‹ Entre nous [microforme]Chapitre 31 sur 33 · COURONNEMENT DU ROY LOYS · texte numérisé non relu

COURONNEMENT DU ROY LOYS

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Parmi les dicts puissants seigneurs, tous bons chevaliers, qui avaient eu prix d'armes en deça de la mer et au delà, moult gens de peu, bazochiers, escholiers, boutiquiers et serfs faisaient grande clameur: et joie reconnaissant: Très noble prince l'Hallemand, duc de fer; Renommé Bourassa, marquis de Boucher de Bon Secours, gentil page comte Masson de Terrebonne et moult autres de nobles maisons,

Aussitot que ceux du populaire virent cette assemblée, ils monstrèrent si grande joie que nul ne pourraist raconter.

Lors, le signal estant donné, par le dict grand seneschal Des Georges, sire de Joinville, la départie eut lieu à grands cris, tellement que gens de boutiques sortaient d’icelles pour admirer les seigneurs allant au couronnement qui se devoit faire en le castel de Guillaume Boivin de Lorette,

Et la chose estant ainsi ordonnée, la manière fut telle ;

Approchant le dict castel, après avoir chevauché, tous arrestèrent leurs destriers et seulement gens de haut lignage, notables et seigneurs reporters entrèrent et furent introduicts en la salle chatelaine.

Pour ce que tous estant réunis, le juge royal, Thomas J. J. sire de L’Orangier, (Diex l’absolve....!!) estant debout, le dict page seigneur Masson, portant couronne sur ung biau coussin de

velours, dict et clâmat : « Nostre gentil seigneur le Roy ! »

Trompettes aussitôt de sonner et le son allait si loin comme le jest d’une pierre lancée à pleine main, et tous gentilhommes, notables et gens de peu criaient : « Vive Nostre Seigneur le Roy ! »

Et sachez que devant le dict castel, y avait bien ung journal de terrain si chargé de populaire que la terre n’y paraissait point, à cause de la grande quantité de grandes et petites gens.

Mais le gentil prince, communément dict Boisseau de Bourbon Saint Laurent, s'estant assis, le dict sire juge de L’Orangier après silence et que tous furent cois, dict : « De par le sire Diex et les vingt huit mille gens d'armes du Royaulme, je te proclame Roy du beau Païs de France et Canada. »

Ce dict, Oscar Martel, maistre clerc ès jolis sons, fit entendre musique douce comme font les anges dans le ciel.

Lors, le Roy :

« Pour ce que je cuide que vous recevriez plus volontiers de moi, pour l'amour que vous avés à moi, que ne feriés de plusiours aultres, j’ai pensé que je vous face aucuns enseignements de voix.

a Chiers Seigneurs et amés vassaux, je vous enseigne que vous devez aimer nostre païs, Canada françois, de tout vostre cuer et de tout votre pooir ; car, sans ce, nous ne pouvons rien valoir et nulle

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