FÉLICIEN CHAMPSAUR
f l'iagrant Délit
A Alfred Gr^in.
— C'est lin sale enlenement, vous ne trouvez pa?, Galtoine?
— Oui... il n'y a pas grand monde pour accompagner ce pauvre Dardier.
— Il est de fait qu'il avait une mauvaise réputation, dit lu premier, Georges Lureau, professeur de sixième à l'école Moiîge, trente ans, intelligence sans originalité, aspect terne, vêtement n'ayant pas cette élégance personnelle, quasi imperceptible pour la foule, garçon inférieur et sérieux, réfugié dans l'enseignement, et, de sa premiiirc jeunesse, des années de quartier latin, ayant gardé quelques amis dans les lettres.
L'enterrement, de seconde quatrième classe, se dirigeait à travers les rues du quartier deTEurope, vers le cimetière Montmartre. Derrière le corbillard marchait un oncle du mort; c'était un riche paysan normand, de Luc, en Calvados, à qui revenait la fortune de Dardier, deux cent mille francs. Le paysan endimanché, songeait sans doute aux prés-salés qu'il allait pouvoir ajouter à ceux qu'il possédait déjà. De temps en temps, il re^luait les lèvres, faisant, en lui-même, des calculs ; il prononçait vaguement les chiffres pour mieux les retenir.
Une pluie fine tombait, ou plutôt de la bruine; le pavé était glissant, malpropre; c'était un de ces temps de gâchis abominable, où il semble aux passants que de l'eau, de la boue, du brouillard les pénètrent, crottant les pantalons et même les cerveaux, où les voitures éclaboussent. Robert, le peintre impressionniste, restait silencieux, après leurs quelques mots échangés. Lureau avait raison : un sale enterrement.
Pourquoi ce sacré Dardier s'était-il fait sauter la cervelle? Il avait rudement de veine, pourtant; sans avoir à travailler pour les gagner, dix mille francs par an, et, comme il était boulevardier, il avait l'air d'en dépenser le double.
Il avait beaucoup d'amis et il plaisait aux fem-
mes. Autrefoia, il n'y avait pas deux ans, il changeait de matlrcsse commu de chemise, et ses
maîtresses étaient toujours élégantes comme son linge. Mais, depuis qu'il était devenu l'ami intime do Séraphin Cornemuse, journaliste politique, correspondant de sept ou huit journaux de province, il avait rompu avec toutes ses liaisons amoureuses. Plus de froufrous dans sa coquette garçonnière.
Dardier se rangeait.
Puis, un beau jour, on ne sait où ni comment, des propos étranges circulèrent sur son compte.
— Vraiment? Vous en êtes sûr ?...
Et, peu à peu, oa cessa de le fréquenter. Dans les derniers mois d'ailleurs, il ne sortait presque plus. Finalement, il se logeait dans la tempe une halle de r*v(j!-,-*»p.
Pour quel motif?
A cela songeait le professeur de sixième.
— Galtoine, vous qui étiez plus que moi de ses amisy pourquoi s'est-il tué?
— Vous Tavez dit tantôt... A cause de sa mauvaise réputation.
— Alors, vous croyez ce qu'on racontait sur lui?
— Moi?... non. Voici, du reste, une lettre de Dardierque Toncle m'a remise ce matin.
Le peintre tendit la lettre :
— Lisez.
C'étaient plusieurs pages d'une écriture régulière et calme. L'automne, en versant son ondée monotone, imprégnait Galtoine et Lureau d'un ennui profond. L'eau tombait plus fort et de leurs p'cirapluies rigolait sur les vêtements; le paysan noniiand, absorbé par ses comptes, se laissait mouiller. Les lignes, droites et serrées, tracées sans hésitation, bien ponctuées, d'une main ferme, prouvaient que Dardier avait, jusqu'au dernier moment, gardé un sang-froid absolu dans l'accomplissement de sa résolution.
Voici la lettre :
« Mon cher Robert, Il est deux heures du matin et je vais me tucF.
18 FNTKÊE DE CLOWNS
Je suis rentré à minuit. Dans la soirée, je suis allé un peu partout, au concert, au théâtre ; je me suis promené sur les boulevards, j'ai fait même un tour au cercle où mes amis, comme à Tordinaire, m'ont évité. J'ai voulu voir une dernière fois tout ce que je quitte.
Qu'y aura-t-il après ?
Rien, probablement.
Puis, seul chez moi, j'ai médité sous toutes ses faces cette idée du suicide qui me hante. L'humanité me dégoûte, je ne regrette rien, si ce n'est le sourire de celle que j'aime profondément. Et je t'écris.
Pourquoi?
Le revolver est sur la table, chargé.
Avant de mourir, pourtant, je ne puis m'empêcher de te faire une confession, de t'avouer un secret qui me pèse. Est-ce utile? Que sais-je? comme dit l'autre .
Depuis tantôt dix mois, mes amis, ceux qu'on (ippelle de ce nom, me fuient. Je compromets ceux qui m'approchent; ils me supposent des goûts infâmes. Est-ce bien la peine de prendre pareil souci d'une calomnie, moi qui bientôt serai, dans mon fauteuil, un cadavre. Un cadavre!... Mais tu as été mon meilleur camarade, et, malgré tout, tu ne m'a pas complètement abandonné. Je ne veux pas rester un misérable pour toi.
FLAGRANT DÉLIT i9
Que m'importent les autres ?
Aussi, satisfait de ravoir ton estime après ma mort, je te prie de garder cette suprême confidence.
Il y a deux ans, la femme de Cornemuse est devenue ma maîtresse. Tu le connais, lui. Un garçon froid, aux airs graves, laissant supposer de sérieuses qualités d'esprit. Au fond, un médiocre et un méchant, une âme sèche et basse. Taille roovenne, cheveux blonds frisés, la barbe très fine, en éventail ; il a gardé, en approchant de la trentaine; malgré son allure de monsieur important, certaines grâces féminines.
Tu m'as dit toi-même, son camarade de classe, qu'au séminaire, il était le préféré des grands de rhétorique et de philosophie. Lorsqu'il vint au monde, on le trouva si joli quon le baptisa du nom de Séraphin. Sur sa figure maigre et délicate, je ne sais quoi d'hypocrite et de venimeux. Tu te souviens du mot de Schavyl: « Ah ! Cornemuse! un mal blanc ! »
Marié jeune, il a épousé une femme adorable. Doîs-je m'arrêter ici à tracer une image chère qui, depuis près d'un an, depuis qu'une erreur imbécile m'a rendu impossible toute joie, poursuit ma pensée?
Tu l'as revue ?
As-tu deviné un peu de chagrin dans ses yeux
20 ENTBfiE DE CLOWNS
si bleus et si doux. Bien souvent, avec des transports ardents, j'ai baisé une boucle de ses cheveux noirs qu'elle arrange si coquettement sur son front en bandeaux plats et qui donnent à sa figure pensive et divinement résignée un airde vierge.
Comment l'ai-je aimée? comment?
J'ai possédé beaucoup de femmes, mais elle est la seule qui m'ait possédé. 11 semble que cette chambre, où aucune autre n'est entrée après elle, a gardé le parfum troublant de son être exquis.
Je m'interromps pour fermer les yeux une seconde, et la revoir.
Elle est là, grande et souple.
Comment s'cst-elle donnée à moi? Ne trouvant chez son mari ni abandon, ni tendresse, elle avait, pour ainsi dire, replié son âme sous les duretés et les humiliations ; craintive, elle se blollissait dans une soumission louchante. A table, devant les invités, pour un rien, une bévue de la servante, il la ruîoyait d'une façon si [ liire qu'on la plaignait t'c tout son cœur.
El elle courbait la tële, retenant ses larmes.
Je connaissais Séraphin depuis assez longtemps, sans intimité (le jeu de mots me rappelle la calomnie), lorsque, un de ses soirs de brutalité, pour faire diversion, j'ai amené la conversation sur la littérature ; j'ai évoqué, un peu ironiquement, cette page merveilleuse où Banville énumère les délicatesses infinies nécessaires à Thomme qui accompagne une femme ; la divine m'écoutait, comparant en elle-même, puis, on a causé sur Barbey d'Aurevilly. Quelqu'un a parlé d'un de ses contes, et, fanatique, a cité ce trait qu il trouvait stupéfiant :
« — Mère, c'était un soir. 11 était dans le grand « fauteuil qui est au coin de la cheminée, en faco « de la causeuse. 11 y resta longtemps, puis il se « leva, et moi, j'eus le malheur d'aller m'assooir « après lui dans le fauteuil qu'il avait quitté. Ah ! « maman!... c'est comme si j'étais tombée dans « du feu. Je voulais me lever, je ne pus pas... le « cœur me manquait! et je sentis... tiens ! là, ma- « man... que ce que j'avais... c'était un enfant! »
J'ai retenu exactement ces lignes, car elles me rappellent le cri irréfléchi de celle pour qui je vais me faire sauter le crâne. Séraphin trouvait idiot ce sentiment sublime et compliqué. Alors elle, la pauvre esclave, affamée d'amour, dit, naïvement, sans peser ses mots :
— Mais, je comprends; ainsi, moi, si je m'asseyais à la place de M. Darilier...
Son mari lui ordonna de se taire ; elle n'avait pas d'avis à exprimer à table. Sans prendre garde à son apostrophe : « Je vous remercie, madame, vous m'avez fait comprendre le plus bel amour de Don Juan. »
C'est chez elle que je l'ai eue quinze jours après. J'allais voir Séraphin ; il était, à Nantes, chez un conseiller général ambitieux dont il rédigeait le journal. Il y eut un peu dans la façon dont elle se donna k moi du sentiment qui pousse un enfant qu'on bal à se réfugier dans des bras amis.
Puis, l'œuvre de chair commise, elle m'aima, comme je l'aimais, de toute une tendresse accumulée. J'éprouvais pour elle tout l'amour dont je n'avais donné aux autres femmes que la fausse monnaie. Cela dura un peu plus d'un an. Et voilà des jours et des nuits, des siècles doubles, que ses liaîscrs ne m'ont plus grisé delt'ur joie profonde. Ah!
ils sont heureux, les croyants à un monde, ciel
OU enfer, où se retrouvent, pour réteruité, ceux qui se sont aimés !
J'étais devenu tout à fait Tami de la maison. Cela m'avait été facile. Séraphin, calculateur et intéressé^ me demandait des services que je ne refusais pas. Je lui prêtai, en peu de temps, plus de trois mille francs ; à cause de ma petite fortune, il me jugeait utile; j'étais son familier.
Tu te souviens, j'allais chez lui, quand ça me plaisait ? Sachant les heures de ses absences fréquentes, mes rendez-vous avec Marie étaient fort aisés. Elle vint aussi chez moi ; toujours il me parut, comme à elle, que nous y étions mieux Fun à l'autre.
L'hiver dernier, j'allai, comme d'habitude, chez Séraphin, que je croyais à un de ses journaux.
On ne m'annonçait pas. ^
Le salon n'était éclairé que par la lueur rouge d'un brasier de charbon. Des tentures, des tableaux, des plantes, de grandes ombres.
Renversée dans un fauteuil et me tournant le dos, Marie m'attendait sans doute et rêvait devant le feu sans flammes. Je m'approche doucement, à pas de loup, pour la surprendre, comme je faisais quelquefois, et, dans le vague de la nuit tombante> par derrière, fermant les yeux pour mieux
24 ENTltÉB DE CLOWNS
savourer le baiser, j'appuie mes lèvres brûlantes sur sa bouche.
Jo me recule!
Le mari, avant secoué la caresse, se lève, fu-
amour blessé? Il n'a pas de cœur.
Elail-ce par préju^^ô?
Ses yeux luisaient dans l'ombre, pareils aux cliarbons de l'àlre:
FLAGRANT DÉUT 25
— Tu es ramant de ma femme I... Elle me le paiera cher I...
Il prit un cigare et le coupa net d'un coup de dents, et, tandis qu'il en crachotait nerveusement les bribes mouillées, en une vision rapide j'eus présente sa vengeance, sournoise comme son âme.
Moi, j'en serais quitte pour perdre ce qu'il pouvait me devoir. Mais elle, Marie, la très blanche et la très brune, dont l'amour parfumé suffit pour que je ne regrette pas d'avoir vécu, il fallait la sauver d'une vie de martyre lente et abominable ! Tout à coup, à la vue de Séraphin, de son air de fille, au souvenir de ses habitudes d'école, j'eus une idée d'insensé.
— Tu te trompes. Séraphin... ce n'est pas ta femme que j'aime...
C'était le seul moyen.
Il me regarda, ne comprenant pas.
Il fallait la sauver. Je repris :
— Oui, je t'aime... pense de moi que je suis fou... ce que tu voudras. Longtemps et longtemps, j'ai résisté; j'ai été vingt fois prêt à te dire ce que je prononce aujourd'hui. Je m'épouvantais moimême... mon désir en était plus âpre!... tu es si beau !...
Indigné, flatté cependant, il fit un mouvement.
Triomphant du dégoût qui montait en moi, je continuai :
— Tu as la grâce d'un éphëbe antique ; je ne suis devenu ton camarade que pour t'approcher plus souvent, et ce soir, dajis oette quasi obscurité, troublante et délicieuse, je n'ai pu retenir ua élan de passion vers toi... que j'adore !...
J'avais une émotion à laquelle îl se trompa ; convaincu, il me montra la porte en me jetant, (cela se compread , même de lui,) des épilhètes in> jurieuses, flétrissantes. Comme je sortais, je l'entendis distinctement dire à sa femme, qui venait d'accourir : < Dardier?.., c'est un salaud, c'est un... »
ie ne le revis pas.
Séraphin ne me donna aucune nouvelle, mÈme
pour me parler des trois mille francs que je lui avais passés.
Quant à Marie ^ elle a dû comprendre mon dévouement. Je ne les verrai plus, ces beaux yeux profonds comme le ciel ; elle est redevenue, sans consolation, la servante humiliée.
Ah ! j'ai assez du mépris qui pèse sur mon nom ! On était accoutumé à me rencontrer avec Séraphin. Des amis s'étonnèrent de ne plus nous trouver ensemble. Qu'arriva-t-il ? Je ne sais pas, mais quelque chose comme ceci :
— Que devient donc Dardier? ,. vous étiez inséparables. Vous êtes donc fâchés?
— Non, pas du tout...
— Mais, enfin?...
Séraphin, prenant le bras de l'autre :
— Vous êtes discret, on peut se confier à vous?... Voilà ce qu'il y a...
Et il a tout raconté, ce qu'il savait.
— Vraiment, mon cher, je ne l'aurais pas supposé. Pas possible ?...
— Vous savez... entre nous.
— C'est clair !
La semaine n'était pas écoulée que tout Paris connaissait la bourde que Séraphin a si gravement avalée.
J'avise des amis dans la rue, on me salue à
peine, on me tend la main avec regret; on me donne un doigt d'un air pressé, en ayant peur d'être vu. Dans certaines maisons, on est absent pour moi. Cela ne m'étonne pas. Toi-même, mon cher ami, toi à qui je songe cependant avant de mourir, à qui je me confesse, moi sceptique, comme à un prêtre (l'amitié est une religion), ne m'as-tu pas un peu lâché ?
J'ai pour l'humanité le dédain qui convient. On vous demande qui est ce monsieur que vous venez de quitter. « Je ne le connais pas, je ne sais ce qu'il fait. Nous nous tutoyons... Pourquoi pas? si je le connaissais, peut-être je ne le tutoierais plus. »
Oui, j'ai pour les trois quarts des hommes une répugnance de dandy, mais, à la longue, j'ai senti leurs affronts continuels et fuyants, comme il arrive à l'esprit, certains jours, d'être envahi par la tristesse des cieux salis et des rues boueuses.
Ayant ma fierté, j'ai à mon tour, évité mes amis.
Je suis resté chez moi, seul, avec les souvenirs d'elle. J'ai son portrait; mes baisers et mes pleurs ont à demi effacé l'image chérie ; après dix mois effroyables, le portrait terni par mes larmes, n'est plus assez net pour me rappeler que je dois souffrir pour elle la calomnie. Je sens que je n'aurai
FLAGRANT DRLIT
pas la force d'un plus long dévouement, et, pour ne pas trahir celle à qui je dois tout le bonheur (|Hc j'ai eu au monde, dans quelques minutes, je ne serai plus.
Adieu. Celle lellie est pour loi, pour loi seul. Tu as l'esprit parisien et lu me jugeras peut-être |iar une plaisanlorie. Tant pis! si lu ne comprends pas que ma passion pour cette femme soit la raison d'un tel mensonge! Je vais me tuer sans tristesse,
30 ENTRÉE DE CLOWHS
car je ne puis pas espérer reconquérir jamais l'amour qui est ma vie. Je me rappelle, mon vieux, nos bonnes heures d'amilié, et je t'embrasse. Je vais prendre mon revolver, je me l'appuierai sur la tempe.
Je penserai à elle, et ce sera fini.
Dardiër. »
Lureau rendit la lettre. Pendant qu'il la lisait, le peintre, qui observait par intervalles l'elTel pro-
duît, s'embêtait ferme. Le paysan avait enfin ouvert son parapluie, et, précisément, il ne pleuvait plus.
Mais le pavé était gras et gluant. L'oncle normand, en posant le pied au milieu d*une flaque, s'était crotté jusqu'à réchine,et, du même coup, avait taché de boue le pantalon et la redingote de Galtoine, qui était déjà de mauvaise humeur.
— Qu'est-ce que vous en dites? prononça Lureau, le professeur de sixième, d'un ton important, pour indiquer qu'il était homme réfléchi, ne croyant pas, de prime abord, sans informations, la première histoire venue.
Il ajouta encore:
— Moi, ça me semble drôle...
— Non, répondit le peintre, voilà ce que c'est : on croit aisément une calomnie infecte, ensuite on apprend la vérité et on ne peut y ajouter foi qu'à grand'peine, si toutefois on y parvient... Pourquoi s'y efforcer d'ailleurs ? La vérité souvent est cruelle ou indécente ; c'est bon pour des oies de la faire sortir d'un puits, toute nue ou presque... Oui, c'était un brave garçon, Dardier, un brave cœur.
Lureau n'osa pas contredire :
— Vous avez raison... un brave camarade, très intelligent...
Il chercha encore un éloge et ne trouva pas.
La pluie tombail de nouveau, avachissante ; ils marchaient l'un à côté de Fautre, sans parler, ayant peur d'en dire trop. Vrai, un sale enterrement!
Et puis, quelqu'un pouvait les voir. Pourquoi étaient-ils là? Dardier avait une si sale réputation!
— Tout de même si c'était vrai? dit Lureau,
hanté par cette idée.
— Oui, si c'était vrai?... répéta Galtoine.
Au premier tournant de rue, ils se séparèrent, pris chacun d'une soudaine défiance.
vJ^i
;me
lar se mifere s son ignés, rétien aurait e une l'abbé direcnaire, e,àla rose, e cette
ijualilé do raisins que, chez nous, oa appelle
raisins grecs.
Les cheveux blanchissants totnbaient de chaque
38 E.NTIIËE UE CLOft'NS
côlé en fils doux au regard. Les sourcils avaient cucore l'ancienne couleur des cheveux ; ils étaieuL roux et épais, marquant bien l'arcade, La cioie de la tête dénudée élargissait le front et donnait au visage un gi-and air d'intelligence. Les yeux étaient bleus et regardaient câlinement. C'était l'ancien paysan qui, à la ville, au contact des bourgeoises de la rue des Fonlainiers, avait arrondi SOS laanièros, soigné ses mains, pris une tournure familière de prélat sans façon.
Ensoutaneflc drap noir fin of, luisant, les souliers bien cirés, ornés de boucles d'argeni, n'ayant pas encore mis son rabat de soie, il s'avance dans les bosquets de droite ({^ui sont dovuul le petit séminaire. Plauchu, Teslanièro, Magloire, Pépin des Grillons, Ailbaud, le [ils du directeur do l'enregistrement eL des domaines, dassond et Montclar jouent à saulemouton, ù lion; les autres, accoudés à la rampo de fer, regardent dans la cour qui est au-dessous.