satisfait pas entièrement, et, au risque de vouloir paraître poser, je dirai que le passé n’est fait que de #20rceaux du présent et que le présent a toujours du bon.
Il est évident qne le rôle de ceux qui se contentent de déblatérer sur le présent est bien facile, ce n’est pas nouveau, on à toujours fait la même chose, on suit l’ornière, mais on casse souvent les roues et on se relève content.
Ceci est le rôle des faibles, des impuissants, qui se contentent de parler.
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Je connais beaucoup de gens auxquels le mot hôpital est singulièrement antipathique, et qui ne voudraient pas, pour tout au monde, aller se faire soigner où même entrer dans un établissement hospitalier, Je comprends cela, on n’aime pas l'hôpital, pour la même raison que l’on se détourne en passant devant la boutique d’un entrepreneur de pompes funèbres qui expose des cercueils.
Les idées qu’inspirent ces sortes d’établissements ne sont pas précisément d’une gaieté folle, et la vie a trop peu de moments de bonheur pour que l’on recherche les émotions douloureuses.
J’ai connu beaucoup de gens, mais je n’ai jamais rencontré un seul homme qui détestât les sœurs qui soignent les malades. Je comprends cela mieux encore, parceque j'ai passé quelque temps dans un hôpital.
C'était à Oran, en 1869, je revenais de faire colonne dans l’intérieur de la Province, et ce diable de soleil d'Afrique m'avait mis tout à l'envers, comme mes camarades de la batterie d'artillerie dont je faisais partie.
En arrivant, on nous envoya tous à l'hôpital.
Dire que j'étais très satisfait d’y aller serait mentir, car si l’on m'avait demandé mon avis, je serais resté au quartier, dans la chambre où l’on était si mal et où il faisait si froid, pendant la nuit, mais le major avait donné son opinion et il fallait en passer par où il voulait.
Du reste, dans l’armée française le major ne demande jamais l’avis des troupiers, et on m'assure que les choses se passent de la même manière un peu partout. C’est une habitude générale, à ce qu'il parait.
Done, je passai trois semaines à l'hôpital, buvant force tisanes, beaucoup de quinine et mangeant fort peu. Nous étions là une cinquantaine dans la salle des fiévreux, et parmi nous se trouvaient
uelques vieux à trois chevrons, ne craignant ni ) D Dieu ni diable, braves au feu, mais ivrognes et,
de plus, de vrais sacs à jurons.
Je ne sais comment s’y prenaient les sœurs et surtout une bonne vieille que tout le monde appelait l’Auvergnate, quoiqu’elle fut bretonne, mais au bout d’une quinzaine de jours, tous ces sacripants, qu'on aurait cru bons tout au plus pour le gibet, étaient tout changés, et d’aucuns même savaient un bout de pater. Ils en arrivaient à ne plus jurer qu'une quinzaine de fois par quart d'heure et ôtaient leur bonnet de coton quand on disait la prière ; ces braves gens ne se reconnaissaient plus eux-mêmes.
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La cause de ce changement était cependant facile à trouver.
Ces vieux troupiers qui attachaient peu de prix à la vie, parcequ'ils avaient vu cent fois la mort en face, qui étaient tout dévouement pour la patrie, comprenaient que ces sœurs qui les sois gnaient avaient aussi leur dévouement et que, comme eux, elles s’exposaient à la mort tous les jours.
Ils comprenaient que ces vaillantes femmes n'avaient pas comme eux les énivrements de la bataille et qu’il y avait plus de courage à combattre ainsi dans l'ombre, que dans la plaine en chargeant l’ennemi.
Ils comprenaient et ils s’inclinaient.
Ce sentiment est tellement vrai que jamais vous r’entendez un soldat français dire un mot contre une sœur et, malheur au conserit qui se permet trait une plaisanterie sur elles !
Deux sentiments rapprochent ces natures si opposées : Dieu et la Patrie. C’est le même quand il est bien compris.
François Coppée, le poûte des humbles, a saisi cela et l’a rendu d’une manière admirable :
Du couvent troublant le silence, Arrive avec son bruit pressé, Une voiture d’ambulance ;
On amène un soldat blessé.
:NTRE-NOUS
Sur sa capote le sang brille ; Il boite, éreinté par l’obus, Son fusil lui sert de béquille Pour descendre de l’omnibus.
C’est un vieux aux moustaches rudes, Galonné d’un triple chevron,
Qui hait les cagots et les prudes
Et débute par un juron.
Il a des propos malhonnêtes
Et des regards presque insultants, Qui font rougir sous leurs cornettes Les novices de dix-huit ans.
Croyant qu'il dort et qu’elle est seule Si la sœur prie auprès de lui,
Vite il charge son brûle-gueule
Et siffle un air avec ennui.
Que lui font la veille assidue, L'intérêt qu'on peut lui porter ?
I] sait que sa jambe est perdue Et qu'on va le charcuter.
Il est furieux.—Laissez faire !
On est très patient ici ;
Puis il y règne une atmosphère Qui console et qui dompte aussi ;
L'influence est lente, mais sûre, De ces servantes de leur vœu, Douces en touchant la blessure Et douces en parlant de Dieu.
— Aussi, sentant, à sa manivre, Le charme pieux et subtile,
Le grognard, à chaque prière, Dira bientôt : ‘‘ Ainsi soit-il ! ”
Donc, il y a dix-huit ans que je suis sorti de l'hôpital et, Dieu merci, je n’y suis plus allé depuis qu’en qualité de visiteur.
J'ai été si bien soigné alors que jamais plus le besoin ne s’est fait sentir pour moi d'y rentrer et bien que le hasard m’eut conduit bien des fois, depuis nombre d'années, dans les environs de l'Hôtel-Dieu de Montréal, jamais l’occasion de visiter cette maison ne s'était présentée.
C’est en causant avec le Dr Beausoleil, il y a quelques jours, que la conversation tomba sur le plus grand hôpital de Montréal.
— Venez donc le visiter demain, me dit-il, vous verrez une maison bien tenue.
C’est ainsi qu’un matin, vers onze heures, nous entrâmes dans la salle de réunion des médecins de l'Hôtel-Dieu.
Nous trouvons en arrivant, le Dr Hingston causant avec un étranger qui nous est présenté et qui va visiter l'hôpital comme nous.
C’est le Dr Georges Apostoli, médecin distingué de Paris, auteur d’un nouveau système d’'application de l'électricité à la gynécologie. Malgré son nom italien, c’est un vrai fils de la vieille France ethil est même tellement français qu’il en est
devenu blond châtain.
Je n'ai pas besoin de vous présenter le Dr
Hingston, vous connaissez tous ce parfait gentil-
Se OS CET ON ET re LE MAT hr Va de ju Ab nalihes 5:73 à PO APS î | el éd à
homme, à la taille mince et bien prise, grand, robuste, sous un apparence un peu frèle, à la figure distinguée, aux traits finements dessinés, que vient souvent éclairer un léger sourire plein de bonté. Si vous ne saviez que c’est un savant, vous le prendriez pour un grand seigneur, tant il y a de noblesse dans toute sa personne.
Le Dr Hingston, tout en parcourant les salles, très vite, donne les explications nécessaires au Dr Apostoli.
— Vous remarquerez, dit-il, que les lits portent des cartes blanches ou rouges. Les rouges appartiennent à mes malades et, en entrant dans une salle, je sais immédiatement où aller, où sont les patients qui ont plus besoïn du chirurgien que du médecin.
Le Dr Apostoli écoute et questionne. Il examine avec soin, en homme qui sait ce que c’est qu’un hôpital.
Le chauffage à l’eau chaude employé dans l’établissement est d'après lui, le plus parfait que l’on puisse exiger.
Il approuve beaucoup aussi le système de ventilation adopté, L'air circule en effet de tous côtés, entre les planchers et.entre les murs. Les cheminées qi se trouvent aux extrémités de chaque salle apportent également leur contingent d'utilité.
Deux ascenseurs se trouvent dans chaque salle et servent au transport des potions et de la nourriture des malades.
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PA DA PP D PS NI Ha à hd ET, ur Rides M Lt) AN NY
La propreté est poussée à l'excès, comme dans tous les établissements tenus par les religieuses.
Voici l’énumération des diverses salles comprises dans chaque étage.